jeudi 31 décembre 2009

Le monde aime le Congo, mais pas les Congolais

Le 23 novembre la sénatrice Els Schelfhout s'est rendue pour deux semaines en République Démocratique du Congo (RDC). L'objectif de sa mission: avoir des entretiens avec plusieurs organisations et personnes de différents domaines à Kinshasa et dans l'est du pays (Kivu) et prendre connaissance de la situation actuelle en Afrique centrale afin de rassembler de bonnes informations pour ses activités parlementaires sur le Congo. Els est rentrée bien informée mais elle ressent aussi mal au cœur pour la population à l'est du Congo, qui souffre énormément et semble être oubliée.
Le monde entier aime le Congo, mais pas les Congolais.”

Kinshasa – Goma

L'est du Congo n'est pas un sujet attrayant ni dans la politique, ni dans la presse : trop loin, trop grand, trop complexe... une forte accoutumance à la souffrance humaine. Les morts après un massacre récent à Lokweti sont simplement moins intéressants qu’un assassinat par exemple à Erps-Kwerps. Ceci est bien entendu regrettable. L’intérêt pour le Congo ne rapporte rien aux élections. Après la déclaration malheureuse de l'ancien ministre des Affaires étrangères et ensuite, fin de l'année passée, quand il semblait que les affrontements à l'est du pays commençaient à compter beaucoup de victimes parmi les civils, l’information sur le Congo s’est quasi arrêtée.
Les discussions actuelles sur la RDC EN BELGIQUE se limitent principalement à deux sujets: premièrement le rapport récent de l'ONU dans lequel est retenu sélectivement que le groupe rebelle FDLR serait soutenu à partir de la Belgique, et deuxièmement un éventuel voyage du Roi Albert II au Congo dans le cadre des 50 ans d'indépendance: « VA-T-IL LE FAIRE OU PAS ?»
Estimés à six millions de morts, les victimes directes ou indirectes de la violence dans les territoires près de la frontière avec le Soudan, l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi font partie des dommages collatéraux. Ce sont des chiffres tirés d’un rapport qui ne tardera pas à disparaître.

La richesse conduit à la pauvreté

Les provinces orientales du Congo disposent d'une immense quantité de ressources naturelles. L'est de la RDC a une terre très fertile. Les Kivus peuvent nourrir tout le Congo. Ce grenier Congolais peut également ravitailler toute l'Afrique subsaharienne. Le territoire se compose en grande partie de forêts appelées ‘les poumons verts de l’Afrique' et dispose de ressources naturelles qui alimentent l'égoïsme des prédateurs locaux et internationaux.
Mais ces terres fertiles peuvent à peine être exploitée, vu que le chemin vers les champs est parsemé de dangereuses embuscades: il arrive d’être violé aussi bien à l’allée tout comme au retour. Les poumons verts Congolais se voient déforestés. L’année passée, 23% du parc Virunga au Nord-Kivu a été coupé illégalement. Les troncs d’arbres deviennent du charbon de bois ‘makala’. Les ressources naturelles sont pillées de toute part, mais toutes ces méthodes ont un point commun : elles ne sont pas en faveur de la population. En 2008 le gouvernement congolais a recueilli 92 millions de dollars de revenus découlant de l’exploitation des ressources. Il a perdu 450 millions de dollars dû au manque d'enregistrement, au trafic, aux contrats frauduleux et à l’évasion fiscale. De 74,73 millions de dollars de taxes, le gouvernement a seulement encaissé 22 %. L’année passée, 100 kg d’or congolais ont été officiellement exploités. En réalité – selon des estimations approximatives- il s’agit de 28.000 à 30.000 kg. Selon d’autres sources au moins 90 % de l’extraction de l’or est illégalement exportée. Cobalt, coltan, casserite… Les documents ‘officieux’ indiquent que chaque camion chargé quittant la mine, perd 80 % de sa charge. En route des groupes armés prélèvent des taxes: la route menant de la mine au comptoir est occupée successivement par les FDLR (rebelles hutu), les FARDC (armée congolaise) et le CNDP (milices tutsi). Ils veulent tous une part du gâteau. Les groupes armés peuvent aussi prélever des taxes sur cigarettes, batteries, carburant etc. La population doit payer une taxe ou ‘le pizzo’. Ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas s’esposent à subir les conséquences. Les pratiques maffieuse ne sont absolument pas étrangères aux groupes rebelles. Dans la brousse, ils se retrouvent armés l’un en face de l’autre; le long de la route, ils deviennent des commerçants et hommes d’affaires.

L'opportunisme international

La communauté internationale laisse faire, bien que quelques initiatives servent d’exemples: une résolution sénatoriale et une proposition de loi aux États-Unis, des projets récents allemands et britanniques et enfin plus d’attention pour le Congo en Belgique. Mais soyons surtout réalistes: la plupart des pays avec un intérêt pour le Congo ont un plus grand intérêt à défendre : l’intérêt personnel. Ils ont développé des stratégies, l’un plus explicite et plus opportun que l’autre.
En dehors de l’Europe c’est surtout le Canada qui a des grands intérêts dans l’exploitation des ressources naturelles au Congo. Différentes multinationales sont active dans le secteur minier. En échange pour les concessions minières et toutes sortes de deals, ils offrent des services pour la reconstruction des routes et des infrastructures. La Chine a aussi le sens des affaires en RDC. Comme geste de remerciement pour un nombre des projets lucratifs, les Chinois ont promis des routes et des infrastructures. Malheureusement, ces projets ne font pas non plus la différence. Que vaut une école sans enseignants? Ou encore un hôpital sans médecins?
Au sein de l’Europe, la Grande Bretagne observe la situation en Afrique Centrale surtout à partir de Kampala et Nairobi. Avec comme importante tâche d’empêcher une éventuelle déstabilisation à partir de l’Afrique centrale. 'Oublier le passé' est le message. La culpabilité concernant le génocide rwandais a conduit à ce que le Royaume Uni se soit de plus en plus profilé comme état européen derrière le président rwandais Kagame.
Résultat : grâce au plaidoyer du conseiller personnel Tony Blair (!) le Rwanda est entré au Eastern African Community et récemment au Commenwealth. En Europe, il y a à peine une attitude critique vis-à-vis de Kagame, même si entretemps, il est connu de tous que son rôle dans le génocide n’était pas celui du cavalier blanc. Même si selon une étude – tenue secrète - de l’ONU, il semble incontestable qu’en ’97, des dizaines de milliers de hutu soient massacrés par des tutsi. Même si entretemps, il est plus que clair que les projets de Kagame dans l’est du Congo, riche et fertile, aient été très calculés. Qu’il s’agisse de l’appui au CNDP de Nkunda, du déplacement stratégique des réfugiés rwandais comme pions sur un échiquier pour annexer certains territoires congolais, de l’implication des troupes rwandaises dans ces territoire ; Kagame y agit comme bon lui semble.
Seulement quelques pays européens reconnaissent ses intentions perverses. Notre pays voisin, les Pays-Bas, a longtemps suivi la Grande Bretagne, mais récemment –sous l'influence des pays scandinaves- un processus de prise de conscience a commencé et les Pays-Bas ont diminué l’aide directe au Rwanda.
Pendant la guerre de 1998-2003, la France a fait le mauvais choix en pariant sur Jean-Pierre Bemba. A ce jour, elle a encore des problèmes avec l’arrivée du président Kabila au pouvoir.
Pendant la visite du président Sarkozy au Congo début 2009, les signes d’antipathie n’étaient donc pas un hasard. La France a pu mettre la main sur l’industrie du ciment en RDC. Les tentatives pour avoir accès aux mines d’uranium ont réussi en partie. La France est parvenue à mettre la main sur la mine de Shinkolobwe (Katanga).
La Tchéquie était un important fournisseur d’armes de la RDC. Après son adhésion à l’UE, les livraisons ont été reportées. Récemment, les relations se sont améliorées. Il y a entre autre une plus forte présence diplomatique à Kinshasa. La Suisse a tout juste découvert le Congo et réfléchit sur une politique de présence. Elle suppose qu’elle peut avoir de très grands intérêts en Afrique centrale, même s’il n’est pas encore clair de quels intérêts il s’agit. Les pays scandinaves à leur tour sont financièrement très actifs au Rwanda et en Ouganda. Le Portugal s’occupe plutôt des intérêts de son ancienne colonie l'Angola.
C’est clair: la politique vis-à-vis du Congo de la plupart des pays actifs dans la région est conduite par l’intérêt personnel. Je ne suis pas naïve : c'est donnant donnant. Mais ce qui se passe maintenant, est hallucinant : une dizaine de milliard de dollars quittent le Congo par des fuites de capitaux, par des ventes frauduleuses de propriétés publiques, par des concessions et accords douteux qui ne sont qu’en faveur d’une petite élite congolaise et qui font sourire les partenaires commerciaux. Le gouvernement congolais a ‘carte blanche’ : du cash et pas d’ingérence.
‘Bonne gouvernance’ est au Congo un terme vide et signifie : prévoir que le propre clan se porte bien. Le gouvernement congolais néglige son obligation d’organiser les services de l’état et les finances. Les fonctionnaires, les militaires, la police, les médecins, les enseignants… sont payés rarement et très peu.
Un médecin à l’Hôpital Général de Référence, hôpital public, gagne à peu près 60 dollars par mois, un chirurgien, 100 dollars. Pour un enseignant c’est à peu près la moitié. Les militaires gagnent par mois entre 50 et 80 dollars. Tous se sentent obligés de compléter ce maigre salaire. Le médecin compte ‘une visite’. Ceux qui ne peuvent pas payer sont pris en otage à l’hôpital, sans soins. L’enseignant demande le minerval. C’est pour cela que beaucoup d’enfants ne peuvent pas aller à l’école. Le militaire utilise son arme pour avoir un salaire. Et les fonctionnaires… J'entendais dire: «  Le domaine public a été privatisé entre les mains de celui qui détient le cachet officiel. »

