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jeudi 5 juin 2014

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20140605/00014 relatif à la problématique des éléments des FDLR en RD Congo

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République Démocratique du Congo, Martin Kobler, a lancé à partir de Kinshasa, le 4 juin 2014, un dernier appel aux combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Ainsi leur a-t-il demandé de déposer leurs armes au risque d’y être contraints par les forces onusiennes et l’armée nationale congolaise et rappelé. Dans la foulée, il a précisé que les commandants de cette rébellion rwandaise accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité devraient répondre de leurs actes.

Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) soutient l’initiative du représentant des Nations Unies en République Démocratique du Congo. Par conséquent, s’agissant des crimes contre l’Humanité, force est de constater que la stabilisation de la région du Kivu dépend également :
- de l’extradition du criminel Laurent Nkunda vers Kinshasa ;
- de la cessation en approvisionnement en armes des rebelles congolais à partir du territoire rwandais ;
- de la non-infiltration des éléments des armées rwandaise et ougandaise dans le territoire congolais, ainsi que du soutien de la communauté internationale aux Forces armées de la RDC (FARDC) dans leurs actions relatives au maintien de la paix dans la région du Kivu ;
- de l’acceptation du rapatriement vers Kigali de tous les éléments des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) censées se trouver dans le territoire congolais, ou alors de leur extradition sans condition dans un pays non limitrophe de la République Démocratique du Congo ;
- du dialogue inter-rwandais ;
- de la capacité du gouvernement congolais à déployer les moyens nécessaires en vue de la sécurisation du territoire national.

Le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo est convaincu de la nécessité d’une armée citoyenne capable de sécuriser les frontières nationales et d’assurer la défense du territoire congolais en cas d’agression, d’où qu’elle vienne. De plus, seul le rétablissement d’une paix durable et le respect des valeurs universelles permettront la démocratisation, ainsi que la reconstruction de la République Démocratique du Congo.

Fait à Paris, le 5 juin 2014

Pour le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC),

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole

mardi 12 novembre 2013

RD Congo : Faudra-t-il négocier la paix avec le M23 en pleine débandade, ou avec ses parrains rwandais et ougandais ?

Après plusieurs mois des pourparlers, lesquels ont été entamés le 9 décembre 2012, le gouvernement congolais et les rebelles du M23 n’ont pu signer le 11 novembre 2013 un accord à Kampala. La question de l’intégration des rebelles dans l’armée a longtemps bloqué ces discussions. Le gouvernement congolais ayant tenu à juste titre à signer une simple déclaration de reddition, et non un accord, les négociations ont été reportées sine die. De plus, la rébellion réclamait une amnistie collective tandis que Kinshasa s’est opposé à l’intégration des rebelles accusés de crimes de guerre, ainsi que de crimes contre l’Humanité, et a établi une liste des rebelles exclus de toute intégration.
Les précédents accords et déclarations
Dans le passé, des accords entre les belligérants congolais ont été signés en vue de la stabilisation de la région du Kivu. Il en a été de même pour des déclarations conjointes entre Kinshasa et Kigali[1].
L’accord de Goma, signé par 22 groupes armés ainsi que par le gouvernement congolais, était précédé d’un accord du mois de novembre 2007 entre les gouvernements de la République Démocratique du Congo et du Rwanda, connu sous l’appellation de « Communiqué de Nairobi », en vue du règlement de l’épineux problème du Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR). D’après l’article III de l’accord de Goma, tous les signataires se sont engagés à respecter à la lettre le droit international humanitaire et les droits de l’Homme, c’est-à-dire à mettre un terme à tout acte de violence et abus à l’encontre des populations civiles[2]. Ces deux accords, auxquels il faudra ajouter les recommandations de la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement organisée par le gouvernement congolais au début de l’année 2008, ont servi de base au programme de paix gouvernemental pour l’Est du Congo-Kinshasa, connu sous le nom de « Programme Amani ». Celui-ci n’a malheureusement pas abouti à des améliorations tangibles pour les populations de la région du Kivu et de la province orientale, la communauté internationale et le gouvernement congolais n’ayant pu garantir, à défaut d’une réelle volonté politique, le financement nécessaire afin de matérialiser ce programme de paix.
Le réaménagement de la CEPGL[3]
On doit surtout avoir à l’esprit, au-delà de la signature d’un accord entre Kinshasa et le M23, de l’avenir de la pacification de la région des Grands Lacs, plus précisément de l’entente entre les peuples rwandais, burundais et congolais. Dans la même optique, la problématique de la redynamisation de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) a également été abordée dans le cadre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et a fait l’objet d’un rapport en octobre 2005. Dans le même ordre d’idées, l’AWEPA[4] a plaidé dans ses travaux – en particulier dans la « Déclaration de Kigali » d’avril 2005 et dans la « Déclaration de Kinshasa » de novembre 2005 – en faveur de la redynamisation de la Communauté économique des pays des Grands Lacs.
Le gouvernement de cohésion nationale ?
La signature d’un accord entre les rebelles du 23 et le gouvernement de Kinshasa ne suffit pas pour mettre définitivement un terme au conflit dans la partie orientale de la République démocratique du Congo. La mise en place d’un gouvernement de cohésion nationale ne permettra pas, non plus, à atteindre à court et moyen terme cet objectif. En effet, à la suite de la neutralisation de la principale rébellion, deux options s’offre à Joseph Kabila. Soit il se contentera d’un remaniement gouvernemental en élargissant sa majorité au détriment de l’opposition, soit il nommera un Premier ministre issu de l’opposition. Dans le premier cas de figure, il s’agira d’un simple partage de pouvoir sans conséquence bénéfique pour le peuple congolais. Dans le second cas, le Premier ne disposant guère de majorité parlementaire, son gouvernement sera complètement à la botte du président de la République. De toute évidence, une simple tactique politicienne confortera davantage l’opposition, encore faudra-t-il qu’elle soit à la hauteur des attentes des populations, aux échéances électorales de 2016.
La résolution de la crise[5]
Que faudra-t-il alors faire pour juguler la crise dans l’Est de la République Démocratique du Congo ? Le gouvernement congolais doit-il signer un accord de paix avec des éléments du M23 en pleine débandade, ou alors avec leurs parrains rwandais et ougandais ?
Concrètement, comme l’a d’ailleurs souligné dans le passé la société civile congolaise, il va falloir pousser publiquement tous les groupes armés à se conformer aux obligations de l’accord de Goma et à indiquer que les abus contre les civils seraient passibles de sanctions. Ensuite, il faudra nommer un conseiller spécial indépendant, de haut niveau, sur les droits humains pour l’Est du Congo-Kinshasa afin de mettre la question des droits fondamentaux, y compris les violences sexuelles et l’enrôlement d’enfants soldats, au cœur des discussions de paix. Enfin, il faudra soutenir des efforts de médiation en finançant des programmes de maintien de la paix et renforcer la protection des populations civiles. Cela obligera des programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration afin d’aider les soldats à trouver des alternatives durables à la violence, ainsi que des programmes relatifs aux causes du conflit en s’axant sur les initiatives de paix, sur la réconciliation et sur la résolution des conflits fonciers. Cela nécessitera également l’implication de la communauté internationale en vue du respect, par les pays des Grands Lacs, des frontières étatiques et de la non-ingérence dans les affaires intérieures de chaque pays.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
[1] En tant que faiseur des rébellions, le Rwanda a simultanément soutenu le Congrès national de défense du peuple (CNDP) dirigé par des criminels comme Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda et le M23.
[2] In Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, L’Harmattan, Paris, novembre 2013.
[3] Lire La République Démocratique du Congo, un combat pour la survie, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, L’Harmattan, Paris, 2010.
[4] The Association of European Parliamentarians for Africa, structure regroupant des parlementaires européens partenaires de l’Afrique.

