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dimanche 31 janvier 2016

Au pays des mille collines

Dans toutes les officines occidentales, le général Paul Kagamé, cet ex-chef des services secrets ougandais et proche conseiller du très cynique président ougandais Yoweri Kaguta Museveni, était considéré comme le vainqueur et le probable futur homme fort du Rwanda. Pourtant, il avait gardé un mauvais souvenir à cause de la spectaculaire débandade, en 1990, des rebelles rwandais basés en Ouganda face aux éléments des Forces armées zaïroises conduits par le général Mahele Lieko Bokungu. Ce dernier, en l’occurrence Donatien, était un ancien gamin de la zone de Ngiri-Ngiri que les Zaïrois avaient affectueusement surnommé « le tigre ».
En tout cas, après l’attentat en avril 1994 contre l’avion du général Juvénal Habyarimana, la responsabilité de l’acte ayant provoqué les massacres de plusieurs centaines de milliers de Rwandais demeurait inconnue. Aucune investigation n’avait été sérieusement menée sur le terrain.

Titre : Au pays des mille collines
Auteur : Gaspard-Hubert LONSI KOKO
Éditeur : L’Atelier de l’Égrégore
Collection : Roman/Nouvelle
Formats : EPUB (numérique)
Prix : 11,97 euros
Genre : Policier

mardi 26 mai 2015

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20150526/00042 relatif à l'insécurité dans l'Est de la RD Congo et la région des Grands Lacs

Dans un message des membres de l'Assemblée épiscopale de Bukavu, réunie à Butembo du 16 au 23 mai 2015, les archevêques et évêques ont fait écho de la détresse de leurs fidèles, en proie à de terribles violences en territoire et ville de Béni dans le Nord-Kivu. Ainsi ont-ils évoqué l'éventualité de la complicité du gouvernement congolais et de la communauté internationale par rapport aux crimes toujours plus cruels et au foyer djihadiste qui prolongent des guerres et l'insécurité ayant coûté en une vingtaine d'années la vie de 6 millions de personnes en République Démocratique du Congo. Dans cette optique, quelques parlementaires ont attiré dans une lettre ouverte l'attention du président des Etat-Unis, Barack Obama, sur la recrudescence de l'insécurité et le risque de la montée du terrorisme islamique dans la région des Grands Lacs.

Dans un communiqué de presse publié le 19 décembre 2014, le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) s'interrogeait déjà sur l’ambiguïté du gouvernement congolais, la mauvaise foi, ainsi que l'hypocrisie des autres acteurs régionaux et internationaux au regard de la dramatique crise qui ne cesse de déstabiliser l'Est de la République Démocratique du Congo. Il est évident que les guerres armées et civiles, ainsi que la crise politique, lesquelles hypothèquent davantage l'avenir du peuple congolais et menacent l'intégrité du territoire national, ne seront pas éradiquées grâce au partage des portefeuilles ministériels, ni à l'entente tacite en vue de la cooptation dans les institutions étatiques.

Par conséquent, le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo réitère avec force et vigueur, auprès du Secrétaire Général des Nations Unies et du Conseil de Sécurité, sa demande relative :
- à l'application dans le meilleur délai des sanctions contre les pays de la région signataires de l'accord-cadre d'Addis-Abeba, lequel interdit tout soutien aux mouvements rebelles sur le sol congolais ;
- au positionnement des forces onusiennes aux côtés des FARDC, à partir des frontières burundaise, rwandaise et ougandaise, afin de mettre définitivement fin à la déstabilisation de la région du Kivu et de mieux surveiller les flux migratoires ;
- aux poursuites et aux arrestations, dans le territoire congolais et dans les Etats voisins de l’Est, des auteurs des crimes contre l'Humanité, ainsi que de leur extradition vers la Cour Pénale Internationale ou des tribunaux idoines ;
- à un vrai dialogue national et républicain dans l'optique des propositions sérieuses sur la situation socio-économique et politico-sécuritaire, ainsi que des solutions possibles susceptibles de sortir la République Démocratique du Congo des difficultés auxquelles elle est confrontée et d’en faire un Etade droit.

Fait à Paris, le 26 mai 2015

Pour le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo,

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Le Porte-parole

jeudi 21 mai 2015

Les points cruciaux de la stabilité, du dynamisme économique et de la viabilité démocratique du Congo

Dans l’interview qu’il vient d’accorder à Œil d’Afrique, Gaspard-Hubert Lonsi Koko clarifie la position du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) à travers dix points cruciaux en vue d’un État économiquement performant et démocratiquement viable.