Le Congo n’est pas gouverné : crime et impunité vont main dans la main

Presque 80 fois plus grand que la Belgique, avec un budget d’état aussi grand que celui d’une ville moyenne belge, le pays est à la dérive et victime des projets et des stratégies perfides des pays voisins perturbant à cœur joie la moitié des frontières. Victime d’un gouvernement corrompu et impuissant d’affronter les troubles internes et les tensions ethniques. L'impuissance, l'incompétence et l’indifférence sont des caractéristiques des dames et messieurs élus du peuple. Et mauvaise volonté. Leur pays est victime de toutes formes d’agression, mais cela semble ne pas les toucher. Pauvreté extrême, angoisse et incertitude, maladie et désespoir se trouvent à la base des familles brisées et de la violence domestique. Des bandes de jeunes, pillages, rébellion, esclavage, viol des femmes et hommes, recrutement et incorporation d’enfants soldats… l’insécurité est un atout. Le gouvernement donne l’impression ne pas vouloir faire quelque chose. Par exemple : le colonel Kibanga, ‘le marteau’ Ndayambase, un homme avec une réputation horrible, était arrêté de courte durée. Il a fuit au territoire des FDLR. Il était condamné à 20 ans. Aujourd'hui, il se trouve commandant au sein d’une unité CNDP, intégré dans l’armée congolaise. Les coupables sont connus, mais leurs responsabilités ne sont pas engagées. L’impunité règne.
La communauté internationale se montre impuissante. Le peu d’espoir prématuré à l’occasion de Kimya II, l’accord entre le président Jospeh Kabila et le président Paul Kagame pour désarmer les rebelles FDLR avec une action conjointe, a accouché d’une souris. L’opération Kimya II est un échec. Les FDLR se sont retirés au fond de la brousse, une zone que les combattants connaissent par cœur. Les bataillons se regroupent, renforcés par des jeunes sans aucune conscience morale, sans perspective, qui ont grandi avec violence et en manque. En cas de danger, les FDLR peuvent souvent compter sur les habitants des villages limitrophes; leurs femmes, leurs enfants, leurs familles y habitent. Les Congolais disposent de peu et souvent de rien, mais ils ont tous des téléphones mobiles. Ainsi les FDLR ont souvent une meilleure vue sur les avancées des troupes FARDC que les FARDC elles-mêmes. ‘Je ne peux quand même pas dénoncer mon beau-fils ?’ me demandait un vieux monsieur hochant de la tête. Le prix que la population civile paie pour ce genre de ‘trahison’ est élevé: pillage, viol, torture, meurtre.
La MONUC soutenait l’action conjointe de l’armée congolaise et du CNDP par la livraison de nourriture, le transport et l’évacuation médicale. Mais elle n’avait rien à faire avec le planning opérationnel. Maintenant la MONUC se retrouve entre le marteau et l’enclume. Chaque année bonne pour 1 milliards de dollars – une capacité selon certains trop insuffisante pour sa tâche – la MONUC n’a pas réussi à protéger la population civile au Kivu. Les architectes de Kimya II ont trompé la mission onusienne. Elle jouit dune mauvaise réputation de la part des ‘experts’ de l’ONU elle-même et encore une fois diffamée par la presse. Sa dernière confiance en soi diminue, aussi sous les commentaires au niveau international. Il n’est pas exclu que la MONUC fasse dans les 6 mois suivants ce que Kabila aimerait voir le plus: disparaître en silence. Cela serait une très mauvaise chose. Avec une attitude conséquente de la communauté internationale la MONUC a un rôle à jouer.
Le processus de paix est un échec. Il me semble mieux de reconnaitre cela et d’exposer les causes afin d’anticiper les conséquences. Un faux optimisme ne sert à personne, les Congolais en premier lieu.
A partir de leur cages dorées, les expatriés de l’ONU passent devant la misère des Congolais et sont trop occupés à écrire des rapports.
Ce qui caractérise les 84 organisations internationales actives à Goma, permettez-moi l’expression, c’est du protagonisme et de l’egomanagement. De grandes jeeps, avec lesquelles ils sont responsables pour de grands soucis de circulations sur les routes de Goma.
EUSEC (European Security) est la mission européenne spéciale qui fourni l’assistance à la réforme du secteur de sécurité en conseillant les autorités congolaises sur le processus d’intégration des FARDC. Elle doit également soutenir les réformes administratives de l’armée. La mission reconnaît que l’intégration du CNDP de Nkunda et de l’autre criminel, Ntaganda, dans les FARDC n’est pas une réussite. ‘Un vrai bordel’. Pendant la première partie de 2008, le CNDP se trouvait dans deux petits territoires au-dessus du lac Kivu au Nord-Kivu. Fin 2008, la présence de cette milice tutsi, soutenue par le Rwanda, s’est étendue. Aujourd’hui, on peut constater que le CNDP a la région de Masisi complètement sous son contrôle. Le CNDP disposerait encore d’un millier d’armes non enregistrées.
Kimya II n’est pas une opération militaire de l’armée congolaise, mais des Rwandais. Chez les groupes de résistances armés congolais (les ‘non rwandophones’) ; Mai Mai ; APCLS et PARECO, il y a beaucoup d’incompréhension et de colère vis-à-vis de l’accord. Il n'y a pas très longtemps, ils se battaient à côté des troupes congolaises pour repousser le CNDP. Maintenant, ce sont 'les méchants' et se livrent comme les autres aux vols, pillages, viols et tueries. La tension augmente.
EUPOL est une initiative européenne pour assister à la réforme de la police. Elle a également obtenu - à partir de Kinshasa – peu de résultats. Et puis, il y a REJUSCO, qui devrait appuyer la reconstruction de la justice… Il n’y pas d’état de droit, il n’y pas de juridiction, il n’y pas de justice. Crime et impunité vont de pair au Congo. Cela ne changera pas tant que la police, les juges et les gardiens de prison ne sont pas ou peu payés.
Si Les États-Unis et l’Europe disaient: ça suffit maintenant, ça sera fini!” Mais ils ne disent rien.

Et où sont les Belges ?

Avec un président européen, avec la présidence européenne en 2010, avec la fête de 50 ans d’indépendance au Congo… des attentes émergent. Avec notre connaissance et nos compréhensions de notre ancienne colonie, nous pouvons faire la différence.
Nous avons le choix: soit nous mobilisons nos atouts pour la journée de l’indépendance et nous envoyons des troupes d’élite au ‘Boulevard du 30 juin’, ou ils montreront à leurs collègues congolais ce qui est l’ordre et la discipline. Nous envoyons en même temps le couple royal. Assis à côté du président Kabila, ils peuvent saluer et sourire aux enfants noirs qui chantent successivement l’hymne national belge et congolais.
Soit, nous mobilisons nos atouts pour un Congo indépendant qui est capable de se gouverner soi-même, avec des tribunaux, écoles, universités, hôpitaux, routes, infrastructures, chemins de fer, ports et aéroports… Nous avons un rêve pour le Congo et pour les Congolais. Un rêve que nous changeons en ambitions réalistes.
Nous organisons des tribunaux et cours qui veillent à ce que les lois soient respectées et que les violations punies.
Nous formons une armée disciplinée, bien équipée et bien assistée: pas dans les rues, mais dans des casernes, mobilisable à tout instant et en tout lieu, lorsqu’une nécessité s’impose.
Nous désarmons les rebelles, et nous leur offrons une perspective : ‘un toit pour une arme’, la possibilité d’échanger une arme pour construire une vie.
Nous construisons une académie de police, ou hommes et femmes sont formés et proches de la population.
Nous construisons des hôpitaux, des écoles, des universités… mais pas à l’inconditionnel: médecins, infirmières, enseignants, professeurs… reçoivent un salaire acceptable et l’enseignement est gratuit.
Nous formons des douanes, nous appuyons une relance économique, en commençant par la promotion de la transparence dans le commerce des ressources naturelles. En contribuant à l’exploitation et la vente des ressources dans un cadre légal afin que les entrées bénéficient à la population. Avec la construction des fours à concentration dans lesquels les minerais bruts peuvent être transformés. Nous pouvons créer une valeur ajoutée pour l’emploi et l’économie locale. En développant l’agriculture – la vraie richesse du Congo – et les infrastructures routières, les boîtes de tomate purée ne doivent plus être importées en masse à partir de la Chine, mais les tomates cultivées sur les champs peuvent être transportées vers les villes pour consommation.
Nous organisons des programmes de soutien pour la population. Nous creusons des puis d’eaux, pour que les femmes et enfants ne doivent plus marcher des kilomètres sur des chemins dangereux pour avoir accès à de l’eau. Nous prévoyons de l’électricité pour que les femmes ne soient plus livrées à toutes sortes de dangers.
Nous formulons des objectifs au niveau macro et micro, nous établissons des bonnes pratiques qui motivent, enthousiasment et stimulent les autres pays membres de l’UE et la communauté internationale à agir unanimement.
Nous avons le choix : nous ignorons la souffrance de millions de congolais et nous n’entreprenons rien ou nous attaquons les causes en profondeur.