mercredi 6 novembre 2013

RD Congo : Une victoire militaire à confirmer diplomatiquement

Par la voix de Lambert Mende, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, le pouvoir en place à Kinshasa a annoncé que « les derniers résidus du M23 [venaient] d’abandonner leurs retranchements de Chanzu et Runyonyi sous la pression des [FARDC] ». Une « victoire totale de la République Démocratique du Congo », aux dires de Lambert Mende, confirmée par le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, porte-parole de l’armée nationale congolaise pour la province du Nord-Kivu. Des éléments de la brigade d’intervention de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (Monusco) se sont joints aux forces gouvernementales pour neutraliser les positions rebelles, après la mort de six civils tués par des chutes d’obus sur la vielle de Bunagana. Le chef militaire des rebelles, Sultani Makenga, aurait fui vers le Rwanda où de nombreux rebelles ont également trouvé refuge, ainsi qu’en Ouganda.
Soutenues logistiquement par les casques bleus de la Monusco, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont repris depuis le 25 octobre 2013, au terme d’une offensive foudroyante, la totalité du territoire qu’occupaient les éléments du M23 pendant dix-huit mois. En quatre jours, les villes de Kibumba, de Kiwanja, de Rutshuru et de Rumangabo, les bastions de la rébellion, ont été récupérées par l’armée gouvernementale. La victoire des FARDC sur les poulains du Rwanda et de l’Ouganda, comme a claironné Lambert Mende ? Pas si évident. 

La cessation des combats et la dissolution du M23

Le président des rebelles du M23, Bertrand Bisimwa, a ordonné le 3 novembre dernier à tous ses combattants de cesser dans l’immédiat les hostilités avec l’armée congolaise, laquelle avait pris sérieusement le dessus sur les champs de bataille. En référence aux négociations en cours à Kampala, il a prétendu agir de la sorte « pour permettre la poursuite du processus politique». Après la débandade d’au moins 300 rebelles qui se sont retranchés sur les collines de Mbuzi, de Chanzu et de Runyonyi – à environ 80 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu –, Bertrand Bisimwa a dans la foulée publié une déclaration de « fin de rébellion » en annonçant l’intention du M23 de « poursuivre, par des moyens purement politiques, la recherche des solutions aux causes profondes qui ont présidé à sa création ». Ainsi a-t-il appelé le chef d’état-major et les commandants des grandes unités du M23 de « préparer les hommes des troupes au processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion sociale dont les modalités [seraient] à convenir avec le gouvernement [congolais] ».

Le respect de la souveraineté territoriale congolaise

Très curieusement, un appel aux rebelles congolais du M23 a été lancé le 5 novembre à Pretoria par les pays africains voisins de la République Démocratique du Congo pour qu’ils renoncent à la rébellion afin de permettre la signature rapide d’un accord de paix. Pourquoi une telle précipitation, sachant que lesdits Etats se sont toujours montrés moins pressés quand le M23 avait, sur le terrain, l’avantage sur l’armée loyaliste ? Veut-on à tout prix façonner l’argile pendant qu’elle est encore humide, dans l’optique d’amnistier les rebelles et de les réintroduire dans les institutions étatiques pour mieux finaliser la politique d’infiltration ? Espère-t-on en réalité obtenir diplomatiquement ce qui vient d’être perdu par les armes ?
On ne peut agir cyniquement, comme si rien de dramatique ne s’est passé dans le Nord-Kivu. Il est inhumain de passer par pertes et profits les 10 millions de morts congolais. On ne peut pas continuer à cautionner l’impunité en faveur des groupes rebelles. Agir de la sorte consiste à fermer les yeux sur les crimes de guerre et crimes contre l’Humanité commis en République Démocratique du Congo. Le problème n’est pas tant d’accepter « publiquement » l’annonce du démantèlement de la rébellion pour permettre la signature d’un « accord final », mais de faire respecter la souveraineté territoriale congolaise par le Rwanda et l’Ouganda. Quelques préalables doivent être absolument respectés.

Les conditions en vue d’une paix durable

En tout cas, un « accord formel » ne vaudra rien tant qu’aucune garantie ne sera apportée par le Rwanda et l’Ouganda quant au respect de différents accords de non-agression et à la non-assistance aux forces négatives. Trois facteurs sont décisifs en vue de l’entente cordiale dans la région des Grands Lacs.
Primo, seule la condamnation officielle des parrains du M23 garantira la souveraineté de la République Démocratique du Congo. Secundo, tant qu’aucun mécanisme de suivi des accords déjà ratifiés n’est habilité à sanctionner les signataires fautifs, d’autres rébellions risquent de voir le jour non pas forcément dans la région du Nord-Kivu, où les forces onusiennes sont présentes, mais dans d’autres provinces comme le Katanga. Tertio, il est impossible d’envisager le réaménagement de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) tant que les peuples rwandais, burundais et congolais ne se réconcilieront pas. Cela ne sera pas envisageable tant que la République Démocratique du Congo n’aura ni fait son deuil, ni réformé totalement son système défensif.
Face aux rebelles du M23, le gouvernement congolais doit désormais se comporter en vainqueur. Sa magnanimité, s’il en faut, ne doit en rien hypothéquer l’avenir d’un peuple qui, depuis 1997, n’a cessé de vivre un calvaire. Kinshasa doit donc imposer sa volonté aux vaincus, et mettre le Rwanda et l’Ouganda dans l’obligation de ne plus s’ingérer dans ses affaires intérieures. Telles sont les conditions sine que non en vue d’une paix durable dans la région des Grands Lacs africains. De toute évidence, au risque de retourner à la case départ, la victoire militaire des FARDC doit être confirmée par le gouvernement congolais sur le plan diplomatique.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
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samedi 12 octobre 2013

Vers une autonomie administrative d'une portion u Nord-Kivu en RD Congo ?

La République Démocratique du Congo a qualifié le vendredi 11 octobre 2013 à New York, lors de la 5ème séance de la 4ème Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies, « d’opportunité historique » le plan marocain d’autonomie au Sahara occidental. Elle a donc salué la « dynamique créée » par cette initiative susceptible de « mener à l’aboutissement d’une solution politique, juste et acceptable par tous ». À cette occasion, Jackson Bumba Vangu a affirmé que l’initiative marocaine[1] pourrait « mettre fin à la situation humanitaire extrêmement pénible des populations vivant dans les camps de Tindouf ». Sans vouloir s’immiscer dans les affaires internes dun pays, ni dailleurs mettre en cause le processus marocain, on ne peut que s’interroger sur les véritables motifs ayant poussé la République Démocratique du Congo à soutenir une telle initiative alors qu’elle est confrontée au même problème dans la région du Kivu.