Œil d’Afrique : Que pense le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo, s’agissant de l’égalité au regard de la Loi, de l’instruction et de la chose publique ? 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : L’indépendance réelle de la République Démocratique du Congo ne sera possible que grâce à un système éducatif axé sur la conscientisation du peuple congolais. Pour le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo et ses alliés, en matière de formation, seule la gratuité des frais scolaires sur l’ensemble du territoire national permettra de rendre l’école primaire obligatoire, de faire baisser de manière considérable le taux d’analphabétisme et de combattre avec efficacité le phénomène des enfants de rue. 
L’éducation pour tous, bénéficiant de nouvelles technologies de l’information et de communication (NTIC) comme backbone pour le partage de connaissance, et la formation tout au long de la vie doivent donc devenir une réalité. Il en est de même de l’apprentissage, à savoir l’enseignement ainsi que la formation technique et professionnelle. L’objectif, c’est de bâtir un Congo économiquement performant et démocratiquement viable au sein duquel la formation initiale garantira à la jeunesse un niveau éducatif élevé et une autonomie personnelle que confortera l’ambition du plein-emploi et de la croissance. 
Nous estimons que la jeunesse congolaise mérite un vrai programme en matière de formation et d’insertion, ainsi que sur le plan de l’émancipation. Elle doit être encadrée et mise au cœur de tout projet social, culturel, économique et politique. Le RDPC et ses partenaires apporteront des solutions aux problèmes sociaux relatifs à la jeunesse, de manière non seulement adaptée mais surtout efficace. Pour faciliter l’embauche des jeunes gens par l’entreprise, nous proposerons un contrat de génération, lequel contribuera à la transmission des savoir-faire par des salariés expérimentés et à l’intégration durable de nouveaux travailleurs dans la vie professionnelle. 
Dans la même optique, le RDPC et ses alliés garantiront l’égalité effective des situations et des droits entre les hommes et les femmes. À cet effet, en tant que sociaux-démocrates, les dirigeants du RDPC affirme que l’éducation et l’instruction de la femme sont la condition sine qua non dans la lutte pour l’égalité des sexes. Par conséquent, toute coalition politique formée autour, ou avec, le RDPC condamne fermement tout traitement dégradant et humiliant à l’encontre de la femme congolaise et encourage son accès dans la gestion de la chose publique, tout en permettant sa participation dans l’élaboration des programmes économiques et de développement. Très respectueux des droits fondamentaux de la personne humaine, nous agirons concrètement en faveur des procédures judiciaires contre les auteurs de violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants en vue de l’indemnisation des victimes. 
Œil d’Afrique : Et votre vision, à propos du système de santé publique et de la démocratie sociale ? 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Un gouvernement dans lequel participera le RDPC fixera par la Loi, en fonction des besoins et des ressources des populations, le prix des hôpitaux et établissements publics divers, sans recherche de bénéfice commercial. Avec nos alliés, nous rendrons obligatoire, donc universelle, la prise en charge du risque maladie afin d’instaurer l’égalité dans l’accès des soins et de faire de l’hôpital public le cœur de notre système de santé. Nous permettrons à chaque Congolais de vivre dans un environnement sain. Bien entendu, le bon sens voudrait que l’on puisse évaluer l’existant afin d’apporter des améliorations appropriées. Mais, compte tenu du manque d’infrastructure pouvant aider au monitoring et à l’évaluation, nous réformerons en profondeur le système de santé publique en ayant notamment recours aux nouvelles technologies. 
Le respect du vivant, la dignité humaine, l’équité, la solidarité, le partage de la richesse, tant à l’égard des plus démunis que des générations à venir, telles sont les valeurs que le RDPC défend avec force et vigueur. C’est un immense chantier et le courage politique consiste à trouver la force de s’y engager et de pouvoir imaginer l’avenir de notre peuple à travers le renouveau du dialogue en vue d’une réelle démocratie sociale. De plus,sous notre impulsion, l’accès à l’information permettra aux populations démunies de connaître leurs droits et leurs obligations, tout comme il garantira la transparence. Ainsi les Congolais pourront-ils léguer ces acquis aux générations futures. 
Œil d’Afrique : Quelles initiatives prendra, le moment venu, le RDPC pour parvenir à l’autonomie alimentaire ? 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Nourrir le peuple, voilà l’une des valeurs fondamentales qui doit guider les futurs dirigeants congolais. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo relancera et développera la culture vivrière grâce à l’attribution des espaces cultivables aux familles congolaises, qui le souhaiteront, moyennant 1 franc congolais le mètre carré. Pour enrayer définitivement la malnutrition et le sous-développement, le RDPC et ses alliés vont promouvoir un programme d’économie solidaire favorable à la bio-culture.L’objectif consistera à faire véritablement de l’agriculture l’une des priorités nationales par le biais de la création et du développement des marchés locaux et régionaux, par la définition des politiques agricoles et commerciales plus justes, par le soutien d’un développement durable. 
Le gouvernement du RDPC encouragera donc le développement des infrastructures routière et fluviale en vue de l’acheminement de surplus de productions vers les marchés urbains. Dans cette perspective, avec nos partenaires, nous œuvrerons en vue de la participation de la République Démocratique du Congo dans le programme de la révolution verte en Afrique. Nous nous appliquerons davantage pour faire de notre pays l’un des pionniers de cette révolution, en nous appuyant surtout sur l’avantage comparatif du point de vue du sol, de la température, de l’eau et des terres cultivables. 
Œil d’Afrique : Que comptez-vous, dans un pays ou les églises ne cessent de foisonner, au point d’empiéter sur les affaires de l’État ? 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : « Quand on ne sait pas où l’on va, on n’oublie pas d’où l’on vient », stipule un proverbe bantou. L’avenir de la République Démocratique du Congo est surtout fonction de la connaissance de sa propre Histoire. Ainsi le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo encourage-t-il une recherche plus approfondie de la vérité dans le but de valoriser l’Histoire authentique des populations congolaises, en clarifiant ses origines pour mieux cerner les défis qui hypothèquent l’épanouissement culturel, social, économique et politique de notre pays. Le gouvernement du RDPC réhabilitera notre Histoire en la réécrivant. 
S’appuyant sur le « bantouïsme », sans pour autant ignorer les droits des minorités, le RDPC estime que l’interférence entre le religieux et la gestion de l’État constitue un frein considérable au développement socio-économique du pays. Par contre, le recours aux valeurs ancestrales ne pourra que permettre non seulement d’assurer sans aucune ambiguïté toutes les prérogatives étatiques, mais aussi de privilégier l’émancipation individuelle et de garantir la paix civile ainsi que la fraternité entre tous les Congolais quelles que soient leurs croyances ou leurs origines. 
L’imaginaire bantou s’articulant principalement autour de l’être humain, toute initiative de l’État congolais aura pour seule finalité l’intérêt du souverain primaire qu’est le peuple. Notre démarche consiste à faire accepter les valeurs républicaines, avec tout ce qu’elles impliquent comme droits et devoirs. Le gouvernement du RDPC mettra donc en placeun Conseil suprême des affaires spirituelles (CSAS) pour harmoniser les relations entre les différentes croyances – en Dieu et aux âmes, ou aux forces de l’esprit… – et harmoniser tout ce qui relève de l’immatériel, l’objectif étant de consolider la laïcité républicaine
Œil d’Afrique : Que peuvent attendre de votre gouvernement vos les Congolais de la diaspora et la nationalité congolaise d’origine ? 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Étant des citoyens à part entière, nos compatriotes vivant hors des frontières nationales deviendront à la fois électeurs et éligibles au scrutin présidentiel ainsi qu’aux élections ayant trait aux députés et sénateurs des Congolais de l’étranger. Le gouvernement du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo modifiera la loi électorale afin de rétablir l’égalité effective de tous les Congolais dans la représentativité politique. 
