mercredi 26 décembre 2012

COMMUNIQUE DE PRESSE N° 20121226/036 relatif à la dramatique situation en cours dans la région du Kivu

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Dans une tribune parue dans le quotidien français Le Monde du 25 décembre 2012 intitulé « Au Kivu, on viole et massacre en silence », plusieurs personnalités – dont Denis Mukwege, Jacques Chirac, Valérie Trierweiler, Muhammad Ali, Robert Badinter, Stéphane Hessel, Erik Orsenna, Angélique Kidjo, Federico Major, Abdou Diouf, Eve Ensler, Yamina Benguigui, Leymah Gbowee... – dénoncent un drame que la communauté internationale « pourrait arrêter » à tout moment. De plus, il lui suffirait « de donner l'ordre » pour que la Monusco fasse son métier et remplisse son mandat, l'objectif étant « de garantir la paix et la dignité de l'espèce humaine ».

Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) salue cette initiative et souhaite vivement que :
- le Conseil de sécurité des Nations Unies modifient dans l'urgence la mission de la Monusco pour lui permettre d'agir en temps que force d'interposition aux côtés des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ;
- des sanctions soient appliquées à l'encontre des pays voisins qui déstabilisent le Congo-Kinshasa par le biais de groupes armés tels que le CNDP, le M23... ;
- des tribunaux soient mises en place pour condamner les auteurs des crimes de guerre et crimes contre l'Humanité qui sont à l'origine du génocide congolais et des violations des droits fondamentaux de la personne humaine ;
- les autorités congolaises œuvrent en vue d'un dialogue inclusif citoyen, la cohésion nationale étant la condition sine qua non de l’État de droit et de la sécurisation du territoire nationale.

Fait à Rennes, le 26 décembre 2012

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)

jeudi 20 décembre 2012

Le devenir de la RDC, de Kampala à Kinshasa

Les observateurs avertis savent pertinemment que les pourparlers de Kampala préfigurent à n’en pas douter le devenir de la République démocratique du Congo. En effet, ce qui est en train de se dérouler dans la capitale ougandaise, entre les représentants du gouvernement congolais et ceux du mouvement dénommé M23, permettra de révéler le pot aux roses. En effet, Kinshasa tient l’occasion d’accompagner les menteurs jusqu’à la porte. Encore faut-il que les envoyés de Kinshasa manœuvrent habilement. N’est pas Talleyrand qui le veut !

L’épée de Damoclès

En réalité, le Mouvement du M23 a commis une erreur fatale en ayant pris la ville de Goma. Son entrée dans la capitale du Nord-Kivu a permis non seulement de mettre en mauvaise posture la Monusco, donc la communauté internationale, mais surtout de montrer les appuis extérieurs dont il bénéficie. En conséquence, les forces onusiennes sont contraintes de prouver qu’ils n’agissent pas de connivence avec les parrains du M23 tout comme la communauté internationale est obligée de les sermonner. Le coup de fil du président Barack Obama à son homologue Paul Kagamé en est l’illustration.

À Kampala, la délégation en provenance de Kinshasa doit surtout avancer des arguments susceptibles de lever le voile sur l’identification des éléments qui constituent le M23. S’ils sont Congolais, leur sort sera donc réglé par les tribunaux nationaux pour violation des articles 63, 64, 64, 65, 66, 67 de la Constitution et pour haute trahison. Dans le cas contraire, cela démontrera l’agression de la République Démocratique du Congo par des forces étrangères – aussi bien continentales qu’extracontinentales. La capitale ougandaise restera donc, dans tous les cas de figure, l’épée de Damoclès suspendue sur la tête du M23.

L’inconscience de la classe politique

L’inexistence de l’État et la crise politique permettent indéniablement la déstabilisation de la République Démocratique du Congo. Les agresseurs profitent de la mésentente et des divergences entre les Congolais pour souffler le chaud et le froid. À cela, il faudra ajouter la double posture de l’exécutif congolais à entretenir des relations dangereuses avec des voisins de l’Est et l’incapacité de l’opposition institutionnelle à se servir pleinement des prérogatives que lui confère la Constitution. Cette inconscience de la classe politique ne fait que fragiliser le pays et l’exposer davantage aux appétits voraces, aux relents d’expansionnisme et de pillage, des voisins pauvres et confinés dans un espace réduit. Il faudra donc un sursaut patriotique pour sortir le Congo-Kinshasa de l’impasse dans lequel on l’a parqué pour mieux l’achever.

Le dialogue inclusif citoyen

Les pourparlers de Kampala devront permettre à Kinshasa de faire échouer les projets de balkanisation en externalisant les négociations. Mais les Congolais, confrontés à une situation tragique dans laquelle les véritables agresseurs sont juges et parties, ne pourront s’en tirer à bon compte qu’à l’aide d’un dialogue inclusif citoyen. Bien entendu, le sursaut patriotique leur permettra tout d’abord de lever l’équivoque sur la légitimité et l’illégitime des uns et des autres, ou alors de se mettre d’accord sur le fonctionnement du pays à court terme – l’objectif étant de poser les bases solides en vue de la cohésion nationale, de la fin du génocide congolais ainsi que des élections crédibles et transparentes. Ce sera la seule façon de mettre en place des institutions républicaines. Toutes les forces vives de la Nation, y compris celles qui œuvrent en dehors des frontières nationales, doivent être associées à cette palabre entre Congolais.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

À lire aussi :
- La cohésionale, condition sine qua non pour l'unité de la RDC ;
- Cinq question à Gaspard-Hubert Lonsi Koko ;
- RDC : l’aveu d’impuissance d’Augustin Matata Ponyo ;
- Le combat pour la RDC du troisième millénaire.

lundi 17 décembre 2012

La cohésion nationale, condition sine qua non pour l’unité de la RDC

Dans son adresse à la Nation devant le Parlement réuni en congrès, le président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, a appelé le samedi 15 décembre 2012 le peuple congolais à la cohésion nationale pour résoudre la crise qui déstabilise la région du Kivu. Ainsi a-t-il rappelé la nécessité de la cohésion nationale, d’autant plus que, ne pouvant « souffrir d’aucune conditionnalité, elle se réalisera dans un cadre approprié et ouvert à toutes les forces politiques et sociales du pays ». En conséquence, « une initiative sera prise incessamment à cet effet et les modalités de sa réalisation en seront précisées le moment venu ». En effet, pour Joseph Kabila, le pays étant confronté à une situation historique qui met la nation congolaise en péril, la responsabilité de la cohésion nationale s’impose à tous, dont les acteurs politiques, la société civile, les forces de la défense.

Les Congolais de l’étranger

Toutes les tendances politiques, sans aucune exception, sont unanimes, s’agissant de la participation des Congolais de l’étranger aux assises relatives à la cohésion nationale. Ce n’est qu’une reconnaissance en vers une communauté qui a toujours été exclue par les différents gouvernements kabilistes dans la gestion de la chose publique et dans le développement socio-économique de la RD Congo. De nos jours, ces citoyens à part entière sont privés – paraît-il pour des raisons purement techniques – de droit de vote et d’éligibilité. Pis encore, leurs enfants bénéficiant de citoyennetés étrangères du fait du droit du sol ou nés d’un parent étranger, se voient refusés la nationalité congolaise d’origine en violation de l’alinéa 3 de l’article 10 de la Constitution congolaise. Toutes injustices doivent donc être réparées, si l’on tient réellement à l’égalité de tous les Congolais au regard des lois nationales.