Le fief du M23

Une portion du Nord-Kivu – notamment la partie frontalière du Rwanda englobant les villes de Rutshuru, Kiwanja, Rumangabo et Bunagana – est actuellement sous le contrôle des éléments du M23 soutenus par le régime rwandais. La déstabilisation de ce territoire a pour finalité de faire fuir les autochtones et les remplacer ensuite par des populations non congolaises. D’ailleurs, le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, n’a-t-il pas récemment annoncé l’arrivée de 200 familles qu’on dit être des Congolais et qui ont illégalement traversé la frontière rwandaise pour se retrouver à Bunagana, dans la zone rebelle ? Doit-on faire un dessin pour expliquer à l’opinion qu’il s’agit purement et simplement de l’infiltration de quelques éléments de l’armée rwandaise dans le but de renforcer le M23 ? Du dépeuplement pour un repeuplement ultérieur ?
De toute évidence, ce n’est pas pour amuser la galerie que les Nations Unis se sont inquiétées mercredi 9 octobre 2013 d’informations faisant état d’un renforcement militaire de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23). En effet, selon le chef militaire de la Monusco, le général Carlos Alberto Dos Santos Cruz, la mission onusienne dispose de « beaucoup d’informations relatives au renforcement du M23 », même si, pour des raisons que personne n’ignore, elle fait semblant d’ignorer « l’origine de ce renforcement ».

Une probable autonomie ?

En tout cas, le représentant de la République Démocratique du Congo aux Nations Unies, Jackson Bumba Vangu, a affirmé que l’initiative du Royaume du Maroc « constitue une base de négociation pour aboutir à une solution politique et juste, d’autant plus qu’aux termes de la résolution 2099 le Conseil de sécurité s’est félicité des efforts réalisés par le Maroc »[2]. S’agit-il de créer un précédent pouvant permettre de répondre favorablement, le moment venu, aux revendications des populations rwandophones de la région du Kivu ? Cette déclaration préfigure-t-elle, en réalité, une annoncée anticipée de l’autonomie du territoire du Masisi ? Rappelons que, aux pourparlers de Kampala, le M23 revendique l’administration par ces éléments des territoires qu’il occupe. Comment peut-on ne pas appliquer chez soi ce qu’on approuve ailleurs ? Faut-il conclure que Kinshasa s’apprête à céder une portion de son territoire national ? Paul Kagamé est-il en passe de gagner son pari, à savoir la partition de la République Démocratique du Congo en vue de l’annexion d’une partie du Kivu au Rwanda ? That’s the questions !

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

[1] L’initiative marocaine d’autonomie pour la région du Sahara occidental a été créée le 11 avril 2007.
[2] Adoptée le 25 avril 2013, la résolution 2099 du Conseil de sécurité des Nations Unies avait prorogé d’un an le mandat de la Minurso sans élargissement de ses prérogatives au contrôle des droits de l’Homme.

dimanche 6 octobre 2013

Un complot international contre la RD Congo ?

Selon le Conseil de sécurité des Nations Unies, la crise provoquée par l’irruption de la rébellion du M23 dans l’Est de la République Démocratique du Congo, n’a « pas de solution militaire », et ne sera surmontée que par voie « politique ». Ainsi est-on en droit de s’interroger sur les motivations ayant poussé le Conseil de sécurité des Nations Unies à approuver à l’unanimité, le 28 mars 2013, la création d’une nouvelle force de combat censée sécuriser la région du Kivu[1].
 On ne peut que se poser sérieusement des questions sur les déclarations du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, relatives à « une approche nouvelle et globale en vue de s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité dans l’Est de la République Démocratique du Congo ».

Les différents points de vue

« Il y a indéniablement une dynamique de paix en République Démocratique du Congo, et dans la région, nous n’avons pas le droit de rater cette opportunité », a affirmé Alexis Lamek, le représentant permanent adjoint de la France aux Nations Unies, lors de la visite d’une délégation des quinze pays du Conseil dans la région des Grands Lacs. Pourtant, un désaccord persiste entre les différentes parties par rapport à la publication par les autorités congolaises d’une liste contenant plus d’une soixantaine de noms de dirigeants du M23 qui ne pourraient être ni amnistiés ni intégrés dans l’armée nationale dans le cadre d’un accord de paix.
En référence aux pourparlers de Kampala, Alexis Lamek a mis l’accent sur « une dynamique de paix en République Démocratique du Congo et dans la région » des Grands Lacs, tout en insistant sur l’obligation de ne pas « rater cette opportunité ». Des propos contradictoires à ceux ayant été tenus par François Muamba Tshisimbi, le coordonnateur du mécanisme de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, qui a estimé que « les quatorze jours impartis pour les discussions [de Kampala] ont été consacrés à du théâtre, à du cosmétique» d’autant plus qu’elles « ne sont pas prêtes à aboutir à un accord ». Ainsi François Muamba a-t-il affirmé que Cryspus Kiyonga, le ministre ougandais de la Défense, qui plus est le facilitateur désigné par le président Yoweri Kaguta Museveni, a tenté d’« imposer un document qui viole la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo».

Un stratagème mortifère

D’aucuns ne peuvent qu’être surpris par l’ambiguïté du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la dramatique situation en cours dans la région du Kivu. Rappelons que les États-Unis ont annoncé, le 3 octobre 2013, qu’ils avaient pris des sanctions contre le Rwanda pour des cas de recrutement d’enfants soldats liés à la rébellion du M23 soutenue par Kigali en République Démocratique du Congo. La plus haute responsable du département d’État pour l’Afrique, Mme Linda Thomas-Greenfield, n’ayant ni précisé de quand datait la loi sanctionnant le Rwanda, ni quelles étaient les sanctions prises contre Kigali, les lobbyistes du président Paul Kagamé s’activent pour qu’une solution politique soit trouvée dans la région des Grands Lacs. Cela permettra de lever les sanctions contre les pays des milles collines et permettre, en douceur, l’infiltration des institutions congolaises par les poulains rwandais qui constituent l’effectif du M23.
Curieusement, les chefs d’État des pays des Grands Lacs ont exigé la reprise des pourparlers de Kampala, suspendus pendant plusieurs mois[2], au moment où Kinshasa a mis en place les concertations nationales en vue de conforter la cohésion sociale et nationale, et de mieux faire face aux différentes tentatives de déstabilisation de la région du Kivu. Curieusement, on essaie de privilégier la voie politique alors que la brigande onusienne d’intervention est déjà déployée sur le sol congolais[3].

Le pot aux roses

Les spécialistes de la région des Grands Lacs africains savent que les pourparlers de Kampala préfigurent, à n’en pas douter, le devenir de la République Démocratique du Congo. Aussi l’attitude di Conseil de sécurité des Nations Unies conforte-t-elle de plus en plus l’hypothèse d’un complot international contre ce pays qualifié de scandale géologique. La situation sur le terrain lui étant enfin favorable – grâce, entre autres, au déploiement de la brigade d’intervention en appui à la Monusco[4] –, Kinshasa aurait dû cesser toute participation aux pourparlers de Kampala. Ce qui est en train de se dérouler dans la capitale ougandaise, entre les représentants du gouvernement congolais et ceux du mouvement dénommé M23, ne fait que révéler le pot aux roses. En dépit de cette démarche sournoise à finalité balkanisatrice, la République Démocratique du Congo a maintenant la possibilité d’accompagner les menteurs jusqu’à la porte. Encore faut-il que Kinshasa puisse habilement manœuvrer. N’est pas Talleyrand qui le veut !