Espérence : ‘Que Dieu vous bénisse’

Espérence était assisse blottie sur une caisse en bois. Sa maison: une baraque de sac en plastique et des morceaux de tôles ondulées. La pluie laissait des traces par terre. Elle courbait les orteils, déformés par les longues promenades sur des pierres et pour éviter l’eau. Elle ne bougeait pas. Ensuite, elle commençait à raconter qu’elle a été veuve et responsable de la mort de son mari. Tout lui a été pris. Elle a uniquement ses enfants : cinq en total. Mais elle ne sait pas ou ils traînent. Dehors. De toute façon, elle n’a rien à leur offrir. Elle redresse ses épaules. Il y a quelques jours, elle était violée. En route pour les champs, elle a été arrêtée et coincée à terre: ‘C’étaient des hommes en uniforme’, chuchotait elle. Et soudain des larmes coulaient sur ses joues. Un moment, le monde s’arrêta...
Des opinions basées sur des entretiens avec l'ONU-MONUC, l'EUSEC, l'EUPOL, le REJUSCO, d'ONGs internationales et locales, des soeurs, des pères et des prêtes, de partout, des parlementaires et politiciens congolais, chefs locaux, propriétaires des comptoirs, des hommes d’affaires, des diplomates, des médecins, des enseignants, des soldats, des réfugiés, des enfants … et des femmes : violées, humiliées et désespérées : les éternelles victimes.

Remerciement à mes ‘compagnons de route’


Sénatrice

mercredi 23 décembre 2009

Vœux de Gaspard-Hubert Lonsi Koko, président d'Union du Congo, à la Nation congolaise

Pour écouter les Vœux, prière de cliquer sur le lien ci-contre : http://www.youtube.com/watch?v=K2YfzJk9JuI&feature=channel



Chers Compatriotes,
En cette fin d’année 2009 et à la veille de l’année 2010, j’ai éprouvé la nécessité de m’adresser à vous, en temps que représentant des associations qui composent Union du Congo, pour faire le point sur notre pays et envisager des perspectives salutaires pour notre avenir commun.
L’année 2009, qui va s’achever dans quelques jours à peine, a été rude pour un bon nombre d’entre nous. Ma pensée s’adresse particulièrement à ceux que la vie a durement éprouvé ; à ceux qui sont privés de liberté pour avoir révélé, ou seulement cherché à connaître la vérité ; à ceux qui sont malades sans pour autant bénéficier de soins appropriés ; à ceux qui n’ont pas de toit et, de ce fait, vivent dans la rue ; à ceux qui ont été atteints dans leur dignité la plus intime ; à ceux qui sont toujours sans emploi et ne savent pas comment subvenir aux besoins de leurs familles ; à ceux que l’on cantonne dans des camps, comme déplacés ou réfugiés, loin de leurs proches ; à ceux qui sont victimes d’injustices de toutes sortes ; à ceux qui se battent sur les différents fronts pour sauvegarder l’intégrité de notre territoire ; à tous les membres de la société civile qui consacrent la plus garde partie de leur temps en vue du triomphe des droits humains ; à ceux à qui l’on refuse les droits civiques parce qu’ils vivent hors de nos frontières ; à ceux à qui l’on essaie exprès de priver de la nationalité congolaise d’origine du fait de détenir une citoyenneté étrangère. Disons, une citoyenneté étrangère.

Chers Compatriotes,
En droit, les autorités en place à Kinshasa tiendront jusqu’à l’élection présidentielle et aux élections législatives de 2011 leurs pouvoirs de la représentation nationale. En fait, à l’issue des prochains scrutins, elles laisseront la place, si tel est votre souhait, aux véritables partisans de la liberté et de la souveraineté populaire.
Certes, aujourd’hui, nous sommes très inquiets, voire très angoissés, mais nous ne nous laisserons vaincre par le désespoir. De plus, il reste encore beaucoup de choses à réaliser et la République Démocratique du Congo résiste toujours à la balkanisation qu’essaient de lui imposer, par tous les moyens, certaines puissances en s’assurant des complicités internes et en se servant de nos voisins comme outils de leurs néfastes projets. De toute évidence, la foi et la volonté de consolider notre cohésion nationale seront, à n’en pas douter, les gages de notre salut.
Pourquoi résistons-nous ? C’est parce que nous combattons les injustices, les humiliations, les privations et les violations des droits fondamentaux, l’impunité dont jouissent les auteurs des crimes de guerre et crimes contre l’Humanité sans cesse perpétrés en République Démocratique du Congo. C’est surtout parce que nous sommes des hommes et des femmes épris de Paix, de vrais humanistes, des gens révoltés contre l’humiliation de l’Homme par l’Homme à l’aide des structures socio-économiques, étatiques et politiques. Ainsi sommes-nous conscients de la nécessité d’une réelle révolution culturelle, dans notre pays, en vue d’une évolution profonde des mentalités.
Beaucoup de gens partagent les avis selon lesquels il est anormal que plus de 8 millions de personnes mortes, du simple fait d’être nées congolaises, ne puissent susciter aucune indignation de la part de la communauté internationale ; il est inacceptable que l’on amnistie des gens ayant violé et continuent de violer nos femmes et nos enfants dans le but de piller nos richesses et de s’approprier nos terres ; il est incompréhensible de promouvoir des individus qui ont enrôlé de force des enfants et les ont poussés, par la suite, à utiliser les armes contre leurs parents ; il est inhumain de gagner de l’argent au moyen des actes ignominieux, pis encore, criminels.
Notre combat pour le Congo du troisième millénaire réussira parce que nous sommes convaincus d’une chose : à savoir, les transformations de notre société ne dépendront pas seulement de la prise de pouvoir, mais avant tout de notre propre prise de conscience et de l’implication des masses. À moins d’être de mauvaise foi ou complice de l’humiliation du peuple congolais, personne ne pourra mettre en doute notre légitimité à défendre les intérêts vitaux de nos compatriotes.

Chers Compatriotes,
C’est parce que nous constatons une sorte de dérives du système politique qui fonctionne au détriment de la chose publique, pas du tout pour l’intérêt de l’État, que nous exprimons avec conviction le refus de renouveler notre confiance aux élus, majorité et opposition confondues, qui, pour des raisons individuelles, confisquent notre dignité de citoyen et pénalisent notre vie quotidienne. Notre objectif primordial, c’est d’avoir recours à notre propre imagination afin de trouver des voies et moyens susceptibles de permettre au peuple congolais d’être capable, par l’information et par la formation, par le dialogue et également par les convictions politiques, de décider de son avenir. Même si demain nous parvenons aux commandes de l’État, nous échouerons dans notre mission tant que nous ne répondrons pas à cette volonté consistant à rendre les Congolaises et les Congolais les premiers responsables de la destinée de leur pays.
Ayons donc à l’esprit qu’il est impossible de lutter de manière efficace et de transformer la société en étant divisés, en étant incapables d’accoucher d’une puissante organisation en mesure de remettre en cause l’ordre injustement établi par ceux qui ont intérêt à garder le monopole de nos richesses. C’est là que se trouve le nœud de la problématique congolaise, car ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir à Kinshasa ne sont que les exécutants de ces différents monopoles.
En tout cas, quelques questions s’imposent. Quelle voix devons-nous emprunter ? Qui veut réellement hypothéquer notre avenir ? Sur qui devons-nous compter ?
Face à ces interrogations, un seul choix, me semble-t-il, est envisageable : celui qui consiste à adopter une tactique pouvant nous permettre de gouverner politiquement pour tous les Congolais. Dans cette optique, trois possibilités s’offrent à nous : soit de conquérir à tout prix le pouvoir pour le pouvoir, soit de constituer un bloc contre le régime en place à Kinshasa afin de garantir l’accès au pouvoir, soit d’œuvrer dans le cadre de l’Union des Congolais.
J’ai fait, quant à moi, le choix de l’Union du Congo, laquelle doit être bien entendu ouverte. De plus, comment deviendrons-nous majoritaires si nous excluons ceux qui ne sont pas membres de cette Union du Congo ? Nous sommes condamnés à dépasser nos divergences, à cesser de nous regarder en chiens de faïence. Bref, à nous unir.
Je suis conscient qu’Union du Congo a une vocation qui lui permet d’être l’entité fédératrice de vos talents, de rassembler tout ce qui est épars. Car, Union du Congo se situe à la jonction des différentes aspirations pour lesquelles vous militez. Mon souhait, pour l’Année 2010, c’est que, dans l’unité, nous constituions une structure cohérente, aspirant au pouvoir politique et donc à la gestion économique de notre pays. Et si nous parvenons à réaliser cette entreprise, nous devrons être loyaux envers ceux qui ont accepté de faire cause commune avec nous et avoir conscience de nous-mêmes par rapport à ceux qui, en provenance de partout, viendront nous rejoindre.

Chers Compatriotes,
Ayant été élevé, entre autres, dans la mystique bantoue, je ne peux que croire à la force et au bienfait de nos valeurs ancestrales. Sachons que bon sang ne saurait, ou ne pourrait, mentir. Il ne peut que, malgré les coalitions de circonstances contre notre pays, faire triompher l’ordre tant préconisé par Mfumu Simon Kimbangu, Joseph Kasa-Vubu, Patrice Lumumba, Laurent-Désiré Kabila et d’autres héros nationaux.
Voilà pourquoi, agissant en communion avec la volonté divine et les esprits de nos ancêtres, notre peuple rétablira, qu’on le veule ou non, l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire congolais. Il saura apporter la paix dans la région des Grands Lacs et impulsera la dynamique économique en Afrique centrale. Mais tout ce que je viens d’évoquer ne se concrétisera que dans la conjonction du spirituel et de la volonté humaine.

Bonnes fêtes de Noël !
Que l’Année 2010 soit propice à vos attentes !
Longue vie à notre peuple !
Vive la République Démocratique du Congo, une et indivisible !

