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mercredi 6 novembre 2013

RD Congo : Une victoire militaire à confirmer diplomatiquement

Par la voix de Lambert Mende, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, le pouvoir en place à Kinshasa a annoncé que « les derniers résidus du M23 [venaient] d’abandonner leurs retranchements de Chanzu et Runyonyi sous la pression des [FARDC] ». Une « victoire totale de la République Démocratique du Congo », aux dires de Lambert Mende, confirmée par le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, porte-parole de l’armée nationale congolaise pour la province du Nord-Kivu. Des éléments de la brigade d’intervention de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (Monusco) se sont joints aux forces gouvernementales pour neutraliser les positions rebelles, après la mort de six civils tués par des chutes d’obus sur la vielle de Bunagana. Le chef militaire des rebelles, Sultani Makenga, aurait fui vers le Rwanda où de nombreux rebelles ont également trouvé refuge, ainsi qu’en Ouganda.
Soutenues logistiquement par les casques bleus de la Monusco, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont repris depuis le 25 octobre 2013, au terme d’une offensive foudroyante, la totalité du territoire qu’occupaient les éléments du M23 pendant dix-huit mois. En quatre jours, les villes de Kibumba, de Kiwanja, de Rutshuru et de Rumangabo, les bastions de la rébellion, ont été récupérées par l’armée gouvernementale. La victoire des FARDC sur les poulains du Rwanda et de l’Ouganda, comme a claironné Lambert Mende ? Pas si évident. 

La cessation des combats et la dissolution du M23

Le président des rebelles du M23, Bertrand Bisimwa, a ordonné le 3 novembre dernier à tous ses combattants de cesser dans l’immédiat les hostilités avec l’armée congolaise, laquelle avait pris sérieusement le dessus sur les champs de bataille. En référence aux négociations en cours à Kampala, il a prétendu agir de la sorte « pour permettre la poursuite du processus politique». Après la débandade d’au moins 300 rebelles qui se sont retranchés sur les collines de Mbuzi, de Chanzu et de Runyonyi – à environ 80 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu –, Bertrand Bisimwa a dans la foulée publié une déclaration de « fin de rébellion » en annonçant l’intention du M23 de « poursuivre, par des moyens purement politiques, la recherche des solutions aux causes profondes qui ont présidé à sa création ». Ainsi a-t-il appelé le chef d’état-major et les commandants des grandes unités du M23 de « préparer les hommes des troupes au processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion sociale dont les modalités [seraient] à convenir avec le gouvernement [congolais] ».

Le respect de la souveraineté territoriale congolaise

Très curieusement, un appel aux rebelles congolais du M23 a été lancé le 5 novembre à Pretoria par les pays africains voisins de la République Démocratique du Congo pour qu’ils renoncent à la rébellion afin de permettre la signature rapide d’un accord de paix. Pourquoi une telle précipitation, sachant que lesdits Etats se sont toujours montrés moins pressés quand le M23 avait, sur le terrain, l’avantage sur l’armée loyaliste ? Veut-on à tout prix façonner l’argile pendant qu’elle est encore humide, dans l’optique d’amnistier les rebelles et de les réintroduire dans les institutions étatiques pour mieux finaliser la politique d’infiltration ? Espère-t-on en réalité obtenir diplomatiquement ce qui vient d’être perdu par les armes ?
On ne peut agir cyniquement, comme si rien de dramatique ne s’est passé dans le Nord-Kivu. Il est inhumain de passer par pertes et profits les 10 millions de morts congolais. On ne peut pas continuer à cautionner l’impunité en faveur des groupes rebelles. Agir de la sorte consiste à fermer les yeux sur les crimes de guerre et crimes contre l’Humanité commis en République Démocratique du Congo. Le problème n’est pas tant d’accepter « publiquement » l’annonce du démantèlement de la rébellion pour permettre la signature d’un « accord final », mais de faire respecter la souveraineté territoriale congolaise par le Rwanda et l’Ouganda. Quelques préalables doivent être absolument respectés.

Les conditions en vue d’une paix durable

En tout cas, un « accord formel » ne vaudra rien tant qu’aucune garantie ne sera apportée par le Rwanda et l’Ouganda quant au respect de différents accords de non-agression et à la non-assistance aux forces négatives. Trois facteurs sont décisifs en vue de l’entente cordiale dans la région des Grands Lacs.
Primo, seule la condamnation officielle des parrains du M23 garantira la souveraineté de la République Démocratique du Congo. Secundo, tant qu’aucun mécanisme de suivi des accords déjà ratifiés n’est habilité à sanctionner les signataires fautifs, d’autres rébellions risquent de voir le jour non pas forcément dans la région du Nord-Kivu, où les forces onusiennes sont présentes, mais dans d’autres provinces comme le Katanga. Tertio, il est impossible d’envisager le réaménagement de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) tant que les peuples rwandais, burundais et congolais ne se réconcilieront pas. Cela ne sera pas envisageable tant que la République Démocratique du Congo n’aura ni fait son deuil, ni réformé totalement son système défensif.
Face aux rebelles du M23, le gouvernement congolais doit désormais se comporter en vainqueur. Sa magnanimité, s’il en faut, ne doit en rien hypothéquer l’avenir d’un peuple qui, depuis 1997, n’a cessé de vivre un calvaire. Kinshasa doit donc imposer sa volonté aux vaincus, et mettre le Rwanda et l’Ouganda dans l’obligation de ne plus s’ingérer dans ses affaires intérieures. Telles sont les conditions sine que non en vue d’une paix durable dans la région des Grands Lacs africains. De toute évidence, au risque de retourner à la case départ, la victoire militaire des FARDC doit être confirmée par le gouvernement congolais sur le plan diplomatique.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
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samedi 12 octobre 2013

Vers une autonomie administrative d'une portion u Nord-Kivu en RD Congo ?

