Affichage des articles dont le libellé est kibumba. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est kibumba. Afficher tous les articles

mercredi 6 novembre 2013

RD Congo : Une victoire militaire à confirmer diplomatiquement

Par la voix de Lambert Mende, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, le pouvoir en place à Kinshasa a annoncé que « les derniers résidus du M23 [venaient] d’abandonner leurs retranchements de Chanzu et Runyonyi sous la pression des [FARDC] ». Une « victoire totale de la République Démocratique du Congo », aux dires de Lambert Mende, confirmée par le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, porte-parole de l’armée nationale congolaise pour la province du Nord-Kivu. Des éléments de la brigade d’intervention de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (Monusco) se sont joints aux forces gouvernementales pour neutraliser les positions rebelles, après la mort de six civils tués par des chutes d’obus sur la vielle de Bunagana. Le chef militaire des rebelles, Sultani Makenga, aurait fui vers le Rwanda où de nombreux rebelles ont également trouvé refuge, ainsi qu’en Ouganda.
Soutenues logistiquement par les casques bleus de la Monusco, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont repris depuis le 25 octobre 2013, au terme d’une offensive foudroyante, la totalité du territoire qu’occupaient les éléments du M23 pendant dix-huit mois. En quatre jours, les villes de Kibumba, de Kiwanja, de Rutshuru et de Rumangabo, les bastions de la rébellion, ont été récupérées par l’armée gouvernementale. La victoire des FARDC sur les poulains du Rwanda et de l’Ouganda, comme a claironné Lambert Mende ? Pas si évident. 

La cessation des combats et la dissolution du M23

Le président des rebelles du M23, Bertrand Bisimwa, a ordonné le 3 novembre dernier à tous ses combattants de cesser dans l’immédiat les hostilités avec l’armée congolaise, laquelle avait pris sérieusement le dessus sur les champs de bataille. En référence aux négociations en cours à Kampala, il a prétendu agir de la sorte « pour permettre la poursuite du processus politique». Après la débandade d’au moins 300 rebelles qui se sont retranchés sur les collines de Mbuzi, de Chanzu et de Runyonyi – à environ 80 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu –, Bertrand Bisimwa a dans la foulée publié une déclaration de « fin de rébellion » en annonçant l’intention du M23 de « poursuivre, par des moyens purement politiques, la recherche des solutions aux causes profondes qui ont présidé à sa création ». Ainsi a-t-il appelé le chef d’état-major et les commandants des grandes unités du M23 de « préparer les hommes des troupes au processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion sociale dont les modalités [seraient] à convenir avec le gouvernement [congolais] ».

Le respect de la souveraineté territoriale congolaise

Très curieusement, un appel aux rebelles congolais du M23 a été lancé le 5 novembre à Pretoria par les pays africains voisins de la République Démocratique du Congo pour qu’ils renoncent à la rébellion afin de permettre la signature rapide d’un accord de paix. Pourquoi une telle précipitation, sachant que lesdits Etats se sont toujours montrés moins pressés quand le M23 avait, sur le terrain, l’avantage sur l’armée loyaliste ? Veut-on à tout prix façonner l’argile pendant qu’elle est encore humide, dans l’optique d’amnistier les rebelles et de les réintroduire dans les institutions étatiques pour mieux finaliser la politique d’infiltration ? Espère-t-on en réalité obtenir diplomatiquement ce qui vient d’être perdu par les armes ?
On ne peut agir cyniquement, comme si rien de dramatique ne s’est passé dans le Nord-Kivu. Il est inhumain de passer par pertes et profits les 10 millions de morts congolais. On ne peut pas continuer à cautionner l’impunité en faveur des groupes rebelles. Agir de la sorte consiste à fermer les yeux sur les crimes de guerre et crimes contre l’Humanité commis en République Démocratique du Congo. Le problème n’est pas tant d’accepter « publiquement » l’annonce du démantèlement de la rébellion pour permettre la signature d’un « accord final », mais de faire respecter la souveraineté territoriale congolaise par le Rwanda et l’Ouganda. Quelques préalables doivent être absolument respectés.