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Président d’Union du Congolaise
Paris, le 21 décembre 2009

Pour écouter les Vœux, prière de cliquer sur le lien ci-contre : http://www.youtube.com/watch?v=K2YfzJk9JuI&feature=channel

samedi 19 décembre 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20091219/062 relatif au rattachement de l'Inspection Générale des Finances à la présidence de la RD Congo


La présidence de la République Démocratique du Congo a annoncé récemment le rattachement  de l’Inspection Générale des Finances (IGF) à ses services. En tenant tous les cordons de la bourse, la seule prérogative qui lui échappait jusque-là, le président Joseph Kabila est désormais seul maître à bord du navire Congo-Kinshasa. En effet, s’agissant du fonctionnement de l’économie nationale et des services des douanes, seul le président de la République est habilité à donner des instructions relatives à leur contrôle. L’éventualité de l’intervention de la justice par voie de réquisition pour obtenir certaines informations et le rôle attribué à l’Inspecteur général, en évoquant le statut particulier des fonctionnaires affectés à l’IGF, ne constituent aucune garantie dans la gestion des finances de l’État.

Primo, en faisant main basse sur les finances de l’État après plusieurs différents au sein de l’exécutif gouvernemental, la présidence de la République passe outre plusieurs articles de la Constitution :
- L’alinéa 3 de l’article 69 dans la mesure où le président de la République n’aura plus à assurer, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics. En effet, comment le magistrat suprême peut-il être l’arbitre de ses propres attributions ?
- Les alinéas 1, 2 et 4 de l’article 91, dans la mesure où la présidence de la République ôte au Gouvernement la possibilité d’assumer sa responsabilité relative à la politique de la Nation. De facto, non seulement il ne disposera plus de l’administration publique du point de vue des finances mais il dépendra du président de la République dans la conduite de ladite politique.
- L’article 138, car la présidence a dorénavant le pouvoir d’empêcher tout contrôle du Gouvernement par le Parlement. De ce fait, le Gouvernement est sous la menace directe du président de la République qui pourra, à tout moment, recourir au chantage à son encontre.
- L’article 146, car la présidence de la République retire au Parlement la possibilité de mettre en cause le Gouvernement, ou un membre du Gouvernement, par le vote d’une motion de censure ou de défiance.
- L’article 180, puisque la Cour des comptes ne pourra plus contrôler la gestion des finances de l’État et des biens publics conformément aux conditions fixées par la loi.
- L’alinéa 4 de l’article 181, dans la mesure où la présidence de la République ôte au Gouvernement la tutelle de la Caisse nationale de péréquation dont la mission consiste à financer des projets et programmes d’investissement public, en vue d’assurer la solidarité nationale et de corriger le déséquilibre de développement entre les provinces et entre les autres entités territoriales décentralisées.

Secundo, en cédant aux desiderata  présidentiels et en gardant un silence consentant, le Gouvernement congolais a entériné sa mise sous-tutelle par la présidence de la République.

Tertio, en ayant préféré s’inscrire aux abonnés absents, l’opposition, en ce qui la concerne, a confirmé son inexistence par rapport à la majorité présidentielle. De facto, elle partage les positions de l’Alliance pour la Majorité Présidentielle (AMP) quant à la gestion de la chose publique.

Vu les arguments évoqués supra, Union du Congo :
- dénonce vigoureusement cette reprise en main de différents services de l’État liés au fonctionnement de l’économie nationale et des services des douanes par la présidence de la République à moins de deux ans de l’élection présidentielle de 2011 ;
- prend donc à témoin le peuple congolais en lui demandant, le moment venu, de choisir des filles et fils du Congo épris de la bonne gouvernance et de l’intérêt supérieur de la Nation congolaise ;
- demande au Parlement d’oser jouer son rôle de représentant du peuple en garantissant le respect de la Constitution.

Le Bureau d’Union du Congo

Fait à Paris, le 19 décembre 2009

jeudi 17 décembre 2009

Escalade de violence en République démocratique du Congo

"Il faut une solution politique pour arrêter la violence inimaginable au Congo"
 
«Il y a eu plus de missions dans le cadre de la politique européenne de défense de sécurité en République démocratique du Congo que dans n'importe quel autre pays.
 
Ni la MONUC, mission de l'ONU depuis 2000, ni la mission de formation de l'UE EUSEC et EUPOL depuis 2005 n'ont pu entraver la violence : des milliers de personnes ont été tuées, torturées, violées, des centaines de milliers personnes ont été déplacées.




 Les troupes soutenues par les Nations Unies et l'Union européenne ont contribué à des crimes de guerre et à des atrocités contre la population civile.
 
Les conclusions du Conseil demandant la prolongation des missions de l'UE étaient erronées et le sont toujours ! La lutte contre les troupes non gouvernementales ne peut pas être considérée comme la seule stratégie pour une solution du conflit au Congo oriental. 
 
Il existe deux causes directes de l'escalade de violence récurrente. La première raison est l'exploitation des ressources du pays, et la deuxième est le fait que les pays d'Europe et de l'UE soutiennent les troupes rebelles et le gouvernement corrompu de Joseph Kabila. 
 
L'argument principal du programme européen d'éducation au Congo dit qu'il s'agit de stabilisation et de sécurité. La question est : sécurité pour qui ?
Il semble que l'UE ne signifie pas la sécurité pour les civils congolais, en particulier la sécurité des femmes et des enfants. 
 
Le programme européen d'éducation offre une stabilité uniquement au régime corrompu de Kabila, mais ce régime a plus intérêt à signer des contrats avec des sociétés minières internationales que de prendre soin du peuple congolais".
 
Par Marie-Christine Vergiat
Députée de la GUE/NGL Sabine Lösing


Congo : situation dramatique selon l'Europe



L'Union européenne a exhorté mercredi le président Joseph Kabila à faire davantage pour mettre fin aux violences contre les civils dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), se disant "préoccupée" pour "l'avenir du pays".

"Les autorités congolaises ont la responsabilité de faire en sorte que la politique de tolérance zéro (proclamée par Joseph Kabila contre les violences) ne soit pas que des mots, mais soit traduite dans la réalité", a prévenu la ministre suédoise des Affaires européennes, Cecilia Malmström, dont le pays préside l'Union européenne, devant le Parlement européen.

De son côté, le commissaire européen à l'aide au développement, l'ancien ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht, a invité le chef de l'Etat congolais à faire preuve de "volonté politique" pour mettre fin à "l'impunité" des auteurs.

Il a aussi rappelé que l'Union européenne versait beaucoup d'aide humanitaire à la RDC mais laissé entendre que les pouvoirs publics n'en faisaient pas toujours le meilleur usage, vu le peu de résultats sur le terrain.

"Quel est l'intérêt de tout cela si vous n'avez pas en face de vous des interlocuteurs politiques appropriés ?", s'est-il interrogé.

Karel De Gucht a parlé de l'"énorme gâchis qu'est devenue la RDC, un pays ou presque tout est à refaire, à commencer par la reconstruction de l'Etat, dont l'absence est au coeur du problème".
Il a aussi appelé à "consolider la démocratie" dans le pays en vue des élections prévue en 2011.

Cecilia Malmström a qualifié d'"extrêmement dramatique la situation au Congo, où les droits de l'Homme sont foulés au pied et où il y a beaucoup d'actes de violences sexuelles" notamment dans l'est du pays. "Nous sommes préoccupés par l'avenir de ce pays", a-t-elle ajouté.

Le tout dernier rapport de l'ONG Human Rights Watch (HRW) sur la situation dans l'est de la RDC recommande à l'ONU de mettre en place "des stratégies de protection des civils" dans cette zone où des soldats de l'armée congolaise et des combattants rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) s'en prennent massivement à la population.

Belga

mardi 15 décembre 2009

Des ex-rebelles désertent l'armée pour rejoindre un ancien officier



Dans la province du Nord-Kivu, plusieurs centaines d'ex-rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) intégrés dans l'armée congolaise ont déserté la semaine dernière et ils seraient en train de rejoindre un officier congolais rentré au Nord-Kivu après des années d'exil en Ouganda.

Il s'agit du général Gad, un Tutsi congolais qui a participé à la première guerre du Congo au sein de l'AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo) qui a porté au pouvoir feu Laurent désiré Kabila en 1997. Cet officier n'a pas participé à la seconde guerre de l'est en 1998, il est parti s'installer en Ouganda.

Depuis un mois,selon nos sources, il a réapparu à Nyamilima au nord de Rutshuru et de Goma, la capitale provinciale. Deux colonels, ex-rebelles du CNDP intégrés dans les forces armées congolaises, ont déserté la semaine dernière avec une partie de leurs hommes pour, selon certaines sources, tenter de rejoindre le général Gad. Ce dernier aurait également pris des contacts avec les Maï Maï du groupe Lafontaine pour rallier ces miliciens locaux réticents à l'intégration.

Plus surprenant encore, des informations indiquent que le général Gad aurait reçu lundi une délégation de FDLR, les rebelles hutus rwandais que les Forces congolaises essaient de traquer. Cette alliance contre nature est elle possible ? Et dans cette hypothèse pour le moins étrange quels seraient les objectifs poursuivis ?

Quoi qu'il en soit depuis l'arrestation de Laurent Nkunda au Rwanda, certains ex-rebelles fidèles à leur chef se sentiraient laissés pour compte. Plusieurs de leurs commandants seraient plus occupés à s'enrichir qu'à tenir les troupes. Si ces informations se confirment la situation déjà très difficile au Nord-Kivu risque d'échapper totalement au gouvernement de Kinshasa.

© RFI

samedi 12 décembre 2009

BNP Paribas Fortis a vendu sa participation dans la BCDC à Forrest

BNP Paribas Fortis, l'ancienne Fortis Banque, a vendu sa participation de 25,6 % dans la Banque Commerciale du Congo (BCDC) à l'homme d'affaires George Forrest, écrit samedi De Tijd.