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

[1] Lire Une brigade d’intervention pour la RD Congo.
[2] Ils ont donné quatorze jours aux deux parties pour conclure les négociations qui ont débuté le 9 décembre 2012.
[3] La brigade d'intervention de la Monusco est dotée d’un mandat d’imposition de la paix. Elle est donc chargée de démanteler les éléments négatifs dans l’est de la République Démocratique du Congo, notamment le M23, mais également tout autre groupe rebelle participant à la déstabilisation de la région du Kivu.
[4] Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation de la République Démocratique du Congo.

vendredi 25 janvier 2013

RDC : le masque tombe à Kampala

Selon Fred Opolot, porte-parole de la présidence ougandaise, « au dernier sommet des chefs d’États de la Conférence des Grands Lacs, il a été établi devant le président Kabila que les questions soulevées par le M23 [devaient] être écoutées ». Une façon sibylline de faire comprendre à la délégation de Kinshasa que Yoweri Kaguta Museveni approuve l’idée d’aborder à Kampala, peu importent la forme et le temps que prendront les pourparlers, tous les problèmes de la République Démocratique.

Le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni, le Bismarck des Grands Lacs.

La force internationale neutre, future brigade de la Monusco

Dans une interview accordée à la presse chinoise, le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, rappelle que lors de la réunion qui s’est tenue en décembre 2012 à Addis-Abeba, les Nations Unies, l’Union africaine, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et les pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe  (SADC) avaient convenu, en présence de l’ensemble des partenaires bilatéraux et multilatéraux, de faire de la force internationale neutre une brigade spéciale au sein de la Monusco. Ce choix a été privilégié dans l’optique de faciliter l’opérationnalisation de la force. On doit donc revoir à cet effet, en termes de renforcement, le mandat de la mission onusienne.
Tous les participants à la rencontre, qui a eu lieu au siège de l’Union africaine, ont la ferme conviction que l’on doit plus rapidement traduire la force dans les faits. S’ils ont opté pour cette formule, pourquoi les ministres de la Défense des pays de l’Afrique australe et des Grands Lacs ont-ils recommandé, à Kampala, le remplacement de la Monusco par la force internationale neutre ? Entre-temps, le Conseil de sécurité des Nations Unies a donné son feu vert à l’utilisation de drones de surveillance dans la région du Kivu par la force de maintien de la paix.

Une attitude très bismarckienne

Curieusement, le changement d’attitude du président Yoweri Kaguta Museveni intervient au moment où les divergences s’amplifient au sein du M23. Selon le porte-parole militaire de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (Monusco), le commandant Ibrahim Diene, le renforcement des positions du M23 dans les zones occupées du Nord de Goma n’a pu empêcher la défection de nombreux rebelles qui continuent à se rendre aux différents postes opérationnels de la force de la paix qui aurait notamment signé leur reddition. Le président ougandais, en abondant dans le sens des agresseurs du M23, désavoue de facto ses homologues rwandais et congolais. Compte-t-il en réalité court-circuiter le dialogue intercongolais, tant souhaité par le président congolais, en vue de la cohésion nationale ? Le soi-disant Bismarck des Grands Lacs, profitant de la mauvaise posture dans laquelle se trouve Paul Kagamé, veut-il enfin confirmer son hégémonie sur l’ensemble des pays de la région ?

Délocaliser la rencontre de Kampala

En désapprouvant le facilitateur Chrispus Kayonga, le président ougandais vient de confirmer sa partialité. Il montre publiquement qu’il est à la fois juge et partie. Quelle doit être la réaction de Kinshasa, maintenant que Yoweri Kaguta Museveni a montré son vrai visage ? Par l’attitude de son président, mine de rien, l’Ouganda offre à la délégation conduite par Raymond Tshibanda l’occasion de claquer la porte et de solliciter un autre médiateur, tel que Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzavile, en vue de la poursuite des pourparlers. Leur externalisation est plus que jamais de mise. La balle est maintenant dans le camp de Joseph Kabila. Il doit façonner l’argile pendant qu’elle est humide.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

À lire aussi :

- RDC : faut-il remplacer la Monusco par une force internationale neutre ?
- Kinshasa, le cadre légitime du dialogue interconglais 
- Quel avenir pour les pays des Grands Lacs africains ?

lundi 21 janvier 2013

Kinshasa, le cadre légitime du dialogue intercongolais

Les désaccords entre la délégation du gouvernement congolais et les représentants du M23 montrent l’impasse des pourparlers de Kampala dont aucune raison ne justifie la tenue. De plus, la République Démocratique du Congo est un État souverain. Il revient donc aux forces régionales et à la communauté internationale d’assister les Forces armées congolaises (FARDC) dans leurs initiatives en vue de la stabilisation de la région du Kivu, et non de cautionner un marché de dupe dont l’issue consiste en réalité à infiltrer les institutions congolaises pour une balkanisation à court terme.

Les revendications supplémentaires du M23

Les rebelles du M23 exigent, comme condition à un cessez-le-feu qu’ils ont pourtant décrété unilatéralement, une amnistie des faits de guerre, la prise en charge par le gouvernement de l’actif et du passif comptable du M23, un gouvernement de transition… en complément de l’ordre du jour des travaux. Celui-ci, adopté et signé lors de la plénière du 16 janvier dernier, comprend quatre points : la revue de l’accord du 23 mars 2009[1] ; les questions sécuritaires ; les questions sociales, politiques et économiques, ainsi que le plan de mise en œuvre. La délégation conduite par le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, a fait savoir que la rencontre de Kampala ne devait en aucun cas « se pencher sur tous les problèmes de la République Démocratique du Congo ». De plus, le M23 a outrepassé le cadre préalablement défini le 21 novembre 2012 par les trois Chefs d’État de la région – en l’occurrence Yoweri Kaguta Museveni, Paul Kagamé et Joseph Kabila – ayant permis la convocation du Sommet extraordinaire des Chefs d’État de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) du 24 novembre 2012. Le facilitateur Crispus Kiyonga, qui plus est ministre ougandais de la Défense, devra en principe rejeter cette demande supplémentaire, au risque de confirmer la partialité du pays hôte.