Dans la même optique, notre RDPC agira pour que tout individu faisant partie d’un groupe social reconnu le 30 juin 1960 reste Congolais, indépendamment de la détention d’une citoyenneté étrangère. La nationalité congolaise d’origine étant le seul héritage sûr de nos ancêtres, elle ne doit pas se perdre. En conséquence, à notre initiative, son caractère inaliénable lui donnera la primauté sur toute autre citoyenneté. 
Œil d’Afrique : Aurez-vous le culot de tout chambouler, d’affronter les pesanteurs négatives ? 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Le renouveau et la reconstruction de la République Démocratique du Congo découleront de l’évolution des mentalités. De ce fait, le gouvernement du RDPC éradiquera la corruption et la mauvaise gestion de la chose publique au profit de la bonne gouvernance et de la sauvegarde des intérêts nationaux. 
Certes, le peuple congolais a des droits qui doivent être obligatoirement respectés par l’État. En contrepartie, il a des devoirs envers son pays. Parmi ces devoirs figurent l’obligation de s’acquitter des impôts et autres taxes auprès du Trésor public, de défendre la Patrie – par tous les moyens – en cas d’agression extérieure et de ne jamais la trahir, d’être le digne représentant du pays où que ce soit et dans n’importe quelle circonstance. L’évolution des mentalités doit surtout contribuer à la prise de conscience, facteur indispensable au réveil du patriotisme congolais. 
Par ailleurs, sur le plan environnemental, notre pays est riche non seulement pour son sous-sol, mais aussi pour son sursol et son sol. Dans le cadre de l’évolution des mentalités, le gouvernement du RDPC contribuera à la dynamisation du tourisme et initiera un programme ambitieux relatif à la biodiversité ainsi qu’aux énergies renouvelables. Notre objectif, c’est de permettre la création, en République Démocratique du Congo, d’un grand pôle de technologie en matière d’environnement. 
Œil d’Afrique : Estimez-vous que le système politique en cours est suffisamment adapté pour permettre à un gouvernement d’agir en toute efficacité ? 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Le Congo du troisième millénaire doit être une société d’espérance, de solidarité et d’égalité des chances. Une République sociale qui doit incarner un groupement humain partageant des valeurs communes.Cela nécessite une nouvelle conception de l’État. Partisans d’un régime à la fois fort et protecteur, le RDPC et ses alliés instaureront la IVe République, laquelle devra être à l’image d’un État en mesure de mobiliser efficacement les capitaux et les hommes, de consacrer le temps nécessaire à la mise en valeur de l’environnement, à la transformation des infrastructures – aériennes, routières, fluviales et ferroviaires –, à l’équipement du pays en moyens de télécommunications, en lignes d’électrification et en centrales de production d’énergie. 
Le RDPC et ses partenaires œuvreront pour un État qui adaptera, seul et par la Loi, la protection sociale sur la base de ressources réelles. Avec nos alliés, nous réorganiserons le travail pour réduire le chômage et garantirons la cohésion nationale par d’autres dispositifs de redistribution des richesses de manière équitable. Nous bâtirons un État qui mettra en œuvre la politique d’aménagement du territoire rural et urbain et qui sera en mesure d’agir efficacement contre, entre autres fléaux, l’insécurité et la criminalisation de l’économie. 
Nous moderniserons l’État pour rendre efficace le service public grâce à une application pleine et intelligente de la réforme budgétaire, ainsi qu’à une meilleure relance de la décentralisation tout en ayant républicanisé en amont l’armée, la police et la gendarmerie nationales. 
Œil d’Afrique : Pensez-vous que votre futur gouvernement, si jamais le peuple congolais vous accorde majoritairement son suffrage, aura les coudées franches pour stabiliser le territoire national ? 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Vous faites allusion, si j’ai bien compris votre question, à la problématique de la souveraineté nationale ? 
Œil d’Afrique : Tout à fait. Êtes-vous certain que les puissances étrangères et leurs gendarmes régionaux verront d’un bon œil la stabilité et l’émergence économique de la République Démocratique du Congo ? 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : C’est une question des principes et des convictions. La coalition politique à laquelle participera le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo ne transigera jamais, s’agissant de l’intégrité territoriale et de la souveraineté politique. Pour mieux faire face aux tentatives de déstabilisation, l’armée nationale congolaise sera citoyenne. On doit constamment avoir à l’esprit le paramètre selon lequel une armée républicaine ne se façonnera qu’au moyen de la représentativité réelle, en son sein, de la diversité des populations partageant des valeurs communes. 
Le RDPC et ses partenaires nationaux prendront les mesures nécessaires, en matière de restructuration, afin que la future armée nationale congolaise puisse faire face à toute épreuve à n’importe quel moment et en toutes circonstances. D’une part, le service militaire sera obligatoire pour les jeunes Congolais, de sexe masculin, âgés de 18 à 30 ans – excepté ceux qui assument une charge parentale. Les jeunes filles pourront y avoir accès, à la suite d’une démarche volontaire. D’autre part, il faudra réintégrer dans l’armée congolaise, comme instructeurs ou encadreurs, tous les éléments des Forces Armées Zaïroises (FAZ) ayant quitté le pays lors de la chute du régime mobutiste, et réintégrer les anciens éléments des forces armées mises en place sous le gouvernement de l’Alliances des Forces Démocratiques pour la libération du Congo (AFDL). 
Pour rendre l’armée nationale congolaise opérationnelle, le gouvernement dans lequel le RDPC participera allouera dès la première mandature au moins 15 % du budget national à l’équipement de nouvelles unités militaires relatives aux forces terrestre, aérienne, fluviale et lacustre. Une réorganisation complète des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) s’imposera pour assurer efficacement la défense du territoire national. 
Œil d’Afrique : Quelle approche économique préconisez-vous, dans le cadre de la mondialisation, par rapport à d’éventuels accords avec des partenaires étrangers ? 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : La liberté totale d’entreprendre sans garde-fous, s’agissant d’un pays sans cesse gouverné par des régimes dictatoriaux, conduit au règne des mafias, à la déchéance de l’État, au blocage des pans entiers de la société, à la misère de plus de la moitié de la population. 
Ayant à l’esprit le fait que l’autonomie du peuple congolais sera aussi fonction du savoir-faire, tout contrat avec les partenaires étrangers sera conditionné par le transfert de techniques et de technologie. Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo proposera un partenariat avec les institutions éducatives et les centres de recherches locaux pour que ce transfert des compétences soit durable et puisse aider non seulement à la construction de notre système éducatif mais aussi jouer un rôle d’appui à la recherche et au développement (R&D) au niveau local. 
Sans être hostile à la liberté d’entreprendre, tout en étant favorable à la régulation du marché, le RDPC privilégiera un modèle politique en mesure de contrôler le capitalisme et de l’empêcher de dégénérer au seul profit du pouvoir financier. 
Œil d’Afrique : Comment votre structure politique conçoit-elle l’avenir de la République Démocratique du Congo dans la région des Grands Lacs ? 
Gaspard-Hubert Lonsi Lonsi Koko : Dans une société de plus en plus mondialisée, le gouvernement du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo encouragera la Solidarité internationale, mais à condition qu’elle ne se décline pas au détriment des intérêts du peuple congolais et du panafricanisme. En effet, pays aux valeurs humanistes, la République Démocratique du Congo devra apporter sa pierre dans les efforts en vue de l’amélioration matérielle et morale, du progrès intellectuel et de la Justice sociale pour un monde meilleur. Le sang versé du simple fait d’être né Congolais impose au RDPC d’œuvrer pour la reconnaissance du génocide congolais. C’est le facteur déclencheur du pardon. C’est le prix d’une réconciliation nationale et d’une Paix durable dans la région des Grands Lacs africains. 
Propos recueillis par Roger Musandji 