Des sillons pour l’avenir

Les promesses n’engageant seulement ceux qui veulent bien les entendre, on peut comprendre que les peuples puissent avoir des dirigeants qu’ils méritent. La société civile congolaise doit absolument faire la pression pour que la classe politique et l’élite congolaises fassent du dialogue inclusif un véritable moment républicain qui tracera des sillons en vue du la RD Congo du troisième millénaire. En sa qualité de souverain primaire, il  revient au peuple congolais de jouer son rôle de garde-fou – l’objectif étant d’éviter un simple partage des pouvoirs entre politiciens, comme cela avait été le cas en 2001 avec le fameux système « 1 + 4 ». Il faudra que soit mis en place, à l’issue des travaux, un conseil national de transition, ou un gouvernement de salut public, qui définira les grandes orientations relatives aux prochaines élections, au toilettage de la Constitution, à la morale patriotique, à la défense nationale et aux institutions de la République.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

À lire aussi :
- Cinq question à Gaspard-Hubert Lonsi Koko ;
- RDC : l’aveu d’impuissance d’Augustin Matata Ponyo ;
- Le combat pour la RDC du troisième millénaire.

samedi 15 décembre 2012

APRES LA DEROUTE DE L'ARMEE CONGOLAISE A GOMA

Ferdinand Lufete(*) : "La RDC n'a pas une armée fiable"

1. Comment expliquez-vous la facilité avec laquelle Goma est tombée entre les mains des rebelles du M23 ?

La question que l’on peut se poser aujourd’hui est simple : existe-il une armée nationale en RDC ? Nos vaillants soldats n’ont pas fait leur travail entend-t-on dire ici ou là. Est-ce de leur faute ou celle de leurs commandants ? Je ne peux répondre à cette question. Ce que je sais, l’armée congolaise a subi un sérieux revers en échouant à repousser les rebelles du M23 qui ont pris sans résistance la ville de Goma. Notre armée a été humiliée. Après avoir posé leurs conditions et obtenu des avancées, les rebelles du M23 ont enfin décidé de se retirer de Goma. Pas selon le calendrier des présidents qui ont pris l’habitude de se réunir à Kampala pour résoudre la crise dans la région des Grands Lacs, ou selon les pressions internationales ( Union africaine, ONU, etc.), mais selon leur propre calendrier. Ils se sont retirés de la ville quand ils l’ont décidé en laissant la place aux FARDC qui n’ont rien d’autre à faire qu’un retour timide, sans éclat et sans bravoure. La honte dans l’âme. Fort de leurs succès sur le terrain, les rebelles du M23 ont de quoi avoir le verbe haut et estimer qu’ils auront toujours leur mot à dire dans l’administration de cette ville de Goma qu’ils ont laissé par pitié. Même sans pressions internationales, le fait d’obtenir les autorités congolaises à la table de négociation est une autre victoire en plus des victoires militaires.

2. Alors, que fait la Monusco ?

Difficile d’expliquer l’impuissance de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC. Avec 17.000 soldats, 1400 policiers et 720 observateurs militaires, la Monusco n’a rien pu faire contre l’avancée des rebelles du M23. Comment se fait-il que la plus grande opération des Nations Unies dans le monde n’arrive pas à arrêter une rébellion ? Comment ne pas évoquer un complot international ? Si tel n’est pas le cas, il faut penser autrement. Nous sommes un bon nombre d’acteurs politiques congolais en France à demander le changement  de la mission de la Monusco et sa transformation en une véritable force d’intervention aux côtés des FARDC, à partir de la frontière rwandaise , et, au cas où l’ONU refuserait de requalifier sa mission , son remplacement par d’autres forces neutres, notamment l’Africom. Notre plate-forme politique, l’Adr, par la voix de son président, François Muamba, a déjà proposé le déploiement de cette force américaine le long de la frontière entre la RDC et le Rwanda pour combattre les rebelles du M23, les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) et autres groupes armés opérant dans cette région. Pour nous, l’appel aux troupes de l’Africom est la réponse exacte et adaptée à la situation d’insécurité qui prévaut dans les deux Kivu.  

3. Faute d’une armée nationale, républicaine et forte, les Congolais sont humiliés en permanence, diriez-vous ?

C’est un secret de polichinelle de dire que la RDC n’a pas une armée fiable. Il faut absolument la doter d’une armée républicaine, dissuasive, capable d’assurer la sécurité des Congolais et l’intégrité de leur territoire face aux menaces et à toutes les velléités des groupes armés. L’adjectif républicain doit être bien compris par les Congolais ou ceux qui se considèrent comme tel. Un soldat intervient pour la défense collective du territoire national. Il est donc censé être affecté dans une autre région que la sienne. Une réalité que ne semble pas admettre les rebelles du M23. Ils veulent réaliser toutes leurs missions dans le Nord et Sud Kivu. Cela trahit un comportement suspicieux et très sceptique.
  
4. Comment expliquez-vous la faiblesse de l’armée congolaise aujourd’hui ?

Depuis 1996, les conflits récurrents en RDC n’ont pas servi la cause de notre armée nationale. Les Forces armées zaïroises (FAZ) qui, à l’époque, étaient l’une des meilleures en Afrique centrale, ont été démantelées. La guerre de libération de 1996 menée par Laurent- Désiré Kabila et celle du 2 août 1998 ont désintégré complètement notre force militaire. Depuis l’arrivée au pouvoir de Joseph Kabila en 2001, différentes options ont été prises pour la mise en place d’une armée nationale digne de ce nom. Les résultats se font encore attendre.  

5. Le président de l’Adr, François Muamba, est à la table de négociation à Kampala. Y a-t-il sa place, selon vous ?

Bien sûr. Dans une interview, d’ailleurs, le président François Muamba  a  expliqué la raison de sa présence à la rencontre de Kampala. Il y est en sa qualité de président d’un regroupement politique représenté à l’Assemblée nationale et membre du groupe  consultatif permanent mis en place par le Président Joseph Kabila pour favoriser la cohésion et l’unité nationale. Personnellement,  je ne trouve rien d’anormal qu’un acteur politique de sa trempe accompagne les membres du gouvernement dans leurs efforts de rétablir la paix au Nord-Kivu. La guerre dans l’Est, c’est l’affaire de tous les Congolais. En outre, l’Adr est dans une opposition constructive. Ce n’est pas dans cette circonstance particulièrement douloureuse pour la RDC que nous allons nous radicaliser. Notre pays est en danger, il faut le défendre et le sauver.

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France (Le Potentiel)

(*) Coordinateur en France de la plate-forme politique Alliance pour le développement et la République (Adr)

jeudi 13 décembre 2012

RDC : l’aveu d’impuissance d’Augustin Matata Ponyo

Dans une tribune publiée mercredi 5 décembre par le quotidien français Libération, le Premier ministre congolais, Augustin Matata Ponyo, a interpellé la communauté internationale afin qu’elle aide la République démocratique du Congo. Pour le chef du gouvernement, « la rébellion du M23 n’est pas une créature congolaise, mais rwandaise ». En conséquence, «  La RDC mérite donc un peu d’égard ».

Un bilan catastrophique

De la plume même du Premier ministre, on apprend que la RDC est régulièrement attaquée « au nom d’obscurs intérêts qui relèvent avant tout du pillage » et ce ne sont pas les faiblesses des FARDC qui arrangeront les choses. C’est une façon d’admettre l’incapacité de différents gouvernements, depuis 2001, de pacifier le pays. À travers une décennie de guerres et de crises politico-militaires aux exogènes, Augustin Matata Ponyo ne fait que confirmer l’aspect moribond de la diplomatie congolaise. Le Premier ministre vient enfin de découvrir que «  l’organisation d’élections libres reste un défi dans un pays dépourvu de routes dans certaines régions », dans un pays où la démocratie ne repose guère sur des valeurs partagées et des principes admis par tous. Augustin Matata Ponyo se plaint donc du jugement univoque sur un pays et ses dirigeants, il ne comprend pas que l’on puisse satisfaire des opinions publiques internationales guère au fait de la redoutable complexité congolaise.
En tout cas, personne ne peut contredire le Premier ministre lorsqu’il affirme que « la situation des droits de l’Homme demeure insatisfaisante ». On ne peut qu’être d’accord avec lui quand il affirme que « le niveau de pauvreté reste trop élevé dans un pays présenté dans les manuels scolaires comme un “scandale géologique” du fait de ses abondantes réserves de minerais », que « la corruption constitue un frein au développement et à l’esprit d’entreprise ».