Un porte-parole de BNP Paribas a confirmé l'opération mais ne donne pas le montant de la transaction. La BCDC est la principale banque en RDC. La participation de l'ex-Fortis Banque, via sa filiale Belgolaise, était à vendre depuis plusieurs années. Mais l'opération n'a été clôturée qu'au cours des derniers mois.      

Fin 2008, George Forrest détenait déjà 11,55% de la BCDC. Avec ce rachat, il devient vraisemblablement le plus gros actionnaire de la BCDC. En février, il avait pu nommer deux administrateurs à la BCDC, dont l'ex-secrétaire d'Etat Pierre Chevalier.

vendredi 11 décembre 2009

Le bilan des 5 chantiers de Joseph Kabila, trois ans après son élection à la présidence de la République

Le président Joseph Kabila a totalisé, le 6 décembre 2009, trois années à la tête de la République Démocratique du Congo depuis son investiture. Le programme du gouvernement durant le mandat 2006-2011, les fameux « cinq chantiers », a également trois ans d’existence. À cet effet, Union du Congo livre au peuple congolais le constat concernant son élaboration au cours des années écoulées. Elle met donc en évidence des zones d’ombres et évoque quelques sujets d’inquiétude.

Pour prendre connaissance de la réaction d’Union du Congo, prière de cliquer ICI.

Le Bureau d’Union du Congo

Fait à Paris, le 11 décembre 2009

mercredi 9 décembre 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20091209/061 relatif à la situation en cours en RD Congo

Compte tenu des injustices à l'encontre des Congolais de la diaspora et des violations des droits fondamentaux dans le territoire national, quelques fils et filles de la République Démocratique du Congo ont éprouvé la nécessité de changer le régime en place à Kinshasa. Pour atteindre cet objectif, certains ont préféré recourir aux armes, tandis que d'autres – c'est le cas d'Union du Congo – ont fait le choix de privilégier la voie des urnes.

En conséquence,

Au vu de l'impunité dont bénéficient à ces jours les individus ayant systématiquement violé les articles 5, 52, 62, 63 et 64 de la Constitution congolaise,

Au vu de la privation des droits civiques, notamment sur le plan électoral, à l'encontre des Congolais de la diaspora,

Au vu de la non-reconnaissance par le gouvernement de la double nationalité aux Congolais d'origine,

Au vu du refus du gouvernement congolais de procéder à un recensement sérieux de la population avant les prochains enjeux électoraux,

Sans forcément condamner ce qui se passe en ce moment à Dongo, dans la mesure où les autorités congolaises ont dans d'autres circonstances eu recours aux mêmes méthodes, Union du Congo suit de très près l'évolution de la situation dans l'ensemble du territoire national. Ainsi assumera-t-elle ses responsabilités, le moment venu, en vue de la sauvegarde de la cohésion nationale et de la paix en Afrique centrale.

Le Bureau d'Union du Congo

Fait à Paris, le 9 décembre 2009

Bukavu : après un abbé samedi, une religieuse assassinée à son tour lundi à Murhesa

L’Eglise catholique de Bukavu est encore en deuil. Une religieuse, la soeur Denise Kahambo Murahirwa a été tuée par balle, lundi soir à 19 h 30 locales, par des hommes armés en uniforme. Selon le responsable de la commission justice et paix de l’archidiocèse de Bukavu, les assaillants ont attaqué le monastère Notre Dame de la Clarté de Murhesa situé à 20 kilomètres de la ville de Bukavu, en territoire de Kabare, rapporte radiookapi.net

Marche pacifique à Bukavu (Archives)

Alertés, le vice-gouverneur et le commandant de la police se sont immédiatement rendus sur le lieu du drame. Un point de presse est prévu ce mardi matin par le vice-gouverneur de province tandis qu’une messe se tiendra sur place à Murhesa.

Deux religieux abattus à moins de 48 heures

L’assassinat de la soeur survient deux jours seulement après le meurtre d’un prêtre de la paroisse de Kabare. L’abbé Daniel Cizimia a été abattu lui aussi par des hommes armés dans la nuit de samedi à dimanche, dans sa chambre du couvent de la paroisse de Kabare. En signe de protestation de cet assassinat, les écoles publiques conventionnées du secteur de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel de Bukavu n’ont pas ouvert leurs portes lundi. Cet arrêt de travail irait jusqu’à l’enterrement ce mardi du prêtre assassiné. Les obsèques étaient initialement prévues lundi ont été reportées à mardi, en attendant l’arrivée à Bukavu de Mgr Maroyi. Le corps de l’abbé Cizimia est exposé à la cathédrale Notre Dame de la paix où plusieurs personnes défilent pour lui rendre leur dernier hommage. Pendant ce temps, la police continue à auditionner trois suspects. Leur évacuation de Kabare à Bukavu a entraîné dimanche la mort d’une autre personne et cinq blessés. Le drame a eu lieu au moment où la foule voulait lyncher ces suspects. Elle a été dispersée par des coups de feu, tirés à balles réelles, par des FARDC en faction à Kabare.

D’après le président provincial du Syndicat national des écoles conventionnées protestantes du Sud-Kivu, M. Munganga Muzegekwa cette décision se justifie par le fait que les assassinats se multiplient au jour le jour, sans que cela ne puisse inquiéter les gouvernants. « Nous trouvons que nous sommes en danger. Si on doit tuer un pasteur, un prêtre, de surcroît un enseignant, nous pensons qu’il y a un danger qui nous guette. Nous devons donc nous mobiliser tous, la vie humaine est sacrée, elle doit être protégée par n’importe qui, et même par le pouvoir. », déclare-t-il.

Des religieux, des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme, sont particulièremet visés

Il faut dire que l’insécurité n’épargne aucune catégorie sociale au Sud Kivu, et plus particulièrement à Bukavu et ses environs. Déjà, en octobre 1996, l´archevêque de Bukavu, Mgr Christophe Muzirhwa, avait été abattu par les soldats de l´AFDL. Dans le domaine des droits de l’homme, en juillet 2005, on assistait à l’assassinat de l’activiste de Pascal Kabungulu, activiste des droits de l’homme bien connu. Sa perte avait suscité un émoi dans l’opinion, à Bukavu et dans tout le pays. Le procès sur cet assassinat avait été suspendu en décembre 2006, le tribunal de Bukavu s’étant déclaré incompétent. En juillet 2007, soit exactement 2 ans après la disparition brutale de Pascal Kabungulu, les activistes de droits de l’homme avaient manifesté à Kinshasa, non seulement pour exiger la réouverture du procès, mais aussi sa délocalisation, de Bukavu à Kinshasa. Depuis lors, plus rien.

Les malfaiteurs n’ont pas désarmé. Cette fois, leur nouvelle cible était des journalistes. C’est ainsi que le 13 juin 2007, Serge Maheshe, journaliste de Radio Okapi, avait été assassiné. Sa disparition attrista toute la corporation et un procès fut ouvert à Bukavu et le verdict rendu. Mais les organisations de défense des droits de l’homme et des professionnels de la presse avaient dénoncé des irrégularités dans le déroulement de ce procès. Et en novembre 2008, c’était le tour de Didace Namujimbo, un autre journaliste de Radio Okapi/Bukavu d’être abattu par des hommes armés non autrement identifiés jusqu’à ce jour. Le procès n’a jamais eu lieu. Enfin, toujours à Bukavu, Bruno Koko Chirambiza, 24 ans, journaliste présentateur du journal en Swahili à la radio Star, une radio locale émettant de Bukavu, a été tué dans la nuit de samedi à dimanche 13 aôut 2009 au quartier Kasali dans la commune de Kadutu alors qu’il rentrait chez lui.

© Radio Okapi

samedi 5 décembre 2009

Rassemblement contre les violations des droits fondamentaux



Rassemblement qu'Union du Congo a organisé devant le Mur de la Paix à Paris, le 21 novembre 2009, contre les violations des droits fondamentaux. Veuillez cliquer sur le lien ci-contre pour se faire une idée de ce qui a été entre autres dit : http://www.youtube.com/watch?v=mK4imQfniKM.

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20091205/060 relatif à l'appel des ONG en vue de l'assistance des populations congolaises en 2010

Selon un communiqué de l'Agence France Presse (AFP) daté du 4 décembre, les organisations humanitaires en République Démocratique du Congo ont lancé "un appel de fonds" de 827 millions de dollars américains en vue d’apporter de l’assistance à des "centaines de milliers de Congolais" en 2010.

Ainsi Union du Congo s'interroge-t-elle sur le bilan réel des ONG en RD Congo et sur le rôle du gouvernement congolais dans l'assistance d'urgence aux "déplacés internes" vivant dans des conditions précaires, aux populations en proie aux maladies et victimes des violences ainsi que d'abus sexuels. Il est évident que l'aide humanitaire ne pourra en aucun cas constituer une alternative à une crédible politique étatique en matière de développement.

Face à la catastrophe humanitaire en cours à l'Est de la RD Congo, la prolifération de ces organismes et leur appel de fonds devant être interprétés comme le résultat de la défaillance, voire de la démission, de l'État congolais, Union du Congo est convaincue que les solutions viendront en premier lieu de la capacité des gouvernants à mettre un terme aux récurrentes violences armées. De ce fait, Union du Congo préconise une politique efficace en vue du désarment de différentes bandes qui sévissent dans la région et de la sécurisation des frontières orientales de la République Démocratique du Congo.