vendredi 19 décembre 2014

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20141219/00024 relatif à l’Etat de droit et à la stabilité dans l’Est de la RD Congo

Dans un communiqué de presse publié le 19 décembre 2014 à Kinshasa, l’ONG International Crisis Group (ICG) a appelé des forces onusiennes (la Monusco), l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies dans la région des Grands Lacs et le Conseil de sécurité « à promouvoir une stratégie globale de lutte contre les groupes armés » dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo. Pour International Crisis Group, lequel a insisté sur la méfiance et la discorde régnant encore parmi les acteurs régionaux, il faudrait mettre un terme « au statu quo dans l’application de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba », signé en février 2013 par les différents acteurs en présence de Ban Ki-moon et de Nkosazana Dlamini-Zuma, la présidente de la Commission de l’Union africaine.

Le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) abonde dans le sens d’International Crisis Group, tout en insistant sur l’ambiguïté du Gouvernement congolais ainsi que la mauvaise foi et l’hypocrisie des autres acteurs régionaux, et internationaux, au regard de la dramatique crise qui ne cesse de déstabiliser l’Est de la République Démocratique du Congo. De toute évidence, la menace de désolidarisation de l’accord-cadre d’Addis-Abeba sur la paix en République Démocratique du Congo, proférée par le président rwandais Paul Kagamé, et l’accueil des éléments du M23 – pourtant défaits militairement sur le champ de bataille – par les autorités ougandaises désignent de facto le Rwanda et l’Ouganda comme étant à la fois les instigateurs du pillage des ressources congolaises et les parrains des auteurs des crimes contre l’Humanité commis dans la région du Kivu.