Un dialogue inclusif

Il faut reconnaître, toutefois, qu’Augustin Matata Ponyo a raison lorsqu’il soutient que « l’obligation de vérité incombe à tous », et que les Congolais doivent faire « ensemble ce nécessaire travail d’introspection ». En effet, le peuple congolais doit coûte que coûte s’adonner à la maïeutique socratique dans l’espoir de mieux se connaître et de se prendre enfin en en main. Cela passera nécessairement par le dialogue inclusif, sous l’observation de la communauté internationale, à l’issue duquel un conseil national de transition devra être mis en place pour une durée de deux ans. L’objectif, c’est de préparer des élections libres et crédibles dans un délai raisonnable.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

À lire aussi :

- Le combat pour la RDC du troisième millénaire ;
- La RD Congo : le patriotisme d'abord.

mercredi 12 décembre 2012

COMMUNIQUE DE PRESSE N° 20121212/035 relatif à l’adresse du président Joseph Kabila à la Nation congolaise

Selon le journal Le Potentiel, qui a repris l’information qu’a livrée le mardi 11 novembre 2012 le président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, le président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, s’adressera au peuple congolais le 15 décembre 2012, comme le recommande la Constitution, devant le Parlement réuni en Congrès.

Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC), qui pourtant se situe dans l’opposition à la majorité présidentielle, rappelle que seuls un patriotisme sans faille et une réelle volonté politique garantiront un État de droit, la stabilité et l’indivisibilité de la République Démocratique du Congo.

En conséquence, le RDPC demande au président Joseph Kabila de faire, à l’occasion de son adresse à la Nation, des propositions en vue :
- de la mise en place des conditions d’une véritable réconciliation nationale autour des valeurs républicaines ;
- de l’émergence d’un gouvernement d’union nationale, ou de salut public, dans le contexte de l’état d’urgence ;
- de l’affirmation du caractère inaliénable de la nationalité congolaise d’origine, conformément à l’alinéa 3 de l’article 10 de la constitution, ainsi que du droit de vote et d’éligibilité des Congolais de l’étranger ;
- de la préparation des élections libres et crédibles, en commençant par les scrutins locaux ;
- de la création des juridictions d’exception à propos des poursuites contre les auteurs des crimes de guerre, des crimes contre l’Humanité, des violations des droits fondamentaux de la personne humaine et haute trahison ;
- du changement de la mission de la Monusco et de sa transformation en une force d’intervention aux côtés des FARDC, à partir de la frontière rwandaise, et, au cas où les Nations Unies refuseraient de requalifier sa mission, de son remplacement par les forces de l’Union africaine (à l’exclusion des pays voisins de l’Est), et ou de l’Eurofor, ou alors de l’Africom ;
- de la maîtrise de l’insécurité et de la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national, grâce à une armée et à une police républicaines et performantes ;
- de la garantie d’une paix durable dans la région des Grands Lacs.

Soucieux de la cohésion nationale et de la pacification de la République Démocratique du Congo, le RDPC reste convaincu que l’avenir de la République Démocratique du Congo dépend de l’émergence d’une nouvelle voie excluant celle qui est empruntée depuis 2001.

Fait à Paris, le 12 décembre 2012

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole

Source : RDPC

mardi 11 décembre 2012

Réagissant aux négociations de Kampala entre le gouvernement de la RDC et les rebelles du M23

Gaspard-Hubert Lonsi Koko: « L’unité nationale ne doit être hypothéquée sous aucun prétexte ».
1. Les rebelles du M23 ont quitté Goma. Pensez-vous que ce retrait résout la crise ?
Ce retrait ne peut résoudre la crise qu’en tenant compte de deux facteurs fondamentaux. Si le M23 est un mouvement local soutenu par des pays étrangers, les rebelles qui le composent sont censés savoir qu’aucun citoyen congolais n’est au-dessus des lois de la République. Leurs chefs devront être traduits en justice pour violation des articles 63, 64, 66, 67 de la Constitution et pour haute trahison du fait d’agir en intelligence avec les ennemis de la Nation. Si le M23 est composé d’éléments étrangers s’étant approprié la citoyenneté congolaise, cela confirme l’agression de notre pays par les voisins ougandais, burundais et rwandais. En conséquence, le gouvernement devra recourir aux dispositifs constitutionnels appropriés – plus précisément aux articles 85 et 86, ainsi qu’au second alinéa de l’article 214 de la Constitution. Le président de la République devra décréter l’état de siège et demander à ses alliés de la SADC, de la CEEAC, de l’Union africaine et de la Francophonie de s’impliquer dans une négociation globale, voire d’intervenir militairement aux côtés des FARDC, pour rétablir l’ordre dans la région du Kivu et pacifier l’ensemble du territoire national.

2. Quelle réflexion vous inspire les pourparlers engagés à Kampala entre la délégation du gouvernement de la RDC et les rebelles du M23 ?
Cette rencontre avec le M23 doit avoir comme finalité la mise au point sur la sécurisation du territoire national. Elle ne doit en aucun cas servir de cadre à la négociation en vue du partage des compétences administratives et de l’attribution des postes ministériels. Elle doit être l’occasion d’accompagner les menteurs jusqu’à la porte. J’invite donc à la prudence et à la clairvoyance les membres de la délégation gouvernementale, car il est question de la cohésion nationale. L’unité nationale ne doit être hypothéquée sous aucun prétexte.
 
3. Faites-vous confiance à cette délégation conduite par le ministre des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda ?
Raymond Tshibanda étant le patron de la diplomatie congolaise, il est judicieux qu’il conduise une telle délégation. Mais, il faudra le quitus du Parlement pour que le ministre des Affaires étrangères engage le pays dans tout accord relatif à la sécurité de nos populations, à la paix et à l’intégrité du territoire.

4. Comment réagissez-vous au refus des principaux partis d’opposition de participer à ces négociations ?
Le bon sens voudrait, effectivement, que l’on ne négocie pas avec des criminels, de surcroît agresseurs et acteurs de la déstabilisation. Mais comme la RDC s’est retrouvée avec des forces armées téléguidées de l’extérieur à défaut d’une institution militaire aguerrie, elle est contrainte de se rendre à Kampala pour rappeler la nécessité d’une médiation plus large devant inclure ses alliés habituels et d’un dialogue inter-congolais, auquel prendront part les Congolais de l’étranger, pour sortir de la crise qui paralyse politiquement le pays. En effet, la diaspora est composée des Congolais à part entière bénéficiant des mêmes droits et devoirs que leurs compatriotes de l’intérieur. Leurs représentants doivent être choisis dans les différents pôles géographiques sur la base des critères précis : capacités politiques, intellectuelles et relationnelles au regard des autorités des pays, ou du continent, où ils vivent.

5. Comment mettre un terme définitif à cette guerre et au drame humain qui se joue à l’Est de la RDC ?
Une réelle volonté politique et un patriotisme sans faille sont indispensables pour un Etat de droit, la stabilité et l’indivisibilité de la RDC. Il faudra commencer par mettre en place des conditions d’une véritable réconciliation nationale autour des valeurs républicaines et un gouvernement d’union nationale ou de salut public dans le contexte de l’état d’urgence, tout en garantissant le caractère inaliénable de la nationalité congolaise d’origine, conformément à l’alinéa 3 de l’article 10 de la constitution, ainsi que le droit de vote et d’éligibilité des Congolais de l’étranger. Il faudra aussi préparer des élections libres et crédibles, en commençant par les scrutins locaux, et créer des juridictions d’exception en vue des poursuites contre les auteurs des crimes de guerre, des crimes contre l’Humanité, des violations des droits fondamentaux de la personne humaine et pour haute trahison. Il faudra aussi obtenir le changement de la mission de la Monusco et sa transformation en une force d’intervention aux côtés des FARDC, à partir de la frontière rwandaise, et, au cas où les Nations Unies refuseraient de requalifier sa mission, son remplacement par les forces de l’Union africaine ( à l’exclusion des pays voisins de l’Est), et ou de l’Eurofor, ou alors de l’Africom. Enfin, il faudra maîtriser l’insécurité et restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national grâce à une armée et à une police républicaines et performantes.