La République Démocratique du Congo a qualifié le vendredi 11 octobre 2013 à New York, lors de la 5ème séance de la 4ème Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies, « d’opportunité historique » le plan marocain d’autonomie au Sahara occidental. Elle a donc salué la « dynamique créée » par cette initiative susceptible de « mener à l’aboutissement d’une solution politique, juste et acceptable par tous ». À cette occasion, Jackson Bumba Vangu a affirmé que l’initiative marocaine[1] pourrait « mettre fin à la situation humanitaire extrêmement pénible des populations vivant dans les camps de Tindouf ». Sans vouloir s’immiscer dans les affaires internes dun pays, ni dailleurs mettre en cause le processus marocain, on ne peut que s’interroger sur les véritables motifs ayant poussé la République Démocratique du Congo à soutenir une telle initiative alors qu’elle est confrontée au même problème dans la région du Kivu.


Le fief du M23

Une portion du Nord-Kivu – notamment la partie frontalière du Rwanda englobant les villes de Rutshuru, Kiwanja, Rumangabo et Bunagana – est actuellement sous le contrôle des éléments du M23 soutenus par le régime rwandais. La déstabilisation de ce territoire a pour finalité de faire fuir les autochtones et les remplacer ensuite par des populations non congolaises. D’ailleurs, le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, n’a-t-il pas récemment annoncé l’arrivée de 200 familles qu’on dit être des Congolais et qui ont illégalement traversé la frontière rwandaise pour se retrouver à Bunagana, dans la zone rebelle ? Doit-on faire un dessin pour expliquer à l’opinion qu’il s’agit purement et simplement de l’infiltration de quelques éléments de l’armée rwandaise dans le but de renforcer le M23 ? Du dépeuplement pour un repeuplement ultérieur ?
De toute évidence, ce n’est pas pour amuser la galerie que les Nations Unis se sont inquiétées mercredi 9 octobre 2013 d’informations faisant état d’un renforcement militaire de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23). En effet, selon le chef militaire de la Monusco, le général Carlos Alberto Dos Santos Cruz, la mission onusienne dispose de « beaucoup d’informations relatives au renforcement du M23 », même si, pour des raisons que personne n’ignore, elle fait semblant d’ignorer « l’origine de ce renforcement ».

Une probable autonomie ?

En tout cas, le représentant de la République Démocratique du Congo aux Nations Unies, Jackson Bumba Vangu, a affirmé que l’initiative du Royaume du Maroc « constitue une base de négociation pour aboutir à une solution politique et juste, d’autant plus qu’aux termes de la résolution 2099 le Conseil de sécurité s’est félicité des efforts réalisés par le Maroc »[2]. S’agit-il de créer un précédent pouvant permettre de répondre favorablement, le moment venu, aux revendications des populations rwandophones de la région du Kivu ? Cette déclaration préfigure-t-elle, en réalité, une annoncée anticipée de l’autonomie du territoire du Masisi ? Rappelons que, aux pourparlers de Kampala, le M23 revendique l’administration par ces éléments des territoires qu’il occupe. Comment peut-on ne pas appliquer chez soi ce qu’on approuve ailleurs ? Faut-il conclure que Kinshasa s’apprête à céder une portion de son territoire national ? Paul Kagamé est-il en passe de gagner son pari, à savoir la partition de la République Démocratique du Congo en vue de l’annexion d’une partie du Kivu au Rwanda ? That’s the questions !

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

[1] L’initiative marocaine d’autonomie pour la région du Sahara occidental a été créée le 11 avril 2007.
[2] Adoptée le 25 avril 2013, la résolution 2099 du Conseil de sécurité des Nations Unies avait prorogé d’un an le mandat de la Minurso sans élargissement de ses prérogatives au contrôle des droits de l’Homme.

mardi 19 février 2013

Dialogue national : réenchanter le rêve congolais

Après l’échec des pourparlers de Kampala, le dialogue national promis par le chef de l’Etat Congolais est devenu une nécessité pour mettre fin à la crise politique et sécuritaire qui sévit dans l’Est du pays. Que les acteurs politiques Congolais surmontent leurs divergences et fassent preuve de cohésion et d’entente pour favoriser la tenue de ces assises. Le peuple Congolais a tellement tant souffert qu’il attend un sursaut d’orgueil national de leur part.

Voilà presque cinquante-trois ans que la République démocratique du Congo a accédé à la souveraineté nationale, et les filles et fils de ce grand Etat africain, après l’Algérie, n’arrivent toujours pas à assumer l’héritage colossal et ô combien complexe que leur a légué les pères de l’indépendance. Ce qui devrait être un havre de paix et de concorde est aujourd’hui un capharnaüm d’intérêts socio-politiques antagonistes, parfois neutralisants et destructeurs.