Après avoir constaté la passivité et la tolérance du Gouvernement de Kinshasa par rapport aux incessantes agressions du territoire national, lesquelles sont délibérément orchestrées depuis l’autre côté de la frontière orientale, le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo demande hic et nunc au représentant du Secrétaire Général des Nations Unies dans la région des Grands Lacs et au Conseil de Sécurité de réagir enfin en vue :
- de l’application dans le meilleur délai des sanctions contre les pays de la région signataires de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, lequel interdit tout soutien aux mouvements rebelles ;

- du positionnement des forces onusiennes aux côtés des FARDC, à partir des frontières burundaise, rwandaise et ougandaise, afin de mettre définitivement fin à la déstabilisation du territoire congolais et de mieux surveiller les flux migratoires ;
- des poursuites et des arrestations, dans le territoire congolais et dans les Etats voisins de l’Est, des auteurs des crimes contre l’Humanité, ainsi que de leur extradition vers la Cour Pénale Internationale ou des tribunaux idoines ;
- d’un vrai dialogue national et républicain entre les Congolais dans l’optique des propositions sérieuses sur la situation socio-économique et politico-sécuritaire, ainsi que des solutions possibles susceptibles de sortir la République Démocratique du Congo des difficultés auxquelles elle est confrontée et d’en faire un Etat de droit.

Fait à Paris, le 19 décembre 2014

Pour le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo,

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Le Porte-parole

lundi 27 janvier 2014

La conjuration des expansionnistes et des pilleurs au détriment de la RD Congo

« Pour la Monusco[1], un plan de réintégration des soldats de l’ancienne rébellion en dehors de leurs communautés d’origine n’est pas viable », peut-on lire dans un article publié dans le site de l’Agence d’information (AI)[2] intituléLes arrière-pensées gouvernementales de la démobilisation du M23. Et les auteurs de l’article de préciser que « le M23 ne l’acceptera pas et les risques de nouvelles tensions ne sont pas à prendre à la légère ». Rappelons que les différentes tentatives du Rwanda de bloquer la publication, en raison des accusations de soutien au Mouvement du 23 Mars (M23), n’ont pas empêché la transmission du rapport des experts des Nations Unies sur la République Démocratique du Congo, le 23 janvier dernier, au Conseil de sécurité.

Le désarmement du M23

D’après l’Agence d’information, dont la seule raison d’être consiste à surveiller la première intervention offensive des Nations Unies sur le sol congolais, « le plan gouvernemental [congolais] de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des combattants de l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC), aile militaire du M23, suscite craintes et perplexités au sein de l’appareil onusien à Kinshasa ». Il paraîtrait que, aux dires d’un officiel de la Monusco lors d’une réunion en date du 21 janvier dernier présidée par le général Abdallah Wafi en présence de nombreux diplomates, « le plan DDR conçu par les autorités congolaises, et sur lequel les fonctionnaires de l’Agence nationale de renseignements (ANR) ont la haute main, ressemble davantage à un projet de déportation qu’à un processus de démobilisation ».
D’aucuns n’ignorent que, dans le passé, les accords ayant été conclus par le gouvernement congolais avec les différents groupes armés n’ont jamais abouti à la moindre résolution des conflits qui ne cessent de déstabiliser la région du Kivu. Au contraire, ils ont facilité le noyautage des institutions étatiques et servi de chantage à d’autres menaces de rébellion.
Personne n’ignore non plus que l’objectif des présidents rwandais et ougandais, en l’occurrence Paul Kagamé et Yoweri Kaguta Museveni, consiste à administrer de manière autonome le Nord-Kivu[3]. Après la débandade militaire de leurs poulains du M23, dans un premier temps, le Rwanda et l’Ouganda essaient d’obtenir par tous les moyens leur maintien dans le Kivu dans l’optique d’aboutir tacitement au fédéralisme.
La réussite de cette opération permettra d’exporter, dans un second temps, des populations burundaises, rwandaises et ougandaises dans la région tant convoitée, afin d’y organiser un référendum populaire en vue de l’autodétermination. Enfin, tout le monde a à l’esprit le calendrier relatif à la mainmise par les pays frontaliers, du point de vue foncier dans l’optique d’un démembrement d’une portion de la République Démocratique du Congo[4].

La connaissance de la vérité

On ne doit pas avoir la mémoire courte. Il semble bien que certaines personnes ont pris les armes, à l’Est de la République Démocratique du Congo, pour assurer la protection des leurs proches ethniquement parlant et défendre leurs intérêts au détriment de la Nation Congolaise. Ainsi ont-ils remis en cause l’insertion et l’intégration d’un bon nombre d’entre eux, qui se considèrent sincèrement comme des citoyens congolais, et mis en cause l’intégrité du territoire national. Face aux millions de morts et à la souffrance humaine, on ne doit pas s’amuser à se draper de la toge de l’avocat du diable. Sauf si on considère les actes ayant occasionné plus de 8 millions de morts et des violences sexuelles, sans compter les autres violations des droits fondamentaux de la personne humaine, comme des simples errements. Un banal détail de l’histoire, si l’on veut. On ne peut pas faire abstraction de la vérité, par rapport à ce qui se passe dans la région du Kivu, si l’on tient réellement à proposer des solutions salutaires.
« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire », préconisait à juste titre Jean Jaurès, tout en conseillant d’avoir « une confiance inébranlable pour l’avenir ». « Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience », a-t-il précisé tout en rappelant néanmoins de ne pas être « d’une ignorance encyclopédique ». Il est une réalité : les minorités ethniques existent au Congo-Kinshasa. Raison pour laquelle on doit à tout prix sauvegarder leurs droits tout en leur rappelant leurs devoirs au regard de la Nation congolaise. Face à la dramatique situation en cours dans la région du Kivu, on doit plutôt avoir la capacité de se pencher sur les différentes causes des conflits et le courage de chercher les solutions les plus efficaces.