Propos recueillis par Robert Kongo (correspondant en France)

(*) Porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC).

© Le Potentiel

vendredi 7 décembre 2012

Rencontre de Kampala sur la RDC : négociations ou mise au point ?

Les représentants politiques du M23 et une délégation officielle mandatée par le pouvoir de Kinshasa se retrouvent à Kampala, la capitale ougandaise, où se déroulera ce vendredi 7 décembre, en l’absence du président Joseph Kabila et de Jean-Marie Runiga, des pourparlers entre une délégation du pouvoir congolais et les représentants des agresseurs à la solde du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda.

Les avis sont partagés dans la capitale congolaise. En effet, la majorité de la population et de l’opposition est catégoriquement opposée aux négociations avec les agresseurs tandis que le pouvoir ainsi qu’une infime minorité de l’opposition et de la société civile y sont favorables. Une chose est certaine. Si la politique de la chaise vide n’est pas forcément la bonne, le fait de se parler ne veut pas obligatoirement dire qu’il faille négocier. D’autant plus que l’ordre du jour n’est pas encore clarifié.

Désaccord entre les deux délégations

Les agresseurs de la République Démocratique du Congo, en l’occurrence le M23, souhaitent évoquer, à l’occasion de la rencontre de Kampala, de nombreux sujets : notamment les revendications sociales des militaires mutins, la démocratie, les droits de l’Homme, la gouvernance, l’implication de la diaspora congolaise, la reconnaissance de l’opposant Étienne Tshisekedi comme le président élu… Mais les autorités congolaises, quant à elles, ont prévenu qu’elles parleraient seulement de l’application de l’accord du 23 mars, qui avait intégré dans l’armée les insurgés du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP)[1]. Le désaccord existe déjà, s’agissant de l’ordre du jour. Ainsi, les pourparlers de Kampala risquent-ils de terminer en queue de poisson. Si c’est le cas, Kinshasa montrerait sa bonne foi tandis que les agresseurs confirmeraient leurs vraies intentions : à savoir l’occupation de la région du Kivu, par des forces étrangères, en vue de la balkanisation de la République Démocratique du Congo.

Quitus du Parlement congolais

La délégation du pouvoir congolais, conduite par le ministre des Affaires étrangères Raymond Tshibanda, doit en effet axer les échanges sur les seuls points ayant conduit à l’existence même du M23, c’est-à-dire aux revendications en rapport avec l’accord du 23 mars 2009. De plus, les autres exigences des anciens membres du CNDP, même si elles sont légitimes, ne nécessitent pas que l’on prenne des armes pour déstabiliser le pays, de violer les femmes et les enfants, de semer la mort et la terreur, d’agir en intelligence avec les ennemis… Il existe d’autres façons, beaucoup plus pacifiques, de montrer le mécontentement populaire : les manifestations et les grèves, par exemple.
De toute évidence, les premières conclusions de ces pourparlers devront être soumises au Parlement. Cette institution devra se prononcer, favorablement ou négativement, en fonction de l’intérêt supérieur de la Nation congolaise. Le quitus parlementaire est donc nécessaire, conformément au premier alinéa de l’article 5 de la Constitution de la République Démocratique du Congo[2].

Attentes du peuple congolais

En aucun cas, dans sa plus grande majorité, le peuple congolais veut des négociations avec les agresseurs qui, dans l’absolue, méritent d’être poursuivis par les tribunaux aussi bien locaux, nationaux, régionaux qu’internationaux. Le peuple congolais attend plutôt de la délégation de Kinshasa qu’elle mette d’emblée les points sur les « i ». Elle doit rappeler aux agresseurs qu’aucun citoyen congolais n’est au-dessus des lois de la République, notamment celles se référant aux dispositifs relatifs aux articles 63[3], 64[4], 66[5] et 67[6] de la Constitution. Effectivement, les citoyens Congolais n’ont pas que des droits mais aussi des devoirs au regard de la Nation.
Le peuple congolais attend aussi de la délégation conduite par Raymond Tshibanda de clamer avec « force et vigueur » que la République Démocratique du Congo est victime d’une agression décrétée par des pays étrangers. En conséquence, son exécutif aura recours aux dispositifs constitutionnels idoines – plus précisément aux articles 85[7] et 86[8] ainsi qu’au second alinéa de l’article 214[9] de la Constitution et demandera, en tant qu’État souverain, à ses alliés d’Afrique centrale, de la SADC[10], de l’Union africaine et de la Francophonie de participer à une négociation globale pour pacifier dans les meilleurs délais l’ensemble du territoire national.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

À lire aussi :

- Le combat pour la RDC du troisième millénaire 
- Sommet de Kampala au sujet de la RDC : de qui se moque-t-on ?
Notes :
[1] Ce groupe rebelle avait alors été intégré dans l’armée, avant d’entrer à nouveau en dissidence sous l’appellation M23 (Mouvement du 23-Mars).
[2] La souveraineté nationale appartient au peuple. Tout pouvoir émane du peuple qui l’exerce directement par voie de référendum ou d’élections et indirectement par ses représentants. Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice…
[3] Tout Congolais a le droit et le devoir sacré de défendre le pays et son intégrité territoriale face à une menace ou à une agression extérieure.
Un service militaire obligatoire peut être instauré dans les conditions fixées par la loi. 
Toute autorité nationale, provinciale, locale et coutumière a le devoir de sauvegarder l’unité de la République et l’intégrité de son territoire, sous peine de haute trahison.
[4] Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu, ou groupe d’individus, qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’État. Elle est punie conformément à la loi.
[5] Tout Congolais a le devoir de respecter et de traiter ses concitoyens sans discrimination aucune et d’entretenir avec eux des relations qui permettent de sauvegarder, de promouvoir et de renforcer l’unité nationale, le respect et la tolérance réciproques. Il a, en outre, le devoir de préserver et de renforcer la solidarité nationale, singulièrement lorsque celle-ci est menacée.
[6] Tout Congolais a le devoir de protéger la propriété, les biens et intérêts publics et de respecter la propriété d’autrui.
[7] Lorsque des circonstances graves menacent, d’une manière immédiate, l’indépendance ou l’intégrité du territoire national ou qu’elles provoquent l’interruption du fonctionnement régulier des institutions, le Président de la République proclame l’état d’urgence ou l’état de siège, après concertation avec le Premier ministre et les Présidents des deux Chambres, conformément aux articles 144 et 145 de la présente Constitution.
[8] Le Président de la République déclare la guerre par ordonnance délibérée en Conseil des ministres après avis du Conseil supérieur de la défense et autorisation de l’Assemblée nationale et du Sénat, conformément à l’article 143 de la présente Constitution.
[9] Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n’est valable sans l’accord du peuple congolais consulté par voie de référendum.
[10] La Communauté de développement d’Afrique australe.

mercredi 5 décembre 2012

Le combat pour la RDC du troisième millénaire

En République démocratique du Congo, les deux dernières années ont été marquées par l’illégitimité du pouvoir politique, l’incapacité à défendre l’intégrité du territoire national et la démission de l’État. Ainsi, le peuple congolais est-il durement éprouvé et humilié par ses voisins à cause de sa propre inertie au regard de moult dysfonctionnements des institutions politiques et de la faillite de l’armée face aux agresseurs.

Le degré zéro de la politique

En se maintenant au pouvoir à défaut de la volonté populaire, les autorités en place à Kinshasa ont violé les principes les élémentaires en matière de représentation nationale. Elles ont donc privé, par la fraude, les partisans de la liberté et de la souveraine de leur victoire électorale. Cette illégitimité politique expose de nos jours le Congo-Kinshasa à toute velléité expansionniste de la part de ses voisins, avec tout ce que cela comporte comme conséquences : crimes de guerre et crimes contre l’humanité, violations des droits fondamentaux de la personne humaine, insécurité, impunité, pillages, prédations
En République démocratique du Congo, on assiste à une sorte de dérive politique qui fonctionne au détriment de la gestion de la chose publique, donc au profit de seuls intérêts étrangers.