La RDC est malade à la fois de ses acteurs politiques véreux, irresponsables, aux ambitions démesurées ; de ses élites mal inspirées et intéressées ; de sa jeunesse mal formée ; de sa population de plus en plus pauvre et désargentée, dont le quotidien ressemble plus à une survie qu’à une vie ; de sa « démocratie » aux relents tribalo-sectaires ; et, enfin, de ses crises politiques accompagnées de violence armée.

De quoi la RDC souffre-t-elle durement depuis son indépendance, le 30 juin 1960 ? Des crises politiques ! Des conflits ayant entraîné  la violence, les guerres civiles et une déliquescence de l’Etat qui s’est soldé par le démantèlement du tissu socio-économique du pays.

Depuis la guerre qui a conduit à la chute du régime Mobutu en 1997, la RDC vit dans un état de guerre permanent. Ses richesses en matières premières et ressources minières suscitent les convoitises, en particulier celles de la région du Nord-Kivu, dans l’Est du pays, où sévissent de nombreux groupes armés, que soutiennent le Rwanda et l’Ouganda.

A ce jour, c’est le Mouvement du 23 mars (M23) qui mène la lutte armée contre le gouvernement de Kinshasa. Dirigé par le colonel Sultani Makenga et Jean-Marie Runiga Lugerero, ce mouvement politico-militaire est composé d’anciens combattants du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), des ex-rebelles ayant réintégré l’armée congolaise suite à un accord de paix signé le 23 mars 2009 avec Kinshasa.

Le M23 sème la terreur dans l’Est de la RDC. Des vagues de violences submergent à nouveau la région depuis avril 2012, et les victimes se comptent par centaines de milliers, les populations civiles sont obligées de fuir, des milliers de femmes sont violées et les enfants sont enrôlés de force pour combattre. La Monusco (Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation  en RDC), déployée depuis 2001, a du mal à se faire entendre.

Les pourparlers de Kampala entre le gouvernement de Kinshasa et les rebelles du M23 ont échoué. Aucune avancée significative n’a été notée dans les discussions débutées le 9 décembre dernier, et des nouvelles en provenance du Nord-Kivu sont inquiétantes. La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, est de nouveau menacée par les rebelles du M23 que la Société civile accuse d’avoir renforcé les positions autour de cette ville martyre [lire la suite].

Robert Kongo

© Le Potentiel

jeudi 20 décembre 2012

Le devenir de la RDC, de Kampala à Kinshasa

Les observateurs avertis savent pertinemment que les pourparlers de Kampala préfigurent à n’en pas douter le devenir de la République démocratique du Congo. En effet, ce qui est en train de se dérouler dans la capitale ougandaise, entre les représentants du gouvernement congolais et ceux du mouvement dénommé M23, permettra de révéler le pot aux roses. En effet, Kinshasa tient l’occasion d’accompagner les menteurs jusqu’à la porte. Encore faut-il que les envoyés de Kinshasa manœuvrent habilement. N’est pas Talleyrand qui le veut !

L’épée de Damoclès

En réalité, le Mouvement du M23 a commis une erreur fatale en ayant pris la ville de Goma. Son entrée dans la capitale du Nord-Kivu a permis non seulement de mettre en mauvaise posture la Monusco, donc la communauté internationale, mais surtout de montrer les appuis extérieurs dont il bénéficie. En conséquence, les forces onusiennes sont contraintes de prouver qu’ils n’agissent pas de connivence avec les parrains du M23 tout comme la communauté internationale est obligée de les sermonner. Le coup de fil du président Barack Obama à son homologue Paul Kagamé en est l’illustration.

À Kampala, la délégation en provenance de Kinshasa doit surtout avancer des arguments susceptibles de lever le voile sur l’identification des éléments qui constituent le M23. S’ils sont Congolais, leur sort sera donc réglé par les tribunaux nationaux pour violation des articles 63, 64, 64, 65, 66, 67 de la Constitution et pour haute trahison. Dans le cas contraire, cela démontrera l’agression de la République Démocratique du Congo par des forces étrangères – aussi bien continentales qu’extracontinentales. La capitale ougandaise restera donc, dans tous les cas de figure, l’épée de Damoclès suspendue sur la tête du M23.

L’inconscience de la classe politique

L’inexistence de l’État et la crise politique permettent indéniablement la déstabilisation de la République Démocratique du Congo. Les agresseurs profitent de la mésentente et des divergences entre les Congolais pour souffler le chaud et le froid. À cela, il faudra ajouter la double posture de l’exécutif congolais à entretenir des relations dangereuses avec des voisins de l’Est et l’incapacité de l’opposition institutionnelle à se servir pleinement des prérogatives que lui confère la Constitution. Cette inconscience de la classe politique ne fait que fragiliser le pays et l’exposer davantage aux appétits voraces, aux relents d’expansionnisme et de pillage, des voisins pauvres et confinés dans un espace réduit. Il faudra donc un sursaut patriotique pour sortir le Congo-Kinshasa de l’impasse dans lequel on l’a parqué pour mieux l’achever.