La problématique de la trahison

Comment la majorité peut-elle défendre et assurer les droits de la minorité, si celle-ci apparaît, d’une manière ou d’une autre, comme étant la source des problèmes ? Si cette minorité ne cesse d’agir en intelligence avec les ennemis de la Nation ? Par ailleurs, il est important de rappeler que la trahison n’est pas seulement le propre des immigrants. Les gouvernants congolais devront également être cohérents et sincères, dans leurs actions et engagements en faveur de la paix et de la cohésion nationale.
C’est une question de conscience et de patriotisme, d’autant plus que le nœud du problème n’est pas forcément ces « minorités » de la région du Kivu mais l’implication de quelques Congolais dans une entreprise de criminalisation des soi-disant enjeux politiques, des complicités locales dans la région du Kivu, ainsi que dans la haute hiérarchie militaire et dans la sphère politique à Kinshasa. Seule la conscience patriotique évitera l’instrumentalisation, par les uns et les autres, de la question ethnique.

Un pacte de non-trahison

S’il existe en République Démocratique du Congo des pactes de non-agression, par exemple entre Nilotiques et Soudanais dans la province orientale et dans la province de l’Équateur, pourquoi l’État congolais n’imposera-t-il pas un pacte de non-trahison avec ceux qui, dans la région du Kivu, sont venus d’ailleurs ?  Il suffit que les citoyens respectent les lois de la République, que l’État les respecte aussi et les fasse appliquer.
La question ne doit pas en principe se poser, s’agissant des rwandophones devenus sincèrement congolais (allusion aux 52 familles, par exemple). Il n’est pas non plus question de condamner ad vitam aeternam une ethnie à payer les errements de quelques-uns. Il est plutôt question de rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et de rappeler les droits ainsi que les devoirs de tous les citoyens au regard des lois de la République. Et le pacte de non-trahison constituera un élément fondamental pour l’éveil du patriotisme, pour la prospérité économique et l’épanouissement des populations congolaises, pour l’unité et la grandeur de la République Démocratique du Congo.

Les FARDC, une institution étatique

Pour faire échouer le plan machiavélique relatif à la balkanisation conçu par des puissances extracontinentales qui utilisent quelques pays limitrophes comme bras armés, le gouvernement congolais devra à tout prix éviter l’intégration des criminels à la solde des présidents Kagamé et Museveni dans certaines institutions et structures stratégiques, donc décisionnelles, de la République. Dans la même optique, l’armée nationale congolaise étant une institution étatique, tous les militaires congolais sont obligés d’accepter leur mutation dans l’ensemble du territoire national. Ainsi revient-il au gouvernement congolais de garantir la sécurité des éléments du M23, qui sont éligibles à la réintégration dans l’armée nationale congolaise, en contrepartie de leur bonne foi et de leur sincérité quant au fait de remplir leur mission en dehors de la région du Kivu. La fermeté gouvernementale devra donc s’imposer, s’agissant de leur relocalisation dans d’autres régions du pays.

Un voleur derrière chaque menteur ?

Nul n’ignore que le bourreau tue d’abord par les armes, ensuite par l’oubli. Le peuple congolais ne doit avoir en aucun cas la mémoire courte. Sachant très bien qu’un voleur se cache toujours derrière chaque menteur, Kinshasa doit privilégier le droit – à la fois sur les plan national, régional et international – pour permettre la stabilisation du territoire national.
Si l’État congolais ne se penche pas sérieusement sur les causes réelles des conflits civils et armés qui ne cessent d’hypothéquer l’appartenance commune à la Nation, même si la situation est presque stabilisée militairement, les problèmes risqueront de ressurgir quelques années plus tard. Tant qu’à faire, il vaut mieux agir sans complaisance, ni romantisme.
On doit surtout avoir à l’esprit la corrélation entre le droit et le rapport de force. Tant que le gouvernement congolais ne saura imposer le rapport de force, il aura du mal à faire triompher le droit. Ainsi Kinshasa devra-t-elle, sur la base d’un État de droit, reprendre la main à travers des mécanismes idoines.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
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Notes
[1] La mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo.
[2] Une structure qui œuvre en faveur des proches du président rwandais Paul Kagamé et fait du lobbying en vue de la balkanisation de la région du Kivu au profit du Rwanda, du Burundi et dans, une moindre mesure, de l’Ouganda.

jeudi 16 janvier 2014

La RD Congo, un Etat à bâtir institutionnellement et à développer économiquement

Les orientations politiques et économiques à prendre en vue d’une République Démocratique du Congo institutionnellement cohérente et économiquement puissante ne peuvent être définies que par rapport au passé et à l’héritage que l’on compte laisser aux futures générations. Indissociable du passé, le présent doit en principe permettre la mise au point pour mieux préparer l’avenir. Dans cette optique, les options relatives au futur ne sauraient faire abstraction des facteurs institutionnel et politique, préventif et sécuritaire, économique et social, diplomatique et régional. Par sa situation géographique, la République Démocratique du Congo a toujours représenté un enjeu géostratégique par rapport à la géopolitique mondiale.