Les conditions en vue d’une paix durable

En tout cas, un « accord formel » ne vaudra rien tant qu’aucune garantie ne sera apportée par le Rwanda et l’Ouganda quant au respect de différents accords de non-agression et à la non-assistance aux forces négatives. Trois facteurs sont décisifs en vue de l’entente cordiale dans la région des Grands Lacs.
Primo, seule la condamnation officielle des parrains du M23 garantira la souveraineté de la République Démocratique du Congo. Secundo, tant qu’aucun mécanisme de suivi des accords déjà ratifiés n’est habilité à sanctionner les signataires fautifs, d’autres rébellions risquent de voir le jour non pas forcément dans la région du Nord-Kivu, où les forces onusiennes sont présentes, mais dans d’autres provinces comme le Katanga. Tertio, il est impossible d’envisager le réaménagement de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) tant que les peuples rwandais, burundais et congolais ne se réconcilieront pas. Cela ne sera pas envisageable tant que la République Démocratique du Congo n’aura ni fait son deuil, ni réformé totalement son système défensif.
Face aux rebelles du M23, le gouvernement congolais doit désormais se comporter en vainqueur. Sa magnanimité, s’il en faut, ne doit en rien hypothéquer l’avenir d’un peuple qui, depuis 1997, n’a cessé de vivre un calvaire. Kinshasa doit donc imposer sa volonté aux vaincus, et mettre le Rwanda et l’Ouganda dans l’obligation de ne plus s’ingérer dans ses affaires intérieures. Telles sont les conditions sine que non en vue d’une paix durable dans la région des Grands Lacs africains. De toute évidence, au risque de retourner à la case départ, la victoire militaire des FARDC doit être confirmée par le gouvernement congolais sur le plan diplomatique.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Copyright Jolpress

jeudi 4 février 2010

Arthur Kepel - «Il y a une main rwandaise sur les deux Kivu et justement, on profite de la faiblesse du Congo pour lui imposer des choses»

Devoir de mémoire. Devoir aussi de reconnaissance à l’endroit de M. Arthur Kepel décédé le 24 janvier 2010. C’est pour cela que Le Potentiel se voit dans l’obligation de publier à nouveau la toute dernière des interviews qu’il lui a accordées. Vous êtes parmi les meilleurs connaisseurs de la région du Kivu. Que se passe-t-il actuellement avec le retour des réfugiés de la province du Nord-Kivu. Il y a des protestations : on conteste des chiffres ; il y a la confusion. Quelle analyse faites-vous de cette situation ?
Il y a effectivement confusion. C’est une chose. Les personnes qui rentrent et qui sont en majorité tutsi n’ont pas été inscrites, pour la plupart, dans les camps de réfugiés au Rwanda. Certains pensent que ce sont des gens qui ont vécu dans des familles d’accueil.
D’autres sont sans explication. Surtout du côté des autorités congolaises. J’étais un peu amusé d’entendre les déclarations du porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, qui, une fois de plus, s’est illustré dans des déclarations suscitant des questions. Il a dit qu’il fallait identifier les gens. Mais on ne les identifie pas lorsqu’ils ont déjà traversé la frontière. C’est à la frontière qu’il faut le faire pour savoir qui ils sont et d’où ils viennent.
On va les identifier, par exemple, à Mushake, Kitchanga, Kiroliro. Ils sont sur le territoire congolais. J’aimerais qu’on me dise comment on identifie le Congolais aujourd’hui dans un pays où la carte d’identité n’existe pas. Et cela depuis des années. Dans un pays où l’on sait dans quelles conditions, après quel parcours de combattant et à quel prix, on peut trouver un passeport. Donc, dire qu’on va identifier les Congolais et renvoyer chez eux ceux qui le ne sont pas, n’est pas sérieux parce qu’il fallait, comme souligné ci-haut, le faire avant que les réfugiés ne franchissent la frontière nationale.

Mais cela pose un problème surtout que quand il y a des réfugiés qui rentrent en masse. Qu’en pensez-vous ?
Cela pose effectivement un problème parce que les choses se sont faites dans la précipitation. La tripartite prévue entre le Rwanda, la RDC et le HCR n’a pas eu lieu. Les réfugiés arrivent en masse. On parle aujourd’hui de douze mille familles, quand on sait qu’une famille compte en moyenne six personnes. Si l’on veut être sérieux, faites le calcul! Alors, lorsqu’on y ajoute neveux et nièces, cousins et cousines il faut parler de douze mille familles multipliées par dix personnes.
Donc, il s’agit d’un exode assez sérieux et massif. Je suis surpris de voir qu’une fois de plus, on ne considère pas cette question avec autant de sérieux. Cela pose un problème dans les milieux dans lesquels ces réfugiés sont envoyés. Et les populations locales se demandent pour la plupart d’où ils viennent. En effet, ces réfugiés doivent dire où ils étaient avant d’aller au Rwanda. Sont-ils des Congolais? Ou ne le sont-ils pas ? C’est aux autorités congolaises de nous le dire.