Le dialogue inclusif citoyen

Les pourparlers de Kampala devront permettre à Kinshasa de faire échouer les projets de balkanisation en externalisant les négociations. Mais les Congolais, confrontés à une situation tragique dans laquelle les véritables agresseurs sont juges et parties, ne pourront s’en tirer à bon compte qu’à l’aide d’un dialogue inclusif citoyen. Bien entendu, le sursaut patriotique leur permettra tout d’abord de lever l’équivoque sur la légitimité et l’illégitime des uns et des autres, ou alors de se mettre d’accord sur le fonctionnement du pays à court terme – l’objectif étant de poser les bases solides en vue de la cohésion nationale, de la fin du génocide congolais ainsi que des élections crédibles et transparentes. Ce sera la seule façon de mettre en place des institutions républicaines. Toutes les forces vives de la Nation, y compris celles qui œuvrent en dehors des frontières nationales, doivent être associées à cette palabre entre Congolais.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

À lire aussi :
- La cohésionale, condition sine qua non pour l'unité de la RDC ;
- Cinq question à Gaspard-Hubert Lonsi Koko ;
- RDC : l’aveu d’impuissance d’Augustin Matata Ponyo ;
- Le combat pour la RDC du troisième millénaire.

vendredi 30 novembre 2012

Guerre au Nord-Kivu

Une représentation des partis politiques congolais en France appelle à la cohésion nationale .
Ils combattent "pour l'intérêt supérieur de la nation"

A l’initiative de quelques partis politiques congolais , une conférence de presse sur la guerre au Nord-Kivu s’est tenue mercredi 28 novembre  à Paris. Soucieux de l’ampleur que prend la crise dans la partie orientale de la RDC, Gaspard-Hubert Lonsi Koko ( Porte-parole du Rassemblement pour le développement et la paix au Congo), Kabeya N’Kashama-Mutoke ( Membre du Conseil national du Congrès des démocrates pour le progrès social) et Ferdinand Lufete  (Coordinateur en France de la plate-forme politique Alliance pour le développement et la République) appellent à la cohésion nationale pour faire face à l’agression dont le pays est victime de la part des rebelles du M23 soutenus par le Rwanda et l’Ouganda.
Après un propos liminaire d’une dizaine de minutes, les trois acteurs politiques   ont répondu aux questions des journalistes étrangers et congolais pendant près d’une heure et demie. Et le moins que l’on puisse dire , c’est qu’ils ont su faire passer leur message. Prenant tour à tour un air grave, tourmenté… , à l’évocation de certains noms et faits, ils ont répondu avec brio et d’une seule voix à toutes les questions qui leur ont été posées.
Gaspard-Hubert-Lonsi Koko, Kabeya N’Kashama-Mutoke et Ferdinand Lufete ont évoqué l’Histoire de la RDC depuis 1997. Loin d’ être des suppôts du mobutisme ou des actuels dirigeants du pays , ils sont totalement convaincus que le même scénario mis en place par le Rwanda, l’Ouganda, et dans le Burundi (soutenus par la communauté internationale), pour chasser le Maréchal Mobutu du pouvoir, est en train de se reproduire.
Les trois orateurs ont exprimé leur écœurement et leur consternation après les crises à répétition que vit le pays depuis la prise du pouvoir par l’Alliance des forces démocratiques pour la libération  du Congo (AFDL) et l’avènement du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), « conséquences du non-respect de différentes résolutions et accords signés  par ceux qui gouvernent , par défi, la République Démocratique du Congo ». 
«Devons-nous encore accepter un autre poulain de l’Ouganda, du Burundi et du Rwanda, après des pilules mortelles que l’on nous a fait avaler  en 1997, en 2001, en 2006 et en 2011 ? », se sont-ils interrogés.
Ils ont fustigé « les velléités expansionnistes des voisins de l’Est » de la RDC dont l’ambition n’est plus un secret pour personne : « Balkaniser le Congo ». Et pour atteindre leur objectif macabre, « ils se sont associés à des entreprises étrangères, lesquelles sont soutenues par des puissances extracontinentales »

RESPONSABILITE PARTAGEE

Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Kabeya N’Kashama-Mutoke et Ferdinand Lufete ont dénoncé avec force l’inertie et la complicité de la communauté internationale et de certaines puissances extracontinentales qui n’ont jamais clairement condamné les crimes dont est victime le peuple congolais  dans la région du Kivu : l’extorsion, le harcèlement, les pillages et viols des mamans, sœurs et enfants.
Ils constatent avec amertume et indignation que les forces onusiennes dont la mission est de  protéger les populations congolaises de la région du Kivu, qui subissent les affres de guerre, et d’assurer la stabilisation du pays, « côtoient les agresseurs de la RDC en toute indifférence dans des régions occupées ». Contrairement à la charge qui leur a été confiée, le travail de ces forces consiste maintenant  à « faciliter le noyautage de la chaîne de commandement de l’Armée nationale congolaise, y compris l’infiltration d’autres institutions aussi bien économiques que politiques », ont-ils fait remarquer.
Une grande majorité de la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, porte  également une part de responsabilité dans les conflits irrésolus que traverse le pays. « Elle ne joue pas franc jeu », ont-ils dit.
«  Elle a sciemment failli dans la tâche qui a consisté à doter la RDC d’une majorité gouvernementale incontestable, soucieuse de la gestion de la chose publique au profit du peuple, et d’une opposition crédible. Elle a retardé la réforme de l’armée, des forces de sécurité et de police. Elle n’a pas exhorté le gouvernement à doter le pays d’une force de défense et de dissuasion capable de faire face à une quelconque menace extérieure. Ainsi a-t-elle agi en intelligence avec les ennemis de notre peuple. La classe politique a tout simplement trahi la nation. »