Ressources naturelles et convoitises

La République Démocratique du Congo est un pays très vaste, 5 fois plus grand que la France et 80 fois plus étendu que la Belgique, qui compte plus de 65 millions d’habitants. Un territoire très riche qui partage ses frontières avec neuf autres pays, dont quelques-uns sont animés d’un vorace appétit expansionniste. Un pays qui est en guerre depuis plus d’une quinzaine d’années.
Si ce territoire aux frontières artificielles s’active autour du fleuve Congo, sa grande diversité ethnique a toujours été une source de différents conflits fonciers à la fois internes et externes, civils ou armés. De plus, les principales ethnies appartiennent au groupe bantou et vivent à cheval sur des États voisins. Ainsi la République Démocratique du Congo se situe-t-elle au croisement des quatre grands espaces linguistiques : le lingala au Nord-Ouest, le kikongo au Sud-Ouest, le tshiluba au centre et le swahili à l’Est [lire la suite].

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

RD Congo : un budget à la hauteur des défis en cours

Le projet de budget 2014 proposé par le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo, lequel vient d’être déclaré recevable par l’Assemblée nationale après avoir été récemment ajourné par le Parlement, s’élève à 8,2 milliards de dollars US. Il y a donc une augmentation de 9,3 % par rapport au budget de 2013, qui était de 7,5 milliards de dollars US. Une évolution, certes, mais insuffisante vu les défis auxquels la RD Congo est confrontée.
Dans mon livre de Gaspard-Hubert Lonsi Koko intitulé Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs, sorti en septembre 2013, un budget de 10,2 milliards de dollars US est proposé pour l’exercice 2014 - soit une différence de 2 milliards de dollars US par rapport à la proposition de M. Matata Ponyo, c’est-à-dire 24,4 % d’augmentation. C’est donc 24,4 % d’augmentation par rapport aux 8,2 milliards de dollars US du budget 2014 que propose le gouvernement congolais, et 36 % d’augmentation sur les 7,5 milliards de dollars US du budget 2013.

lundi 30 décembre 2013

Quelque chose d'inhumain en RD Congo

Si, d’après les écrits de Shakespeare dans La tragique Histoire d’Hamlet, il y avait quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark, il semble qu’il existe quelque chose d’inhumain en République Démocratique du Congo. Effectivement, au pays des léopards, tous les citoyens ne sont guère traités sur le même pied d’égalité au regard de la loi. D’ailleurs, la Constitution n’est que très rarement respectée. La déclinaison des conclusions des concertations nationales tarde pendant que l’oppression règne implacablement sur les opposants, les acteurs de la société civile et les journalistes. Pis encore, on est en train d’assister purement et simplement à l’incohésion nationale et sociale.

Deux poids, deux mesures

Les récents déboires connus par les journalistes  Mag Mikombe du quotidien kinois Le Palmarès et Modeste Kisema du journal Echos du Sud témoignent de l’agissement de la majorité présidentielle à l’encontre de toute personne qui ose écrire un article en sa défaveur. Que dire des menaces de mort proférées par le porte-parole militaire du M23, Vianney Kazarama, contre Thomas Kubuya, journaliste à Virunga Business Radio, une station privée émettant à Goma dans le Nord-Kivu ?
C’est à juste titre que Jolie Kamuntu, présidente de l’Association des femmes des médias au Sud-Kivu, a déploré la non-existence de la liberté de presse en République Démocratique du Congo. Raison pour laquelle l’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj) a demandé au gouvernement de faire adopter une loi dépénalisant les délits de presse dans le meilleur délai. Selon l’avocat Georges Kapiamba, « la Justice ne doit plus servir d’instrument de musellement de la liberté de presse ».
Pour ce qui est de l’aspect politiquement incorrect, on constate que la présomption d’innocence n’est prise en contact qu’en fonction de l’appartenance ou non à la majorité présidentielle. Ainsi le général John Numbi a-t-il bénéficié d’office de ce principe juridique[1], alors que l’opposant Eugène Diomi Ndongala[2] est en train de mourir en prison[3].
L'honorable Eugène Diomi Ndongala à la clinique Ngaliema à Kinshasa
Toujours dans cette stratégie de décapitation de l’opposition, une descente policière a eu lieu le 24 novembre 2013 à Kinshasa, au domicile du député du Mouvement de libération du Congo (MLC)[4], Fidèle Babala. Ce dernier était visé par un mandat de la Cour pénale internationale (CPI), selon les autorités congolaises. Rappelons que, dans un passé très proche, le gouvernement de Kinshasa n’a fourni aucun effort pour transférer vers cette juridiction internationale le criminel Bosco Ntaganda. Il aurait fallu que le Rwanda le fasse pour que l’ancien dirigeant du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) se retrouve à La Haye.
Dans son rapport 2013 sur la situation des droits de l’Homme dans le monde, Amnesty international n’a-t-il pas épinglé le régime de Kinshasa, dans la mesure où  « les groupes armés comme les forces de sécurité gouvernementales ont menacé, harcelé et arrêté arbitrairement des défenseurs des droits humains, des journalistes et des membres de l’opposition politique » du fait de leurs opinions ?
Pourtant, peut-t-on lire dans article récemment publié dans les différents réseaux sur le Net, l’article 8 de la Constitution de la République Démocratique du Congo reconnaît le caractère sacré des droits liés à l’existence et aux activités de l’opposition dans sa lutte en vue de la conquête démocratique du pouvoir. Quant à l’article 12 de la loi fondamentale, elle stipule que « tous les Congolais sont égaux devant la loi et ont droit à une égale protection des lois ».