Le Bureau d'Union du Congo

Fait à Paris, le 5 décembre 2009

jeudi 3 décembre 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20091203/059 relatif au financement de la vaccination en RD Congo

D'après Radio Okapi, les activités de vaccination se poursuivront en République Démocratique du Congo en 2010. En effet, le gouvernement congolais a annoncé le mercredi 2 décembre le versement d’un acompte de 511 000 dollars américains à GAVI-alliance (la coalition mondiale des partenaires financiers de la vaccination). Cette organisation avait menacé de suspendre le financement des activités de vaccination en RD Congo si le gouvernement ne s'acquittait pas de sa contribution estimée à 1,3 million de dollars américains.

D'aucuns ont en mémoire le communiqué de presse daté du 25 septembre 2009, dans lequel Union du Congo avait interpellé le Parlement congolais pour qu'il dégage en urgence une ligne budgétaire en vue de la vaccination afin de permettre au gouvernement de se mettre en conformité avec les bailleurs et de prémunir ainsi la population contre les diverses maladies. Cette fois-ci, Union du Congo demande au gouvernement congolais de ne pas oublier de verser dans le compte de Gavi via l'Unicef, dans les meilleurs délais, les 739 000 dollars d'arriéré pour ne pas mettre en danger la santé de nos compatriotes.

Le Bureau d'Union du Congo

Fait à Paris, le 3 décembre 2009

mercredi 2 décembre 2009

Une autre vision pour la RD Congo




Gaspard-Hubert Lonsi Koko, invité de Robert Kongo sur Radio Vexin. Pour écouter cette émission, prière de cliquer ICI.

mardi 1 décembre 2009

Cinq questions à Gaspard-Hubert Lonsi Koko

1. Le parvis du Mur de la Paix aux Champs de Mars à Paris où Union du Congo a décidé d’organiser le 21 novembre un rassemblement pour dénoncer, encore une fois, les violences sexuelles, les crimes de guerre et les crimes contre l’Humanité en RD Congo est un symbole très fort. Pouvez-vous justifier ce choix ?

A Union du Congo, nous avons toujours été favorables à une solution humaniste par rapport aux violations des droits fondamentaux sans cesse en cours à l’Est de la RD Congo. Le Mur pour la Paix étant inspiré du Mur des Lamentations de Jérusalem, les visiteurs peuvent déposer sur place leurs messages de paix dans les interstices du Mur prévus à cet effet. Partisans de la Paix, nous avons choisi ce lieu hautement symbolique pour interpeller le gouvernement congolais et la communauté internationale par rapport au non-respect de la dignité des femmes et des enfants congolais. Notre interpellation a concerné aussi l’arrestation de Bosco Ntaganda et son extradition à la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’Humanité, ainsi que le transfert de Laurent Nkunda à Kinshasa afin d’y être jugé pour les même motifs.

2. Union du Congo a suffisamment sensibilisé l’opinion nationale et internationale à ces faits. Avez-vous l’impression de ne pas être entendu ?

Nous ne serons pas complices des actes barbares dont sont victimes nos compatriotes du simple fait d’être nés Congolais. Je pense plutôt que nous sommes très entendus et nos actions sont suivies à la loupe non seulement à Kinshasa mais aussi en Occident. J’en veux pour preuve, la présence de l’ambassadeur chargé des droits de l’Homme au Quai d’Orsay, François Zimeray, au rassemblement organisé par Union du Congo. La présence de ce diplomate est tout simplement une reconnaissance de la lutte que nous menons.

3. En effet, la présence de M. François Zimeray a été remarquée. N’est-ce pas hypocrite de la part d’un gouvernement qui n’ignore pas ce qui se passe au Congo ?

Nous avons appris, en tant que société civile, à faire de la très haute politique. Je ne pense pas que le ministère français des Affaires étrangères a dépêché l’un de ses hauts fonctionnaires par simple hypocrisie. Si le gouvernement français n’avait pas envoyé son représentant, cela aurait montré sa complicité avec les forces négatives qui cherchent à déstabiliser notre pays. Il ne faut surtout pas voir de l’hypocrisie dans la présence de son Excellence François Zimeray, mais plutôt de la reconnaissance de la France envers une structure soucieuse du bien-être du peuple congolais. Pour l’avenir de notre pays, nous devons avant tout compter sur nous-mêmes. En effet, nous devons être les premiers gardiens de nos intérêts. Si nous sommes cohérents vis-à-vis de nous-mêmes, les puissances étrangères ne pourront que prendre acte et abonder dans notre sens.

4. La diaspora congolaise ne semble-t-elle pas indifférente à ce qui se passe à l’Est du pays ?

Nos compatriotes, aussi bien ceux de la diaspora que de l’intérieur, sont très préoccupés par les tristes événements qui se déroulent dans la région du Kivu et dans la province orientale. D’ailleurs, sans le réveil de la conscience congolaise, le Congo aurait déjà été balkanisé. Tous les moyens qu’on a mobilisés n’ont pas suffi à désunir notre peuple. Avant le rassemblement devant le Mur de la Paix, nous avons parrainé au mois de septembre à Paris le concert des Bantunani pour dénoncer les violences sexuelles à l’encontre des femmes et des enfants. Nos prises de positions permettent aux opinions congolaise et internationale d’être informées sur ce drame humanitaire. Notre rôle, ainsi que celui de nos partenaires congolais, c’est de continuer à conscientiser nos populations, y compris la diaspora.

5. Au Congo, des manifestations sont également organisées pour dénoncer les mêmes faits. Certaines sont pilotées au plus haut sommet de l’Etat. Une façon de couper l’herbe sous le pied d’Union du Congo ?

C’est bon signe que les Congolais de l’intérieur prennent des initiatives consistant à dénoncer les barbaries auxquelles sont exposées nos compatriotes de l’Est. Union du Congo, en tant que société civile, ne peut qu’agir de la sorte. En revanche, il est consternant de constater que ceux qui dirigent le pays soient réduits à dénoncer ces méfaits au lieu d’agir efficacement pour les enrayer. Cela montre leur incapacité à rétablir l’ordre, à imposer la présence de l’État à travers le territoire national. Tout le monde a constaté que ces derniers temps le gouvernement ne cesse d’adopter nos propositions. C’est le cas pour la délivrance de la carte d’identité, encore faut-il que cela soit le résultat d’un recensement sérieux de la population. C’est aussi le cas pour le projet relatif à la mise en réseau des médecins, etc. Le constat est évident. Union du Congo est une véritable force de proposition pour un Congo meilleur et davantage éclairé.

PROPOS RECUEILLIS PAR ROBERT KONGO, CORRESPONDANT EN FRANCE.

Président d’Union du Congo

© Le Potentiel

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20091201/058 relatif au SIDA en RD Congo

Selon le quotidien français Le Monde, « s'il est un endroit abandonné au risque du VIH, en Afrique, c'est bien Goma, ville de l'Est de la République Démocratique du Congo ».

Effectivement, à Goma, on ne sait pas exactement le taux de prévalence de la maladie. La défaillance des ONG ne permet pas de s'appuyer sur des données fiables en vue des évaluations des progrès ou non de tous ces engagements humanitaires. Ces lacunes ont forcément des répercussions négatives sur l'approvisionnement en médicaments. Quant au gouvernement congolais, triste constat, il n'est pas en mesure, en cette journée mondiale de la lutte contre le SIDA, de faire son bilan par rapport à l'épidémie.

N'ayant aucun chiffre sur le nombre de personnes infectées par le VIH, ne connaissant pas non plus les mesures gouvernementales pour lutter efficacement contre cette pandémie, Union du Congo encourage les ONG qui œuvrent vaille que vaille sur place. En revanche, Union du Congo demande aux autorités congolaises de prendre en urgence des mesures appropriées, en vue de stabiliser la propagation du virus en RD Congo. Ainsi conseille-t-elle au gouvernement de mettre en place une vraie politique sanitaire en matière de dépistage, de sensibilisation de la population et de prévention, ainsi qu'une aide aux orphelins et victimes du VIH.

Le Bureau d'Union du Congo

Fait à Paris, le 1er décembre 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20091201/057 relatif aux mouvements massifs des populations en provenance du Rwanda

Selon Radio Okapi, des mouvements massifs des populations en provenance du Rwanda s’observent de plus en plus dans les territoires de Masisi et Rutchuru depuis près de 4 mois maintenant. Ces personnes traversent clandestinement la frontière à partir de Kibumba, à une vingtaine de kilomètres au nord de Goma, sur l’axe Rutshuru. Leur nombre est estimé à ce jour à plus de 12 mille familles - sachant que ce nombre devrait être multiplié par 10, compte tenu de l’aspect élargi des familles africaines.

D’aucuns constatent la confusion dans la mesure où les personnes qui rentrent, en majorité tutsie, n’ont pas été inscrites, pour la plupart, dans les camps de réfugiés au Rwanda. En effet, comment peut-on identifier efficacement ces personnes à l’intérieur du Congo dès lors qu’elles ne détiennent aucun document fiable pouvant justifier leur appartenance à la Nation congolaise ? En tout cas, Union du Congo s’interroge sérieusement sur les raisons pour lesquelles aucune identification n’a été faite à la frontière.

En conséquence, Union du Congo demande des explications au gouvernement congolais sur les conditions et les préparatifs d’accueil des candidats au retour. Ainsi estime-t-elle que le peuple congolais doit être éclairé sur le fait que l’identification n’a pas été faite avant que les réfugiés ne franchissent la frontière nationale.

Le Bureau d’Union du Congo

Fait à Paris, le 1er décembre 2009

dimanche 29 novembre 2009

RDC : l’afflux des réfugiés venus du Rwanda soulève doute et inquiétude

L’arrivée d’environ 12.000 familles, ces derniers mois, dans les territoires de Masisi et Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), venues du Rwanda et se présentant comme des réfugiés congolais, suscite des doutes sur leur origine et fait craindre une subtile infiltration d’étrangers.