LE PATRIOTISME D’ABORD

Au-delà de leurs sensibilités politiques, les trois orateurs privilégient le patriotisme car pour le peuple congolais l’heure est grave : le pays est agressé. Une attaque ayant occasionné la prise de la ville stratégique  de Goma, à l’Est de la RDC, par les rebelles du M23. 
Fort de ce constat, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Kabeya N’Kashama-Mutoke et Ferdinand Lufete appellent, sans démordre, à la cohésion nationale autour de cette agression, qu’ils condamnent fermement, pour bouter l’ennemi hors du territoire national et mettre définitivement un terme à la guerre au Nord-Kivu.
Ils demandent au gouvernement de mettre en place « des conditions d’une véritable réconciliation nationale autour des valeurs républicaines, dans un élan patriotique collectif, pour la défense de la nation infiltrée, agressée et occupée, et la formation d’un gouvernement d’union nationale, ou de salut public, dans le contexte de l’état d’urgence. »
Ils proposent « la création des juridictions d’exception en vue des poursuites contre les auteurs des crimes de guerre, des crimes contre l’Humanité, des violations de droits fondamentaux de la personne humaine et haute trahison. »
S’agissant de la sécurisation du territoire national, les trois orateurs proposent « le changement de la mission de la Monusco et sa transformation en force d’intervention aux côtés des FARDC, à partir de la frontière rwandaise, et, au cas où les Nations Unies refuseraient de requalifier sa mission, son remplacement par les forces de l’Union africaine-à l’exclusion des pays voisins de l’Est-, ou de l’Eurofor, ou alors de l’Africom. »
Ils demandent au gouvernement de procéder au « désengagement des officiers originaires du Kivu et leur redéploiement dans d’autres régions du pays, les Régions militaires du Kivu devant être placées sous le commandement des officiers non locaux. »
Ils demandent en outre « la mise en place d’une armée et d’une police républicaines et performantes, ainsi que la maîtrise de l’insécurité et la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national. »
Pour instaurer une paix durable dans la Région des Grands Lacs, les trois acteurs politiques congolais préconisent  l’obtention du dialogue inter-rwandais en vue d’assurer le rapatriement en toute sécurité des combattants FDLR et d’autres réfugiés rwandais dans leur pays.
« La réconciliation du peuple rwandais avec lui-même est le seul gage d’une cohabitation pacifique et pérenne entre les deux communautés, Hutus et Tutsi, qui s’entre-tuent depuis des lustres », assurent-ils. « A défaut, l’élaboration d’un plan de désarmement et d’éloignement des combattants FDLR dans un pays non limitrophe du Rwanda, conformément aux dispositifs de la Convention de Genève. » Ils sont tous favorables à ce qu’une discussion s’engage sur « la gestion commune des ressources frontalières ».
Pour Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Kabeya N’Kashama-Mutoke et Ferdinand Lufete, cette conférence de presse était l’occasion de montrer à la face du monde que le peuple congolais est capable en toutes circonstances de combattre ses faiblesses, dépasser les clivages et antagonismes politiques pour défendre et sauver la nation.  
                                                      
Robert Kongo, correspondant en France

© Le Potentiel

lundi 26 novembre 2012

Conférence de presse sur la situation en RD Congo

Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC), le Congrès des Démocrates pour le Progrès Social (CDPS-France), l'Alliance pour le Développement de la République (ADR-France), le Collectif des Démocrates Congolais (CDC), Union du Congo (UDC) et le Groupe des Réflexions des Congolais de France (GRCF) organisent une conférence de presse sur la situation en cours dans la région du Kivu. Ils exposeront, à cette occasion, leurs positions communes et feront des propositions en vue d’un État de droit, de la stabilité de la République Démocratique du Congo et de la pacification de la région des Grands Lacs africains.

Date et heure :
28 novembre 2012 à 9 h 00.

Lieu :
Mucha Café
227, boulevard Saint-Garmain - 75007 Paris
Métro Solférino

Contact :
Gaspard-Hubert LONSI KOKO
Tél. : 0033 612 066 872
E-mail: rdpc.rdc@gmail.com

NOTA BENE : Prière de confirmer sa présence à cet effet. Seuls les journalistes sont conviés.

lundi 19 novembre 2012

RD Congo : la rébellion aux portes de Goma


RD CONGO : La rébellion M23 aux portes de la ville de Goma. Civils et militaires fuient la capitale régionale du Nord-Kivu. La monusco dépassée par les événements. Une énième crise humanitaire en vue. Où va la Rd Congo ?

Pour en parler, ce lundi 19 novembre 2012 de 13 h 30 à 14 h 00 (heure de Paris) dans le Journal des Auditeurs (JDA) d'Africa n° 1, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, essayiste et acteur politique.