Les raisons du refus de Kinshasa

Certaines revendications du M23, lesquelles sont certes judicieuses, sont déjà formulées par les différentes entités de l’opposition, dans toutes ses composantes, et par la société civile sans pour autant verser le sang des Congolais, ni déstabiliser la Nation par le recours aux armes. L’amnistie des criminels et leur intégration dans les institutions de l’État[2] légitimeront non seulement l’affront fait au peuple congolais martyrisé et humilié, mais confirmeront surtout la complicité de l’Alliance pour la majorité présidentielle (AMP) avec les parrains du M23 et banaliseront l’impunité. Dans la même optique, peut-on donner satisfaction aux revendications d’une structure qualifiée de criminelle par des institutions internationales et dont les principaux dirigeants sont recherchés par la Cour pénale internationale (CPI) ? Comment peut-on se plier aux desiderata d’une bande armée dont les membres n’ont cessé de s’adonner aux violences sexuelles, au viol systématique des dispositifs constitutionnels, aux pillages des ressources naturelles, à la déstabilisation du territoire national… ? Comment peut-on composer avec des gens qui trahissent la Nation congolaise, en agissant en intelligence avec les agresseurs ? Le gouvernement congolais est contraint d’éviter, constate-t-on, toute accointance avec les forces négatives.

Des concertations dans un cadre national

Au vu des arguties évoquées ci-dessus, le gouvernement congolais ne peut que rejeter toute proposition imposée de l’extérieur, à propos de la cohésion nationale et de la sécurisation de la région du Kivu. Ainsi a-t-il  intérêt, pour éviter l’amalgame, à ce que les judicieuses revendications concernant les institutions de la République et le « vivre ensemble » puissent être plutôt débattues à Kinshasa dans un cadre inclusif. En effet, sans exclure l’implication indirecte de la communauté internationale à d’éventuelles assises, les différentes problématiques congolaises ne doivent être abordées qu’à la seule initiative des Congolaises et des Congolais par le truchement des concertations dans un cadre national.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

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[1] Allusion au 23 mars 2009, date à laquelle le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda, alors mouvement politico-militaire, avait signé un accord avec le gouvernement congolais pour mettre fin à la rébellion, se transformer en parti politique et faire intégrer ses troupes dans les FARDC. Le M23 dénonce le non-respect par le gouvernement dudit accord relatif au maintien de tous les officiers du CNDP dans leurs grades et l’intégration de la branche politique dans les institutions gouvernementales. Les éléments de ce mouvement armé refusent également « le brassage » : c’est-à-dire l’affectation dans d’autres unités et d’autres régions que veut leur imposer Kinshasa, ce qui les éloignerait de leur zone d’influence dans l’Est.
[2] Rappelons que les éléments du M23, à l’époque membres du CNDP, ont déjà bénéficié d’une loi d’amnistiée ayant couvert les crimes de guerre de 203 à 2009 et ont été intégrés dans l’armée nationale congolaise. Mais cela ne les a pas empêchés de déserter de nouveau les rangs des FARDC et de commettre d’autres crimes.

lundi 14 janvier 2013

COHESION NATIONALE

Le RDPC invite tous les partis politiques à taire leurs divergences et d'œuvrer pour l'unité nationale



Dans un communiqué de presse publié vendredi 11 janvier à Paris, le Rassemblement pour le Développement  et la Paix au Congo (RDPC) « se réjouit » que « l’UDPS, le MLC et l’UNC reconnaissent que seul un dialogue inclusif républicain permettra un nouvel élan démocratique et un décollage sur le plan économique ».
« Mercredi 9 janvier 2013 à Kinshasa, la ministre suédoise de la Coopération au Développement, Gunilla Carlsson, s’est entretenue avec les leaders des principaux partis de l’opposition, Albert Moleka de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), Jean-Lucien Busa du Mouvement de Libération du Congo (MLC) et Vital Kamerhe de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) sur la guerre dans l’Est de la République Démocratique du Congo et la crise de légitimité  politique due aux élections du 28 novembre 2011 », écrit  le porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC), Gaspard-Hubert Lonsi Koko, en guise de préambule.
« Les trois cadres des principaux partis politiques de l’opposition, tout en espérant voir la communauté internationale exercer des pressions nécessaires sur les acteurs impliqués dans la guerre du Kivu, se félicitent de l’appel à la cohésion nationale lancé par Joseph Kabila lors de ses vœux à la Nation », note-il.
Et de poursuivre : « Néanmoins, ils ne se sentent pas concernés par les pourparlers de Kampala ».
Le RDPC « se réjouit » en substance que « l’UDPS, le MLC et l’UNC acceptent enfin de trouver des voies et moyens susceptibles de mettre fin à la crise de légitimité et à la guerre qui sévit dans la partie orientale, lesquelles se traduisent par l’absence de la cohésion nationale. Ainsi reconnaissent-ils que seul un dialogue inclusif républicain permettra un nouvel élan démocratique et un décollage sur le plan économique ».
Regrettant l’agitation politique de ces dernières années, le porte-parole du RDPC déclare que  « la crise politique aurait été évitée si l’UDPS, le MLC et l’UNC s’étaient vigoureusement opposé au projet de loi ayant modifié  et complété  la loi n°06/006 du 09/03/2006 relatif à l’organisation des élections en République Démocratique du Congo ».  
Selon Gaspard-Hubert Lonsi Koko, « On aurait donc évité l’impasse politique si ces partis avaient exigé, dans le processus électoral ayant conduit au double scrutin de 2011, la nomination d’un Haut Représentant des Nations Unies en vue d’un droit de regard en conformité avec les dispositions légales car l’AMP était majoritaire dans la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et que l’institution qui faisait office de Conseil constitutionnel était composée des affidés du président Kabila ».

TOUS RESPONSABLES

« En ayant été incapables de désigner un candidat unique de l’opposition, l’UDPS, le MLC et l’UNC ont permis à la minorité de gagner l’élection présidentielle. Ainsi partagent-ils, avec l’Alliance pour la Majorité Présidentielle (AMP), la responsabilité de la crise de légitimité des institutions de l’Etat », souligne le porte-parole du RDPC.
Pour faire échec à l’ennemi, le RDPC, patriotisme oblige, invite tous les partis politiques à «  taire momentanément leurs divergences, dès lors que le pays est menacé de balkanisation par des forces négatives bénéficiant du soutien de quelques pays limitrophes et des puissances extracontinentales intéressées par nos ressources naturelles ».
En cette période cruciale que traverse le pays, et dans la perspective du dialogue inclusif républicain, il exhorte l’UDPS, le MLC et l’UNC « d’œuvrer sans arrière-pensées en faveur de l’unité des Congolais ».
Pour le RDPC, qui entend prendre une part active au dialogue inclusif entre Congolais, « l’objectif consiste à instaurer un Etat de droit, à mettre en place des institutions fortes et viables, à sécuriser la région du Kivu, à arrêter et à faire juger les auteurs des crimes de guerre et crime contre l’Humanité, à obtenir sur le plan international des sanctions contre les agresseurs, à faciliter la paix régionale ».
Par ailleurs, Gaspard-Hubert Lonsi Koko désapprouve la récente initiative  des principaux partis de  l’opposition  demandant de participer  aux pourparlers de Kampala entre le gouvernement congolais et le M23 en tant qu’élément à part entière.
En conséquence, la déclaration de Jean-Lucien Busa du Mouvement de Libération du Congo (MLC),qui réclame   « La participation de l’opposition politique  congolaise à ces pourparlers, en tant que  composante, à l’instar de la solution à la crise centrafricaine, sans oublier la société civile et la diaspora », n’a grâce à ses yeux.
« Les Congolais doivent participer aux pourparlers de Kampala dans l’unité, toutes les composantes politiques et civiles devant faire partie intégrante de la délégation officielle représentée par le ministre des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda », estime-t-il.   
                                                       
Robert Kongo, correspondant en France 

© Le Potentiel                                            

dimanche 13 janvier 2013

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20130113/038 relatif aux pourparlers de Kampala sur la guerre en RD Congo

Selon Radio France Internationale, les présidents des quatre groupes parlementaires de l’opposition demandent encore une fois de participer aux négociations de Kampala entre Kinshasa et le M23, mais pas dans la délégation gouvernementale, après avoir constaté la gravité de la situation et la rude épreuve auxquelles la Nation est confrontée. Ainsi Jean-Lucien Busa, du Mouvement de libération du Congo (MLC), a-t-il réclamé « la participation de l’opposition politique congolaise à ces pourparlers, en tant que composante, à l’instar de la solution à la crise centrafricaine, sans oublier la société civile et la diaspora ».

Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) approuve la décision des présidents des quatre groupes parlementaires de l’opposition, car le patriotisme oblige tout citoyen congolais à faire échouer le projet de déstabilisation de la région du Kivu. Néanmoins, le RDPC estime que les Congolais doivent participer aux pourparlers de Kampala dans l’unité – toutes les composantes politiques et civiles devant faire partie intégrante de la délégation officielle représentée par le ministre des Affaires étrangères Raymond Tshibanda.

Le RDPC rappelle que la situation centrafricaine est différente de celle en cours en République Démocratique du Congo. Si en Centrafrique les opposants s’en prennent directement au gouvernement du président François Bozizé, l’opposition institutionnelle n’a pas pris les armes contre le gouvernement congolais. Les pourparlers de Kampala concernent l’ensemble des Congolais soucieux de sauver d’abord la patrie, en faisant échouer le projet des agresseurs qui se servent du M23 comme bras armés. Il est donc question, contrairement en Centrafrique, de l’intégrité du territoire et de la souveraineté nationale.

D’aucuns n’ignorent que la cohésion nationale ne se fera pas dans la division, la capitale ougandaise ne devant en aucun cas servir de lieu où les Congolais régleraient leurs comptes au risque d’avantager le M23. En conséquence, le RDPC rappelle la nécessité de laver le linge sale en famille dans le cadre du dialogue inclusif républicain qui devra se tenir à Kinshasa, en présence d’observateurs internationaux, et non à Kampala.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)

Fait à Paris, le 13 janvier 2013

mercredi 9 janvier 2013

Que cache le cessez-le-feu en RDC, décrété unilatéralement par le M23 ?

Les rebelles congolais du M23 ont décrété le mardi 8 janvier un cessez-le-feu unilatéral au Nord-Kivu, dans l’est de la République Démocratique du Congo. « Nous sommes pour la paix [...] aujourd’hui, nous déclarons que nous sommes en état de cessez-le-feu », a précisé François Rucogoza, le secrétaire exécutif du M23 lors d’une conférence de presse à Kampala, tout en ajoutant que son mouvement était prêt à poursuivre « les négociations même en cas de refus du gouvernement de signer un accord de cessez-le-feu ». Pourquoi une telle décision, alors que le gouvernement congolais a toujours refusé de souscrire à la demande du M23, relative au cessez-le-feu, en guise de préalable à toute reprise des négociations ?

L’annonce du M23 suscite, dans les milieux politiques et diplomatiques, deux interprétations. Soit il est bel et bien question d’un aveu de faiblesse des affidés du Rwanda et de l’Ouganda. Soit le gouvernement congolais a fait des concessions à leurs revendications.

Aveu de faiblesse du M23

La prise de Goma par le M23 a représenté un camouflet infligé à la communauté internationale dont les membres de son bras armé, en l’occurrence la Monusco, ont carrément été qualifiés de touristes militaires par Yoweri Museveni, le président ougandais qui se prend pour le Bismarck des Grands lacs. Jean-Marie Runiga, François Rucogoza et consorts sont vraisemblablement acculés dos au mur à cause des mises en garde des puissances extracontinentales et des institutions internationales à l’encontre de leurs parrains rwandais et ougandais, de la condamnation par les ministres des Affaires étrangères de l’Union africaine de leur initiative dans le Nord-Kivu ainsi que des menaces judiciaires qui pèseraient sur eux. Très mauvaises nouvelles pour les dirigeants du M23, au moment où le Conseil de sécurité des Nations Unies s’apprête à préconiser l’usage des drones de surveillance dans l’Est de la RD Congo, l’institution africaine compte accélérer le déploiement de la Force Internationale Neutre en synergie avec la Monusco.

Le coup de poker du M23

Pour sortir du piège qui lui est tendu, le M23 tente de mettre le gouvernement congolais et la communauté internationale devant le fait accompli. Ainsi compte-t-il démonter, à travers ce coup de poker, sa capacité à décider de la suite de la guerre au Nord-Kivu. Cela aura pour conséquence d’administrer de manière autonome le territoire qu’ils occupent. De ce fait, le M23 obtiendra tacitement le fédéralisme tant voulu par ses parents rwandais et ougandais dans l’optique, dans un second temps, de l’organisation d’un référendum populaire en vue de l’autodétermination de la partie occupée. La mission consistant à balkaniser la RD Congo sera enfin accomplie. Comment comptent réagir les autorités de Kinshasa, par rapport au revirement à cent quatre-vingt-dix degrés, du M23, ? Par des promesses relatives à l’intégration de ces criminels dans certaines institutions et structures stratégiques, donc décisionnelles, de la République ?

Fermeté de Kinshasa

Dans le passé, les accords conclus par le gouvernement congolais avec les différents groupes armés n’ont jamais abouti à la moindre résolution des conflits qui déstabilisent la région du Kivu. Au contraire, ils ont facilité le noyautage des institutions étatiques et servi de chantage à d’autres menaces de rébellion. Nul n’ignore que le bourreau tue d’abord par les armes, ensuite par l’oubli. Le gouvernement congolais ne doit avoir en aucun cas la mémoire courte. Sachant très bien qu’un voleur se cache toujours derrière chaque menteur, Kinshasa doit privilégier le droit, aussi bien sur le plan national qu’international, pour permettre la stabilisation du territoire national. La fermeté s’impose donc, car l’on doit façonner l’argile pendant qu’elle est encore humide.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

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jeudi 20 décembre 2012

Le devenir de la RDC, de Kampala à Kinshasa

Les observateurs avertis savent pertinemment que les pourparlers de Kampala préfigurent à n’en pas douter le devenir de la République démocratique du Congo. En effet, ce qui est en train de se dérouler dans la capitale ougandaise, entre les représentants du gouvernement congolais et ceux du mouvement dénommé M23, permettra de révéler le pot aux roses. En effet, Kinshasa tient l’occasion d’accompagner les menteurs jusqu’à la porte. Encore faut-il que les envoyés de Kinshasa manœuvrent habilement. N’est pas Talleyrand qui le veut !