L’indifférence de la communauté internationale

On se trouve en présence d’un peuple congolais très inquiet, voire très angoissé, qui peine à dénoncer les zones d’ombre qui mettent à mal la cohésion nationale et à obtenir les sanctions contre les agresseurs ainsi que leurs bras armés. Il est inhumain que la mort de plus huit millions de personnes du simple fait d’être nées Congolaises ne suscite aucune indignation de la part de la communauté internationale. Il est inacceptable que l’on puisse négocier avec des gens ayant violé, et qui continuent de violer, les femmes et les enfants dans le but de piller les richesses naturelles et de s’approprier les terres du Kivu. Il est incompréhensible de défendre au Conseil des Nations unies des criminels qui ont enrôlé de force des enfants et les ont poussés, par la suite, à utiliser les armes contre leurs parents.

Le sursaut patriotique

Le peuple congolais ne doit surtout pas se laisser vaincre par le désespoir. De plus, seul le sursaut patriotique lui permettre de léguer à ses descendants un pays apaisé et dynamique. Raison pour laquelle les Congolaises et les Congolais doivent enfin dresser leurs fronts longtemps courbés et prendre enfin le plus bel élan dans la combativité en vue d’une paix durable et de la prospérité. De toute évidence, la foi et la volonté de consolider la cohésion nationale seront, à n’en pas douter, le gage de leur salut.
Les Congolaises et les Congolais doivent résister, par tous les moyens et à n’importe quel prix. Ils doivent combattre les injustices, les humiliations, les privations et les complices internes des agresseurs… Ils doivent dénoncer « avec force et vigueur » l’impunité dont jouissent les auteurs des violences sexuelles et des crimes contre l’humanité. Peuple épris de paix, les Congolaises et les Congolais doivent se révolter, en bons humanistes, contre l’humiliation de l’Homme par l’Homme.
Le combat pour la République démocratique du Congo du troisième millénaire réussira, car le peuple congolais est désormais convaincu du fait que les transformations de sa société ne dépendront pas seulement de la prise du pouvoir, mais avant tout de sa propre prise de conscience et de l’implication des masses. À moins d’être de mauvaise foi, ou complice de la chosification du peuple congolais, personne ne pourra mettre en doute la légitimité à défendre, par tous les moyens, les intérêts vitaux de ses compatriotes et l’intégrité du territoire national.

La destinée de la RD Congo

L’objectif primordial, c’est de trouver des voies et moyens susceptibles de permettre au peuple congolais d’être capable par l’information et la formation, par la résistance aux agresseurs, par le dialogue intercongolais et aussi par les convictions politiques de décider de son avenir. Les Congolaises et les Congolais doivent donc devenir les premiers responsables de la destinée de leur pays. Il est impossible de lutter de manière efficace et de transformer la société en étant divisé, en étant incapable d’accoucher d’une puissante organisation en mesure de remettre en cause l’ordre injustement établi par ceux qui ont intérêt à garder le monopole des richesses de la République démocratique du Congo.
Un seul choix est envisageable. Celui qui consiste à adopter une tactique pouvant permettre de gouverner politiquement pour tous les Congolais. S’imposent donc, dans cette optique, trois possibilités : soit de conquérir à tout prix le pouvoir pour le pouvoir ; soit de constituer un bloc contre le régime en place à Kinshasa, en s’alliant avec les agresseurs, afin de garantir l’accès au pouvoir ; soit d’œuvrer dans le cadre de l’union des Congolais. Face à ces interrogations, la majorité de Congolaises et des de Congolais a enfin fait le choix de l’union du Congo, laquelle doit être ouverte. En effet, comment peut-on devenir majoritaire si l’on exclue ceux qui, aujourd’hui, pensent autrement.
Les Congolaises et les Congolais sont condamnés à dépasser leurs divergences, à cesser de se regarder en chiens de faïence. Bref, ils doivent s’unir. Pour cela, il faudra un fédérateur des talents des uns et des autres, un rassembleur de ce qui est épars, un leader qui se situe à la jonction de différentes aspirations pour lesquelles chacun milite. Le souhait, pour l’année 2013, c’est de constituer dans l’unité une structure cohérente aspirant au pouvoir politique, donc à la gestion économique, au rétablissement de l’autorité de l’État dans l’ensemble du territoire national et à l’instauration de la paix dans la région des Grands Lacs.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

À lire aussi :

- La RD Congo : le patriotisme d’abord ;
- Debout, Congolais ! ;
- Quelle perspective immédiate pour la RDC ?
- Congo-Kinshasa : le degré zéro de la politique.

lundi 3 décembre 2012

La RD Congo : le patriotisme d'abord

Face à la tragédie qui se déroule sur fond de génocide dans la région du Kivu, l’opposition congolaise est tiraillée entre l’acceptation des agresseurs soutenus par les pays voisins de l’Est et l’illégitimité, c’est-à-dire l’illégalité, du pouvoir de Joseph Kabila. On peut comprendre cette hésitation cornélienne dans la mesure où il a échoué, durant les douze années de son règne, dans la pacification de la République Démocratique du Congo. Pyromane expert, mais médiocre pompier, le président congolais expose, à n’en pas douter, le pays à la balkanisation.

Une diplomatie moribonde et une armée non opérationnelle

Les insuffisances de la diplomatie congolaise ne sont plus à démontrer. C’est parce que ses voisins de l’Est, en particulier le Rwandais, ont réussi à se faire représenter dans les institutions internationales et à nouer des relations solides avec les puissances étrangères – surtout occidentales – pour mieux assurer leurs arrières que la République Démocratique peine à défendre ses intérêts et à obtenir des sanctions contre ses agresseurs. Dans pareilles circonstances, seule l’option militaire pourra lui permettre d’enrayer les agressions dont elle fait l’objet. Mais la chaîne de commandement des Forces armées de la République Démocratique du Congo, qui plus est infiltrée par les agresseurs, a montré ses limites. Dans l’incapacité de mener la politique de la carotte et du bâton, impuissant et abandonné à lui lui-même, le Congo-Kinshasa voit l’étau s’enfermer de plus en plus sur lui. En conséquence, la région du Kivu est exposée à la balkanisation.

Les alliances avec les agresseurs

En proie à une haine viscérale et encline aux intérêts personnels au détriment du bonheur des populations, la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, confirme son incapacité. La majorité en place préfère exposer à la déstabilisation pour mieux s’adonner aux trafics de tout genre, et l’opposition institutionnelle souhaite ouvrir grand les bras aux agresseurs dans l’espoir d’accéder au pouvoir. Ainsi le président Joseph Kabila s’est-il associé avec le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), dont les éléments constituent l’ossature de l’actuel Mouvement du 23 mars (M23). Pour ce qui est de l’opposition, elle espère que le M23 prenne la région du Kivu dès lors que cela peut permettre la chute du régime kabiliste. Quant au peuple congolais, à force de rester sans arrêt les bras croisés, il est le dindon idéal de la farce.

Une mobilisation populaire

La résolution des conflits qui déstabilisent l’Est de la République Démocratique du Congo viendra d’abord du patriotisme, et non du soutien à des agresseurs qui, sous un discours aux élans démocratiques, ne visent qu’à exécuter un plan concocté par des puissances extracontinentales. L’arrivée au pouvoir en 1997 de Laurent-Désiré Kabila dans le bagage des Rwandais, Ougandais et Burundais ne cesse de coûter très cher au peuple congolais. Il faut être amnésique, ou alors avoir la mémoire courte, pour commettre aujourd’hui la même sottise. Avoir été trompé une fois n’implique pas forcément la faute de la victime, mais se faire duper deux fois confirme sa naïveté. D’aucuns savent qu’entre deux maux, l’on doit choisir le moindre. L’heure n’est plus à l’émotion et aux lamentations, mais à la mobilisation populaire.
Pour mettre un terme aux velléités expansionnistes de ses voisins de l’Est et faire échouer le plan de quelques puissances extracontinentales, l’implication des forces vives la Nation congolaise s’impose. Le peuple congolais doit donc commencer par clarifier l’ambiguïté et la complicité du pouvoir, ainsi que d’une certaine classe politique. Cela passera, à court terme, par une réconciliation nationale sur la base des valeurs démocratiques et la mise en place d’un gouvernement d’union national, ou de salut public, dans le contexte de l’état d’urgence. Mais encore faut-il tenir compte des erreurs du passé. Ce deux volets constituent la condition sine qua non en vue d’un État de droit, de la stabilité et de l’intangibilité des frontières, de l’organisation des élections générales libres et crédibles.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

À lire aussi

- Sommet de Kampala au sujet de la RDC: de qui se moque-t-on ? ;
- Debout, Congolais ! ;
- Quelle perspective immédiate pour la RDC ?

dimanche 2 décembre 2012

RDC : A Paris, des partis politiques plaident pour un gouvernement d'union nationale

La reprise de la guerre au Nord-Kivu entre les rebelles du M23 et l'armée régulière inquiète des partis politiques et des associations congolaises de la diaspora à Paris. Une plateforme propose des pistes pour sortir de l'impasse et du risque de "balkanisation" de la RDC.