Pour écouter l'émission : http://www.africa1.com/IMG/mp3/jda_-_19_11_12_pad.mp3

vendredi 10 juin 2011

Une décentralisation cohérente pour la République Démocratique du Congo

La décentralisation a pour préoccupation majeure le management territorial, le partage des responsabilités politiques, économiques, sociales, culturelles ainsi que du fardeau fiscal entre l’État et les collectivités publiques locales en vue de mieux servir les citoyens et de garantir leur épanouissement individuel et leur essor collectif. L’État doit donc être présent là où vit quotidiennement le citoyen pour lui procurer protection et services publics adéquats. Rasison pour laquelle, j’encouragerai la mise en place d’un pôle important relatif à la fois au Plan, à la Décentralisation, à l’Aménagement du territoire, aux Infrastructures, aux Travaux publics, à la Reconstruction, aux Transports et aux Voies de communication [lire la suite].

vendredi 4 mars 2011

Vent de libération : de Tunis, Caire, Tripoli à Kinshasa ? ACTE II

Grande Marche contre les violations des droits fondamentaux en République Démocratique du Congo

Samedi 12 MARS de 13 h 30 à 19 h 00
de Château Rouge (métro) à la place
de la République (Paris, France)

- NON aux massacres d'étudiants ;
- NON aux arrestations arbitraires ;
- NON au tripatouillage constitutionnel ;
- STOP aux violences faites à la femme congolaise.

jeudi 3 février 2011

Séance dédicace

Les éditions L’Harmattan
et Gaspard-Hubert LONSI KOKO

ont le plaisir de vous inviter à la présentation de l'ouvrage

LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE
DU CONGO,
UN COMBAT POUR LA SURVIE


Le mardi 8 mars 2011 à 19 h 00

à l’Espace L'Harmattan
21 bis, rue des Ecoles - 75005 Paris

Métro Maubert-Mutualité, ligne 10

Bus 63, 86, 87, 89

dimanche 23 janvier 2011

RD Congo : Ni argent, ni tee-shirt, ni bière...

Je n'ai ni argent, ni tee-shirt, ni bière à donner aux Congolaises et aux Congolais, mais seulement un projet de société cohérent pour qu'ils retrouvent la dignité et le bonheur...
Pour plus d'informations, prière de cliquer sur le lien ci-contre : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=33224

dimanche 16 janvier 2011

RD Congo : pétition contre l'élection présidentielle à un tour


Selon l'article 218 de la Constitution congolaise, l'initiative de la révision constitutionnelle appartient concurremment au Président de la République, au Gouvernement après délibération en Conseil des ministres, à chacune des Chambres du Parlement à l'initiative de la moitié de ses membres et à une fraction du peuple congolais, en l'occurrence 100 000 personnes, s'exprimant par une pétition adressée à l'une des deux Chambres.

Sachant que l'initiative de l'Alliance pour la Majorité Présidentielle (AMP) relative à modification de l'article 71 de la Constitution et de la loi électorale au profit du mode de scrutin à un tour privilégie les intérêts personnels, ceux du président de la République et de ses amis, au détriment de la majorité des Congolaises et des Congolais ;

Convaincus surtout que l'élection présidentielle à deux tours permet non seulement aux électeurs de se prononcer en faveur de leur candidat(e) préféré(e) une deuxième fois, ou même de changer d'avis quant à leur préférence entre le premier et le second tour, mais aussi aux partis politiques et à l'électorat de s'ajuster aux éventuels changements de l'environnement politique entre les deux tours de scrutin ;

À l'initiative du Collectif des Démocrates Congolais (CDC), Nous, Peuple congolais de l'intérieur et de la Diaspora favorables au maintien de l'élection présidentielle à deux tours en République Démocratique du Congo, demandons, conformément à l'article 218 de la Constitution congolaise, l'organisation d'un référendum sur la non-révision de l'article 71 de la Constitution.

Pour signer cette pétition, prière de cliquer sur le lien ci-contre : http://9112.lapetition.be

vendredi 23 juillet 2010

RDC: Là où les murs des écoles sont en plastique


Photo: Lisa Clifford/IRIN
Dusaba Mbomoya, professeur de géographie, avec ses élèves, à l’école primaire de Mashango
KIWANJA, 22 juillet 2010 (IRIN) - Il fait beau, aujourd’hui, à l’école primaire de Mashango, dans la province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC). C’est une bonne nouvelle pour Dusaba Mbomoya, institutrice, qui donne une interrogation de géographie sous un toit rongé de trous, dans une salle de classe dont les murs, en morceaux de plastique, claquent au vent. Ici, même le tableau est percé de trous si larges que les élèves peuvent regarder au travers.

« Lorsqu’il pleut, nous autorisons les élèves à rentrer chez eux », a expliqué Mme Mbomoya. Ceux qui veulent rester à l’école le temps que la pluie cesse de tomber se réfugient parfois dans les latrines, construites récemment par un organisme international.