Y avait-il réellement des réfugiés congolais au Rwanda ? J’étais au Burundi, j’ai vu des Banyamulenge qui étaient même dans ce pays.
Il y avait des camps de réfugiés congolais au Rwanda. Nous avons eu l’occasion de les visiter. Mais ce qui est surprenant aujourd’hui, c’est que personne n’est capable de dire : «Voilà ma carte. J’étais dans tel camp». Parce que les gens qui reviennent étaient dans tel ou tel autre camp et personne de services d’immigration ne peut le vérifier. C’est notamment à Kibumba que les gens viennent en masse. D’autres sont acheminés vers Kitchanga, vers Kiluhero, etc. Je ne comprends pas que l’on nous dise de passer à l’identification qui doit avoir lieu à la frontière. Lorsqu’on arrive à une frontière dans un pays responsable, c’est le service d’immigration à la frontière qui identifie les individus avant de traverser cette limite.
C’est là où le bât blesse. On connaît comment le régime est organisé sur l’ensemble du territoire, comment plusieurs personnes peuvent partir à la fois. Ne peut-on pas dire que le régime rwandais prépare une occupation ? Parce qu’on sait depuis longtemps que les Rwandais préfèrent occuper Goma et Rutshuru sous prétexte qu’ils n’ont pas d’espace vital
Les explications devraient venir du gouvernement congolais, des autorités congolaises. Aujourd’hui, Kinshasa comprend-il ce qui se passe à l’Est ? Par rapport à cette interrogation, avez-vous vu le gouvernement se réunir pour discuter de la question qui, à mon avis, est très sérieuse ? Avez-vous vu des préparatifs pour accueillir des réfugiés candidats au retour ? Car il faut préparer leur retour. L’impression que tout cela donne est qu’il y a une main rwandaise sur les deux Kivu.
Et justement, on profite de la faiblesse du Congo pour, une fois de plus, lui imposer des choses. Les gens ne peuvent pas se décider, rassembler leurs valises et rentrer massivement au Congo. Nous avons encore une responsabilité par rapport à l’identification de ces personnes et aux dispositifs à prendre pour que, si elles sont des réfugiés qui rentrent chez eux, elles puissent le faire selon les normes et dans la quiétude. La population locale, en particulier, et congolaise en général, a besoin d’être éclairée là-dessus. Aujourd’hui, on entend des spéculations selon lesquelles il s’agirait là d’une politique menée à l’Est du Congo.

C’est-à-dire que l’espace est vide parce que l’on a beaucoup tué. Mais y a-t-il une main derrière ?
La main derrière, il faudra l’identifier. Un autre problème aussi est de placer clairement les autorités congolaises devant leurs responsabilités. Le drame ici est que personne ne semble croire qu’il a le devoir de rendre compte à la nation. Les gens sont habitués à ce qui se passe sans comprendre les enjeux.

La communauté internationale ne serait-elle pas complice ? Elle dit, depuis très longtemps, que le Rwanda est surpeuplé et il faut que le Congo cède de l’espace aux Rwandais. Conséquence : il y aura surpeuplement, de fausses élections et un référendum faussé. Automatiquement, le Kivu cherchera à basculer dans l’autodétermination. Ne trouvez-vous pas que nos amis sont en train de mettre de l’huile sur le feu ?
Malheureusement, je crois qu’avant de s’en prendre à cette communauté internationale, il faudrait d’abord déterminer notre rôle qui se retrouve avec plein de contradictions.
Je pense que, si l’on veut aujourd’hui parler d’intégration, dans le cadre de la CEPGL, les pays membres de cette structure économique sous-régionale peuvent y aller avec de moyens et de positions qui cadrent. Mais si la CEPGL devient le lieu où les uns veulent dominer les autres, parce qu’ils sont plus faibles, à ce moment-là, on ne va plus parler d’intégration régionale. On peut parler, malheureusement, d’une légitimation d’un déséquilibre dangereux dans la région. Donc, cela va faire en sorte que les uns écrasent les autres et cela va donner lieu à des situations conflictuelles. Donc, je crois qu’il ne faut pas tout de suite pointer du doigt accusateur la communauté internationale. Il est grand temps que les Congolais puissent se prendre en charge.
Aujourd’hui, on parle de plus en plus du retrait de la Mission ses Nations unies au Congo (Monuc). Je pense qu’il faut responsabiliser les autorités congolaises à reprendre le processus de démocratisation en cours. Il faut également les responsabiliser vis-à-vis des élections, des engagements et calendriers électoraux annoncés au début du mandat actuel. Il faut aussi responsabiliser les Congolais à pouvoir se prendre en charge plutôt que de continuer dans la culture de la dépendance. La main qui donne vous impose la ligne de conduite, dit-on. Il faut donc encourager une appropriation.