Le 28 novembre, plusieurs partis politiques et associations congolaises de France se sont réunis à Paris pour évoquer la crise qui secoue l'Est de la République démocratique du Congo. Depuis le mois d'avril, la rébellion du M23 défie le président Kabila et s'est emparée de plusieurs territoires du Nord-Kivu, avant de prendre la ville Goma le 20 novembre dernier. Après l'appel de 11 chefs d'Etat de la région des Grands Lacs, le M23 a accepté, ce samedi, de se retirer de Goma. Mais si l'offensive du M23 a cessé, la guerre est loin d'être terminée [lire la suite].

Christophe Rigaud

© Afrikarabia

vendredi 30 novembre 2012

Guerre au Nord-Kivu

Une représentation des partis politiques congolais en France appelle à la cohésion nationale .
Ils combattent "pour l'intérêt supérieur de la nation"

A l’initiative de quelques partis politiques congolais , une conférence de presse sur la guerre au Nord-Kivu s’est tenue mercredi 28 novembre  à Paris. Soucieux de l’ampleur que prend la crise dans la partie orientale de la RDC, Gaspard-Hubert Lonsi Koko ( Porte-parole du Rassemblement pour le développement et la paix au Congo), Kabeya N’Kashama-Mutoke ( Membre du Conseil national du Congrès des démocrates pour le progrès social) et Ferdinand Lufete  (Coordinateur en France de la plate-forme politique Alliance pour le développement et la République) appellent à la cohésion nationale pour faire face à l’agression dont le pays est victime de la part des rebelles du M23 soutenus par le Rwanda et l’Ouganda.
Après un propos liminaire d’une dizaine de minutes, les trois acteurs politiques   ont répondu aux questions des journalistes étrangers et congolais pendant près d’une heure et demie. Et le moins que l’on puisse dire , c’est qu’ils ont su faire passer leur message. Prenant tour à tour un air grave, tourmenté… , à l’évocation de certains noms et faits, ils ont répondu avec brio et d’une seule voix à toutes les questions qui leur ont été posées.
Gaspard-Hubert-Lonsi Koko, Kabeya N’Kashama-Mutoke et Ferdinand Lufete ont évoqué l’Histoire de la RDC depuis 1997. Loin d’ être des suppôts du mobutisme ou des actuels dirigeants du pays , ils sont totalement convaincus que le même scénario mis en place par le Rwanda, l’Ouganda, et dans le Burundi (soutenus par la communauté internationale), pour chasser le Maréchal Mobutu du pouvoir, est en train de se reproduire.
Les trois orateurs ont exprimé leur écœurement et leur consternation après les crises à répétition que vit le pays depuis la prise du pouvoir par l’Alliance des forces démocratiques pour la libération  du Congo (AFDL) et l’avènement du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), « conséquences du non-respect de différentes résolutions et accords signés  par ceux qui gouvernent , par défi, la République Démocratique du Congo ». 
«Devons-nous encore accepter un autre poulain de l’Ouganda, du Burundi et du Rwanda, après des pilules mortelles que l’on nous a fait avaler  en 1997, en 2001, en 2006 et en 2011 ? », se sont-ils interrogés.
Ils ont fustigé « les velléités expansionnistes des voisins de l’Est » de la RDC dont l’ambition n’est plus un secret pour personne : « Balkaniser le Congo ». Et pour atteindre leur objectif macabre, « ils se sont associés à des entreprises étrangères, lesquelles sont soutenues par des puissances extracontinentales »

RESPONSABILITE PARTAGEE

Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Kabeya N’Kashama-Mutoke et Ferdinand Lufete ont dénoncé avec force l’inertie et la complicité de la communauté internationale et de certaines puissances extracontinentales qui n’ont jamais clairement condamné les crimes dont est victime le peuple congolais  dans la région du Kivu : l’extorsion, le harcèlement, les pillages et viols des mamans, sœurs et enfants.
Ils constatent avec amertume et indignation que les forces onusiennes dont la mission est de  protéger les populations congolaises de la région du Kivu, qui subissent les affres de guerre, et d’assurer la stabilisation du pays, « côtoient les agresseurs de la RDC en toute indifférence dans des régions occupées ». Contrairement à la charge qui leur a été confiée, le travail de ces forces consiste maintenant  à « faciliter le noyautage de la chaîne de commandement de l’Armée nationale congolaise, y compris l’infiltration d’autres institutions aussi bien économiques que politiques », ont-ils fait remarquer.
Une grande majorité de la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, porte  également une part de responsabilité dans les conflits irrésolus que traverse le pays. « Elle ne joue pas franc jeu », ont-ils dit.
«  Elle a sciemment failli dans la tâche qui a consisté à doter la RDC d’une majorité gouvernementale incontestable, soucieuse de la gestion de la chose publique au profit du peuple, et d’une opposition crédible. Elle a retardé la réforme de l’armée, des forces de sécurité et de police. Elle n’a pas exhorté le gouvernement à doter le pays d’une force de défense et de dissuasion capable de faire face à une quelconque menace extérieure. Ainsi a-t-elle agi en intelligence avec les ennemis de notre peuple. La classe politique a tout simplement trahi la nation. »

LE PATRIOTISME D’ABORD

Au-delà de leurs sensibilités politiques, les trois orateurs privilégient le patriotisme car pour le peuple congolais l’heure est grave : le pays est agressé. Une attaque ayant occasionné la prise de la ville stratégique  de Goma, à l’Est de la RDC, par les rebelles du M23. 
Fort de ce constat, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Kabeya N’Kashama-Mutoke et Ferdinand Lufete appellent, sans démordre, à la cohésion nationale autour de cette agression, qu’ils condamnent fermement, pour bouter l’ennemi hors du territoire national et mettre définitivement un terme à la guerre au Nord-Kivu.
Ils demandent au gouvernement de mettre en place « des conditions d’une véritable réconciliation nationale autour des valeurs républicaines, dans un élan patriotique collectif, pour la défense de la nation infiltrée, agressée et occupée, et la formation d’un gouvernement d’union nationale, ou de salut public, dans le contexte de l’état d’urgence. »
Ils proposent « la création des juridictions d’exception en vue des poursuites contre les auteurs des crimes de guerre, des crimes contre l’Humanité, des violations de droits fondamentaux de la personne humaine et haute trahison. »
S’agissant de la sécurisation du territoire national, les trois orateurs proposent « le changement de la mission de la Monusco et sa transformation en force d’intervention aux côtés des FARDC, à partir de la frontière rwandaise, et, au cas où les Nations Unies refuseraient de requalifier sa mission, son remplacement par les forces de l’Union africaine-à l’exclusion des pays voisins de l’Est-, ou de l’Eurofor, ou alors de l’Africom. »
Ils demandent au gouvernement de procéder au « désengagement des officiers originaires du Kivu et leur redéploiement dans d’autres régions du pays, les Régions militaires du Kivu devant être placées sous le commandement des officiers non locaux. »
Ils demandent en outre « la mise en place d’une armée et d’une police républicaines et performantes, ainsi que la maîtrise de l’insécurité et la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national. »
Pour instaurer une paix durable dans la Région des Grands Lacs, les trois acteurs politiques congolais préconisent  l’obtention du dialogue inter-rwandais en vue d’assurer le rapatriement en toute sécurité des combattants FDLR et d’autres réfugiés rwandais dans leur pays.
« La réconciliation du peuple rwandais avec lui-même est le seul gage d’une cohabitation pacifique et pérenne entre les deux communautés, Hutus et Tutsi, qui s’entre-tuent depuis des lustres », assurent-ils. « A défaut, l’élaboration d’un plan de désarmement et d’éloignement des combattants FDLR dans un pays non limitrophe du Rwanda, conformément aux dispositifs de la Convention de Genève. » Ils sont tous favorables à ce qu’une discussion s’engage sur « la gestion commune des ressources frontalières ».
Pour Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Kabeya N’Kashama-Mutoke et Ferdinand Lufete, cette conférence de presse était l’occasion de montrer à la face du monde que le peuple congolais est capable en toutes circonstances de combattre ses faiblesses, dépasser les clivages et antagonismes politiques pour défendre et sauver la nation.  
                                                      