La situation déplorable de Mashango se reflète dans d’autres écoles des quatre coins de la RDC. Elle est la conséquence de la guerre, mais aussi du manque chronique de fonds accordés au système éducatif – à peine huit pour cent du budget national annuel est alloué à l’éducation, selon la Banque mondiale. Mashango n’a ni eau, ni électricité, et ne dispose que de quelques livres. La plupart de ses salles de classe sont obscures et tombent en ruines, et le matériel d’enseignement y est limité [pour lire la suite].

vendredi 21 mai 2010

Nord Kivu : les conflits fonciers menacent la stabilité de la région

A Masisi, à l'Est de la RD Congo, de plus en plus de villageois sont expropriés par de riches propriétaires terriens et poussés à l'exode vers Goma. La situation risque de s'aggraver, avec le retour annoncé de milliers de Congolais réfugiés au Rwanda. Certains s'inquiètent pour la stabilité dans la région.

Fuir ou défendre ses droits est devenu le quotidien des villageois de Masisi, dans le Nord Kivu, à l'Est de la RD Congo, face aux riches propriétaires terriens qui, munis de certificats d'enregistrement, ont parfois recours à la violence pour récupérer des terres. Depuis le retour des déplacés de guerre en septembre 2009, les conflits fonciers se multiplient dans la région. Pour la seule localité de Kitshanga, à 100 km au nord-ouest de Goma, le bureau des Nations unies pour l'Habitat (UN Habitat) en a enregistré 350. En cas de résistance, les militaires en position dans le secteur sont appelés à la rescousse pour faire déguerpir les habitants. "Ils m’ont d’abord battu, les yeux bandés, ensuite ils m’ont ligoté, avant de me jeter dans un cachot souterrain à Mushaki [Ndlr : à 40 km à l’ouest de Goma]", témoigne Sengihuva Mugabo, un habitant de Masisi-centre. "Ils espéraient m'intimider et me forcer à abandonner mon champ", ajoute-t-il.
Les militaires jugent leur implication dans des affaires civiles nécessaire et répondre au besoin du maintien de l'ordre. "L’autorité de l’Etat n’est pas encore rétablie à Masisi", déclare un major qui précise qu'en l'absence de policiers en nombre suffisant, les militaires sont chargés de faire respecter la loi [lire la suite].

© Syfia

mardi 15 décembre 2009

Des ex-rebelles désertent l'armée pour rejoindre un ancien officier



Dans la province du Nord-Kivu, plusieurs centaines d'ex-rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) intégrés dans l'armée congolaise ont déserté la semaine dernière et ils seraient en train de rejoindre un officier congolais rentré au Nord-Kivu après des années d'exil en Ouganda.

Il s'agit du général Gad, un Tutsi congolais qui a participé à la première guerre du Congo au sein de l'AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo) qui a porté au pouvoir feu Laurent désiré Kabila en 1997. Cet officier n'a pas participé à la seconde guerre de l'est en 1998, il est parti s'installer en Ouganda.

Depuis un mois,selon nos sources, il a réapparu à Nyamilima au nord de Rutshuru et de Goma, la capitale provinciale. Deux colonels, ex-rebelles du CNDP intégrés dans les forces armées congolaises, ont déserté la semaine dernière avec une partie de leurs hommes pour, selon certaines sources, tenter de rejoindre le général Gad. Ce dernier aurait également pris des contacts avec les Maï Maï du groupe Lafontaine pour rallier ces miliciens locaux réticents à l'intégration.

Plus surprenant encore, des informations indiquent que le général Gad aurait reçu lundi une délégation de FDLR, les rebelles hutus rwandais que les Forces congolaises essaient de traquer. Cette alliance contre nature est elle possible ? Et dans cette hypothèse pour le moins étrange quels seraient les objectifs poursuivis ?

Quoi qu'il en soit depuis l'arrestation de Laurent Nkunda au Rwanda, certains ex-rebelles fidèles à leur chef se sentiraient laissés pour compte. Plusieurs de leurs commandants seraient plus occupés à s'enrichir qu'à tenir les troupes. Si ces informations se confirment la situation déjà très difficile au Nord-Kivu risque d'échapper totalement au gouvernement de Kinshasa.

© RFI

samedi 31 octobre 2009

RDC : Kinshasa sauve une fois de plus le soldat Ntaganda

Le gouvernement congolais ne remettra pas à la Cour pénale internationale (CPI) l'ex-chef rebelle Bosco Ntaganda, recherché pour crimes de guerre. Son porte-parole, Lambert Mende, précise que "les chicaneries autour des poursuites à engager sans délai sont de nature à infliger à ce pays fragile un remède pire que le mal". Pour Kinshasa, livrer Ntaganda compromettrait les chances de paix au Kivu. Ntaganda sauve sa tête une fois de plus... jusqu'à quand ?

ntaganda-bosco.jpgLe président Joseph Kabila avait prévenu : "la paix et la sécurité du Nord-Kivu passent avant toute chose", quitte à protéger un criminel de guerre. Depuis le début de l'année les pressions de la communauté internationale se sont multipliées, demandant au gouvernement de République démocratique du congo (RDC) de leur remettre Bosco Ntaganda, ex-chef d'état-major de la rébellion congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégré au grade de général dans l'armée congolaise. Officiellement assigné à des fonctions non opérationnelles, en réalité Ntaganda est un des responsables de la campagne Kimya II, engagée par les forces armées congolaises (FARDC) contre les rebelles hutus encore présents au Kivu.