Le coordonnateur de la Commission nationale pour les réfugiés au Nord-Kivu (CNR), Laingulia Njewa, cité par une radio locale, a indiqué cette semaine à la presse que ces personnes, entrent plutôt clandestinement par la frontière à partir de Kibumba, à une vingtaine de kilomètres au nord de Goma, sur l’axe Rutshuru.

Accompagnés de leurs dépendants, du gros et petit bétail pour certains, ils se sont installés dans des villages congolais et 80% de ces populations se déclarent provenir des camps de réfugiés de Byumba et Kibuye au Rwanda, a-t-il précisé.

Laingulia Njewa tente de rassurer les populations locales, les appelant au calme, indiquant que le gouvernement se penche sur la question, afin d’identifier ces réfugiés douteux dont l’effectif n’est pas encore définitif.

Pour le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés ( HCR), il est difficile de dire avec exactitude si ces personnes sont réellement des réfugiés congolais.

"On ne connaît pas vraiment le profil de ces personnes. En tout cas, la majorité n’avait pas avec eux, des documents attestant qu’ils étaient des réfugiés. En plus, la Commission nationale des réfugiés et les autorités provinciales doivent encore vérifier pour mieux comprendre d’où ces personnes proviennent", a déclaré mercredi à Kinshasa Francesca Fontanini, administrateur chargée des relations extérieures du HCR en RDC, de retour d’une mission dans la province du Nord-Kivu.

© Xinhua

mardi 24 novembre 2009

Paris : Manifestation du 21 novembre 2009 contre les violences sexuelles faites aux femmes en RD Congo


Intervention du CRID (*)

Je remercie les organisateurs de nous accorder la parole. J’interviens ici au nom du CRID : Convention pour le République, les Institutions et le Développement. Un parti légalement enregistré en RDC et ayant participé aux deux scrutins législatifs récemment organisés : élections législatives nationales et provinciales.
Aussi discret qu’il soit, notre mouvement est connu par la plupart des participants de cette manifestation car depuis 13 ans il n’a cessé de dénoncer les crimes qui font que nous nous réunissons aujourd’hui. Il suffit de vous rappeler le nombre d’interventions faites par son président sur RFI, Africa N°1, Radio Notre Dame, Agence PANA, l’Autre Afrique et tant d’autres.
Durant ces treize années nous avons en effet dénoncé :
Le massacre de Makobola qui souvenez-vous un jour de la Saint Sylvestre alors que tout le monde célébrait le nouvel an les habitants de tout un village Makobola avaient été massacrés.
Souvenez-vous aussi que dans la foulée de la marche de l’AFDL vers Kinshasa, des femmes avaient été enterrées vivantes dans un autre village du Sud-Kivu : KASIKA.
Des images ont circulé sur les massacres de MASISI. Encore une fois c’est grâce au CRID que ces images macabres ont pu être vues malheureusement sans presque de réaction ni compassion.
Rappelez-vous également nous avons dû déplorer des massacres et traitements inhumains et dégradants, la coupure d’électricité à Kinshasa entraînant, la mort de malades et des bébés dans les hôpitaux.
L’assassinat de Mgr MUNZIHIRWA et l’exil forcé de Mgr KATALIKO font également partie de cette stratégie de déstructuration et déstabilisation de notre pays. Ces prélats ont été assassinés pour avoir prêché la paix à l’Est en dénonçant les violences et l’agression.

Cette liste macabre n’est malheureusement pas exhaustive et des violences les plus ignobles y compris la sodomisation des pères devant leurs familles, continuent encore aujourd’hui à être perpétrées sans distinction d’âge (de 7 à 77 ans) principalement dans l’Est de la RDC. L’Hôpital de Panzi à Bukavu n’a jamais été aussi surchargé.
Chers amis, participant à cette manifestation. S’il y a une seule conclusion valable à tirer de ces observations nous retiendrons objectivement la conclusion suivante : « LES MÊMES CAUSES PRODUISENT LES MÊMES EFFETS ».

Les violences perpétrées hier par les partisans de l’AFDL ou du RCD, aujourd’hui par les FDLR ou par des éléments incontrôlés des FARDC ont une justification :
Depuis 1997 nous commettons des erreurs sur les personnes
Depuis 1997 nous commettons l’erreur sur les objectifs des uns et des autres
Depuis 1997 nous nous sommes trompés d’ennemi.
Il nous appartient de faire un effort d’autocritique pour déceler ce qui ne va pas chez nous et accepter notre part de responsabilité car « CHAQUE PEUPLE A DES CHEFS QU’IL MÉRITE ».
Si nos mamans, nos grands-mères et nos sœurs ont continué à être violées pendant quinze ans, ne les avons nous pas quelque part condamné nous mêmes ?
Chers amis, chers compatriotes, nous savons tous que les responsables de ces crimes se promènent en toute liberté et certains sont parmi la classe qui gouverne notre pays depuis 17 ans ?
L’une de nos responsabilités c’est de n’avoir pas su évaluer le risque de nos choix politiques. Notre responsabilité ultime c’était d’avoir laissé à d’autres, la gestion de nos problèmes.
CECI DIT, UN HOMME AVERTI EN VAUT DEUX et ce n’est pas par hasard que nous sommes cette fois-ci plus nombreux à dénoncer ces violences faites aux femmes.
Nous aurions bien souhaité que l’on soit nombreux à célébrer la fin des atrocités. Malheureusement encore une fois c’est pour déplorer la recrudescence, la généralisation et leur caractère systématique. Je dis bien caractère systématique.
Chers amis, chers compatriotes. Nous ne soulagerons la souffrance de ces victimes que lorsque nous regarderons les bourreaux les yeux dans les yeux et leur dirons qu’ils sont responsables et qu‘ils doivent payer.
Chers compatriotes, chers amis manifestants, lorsqu’un gouvernement ne peut ou ne sait défendre ses citoyens, lorsqu’il est incapable de se constituer une armée digne de ce nom pour défendre l’intégrité du territoire national, il est considéré à minima incapable et incompétent avec toutes les conséquences qui s’en suivent. On doit aussi s’interroger si cette incompétence flagrante ne peut s’apparenter à une certaine complicité.

Les violences que connaît notre pays depuis toutes ces années ne sont qu'un symptôme du mal profond et de la disparation de l'état. L’état actuel est incapable de sécuriser son peuple car ses animateurs sont occupés par des intérêts privés et rongés par la corruption qui empêche l'avènement de vraies institutions et d'une armée républicaine.

Chers compatriotes, chers amis manifestants permettez-moi de conclure par cette comptabilité macabre que je livre à votre réflexion. Lorsqu’un soldat occidental est tué en Afghanistan, le monde s’en émeut. La RDC a perdu 7 million de civils et plusieurs centaines de femmes sont violées par jour à l’Est du pays avec ses violences ?
7 million de morts c’est la totalité de la population rwandaise
7 million de mort c’est deux fois la population du Gabon
7 millions de morts, c’est le double de la population du Togo
7 million de morts c’est la totalité de la population burundaise
7 million des morts c’est l’équivalent du Congo Brazzaville qui est rayée de la démographie africaine
Pourtant disent les dirigeants du monde, 7 million de morts c’est n’est que 9 % de la population Congolaise, il n’y a donc pas de quoi s’alarmer.
Quant aux femmes violées, leur sort a tout au plus abouti à la création d’une nouvelle activité touristique : « la visite des femmes violées » .
Pourtant des solutions existent et les instruments pour les appliquer existent. Seule la volonté politique manque.
La Cour Pénale Internationale a été créée justement pour que de telles crimes ne restent impunies et ainsi éviter leur répétition
La MONUC, force des Nations Unies est fortement présente en RDC avec des effectifs avoisinant les 20 000 hommes. Que représentent les miliciens des FDLR face à une telle force ? Les FDLR sont-ils plus forts que les talibans ?
Les institutions actuelles de la RDC sont tout de même issues des urnes. Manquent-elles de la légitimité pour prendre des mesures énergiques en vue de sécuriser le territoire national ?
Pour terminer je voudrais vous partager ma forte conviction : plus que jamais le CRID est convaincu que le peuple s’est réveillé. Et plus que jamais notre peuple a changé. 2011 sera l’année de la vérité car :
"On peut tromper une partie du peuple tout le temps,
on peut tromper tout un peuple une partie du temps,
mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps".

AU NOM DU CRID, de ses dirigeants, de tous ses militants et des victimes je vous remercie.

(*) Convention pour la République, les Institutions et le Développement.

lundi 23 novembre 2009

Paris : Rassemblement contre les violations des droits fondamentaux en RD Congo

Allocution de M. Gaspard-Hubert LONSI KOKO, Président d’Union du Congo et candidat à l’élection présidentielle de 2011, prononcée devant le Mur de la Paix à Paris, relative aux violences sexuelles, aux crimes de guerre et crimes contre l’Humanité en République Démocratique du Congo

Chers Compatriotes,
Chers Amis,

La paix en République Démocratique du Congo commence, entre autres, par le respect de la vie des femmes et des enfants, par la dignité à laquelle le peuple congolais a droit. De ce fait, ceux qui s’en prennent aux populations civiles en ayant recours au viol systématique sont coupables de crimes contre l’Humanité.

Dans le cadre des actions visant à dénoncer le silence complice à propos de ces crimes ainsi qu’à obtenir l’abrogation de la loi d’amnistie pour faits de guerre et insurrectionnels votée par le parlement sur proposition du gouvernement congolais, à Union du Congo, nous disons donc, « avec force et vigueur » :
– NON à l’utilisation massive des femmes et des enfants comme arme de guerre ;
– NON à l’impunité et à l’indifférence, s’agissant de viols des femmes et des enfants ;
– NON à la terrible torture mentale des Congolais à travers les traitements dégradants à l’encontre de leurs familles ;
– NON à la complaisance de la majorité des médias et au cynisme des firmes internationales complices de l’humiliation du peuple congolais ;
– NON aux enlèvements par les bandes armées et les criminels de guerre ;
– NON aux violations massives des droits de la personne humaine en vue du pillage des richesses et de la déstabilisation de la République Démocratique du Congo.