Robert Kongo, correspondant en France

© Le Potentiel

mercredi 28 novembre 2012

Conférence de presse des Partis politiques et des Associations congolaises de France

Pour la cohésion nationale et la pacification de la République Démocratique du Congo

Si l’Histoire est un perpétuel recommencement, il revient aux humains de ne pas avoir la mémoire courte. Ce qui est en train de se passer dans l’Est de la République Démocratique du Congo, plus précisément dans la région du Kivu, rappelle tristement les manœuvres ayant permis la chute du pouvoir mobutiste en 1997. Certes, nous ne regrettons nullement le régime dictatorial du maréchal Mobutu. Notre prise de position ne constitue pas non plus un soutien à un quelconque gouvernement, mais elle prend en compte le seul intérêt supérieur du peuple et de la Nation congolaise. En tout cas, force est de constater la ressemblance du scénario actuel avec celui qui a été mis en scène, par les mêmes acteurs, il y a de cela 15 ans. Personne n’ignore que nous sommes en train de subir les conséquences des anciens alliés de Laurent-Désiré Kabila et du pouvoir actuel.
Devons-nous encore accepter un autre poulain de l’Ouganda, du Burundi et du Rwanda, après des pilules mortelles que l’on nous a fait avaler en 1997, en 2001, en 2006 et en 2011 ? Toutes les crises connues, depuis la prise du pouvoir par l’AFDL et l’avènement du PPRD, sont les conséquences du non-respect de différentes résolutions et accords (Conférence nationale souveraine, Accords de Lusaka et de Sun City) par ceux qui gouvernent, par défi, la République Démocratique du Congo.

I - Velléités expansionnistes de nos voisins de l’Est


Depuis le déclenchement de la guerre de 1997, nos voisins de l’Est ont pris une sérieuse option sur notre devenir. Pour faire main basse sur nos terres et nos ressources minérales, ils essaient de balkaniser notre pays par tous les moyens et à n’importe quel prix. Pour atteindre leur objectif, ils se sont associés à des entreprises étrangères, lesquelles sont soutenues par des puissances extracontinentales. En contrepartie, ils doivent faire de la République Démocratique du Congo, dans le pire des cas, un « no man’s land » où lesdites entreprises s’approvisionneront en minerais rares à moindres frais. Dans le meilleur des cas, ils doivent occuper la partie orientale de notre pays afin de la transformer en une zone franche au profit des forces coalisées.

II - Inertie et complicité significatives de la communauté internationale

L’articulation du plan des forces coalisées contre notre pays est probablement programmée par la communauté internationale.
 Raison pour laquelle les forces onusiennes ne cessent de s’interposer entre les Forces armées de la République Démocratique du Congo et les différents mouvements de déstabilisation, et de côtoyer nos agresseurs en toute indifférence dans des régions occupées. Leur objectif consiste à faciliter le noyautage de la chaîne de commandement de l’armée nationale congolaise, y compris l’infiltration d’autres institutions aussi bien économiques que politiques.

III - Ambiguïté et complicité du pouvoir et d’une certaine classe politique congolaise


Nous sommes conscients du fait qu’une grande majorité de la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, ne joue pas franc jeu. Elle a sciemment failli dans la tâche qui a consisté à doter la République Démocratique du Congo d’une majorité gouvernementale  incontestable, soucieuse de la gestion de la chose publique au profit du peuple, et d’une opposition crédible, c’est-à-dire constructive. Ainsi a-t-elle agi en intelligence avec les ennemis de notre peuple. La classe politique a tout simplement trahi la Nation.
En ayant retardé la reforme de l’armée, des forces de sécurités et de police, conformément à l’accord global et inclusif de Pretoria, le gouvernement n’a pas voulu doter le pays d’une force de défense et de dissuasion capable de faire face à une quelconque menace extérieure.
Nous ne sommes pas du tout dupes. En effet, nous sommes conscients que les forces négatives veulent profiter de notre faiblesse en matière de défense du territoire, de l’illégitimité et de l’illégalité du pouvoir en place pour se débarrasser d’un partenaire qu’ils ont pourtant soutenu, sans aucun projet de société, aux élections bâclées de 2006 et du 28 novembre 2011. Ce n’est donc pas pour libérer le peuple congolais d’un allié désavoué par la majorité de notre peuple qu’elles sèment la mort et la terreur, mais plutôt pour achever un processus d’occupation, voire de balkanisation, déjà planifié dans les capitales occidentales.

IV - Ni Charybde, ni Scylla


Le peuple congolais se trouve aujourd’hui face à un dilemme à la fois kafkaïen et cornélien. De plus, les partisans de la balkanisation et ceux de l’occupation du Congo-Kinshasa l’ont obligé à faire le choix entre Charybde et Scylla, entre l’insécurité et la soumission, entre la violence et le génocide.


 Fort heureusement, au-delà des tendances politiques, nous sommes une grande majorité des Congolaises et des Congolais de l’étranger et de l’ensemble du territoire national à privilégier le patriotisme. Nous estimons que l’avenir de la République Démocratique du Congo dépend de l’émergence d’une nouvelle voie excluant celle qui a été empruntée depuis 2001 par une classe politique qui a failli et par des personnes sans foi ni loi qui ont versé le sang de notre peuple, violé nos mères, nos femmes et nos enfants, pillé nos ressources naturelles et déstabilisé notre pays. Cette classe politique est aujourd’hui préoccupée par l’enrichissement insolent, au mépris de la misère de notre peuple chosifié.

En conséquence, Nous, Partis politiques et Associations congolaises de France :
- condamnons avec la dernière énergie l’agression de notre pays, sur sa partie orientale, ayant occasionné la prise de Goma ;
- dénonçons les manœuvres, en cours et en perspective, planifiées depuis l’extérieur du continent africain ;
- dénonçons l’attitude de la communauté internationale et de certaines puissances extracontinentales qui soutiennent la déstabilisation de la République Démocratique du Congo et orchestrent le massacre de notre peuple depuis 15 ans ;
- lançons un appel solennel au peuple congolais, aux organisations politiques et à toutes les forces vives à se mobiliser contre les agresseurs afin de mettre définitivement un terme aux guerres du Kivu.

V - Nos propositions

Au vu des arguments évoqués ci-dessus, pour l’intérêt supérieur du peuple congolais, nous faisons ci-après des propositions en vue d’un État de droit, de la stabilité et de l’indivisibilité de la République Démocratique du Congo, ainsi que de la pacification de la Région des Grands Lacs africains.
1. Sur la cohésion nationale – partant du principe que les élections bâclées de novembre 2011, l’incapacité morale, politique et opérationnelle des institutions ôtent au régime actuel toute légitimité sur le plan interne et toute crédibilité vis-à-vis de l’extérieur –, nous préconisons :
- la mise en place des conditions d’une véritable réconciliation nationale autour des valeurs républicaines, dans un élan patriotique collectif, pour la défense de la nation infiltrée, agressée et occupée ;
- la mise en place, sans pour autant sombrer dans les erreurs du passé, d’un gouvernement d’union nationale, ou de salut public, dans le contexte de l’état d’urgence ;
- l’incessibilité de la nationalité congolaise d’origine, conformément à l’alinéa 3 de l’article 10 de la Constitution, ainsi que le droit de vote et d’éligibilité des Congolais de l’étranger ;
- la préparation, dans un délai raisonnable, des élections générales libres et crédibles, en commençant par les élections locales ;
- la création des juridictions d’exception en vue des poursuites contre les auteurs des crimes de guerre, des crimes contre l’Humanité, des violations de droits fondamentaux de la personne humaine et haute trahison.