L’épée de Damoclès

En réalité, le Mouvement du M23 a commis une erreur fatale en ayant pris la ville de Goma. Son entrée dans la capitale du Nord-Kivu a permis non seulement de mettre en mauvaise posture la Monusco, donc la communauté internationale, mais surtout de montrer les appuis extérieurs dont il bénéficie. En conséquence, les forces onusiennes sont contraintes de prouver qu’ils n’agissent pas de connivence avec les parrains du M23 tout comme la communauté internationale est obligée de les sermonner. Le coup de fil du président Barack Obama à son homologue Paul Kagamé en est l’illustration.

À Kampala, la délégation en provenance de Kinshasa doit surtout avancer des arguments susceptibles de lever le voile sur l’identification des éléments qui constituent le M23. S’ils sont Congolais, leur sort sera donc réglé par les tribunaux nationaux pour violation des articles 63, 64, 64, 65, 66, 67 de la Constitution et pour haute trahison. Dans le cas contraire, cela démontrera l’agression de la République Démocratique du Congo par des forces étrangères – aussi bien continentales qu’extracontinentales. La capitale ougandaise restera donc, dans tous les cas de figure, l’épée de Damoclès suspendue sur la tête du M23.

L’inconscience de la classe politique

L’inexistence de l’État et la crise politique permettent indéniablement la déstabilisation de la République Démocratique du Congo. Les agresseurs profitent de la mésentente et des divergences entre les Congolais pour souffler le chaud et le froid. À cela, il faudra ajouter la double posture de l’exécutif congolais à entretenir des relations dangereuses avec des voisins de l’Est et l’incapacité de l’opposition institutionnelle à se servir pleinement des prérogatives que lui confère la Constitution. Cette inconscience de la classe politique ne fait que fragiliser le pays et l’exposer davantage aux appétits voraces, aux relents d’expansionnisme et de pillage, des voisins pauvres et confinés dans un espace réduit. Il faudra donc un sursaut patriotique pour sortir le Congo-Kinshasa de l’impasse dans lequel on l’a parqué pour mieux l’achever.

Le dialogue inclusif citoyen

Les pourparlers de Kampala devront permettre à Kinshasa de faire échouer les projets de balkanisation en externalisant les négociations. Mais les Congolais, confrontés à une situation tragique dans laquelle les véritables agresseurs sont juges et parties, ne pourront s’en tirer à bon compte qu’à l’aide d’un dialogue inclusif citoyen. Bien entendu, le sursaut patriotique leur permettra tout d’abord de lever l’équivoque sur la légitimité et l’illégitime des uns et des autres, ou alors de se mettre d’accord sur le fonctionnement du pays à court terme – l’objectif étant de poser les bases solides en vue de la cohésion nationale, de la fin du génocide congolais ainsi que des élections crédibles et transparentes. Ce sera la seule façon de mettre en place des institutions républicaines. Toutes les forces vives de la Nation, y compris celles qui œuvrent en dehors des frontières nationales, doivent être associées à cette palabre entre Congolais.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

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mardi 11 décembre 2012

Réagissant aux négociations de Kampala entre le gouvernement de la RDC et les rebelles du M23

Gaspard-Hubert Lonsi Koko: « L’unité nationale ne doit être hypothéquée sous aucun prétexte ».
1. Les rebelles du M23 ont quitté Goma. Pensez-vous que ce retrait résout la crise ?
Ce retrait ne peut résoudre la crise qu’en tenant compte de deux facteurs fondamentaux. Si le M23 est un mouvement local soutenu par des pays étrangers, les rebelles qui le composent sont censés savoir qu’aucun citoyen congolais n’est au-dessus des lois de la République. Leurs chefs devront être traduits en justice pour violation des articles 63, 64, 66, 67 de la Constitution et pour haute trahison du fait d’agir en intelligence avec les ennemis de la Nation. Si le M23 est composé d’éléments étrangers s’étant approprié la citoyenneté congolaise, cela confirme l’agression de notre pays par les voisins ougandais, burundais et rwandais. En conséquence, le gouvernement devra recourir aux dispositifs constitutionnels appropriés – plus précisément aux articles 85 et 86, ainsi qu’au second alinéa de l’article 214 de la Constitution. Le président de la République devra décréter l’état de siège et demander à ses alliés de la SADC, de la CEEAC, de l’Union africaine et de la Francophonie de s’impliquer dans une négociation globale, voire d’intervenir militairement aux côtés des FARDC, pour rétablir l’ordre dans la région du Kivu et pacifier l’ensemble du territoire national.

2. Quelle réflexion vous inspire les pourparlers engagés à Kampala entre la délégation du gouvernement de la RDC et les rebelles du M23 ?
Cette rencontre avec le M23 doit avoir comme finalité la mise au point sur la sécurisation du territoire national. Elle ne doit en aucun cas servir de cadre à la négociation en vue du partage des compétences administratives et de l’attribution des postes ministériels. Elle doit être l’occasion d’accompagner les menteurs jusqu’à la porte. J’invite donc à la prudence et à la clairvoyance les membres de la délégation gouvernementale, car il est question de la cohésion nationale. L’unité nationale ne doit être hypothéquée sous aucun prétexte.
 
3. Faites-vous confiance à cette délégation conduite par le ministre des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda ?
Raymond Tshibanda étant le patron de la diplomatie congolaise, il est judicieux qu’il conduise une telle délégation. Mais, il faudra le quitus du Parlement pour que le ministre des Affaires étrangères engage le pays dans tout accord relatif à la sécurité de nos populations, à la paix et à l’intégrité du territoire.

4. Comment réagissez-vous au refus des principaux partis d’opposition de participer à ces négociations ?
Le bon sens voudrait, effectivement, que l’on ne négocie pas avec des criminels, de surcroît agresseurs et acteurs de la déstabilisation. Mais comme la RDC s’est retrouvée avec des forces armées téléguidées de l’extérieur à défaut d’une institution militaire aguerrie, elle est contrainte de se rendre à Kampala pour rappeler la nécessité d’une médiation plus large devant inclure ses alliés habituels et d’un dialogue inter-congolais, auquel prendront part les Congolais de l’étranger, pour sortir de la crise qui paralyse politiquement le pays. En effet, la diaspora est composée des Congolais à part entière bénéficiant des mêmes droits et devoirs que leurs compatriotes de l’intérieur. Leurs représentants doivent être choisis dans les différents pôles géographiques sur la base des critères précis : capacités politiques, intellectuelles et relationnelles au regard des autorités des pays, ou du continent, où ils vivent.

5. Comment mettre un terme définitif à cette guerre et au drame humain qui se joue à l’Est de la RDC ?
Une réelle volonté politique et un patriotisme sans faille sont indispensables pour un Etat de droit, la stabilité et l’indivisibilité de la RDC. Il faudra commencer par mettre en place des conditions d’une véritable réconciliation nationale autour des valeurs républicaines et un gouvernement d’union nationale ou de salut public dans le contexte de l’état d’urgence, tout en garantissant le caractère inaliénable de la nationalité congolaise d’origine, conformément à l’alinéa 3 de l’article 10 de la constitution, ainsi que le droit de vote et d’éligibilité des Congolais de l’étranger. Il faudra aussi préparer des élections libres et crédibles, en commençant par les scrutins locaux, et créer des juridictions d’exception en vue des poursuites contre les auteurs des crimes de guerre, des crimes contre l’Humanité, des violations des droits fondamentaux de la personne humaine et pour haute trahison. Il faudra aussi obtenir le changement de la mission de la Monusco et sa transformation en une force d’intervention aux côtés des FARDC, à partir de la frontière rwandaise, et, au cas où les Nations Unies refuseraient de requalifier sa mission, son remplacement par les forces de l’Union africaine ( à l’exclusion des pays voisins de l’Est), et ou de l’Eurofor, ou alors de l’Africom. Enfin, il faudra maîtriser l’insécurité et restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national grâce à une armée et à une police républicaines et performantes.