En conséquence, nous demandons au gouvernement congolais et à la communauté internationale :
– de faire respecter les dispositifs de la Convention (IV) de Genève du 12 août 1949 (article 27), relatifs à la protection des personnes civiles en temps de guerre, qui stipulent que les femmes seront spécialement protégées contre toute atteinte à leur honneur, et notamment contre le viol, la contrainte à la prostitution et tout attentat à leur pudeur ;
– de faire appliquer les décisions de la résolution 1820 du Conseil de sécurité des Nations Unies du 19 juin 2008 appelant à la fin des violences sexuelles contre les civils lors des conflits armés ;
– d’obtenir les sanctions à l’encontre des auteurs de violences sexuelles et l’indemnisation des victimes ;
– de garantir la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs.

Chers Compatriotes,
Chers Amis,

À Union du Congo, nous sommes convaincus que la diaspora congolaise ne doit pas rester indifférente à ce qui se passe à l’Est de notre pays. Son rôle ne doit pas se limiter à la seule interpellation du gouvernement congolais et de la communauté internationale. Bien au contraire, elle doit apporter sa contribution non seulement en vue de la Paix dans la région des Grands Lacs, mais aussi dans l’épanouissement socio-économique et politique de la République Démocratique du Congo.


Dans cette optique, Union du Congo réunira très prochainement les Congolaises et les Congolais de la diaspora autour d’une table pour, dans un premier temps, laver le linge sale en famille. De plus, l’union ne peut que faire la force. Ensuite, nous demanderons à nos compatriotes expatriés de s’impliquer dans un projet de société dont la finalité est le Rassemblement pour le Développement et le Progrès au Congo (RDPC). Nous tendons donc, à cet instant précis, la main à tous nos compatriotes de la diaspora, en leur offrant la possibilité de participer activement à cette merveilleuse initiative humaine.

Chers Compatriotes,
Chers Amis,

Je le dis en toute liberté absolue de conscience, que cette journée en mémoire de nos femmes et enfants violés du simple fait d’être nés Congolais renforce à jamais le lien patriotique qui nous est commun.

Que ce rassemblement, dans la capitale du pays des Droits de l’Homme et du Citoyen, autour du symbolique Mur de la Paix, soit le véritable acte fondateur qui sera à l’origine d’un Congo pacifié et vivable, d’un Congo meilleur et davantage éclairé.

Vive la République Démocratique du Congo !

Vive le peuple congolais !

Vive les Amis de la République Démocratique du Congo !

Fait à Paris, le 21 novembre 2009

PARIS : SIT-IN CONTRE LE VIOL DES CONGOLAISES AU KIVU

Samedi 21 novembre 2009 de 14 heures à 18 heures, l’Union du Congo a organisé un sit-in pour dénoncer le viol des congolaises à l’Est de la RD Congo. Accusés, les différents groupes armées, les pays qui avaient déclenché la guerre à l’Est de notre pays, et surtout les multinationales qui tirent des bénéfices énormes du pillage de nos richesses pour la fabrication des téléphones portables, des PC portables. Et indirectement tous ceux qui utilisent ces appareils teintés de sang congolais.


Parvis du mur de la paix aux champs de Mars à Paris


Samedi 21 novembre 2009 de 14 heures à 18 heures, l’Union du Congo a organisé un sit-in pour dénoncer le viol des congolaises à l’Est de la RD Congo. Accusés, les différents groupes armées, les pays qui avaient déclenché la guerre à l’Est de notre pays, et surtout les multinationales qui tirent des bénéfices énormes du pillage de nos richesses pour la fabrication des téléphones portables, des PC portables. Et indirectement tous ceux qui utilisent ces appareils teintés de sang congolais.

Une centaine de personnes ont répondu à l’appel dont des jeunes surtout.

Une confrère de RFI était là, interviewant plusieurs manifestants et bien sûr aussi monsieur Gaspard-Hubert Lonsi Koko l’organisateur.

Le ministère français des affaires étrangères a dépêché sur place monsieur François ZIMERAY, ambassadeur pour les Droits de l’Homme à quai Orsay.

Comme les représentants de différentes associations de Congolais de France, le diplomate français a fait une communication axée sur deux points : la problématique du viol des femmes à l’est de la RDC et l’impunité avec l’existence aujourd’hui de la CPI, cour pénale Internationale. (visionner vidéos plus bas)

Sur ce dernier point, quelques réactions négatives se sont exprimées parmi les manifestants. Peu de Congolais croyant en l’actuelle justice internationale.

Si la manifestation organisée par l’Union du Congo est une action louable, il est à déplorer une certaine apathie dans la communauté congolaise. Un drame aussi grave aurait dû mobiliser plus de compatriotes.

À l’avenir, les différents organisateurs de pareilles actions devraient être plus incisifs dans les campagnes préparatoires.

Nous les congolais qui vivons dans différents pays occidentaux, nous ne devons jamais nous leurrer. Nous ne pouvons avoir de la considération dans nos pays d’accueil que si nous sommes engagés dans des actions visant à améliorer la situation politique et socio-économique des nôtres, au pays.

Sacrifier son temps, son énergie, son talent et son argent pour la patrie est un devoir civique.

Qu’on ait acquis la nationalité française, belge ou américaine, nos racines sont au Congo. Un jour ou l’autre chacun de nous peut être rattrapé par les effets pervers de la catastrophe qui sévit en RD Congo.

Ne soyons pas comme ces gens qui traversent tous les jours la rivière en pirogue pour leur petit commerce, mais qui n’ont jamais voulu apprendre à nager. Le jour à la pirogue se retourne, ils crieront au secours en direction de ceux qui voulaient leur apprendre à nager. Et ce sera trop tard.


Cheik FITA

Paris, le 22 novembre 2009

Pour écouter les déclarations de l'Ambassadeur François Zimeray, prière de cliquer sur le lien lien ICI

France : Rassemblement contre les violences sexuelles en RD Congo

Société - Un groupe de personnes s'est rassemblé samedi au pied du Mur des droits de l'homme à Paris pour dénoncer les violences sexuelles contre les femmes dans l'Est de la RD Congo et pour appeler la communauté internationale à mettre fin à à cette tragédie, a constaté sur place la PANA.

"En nous réunissant ici, nous anticipons sur la Journée mondiale contre les violences sexuelles prévue lundi. Notre sit-in vise surtout à sensibiliser l'opinion internationale sur un fléau qui met en danger la dignité même de la femme et de l'enfant congolais", a déclaré à la PANA Gaspard-Hubert Lonsi Koko, principal organisateur de la manifestation.

Réunis à l'appel de l'Union du Congo, une plate-forme d'associations de la diaspora congolaise, les manifestants ont accroché deux grandes banderoles disant "non aux violences sexuelles aux femmes en RD Congo", "Non à l'impunité et à l'indifférence".

"Le viol systématique des femmes et des enfants est considéré comme arme de guerre au Congo depuis plusieurs années. Le gouvernement de Kinshasa a quasiment démissionné face à cette tragédie. Notre conscience de citoyen nous oblige à être ici aujourd'hui pour dire ça suffit", a expliqué M. Hubert Lonsi Koko.

Quelques femmes, comme Gloria Edzoutsa, sont venues au rassemblement pour dire leur horreur et apporter leur soutien aux femmes et aux enfants victimes de viols en RD Congo.

"Je suis venue ici soutenir cette cause très juste. Je suis solidaire de mes s?urs de l'Est du Congo. On ne peut pas rester indifférent face à cette situation totalement inadmissible", s'est emportée Mme Edzoutsa.

Les organisations humanitaires dénoncent régulièrement les viols massifs des femmes et des enfants dans l'est du Congo, une région en proie à la guerre civile.

Les ONG reprochent aux autorités congolaises leur inaction et leur incapacité à empêcher que certaines violations des droits de l'homme, dont des viols, soient commises par les forces armées régulières.

Paris - 21/11/2009

© PANA

jeudi 19 novembre 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20091118/056 relatif à la légion d'honneur remise par la France au docteur Mukwege

L’ambassadeur de France en République Démocratique du Congo, Pierre Jacquemot, a remis le 16 novembre 2009 les insignes français de la légion d’honneur au docteur Denis Mukwege, chirurgien spécialisé dans la réparation des fistules dans la province du Sud-Kivu. Il a aussi signé le même lundi, à la demande de la ministre française des Sports, Rama Yade, une convention de financement de 100 000 euros pour l’équipement de l’hôpital Panzi que dirige Dr Mukwege.

Union du Congo remercie la France pour l’honneur qu’elle vient de faire, à travers le Dr Mukwege, à toutes les victimes de violences sexuelles perpétrées dans l’Est de la RD Congo. Ainsi ose-t-elle espérer que le Pays des Droits de l’Homme et du Citoyen, à travers ce geste, condamnera avec fermeté le non-respect des droits fondamentaux de la part des individus qui, forts de l’impunité dont ils jouissent, ne cessent de s’adonner à des actes inhumains.

En conséquence, Union du Congo demande à la France de faire la pression sur le gouvernement congolais dans le but de faciliter les poursuites judiciaires à l’encontre des auteurs de crimes contre l’Humanité dont sont victimes les femmes et les enfants congolais.

Le Bureau d'Union du Congo

Fait à Paris, le 18 novembre 2009