Êtes-vous quand même d’accord du retrait de la Monuc ?
Absolument. On ne peut pas imaginer que l’on ait investi beaucoup dans les élections de 2006 et continuer à avoir des autorités qui restent sous la tutelle de la communauté internationale. Il faut que les Congolais se prennent en charge à un moment donné.
C’est comme cela qu’un pays arrive à grandir. Il faut que les Congolais acceptent ce départ de la Monuc présente en RDC depuis dix ans. Je crois qu’ils devraient commencer à se gêner quelque part car si les Nations unies sont présentes dans un pays donné, cela voudrait dire que les fils et filles de ce pays sont incapables de se gérer.

© Le Potentiel

mardi 1 décembre 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20091201/057 relatif aux mouvements massifs des populations en provenance du Rwanda

Selon Radio Okapi, des mouvements massifs des populations en provenance du Rwanda s’observent de plus en plus dans les territoires de Masisi et Rutchuru depuis près de 4 mois maintenant. Ces personnes traversent clandestinement la frontière à partir de Kibumba, à une vingtaine de kilomètres au nord de Goma, sur l’axe Rutshuru. Leur nombre est estimé à ce jour à plus de 12 mille familles - sachant que ce nombre devrait être multiplié par 10, compte tenu de l’aspect élargi des familles africaines.

D’aucuns constatent la confusion dans la mesure où les personnes qui rentrent, en majorité tutsie, n’ont pas été inscrites, pour la plupart, dans les camps de réfugiés au Rwanda. En effet, comment peut-on identifier efficacement ces personnes à l’intérieur du Congo dès lors qu’elles ne détiennent aucun document fiable pouvant justifier leur appartenance à la Nation congolaise ? En tout cas, Union du Congo s’interroge sérieusement sur les raisons pour lesquelles aucune identification n’a été faite à la frontière.

En conséquence, Union du Congo demande des explications au gouvernement congolais sur les conditions et les préparatifs d’accueil des candidats au retour. Ainsi estime-t-elle que le peuple congolais doit être éclairé sur le fait que l’identification n’a pas été faite avant que les réfugiés ne franchissent la frontière nationale.

Le Bureau d’Union du Congo

Fait à Paris, le 1er décembre 2009

dimanche 29 novembre 2009

RDC : l’afflux des réfugiés venus du Rwanda soulève doute et inquiétude

L’arrivée d’environ 12.000 familles, ces derniers mois, dans les territoires de Masisi et Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), venues du Rwanda et se présentant comme des réfugiés congolais, suscite des doutes sur leur origine et fait craindre une subtile infiltration d’étrangers.

Le coordonnateur de la Commission nationale pour les réfugiés au Nord-Kivu (CNR), Laingulia Njewa, cité par une radio locale, a indiqué cette semaine à la presse que ces personnes, entrent plutôt clandestinement par la frontière à partir de Kibumba, à une vingtaine de kilomètres au nord de Goma, sur l’axe Rutshuru.

Accompagnés de leurs dépendants, du gros et petit bétail pour certains, ils se sont installés dans des villages congolais et 80% de ces populations se déclarent provenir des camps de réfugiés de Byumba et Kibuye au Rwanda, a-t-il précisé.

Laingulia Njewa tente de rassurer les populations locales, les appelant au calme, indiquant que le gouvernement se penche sur la question, afin d’identifier ces réfugiés douteux dont l’effectif n’est pas encore définitif.

Pour le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés ( HCR), il est difficile de dire avec exactitude si ces personnes sont réellement des réfugiés congolais.

"On ne connaît pas vraiment le profil de ces personnes. En tout cas, la majorité n’avait pas avec eux, des documents attestant qu’ils étaient des réfugiés. En plus, la Commission nationale des réfugiés et les autorités provinciales doivent encore vérifier pour mieux comprendre d’où ces personnes proviennent", a déclaré mercredi à Kinshasa Francesca Fontanini, administrateur chargée des relations extérieures du HCR en RDC, de retour d’une mission dans la province du Nord-Kivu.

© Xinhua