Les violations systématiques de la Constitution

Si le gouvernement de la République Démocratique du Congo ne cesse verbalement de s’opposer à toute proposition susceptible de constituer une violation de la Constitution aux pourparlers de Kampala entre les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) et la délégation gouvernementale, force est de constater que, pour ce qui relève des affaires intérieures, la loi fondamentale a sans arrêt été foulée sous le pied par ceux qui sont censé la faire respecter.
Ainsi la récente décision d’envoyer les éléments des FARDC[5] en Centrafrique n’a nullement été conforme aux dispositions constitutionnelles. Cela a aussi été le cas, dans le même ordre d’idées, de la ratification de l’accord-cadre pour la paix ratifié le 24 février 2013 à Addis-Abeba, lequel a été conclu par le gouvernent congolais sans l’aval du Parlement réuni en Congrès.
Par ailleurs, de nos jours, des citoyens congolais à part entière sont privés de droit de vote et d’éligibilité. Pis encore, leurs enfants bénéficiant de citoyennetés étrangères du fait du droit du sol ou d’être nés d’un parent étranger, se voient refusés la nationalité congolaise d’origine en violation de l’alinéa 3 de l’article 10 de la Constitution congolaise. Toutes ces injustices ne font que confirmer l’inégalité de tous les Congolais au regard des lois nationales.

L’échec des concertations nationales

Dès lors que  la méthode de travail a été bâclée en amont par le présidium, on ne pouvait que s’attendre à des surprises désagréables dans l’usage des recommandations dudit forum. Ainsi l’hypothèse de la formation d’un gouvernement d’union nationale et les pourparlers de Kampala préfiguraient-ils les conséquences du cirque qui s’est produit à grands frais à Kinshasa[6]. Il est déplorable, en guise d’illustration, de constater que le choix de la majorité de personnes ayant représenté la diaspora s’est fait, en dernier ressort, sur la base du mercantilisme et de la logique politicienne.
Par conséquent, la liberté de conscience de quelques membres de la diaspora, susceptibles d’orienter les débats sur les véritables causes de la guerre de l’Est, a fait peur aux organisateurs. L’exclusion de quelques acteurs patriotiques, de l’intérieur comme de l’extérieur, au profit des affidés de la majorité présidentielle a d’emblée hypothéqué les chances de la cohésion nationale et sociale.

L’incohésion nationale et sociale

Un exemple parmi tant d’autres. Le décret gouvernemental signé le 2 octobre 2012, ayant interdit à partir du 2 décembre 2012 l’importation de tout véhicule d’occasion mis en circulation avant 2002, a pénalisé la diaspora congolaise, laquelle participe activement à l’économie du pays grâce à l’envoi des fonds et du matériel en tout genre au pays. Plutôt que d’encourager l’incohésion sociale, hypothéquant ainsi l’émergence d’une classe sociale moyenne, le gouvernement congolais aurait dû prendre des mesures exigeant le contrôle technique obligatoire s’agissant de la fiabilité de tout véhicule.
Confrontée à la crise politique en cours, les autorités congolaises n’ont pas fait montre d’un patriotisme sans faille dans l’articulation et l’acceptation d’un processus qui aurait dû aboutir à la cohésion nationale et sociale. Le peuple congolais est resté, de facto, l’otage d’une classe politique non désireuse d’agir au profit de l’intérêt supérieur de la Nation. En tout cas, les actes du pouvoir en place à Kinshasa n’ont fait qu’amplifier les causes ayant contribué à l’affaiblissement de l’Etat, à la fracture sociale, à l’incohésion nationale et au risque de balkanisation.

Quelques sillons

Il va falloir une réelle ambition nationale et régionale pour sortir la Réplique Démocratique de l’impasse dans laquelle elle est malheureusement cantonnée. Une ambition collective est donc nécessaire « pour réinventer la manière de faire de la politique et de rendre possible une alternative crédible »[7].
Ainsi est-il indispensable de proposer aux Congolaises et aux Congolais un projet de société d’avant-garde fort, humaniste et fraternel, dans le but de poser les véritables fondements du « Congo d’avenir » : c’est-à-dire « un pays capable de conjuguer le dynamisme économique avec la justice sociale, un pays qui fait non seulement le choix de la paix, de la croissance et de l’Etat de droit mais aussi en mesure de surmonter les défis de la compétitivité et de la solidarité entre les administrés, de la cohésion nationale et de l’osmose régionale »[8]

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress



[1] Une décision compréhensible dès lors que le général John Numbi n’était pas condamné par le juge.
[2] Dont la mise en résidence surveillée pourtant prononcée par le juge n’a même pas été appliquée.
[3] La garde républicaine a arraché Eugène Diomi Ndongala dans la nuit du 28 décembre dernier, d’après un communiqué de presse de Démocratie Chrétienne, de son lit – le privant ainsi de soins intensifs de la clinique Ngaliema à la suite d’un accident vasculaire cérébral.
[4] Le MLC est une force de l'opposition fondée par l’ancien vice-président de la République, Jean-Pierre Bemba, qui attend d'être jugé à La Haye, aux Pays-Bas, par la Cour pénale internationale (CPI).
[5] Forcées armées de la Républiques Démocratique du Congo.
[7] In La République Démocratique du Congo, un combat pour la survie, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, L’Harmattan, Paris, 2011.
[8] In Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, L’Harmattan, Paris, novembre 2013.