2. Sur la sécurisation du territoire national, nous proposons :

- le changement de la mission de la Monusco et sa transformation en force d’intervention aux côtés des FARDC, à partir de la frontière rwandaise, et, au cas où les Nations Unies refuseraient de requalifier sa mission, son remplacement par les forces de l’Union africaine (à l’exclusion des pays voisins de l’Est), ou de l’Eurofor, ou alors de l’Africom ;
- la mise en place d’une armée et d’une police républicaines et performantes, ainsi que la maîtrise de l’insécurité et la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national ;
- le désengagement des officiers originaires du Kivu et leur redéploiement dans d’autres régions du pays, les Régions militaires du Kivu devant être placées sous le commandement des officiers non locaux.

3. Sur la paix durable dans la Région des Grands Lacs, nous préconisons :

- l’obtention du dialogue inter-rwandais en vue d’assurer le rapatriement en toute sécurité des combattants FDLR et d’autres réfugiés rwandais dans leur pays, la réconciliation du peuple rwandais avec lui-même étant le seul gage d’une cohabitation pacifique et pérenne entre les deux communautés Hutu et Tutsi qui s’entre-tuent depuis des lustres ;
- à défaut, l’élaboration d’un plan de désarmement et d’éloignement des combattants FDLR dans un pays non limitrophe du Rwanda, conformément aux dispositifs de la Convention de Genève ;
- les tractations sur la gestion commune des ressources frontalières.


Fait à Paris, le 28 novembre 2012

Signataires :


- Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) ;

- Congrès des Démocrates pour le Progrès Social (CDPS-France) ;
- Alliance pour le Développement de la République (ADR-France) ;
- Collectif des Démocrates Congolais (CDC) ;
- Union du Congo (UDC) ;
 - Groupe de Réflexions des Congolais de France (GRCF).

lundi 26 novembre 2012

Sommet de Kampala au sujet de la RDC : de qui se moque-t-on ?

À l’issue du sommet des pays de la région des Grands Lacs qui s’est tenu le 24 novembre à Kampala, les chefs d’État concernés ont demandé aux éléments du M23 de quitter la ville de Goma dans les 48 heures et ont prié leur homologue congolais, Joseph Kabila, d’écouter les revendications des agresseurs. Mais ces derniers exigent un dialogue, avant d’envisager leur retrait de la capitale de la province du Nord-Kivu.
Le chef de la diplomatie congolaise, Raymond Tshibanda, a estimé que les négociations porteraient sur la mise en œuvre de l’accord du 23 mars 2009[1], après le retrait du M23 de Goma. Mais le président du M23, Jean-Marie Runiga, a affirmé que le retrait de Goma devrait être le résultat des négociations relatives à un dialogue inclusif avec la société civile congolaise, l’opposition et la diaspora sur tous les sujets qui touchent à la vie publique[2].

La déclaration finale du sommet de Kampala

Le texte appelle Kinshasa à négocier avec le mouvement du M23. Ces négociations doivent permettre de répondre aux revendications légitimes selon la déclaration finale de la rébellion. De son côté, le M23 doit mettre fin aux combats dans l’Est de la RDC et quitter Goma. Les chefs d’État de la région des Grands Lacs ont également appelé les rebelles à retirer leurs troupes dans un rayon de 20 kilomètres autour de la capitale provinciale du Nord-Kivu et ce dans les 48 heures. Les mesures demandées concernent aussi le déploiement à l’aéroport de Goma, d’une force composée de soldats congolais, de rebelles du M23 et d’une force neutre qui serait définie plus tard. La police de Goma doit enfin être réarmée pour pouvoir reprendre ses activités en ville. Tout cela sous la supervision des chefs d’états-majors congolais, rwandais et ougandais.

Confusion dans la dénomination et abdication de Joseph Kabila

La délégation congolaise n’a même pas osé affirmer que la RD Congo n’est pas victime d’une rébellion, mais plutôt d’une agression de ses voisins rwandais, burundais et ougandais. Effectivement, il n’est plus un secret pour personne, ce sont les éléments de l’armée rwandaise qui combattent sur le sol congolais. Le M23 est donc une fabrication rwando-ougandaise pour permettre l’occupation de la région du Kivu.
Si les éléments du M23 sont des rebelles congolais, ils ont violé l’article 64[3] de la Constitution. En conséquence, on doit tout simplement les faire condamner par les tribunaux congolais. S’ils ne sont pas Congolais, il s’agit bel et bien d’une agression venant de l’extérieur. Cela nécessite des poursuites judiciaires, de la part des autorités congolaises, auprès des tribunaux appropriés.
Par ailleurs, la RD Congo étant un pays souverain, l’armée congolaise doit être déployé sur l’ensemble du territoire national sans exception. Le fait de se contenter du retrait du M23 de la seule ville de Goma démontre l’abdication de Joseph Kabila.

Complicité avec les agresseurs ?

Le texte final du sommet de Kampala demande au M23 de quitter la ville de Goma, mais lui reconnaît le droit de se déployer à l’aéroport de Goma. Cet oxymoron est indéniablement très significatif. L’ambiguïté de cette clause permettra au Rwanda et à l’Ouganda d’être au courant de l’acheminement des armes en vue de la pacification de la région du Kivu.
Comment la délégation congolaise a-t-elle pu admettre que les chefs d’états-majors des pays qui soutiennent le mouvement du M23, en l’occurrence le Rwanda et l’Ouganda, puissent participer à la supervision du processus concernant la réarmement de la police de Goma ? Pourquoi la force neutre – qui pourrait bien être représentée par la Monusco, ou par une autre force armée ne comprenant aucun voisin impliqué dans l’agression de la RD Congo – est-elle absente de ce processus ? En ayant cautionné les conclusions de ce sommet, lesquelles ont mis la charrue avant les bœufs, les autorités congolaises ont innocenté les agresseurs. Pis encore, elles ont confirmé leur propre complicité dans les différentes tentatives du démembrement de la République Démocratique du Congo. Ainsi Joseph Kabila et sa délégation ont-ils accepté l’inacceptable.

Remédier au droit de regard des agresseurs

Franchement, de qui se moque-t-on ? Il est évident que le texte final du sommet de Kampala avantage les agresseurs. En effet, les parrains du M23 auront un droit de regard dans les affaires intérieures de la République Démocratique du Congo. Au vu des arguments avancés supra, on est en droit de se demander les véritables raisons ayant poussé les autorités congolaises à cautionner un accord qui non seulement est défavorable à leur pays, mais hypothèque d’ores et déjà la possibilité d’une paix durable dans la région des Grands Lacs. Il est impératif d’empêcher la mise en place de l’accord de Kampala. Le Parlement congolais doit demander en urgence, à cet effet, des explications au gouvernement de Matata Ponyo. À défaut, pour honorer le sang versé par les agresseurs, les Congolaises et les Congolais doivent se lever et mettre un terme à un complot qui vise, on en a maintenant la certitude, la balkanisation de la République Démocratique du Congo. Le patriotisme les y oblige.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

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[1] Voir également : RDC - M23 : Regard sur le fameux Accord du 23 mars 2009 entre le Gouvernement et le CNDP.
[2] C’est-à-dire la démocratie, les droits de l’homme et la gouvernance.
[3] L’article 64 de la Consitution de la RD Congo stipule : « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force, ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’État. Elle est punie conformément à la loi. »