Propos recueillis par Robert Kongo (correspondant en France)

(*) Porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC).

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vendredi 7 décembre 2012

Rencontre de Kampala sur la RDC : négociations ou mise au point ?

Les représentants politiques du M23 et une délégation officielle mandatée par le pouvoir de Kinshasa se retrouvent à Kampala, la capitale ougandaise, où se déroulera ce vendredi 7 décembre, en l’absence du président Joseph Kabila et de Jean-Marie Runiga, des pourparlers entre une délégation du pouvoir congolais et les représentants des agresseurs à la solde du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda.

Les avis sont partagés dans la capitale congolaise. En effet, la majorité de la population et de l’opposition est catégoriquement opposée aux négociations avec les agresseurs tandis que le pouvoir ainsi qu’une infime minorité de l’opposition et de la société civile y sont favorables. Une chose est certaine. Si la politique de la chaise vide n’est pas forcément la bonne, le fait de se parler ne veut pas obligatoirement dire qu’il faille négocier. D’autant plus que l’ordre du jour n’est pas encore clarifié.

Désaccord entre les deux délégations

Les agresseurs de la République Démocratique du Congo, en l’occurrence le M23, souhaitent évoquer, à l’occasion de la rencontre de Kampala, de nombreux sujets : notamment les revendications sociales des militaires mutins, la démocratie, les droits de l’Homme, la gouvernance, l’implication de la diaspora congolaise, la reconnaissance de l’opposant Étienne Tshisekedi comme le président élu… Mais les autorités congolaises, quant à elles, ont prévenu qu’elles parleraient seulement de l’application de l’accord du 23 mars, qui avait intégré dans l’armée les insurgés du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP)[1]. Le désaccord existe déjà, s’agissant de l’ordre du jour. Ainsi, les pourparlers de Kampala risquent-ils de terminer en queue de poisson. Si c’est le cas, Kinshasa montrerait sa bonne foi tandis que les agresseurs confirmeraient leurs vraies intentions : à savoir l’occupation de la région du Kivu, par des forces étrangères, en vue de la balkanisation de la République Démocratique du Congo.

Quitus du Parlement congolais

La délégation du pouvoir congolais, conduite par le ministre des Affaires étrangères Raymond Tshibanda, doit en effet axer les échanges sur les seuls points ayant conduit à l’existence même du M23, c’est-à-dire aux revendications en rapport avec l’accord du 23 mars 2009. De plus, les autres exigences des anciens membres du CNDP, même si elles sont légitimes, ne nécessitent pas que l’on prenne des armes pour déstabiliser le pays, de violer les femmes et les enfants, de semer la mort et la terreur, d’agir en intelligence avec les ennemis… Il existe d’autres façons, beaucoup plus pacifiques, de montrer le mécontentement populaire : les manifestations et les grèves, par exemple.
De toute évidence, les premières conclusions de ces pourparlers devront être soumises au Parlement. Cette institution devra se prononcer, favorablement ou négativement, en fonction de l’intérêt supérieur de la Nation congolaise. Le quitus parlementaire est donc nécessaire, conformément au premier alinéa de l’article 5 de la Constitution de la République Démocratique du Congo[2].

Attentes du peuple congolais

En aucun cas, dans sa plus grande majorité, le peuple congolais veut des négociations avec les agresseurs qui, dans l’absolue, méritent d’être poursuivis par les tribunaux aussi bien locaux, nationaux, régionaux qu’internationaux. Le peuple congolais attend plutôt de la délégation de Kinshasa qu’elle mette d’emblée les points sur les « i ». Elle doit rappeler aux agresseurs qu’aucun citoyen congolais n’est au-dessus des lois de la République, notamment celles se référant aux dispositifs relatifs aux articles 63[3], 64[4], 66[5] et 67[6] de la Constitution. Effectivement, les citoyens Congolais n’ont pas que des droits mais aussi des devoirs au regard de la Nation.
Le peuple congolais attend aussi de la délégation conduite par Raymond Tshibanda de clamer avec « force et vigueur » que la République Démocratique du Congo est victime d’une agression décrétée par des pays étrangers. En conséquence, son exécutif aura recours aux dispositifs constitutionnels idoines – plus précisément aux articles 85[7] et 86[8] ainsi qu’au second alinéa de l’article 214[9] de la Constitution et demandera, en tant qu’État souverain, à ses alliés d’Afrique centrale, de la SADC[10], de l’Union africaine et de la Francophonie de participer à une négociation globale pour pacifier dans les meilleurs délais l’ensemble du territoire national.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

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Notes :
[1] Ce groupe rebelle avait alors été intégré dans l’armée, avant d’entrer à nouveau en dissidence sous l’appellation M23 (Mouvement du 23-Mars).
[2] La souveraineté nationale appartient au peuple. Tout pouvoir émane du peuple qui l’exerce directement par voie de référendum ou d’élections et indirectement par ses représentants. Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice…
[3] Tout Congolais a le droit et le devoir sacré de défendre le pays et son intégrité territoriale face à une menace ou à une agression extérieure.
Un service militaire obligatoire peut être instauré dans les conditions fixées par la loi. 
Toute autorité nationale, provinciale, locale et coutumière a le devoir de sauvegarder l’unité de la République et l’intégrité de son territoire, sous peine de haute trahison.
[4] Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu, ou groupe d’individus, qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’État. Elle est punie conformément à la loi.
[5] Tout Congolais a le devoir de respecter et de traiter ses concitoyens sans discrimination aucune et d’entretenir avec eux des relations qui permettent de sauvegarder, de promouvoir et de renforcer l’unité nationale, le respect et la tolérance réciproques. Il a, en outre, le devoir de préserver et de renforcer la solidarité nationale, singulièrement lorsque celle-ci est menacée.
[6] Tout Congolais a le devoir de protéger la propriété, les biens et intérêts publics et de respecter la propriété d’autrui.
[7] Lorsque des circonstances graves menacent, d’une manière immédiate, l’indépendance ou l’intégrité du territoire national ou qu’elles provoquent l’interruption du fonctionnement régulier des institutions, le Président de la République proclame l’état d’urgence ou l’état de siège, après concertation avec le Premier ministre et les Présidents des deux Chambres, conformément aux articles 144 et 145 de la présente Constitution.
[8] Le Président de la République déclare la guerre par ordonnance délibérée en Conseil des ministres après avis du Conseil supérieur de la défense et autorisation de l’Assemblée nationale et du Sénat, conformément à l’article 143 de la présente Constitution.
[9] Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n’est valable sans l’accord du peuple congolais consulté par voie de référendum.
[10] La Communauté de développement d’Afrique australe.