© Afrikarabia

mercredi 5 août 2009

Grands Lacs : L'Union du Congo sollicite la médiation d'Hillary Clinton

L'association de défense des droits de l'Homme l’Union du Congo a sollicité le 3 août dernier la médiation du chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, pour trouver une issue durable aux conflits qui ravagent la région des Grands Lacs depuis 1994. Le secrétaire d'Etat américain entame ce 5 août une tournée africaine qui la mènera notamment en République démocratique du Congo (RDC) pour promouvoir la nouvelle politique africaine des Etats-Unis.

Après les nombreuses tentatives de médiation échouées pour mettre un terme aux conflits et guerres civiles qui minent la région des Grands Lacs, l'association de défense des Droits de l'Homme l'Union du Congo a demandé le 3 août dernier l'implication du secrétaire d'Etat américain, Hillary Clinton, dans la résolution de ces conflits.
La secrétaire d'Etat américain Hillary Clinton entame à partir d'aujourd'hui une tournée dans sept pays africains dans le cadre de la coopération «prioritaire» avec le continent initiée par le président Obama.
Cette tournée la mènera notamment à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo (RDC) qui abrite de nombreux réfugiés Rwandais depuis 1994.
L'Union du Congo a demandé que madame Clinton puisse y user de son statut pour «initier en urgence des dialogues entre les gouvernements inter-rwandais, inter-ougandais et inter-congolais» afin d’apaiser les tensions qui risquent de mener à un génocide, que «la communauté internationale refuse à tort de reconnaitre comme tel».
L'association a également proposé au chef de la diplomatie américaine d’appuyer les autorités congolaises afin qu’elles puissent «faciliter les procès (...) et exécuter les verdicts relatifs à l’indemnisation des victimes», en particulier les femmes et les enfants, des auteurs impunis de crimes de guerre et crimes contre l’Humanité.
L’Union du Congo a souhaité que le chef de la diplomatie américaine rappelle aux autorités de la RDC la «nécessité de la rigueur dans la gestion de la chose publique, l'utilité d'une armée performante représentative de la diversité de la population congolaise et les avantages de l'implication de tous les Congolais d'origine dans l’activité du pays» pour booster le développement socio-économique du pays.
Cette nouvelle médiation viendrait appuyer celle de la délégation de la Société civile de sept pays d'Afrique centrale, le Cameroun, le Tchad, le Rwanda, le Burundi, le Congo, le Gabon, la République Centrafricaine et la République démocratique du Congo, qui a rencontré depuis le 2 août dernier les membres de la Communauté économique des états d’Afrique centrale (CEEAC) à Libreville.
Jusqu’au 7 août prochain, cette délégation discutera avec la CEEAC sur les différents moyens qui permettront de résoudre les conflits récurrents en RDC, au Burundi, en RCA et au Tchad, afin que cette communauté puisse améliorer le climat des affaires, l’entente et la paix en Afrique Centrale.

Source : Gaboneco

vendredi 10 juillet 2009

RD Congo / Justice internationale

Le procureur de la CPI en visite dans l’Ituri

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis-Moreno Ocampo, s’est rendu en visite dans la province de l'Ituri, dans le nord-est du pays. Luis-Moreno Ocampo s'est déplacé, jeudi, dans la localité de Bogoro, théâtre de violences commises en 2003 par des milices locales. Deux de ces chefs de milices, Germain Katanga, 31 ans, dirigeant de la Force de résistance patriotique en Ituri (FRPI), et Mathieu Ngudjolo, 38 ans, du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI) sont aujourd'hui poursuivis pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre par la CPI. Tous deux sont détenus à La Haye pour y être jugés à partir de septembre.

Le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo.(Photo : AFP)

Le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo.
(Photo : AFP)

La CPI détient aujourd’hui dans ses geôles quatre anciens chefs de guerre congolais. Conséquence : au Congo Kinshasa beaucoup soupçonnent Luis Moreno Ocampo d' « acharnement ». Critiques et polémiques alimentent, surtout, les conversations dans la capitale. A près de 2 000 kilomètres de Kinshasa, en Ituri, la population, elle, se rappelle les souffrances subies et infligées par les seigneurs de guerre.

Lors des rencontres qu'il a tenues avec les représentants des différentes communautés, le procureur explique le sens de son mandat, le rôle de la Cour, l'impact du travail qu'elle réalise. Lors de ces rencontres, beaucoup de questions sont posées sur la protection des témoins et sur les réparations que sont en droit d'attendre les victimes.

(Carte : RFI)

(Carte : RFI)

Dans cette région, opèrent également des rebelles étrangers, ceux de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), la milice ougandaise qui continue d'attaquer les villages. La CPI espère qu'ils seront arrêtés rapidement. Jusqu'a maintenant, les opérations de traque menées conjointement par Kinshasa et Kampala n'ont rien donné. Joseph Kony, le chef de LRA, et ses acolytes courent toujours.

Autre dossier toujours pendant, celui de Bosco Ntaganda, né vers 1973, ancien chef de l’état-major des rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Il est visé par un mandat d'arrêt international depuis deux ans, mais il s’est rallié en janvier dernier au gouvernement congolais et a été intégré dans l'armée au Nord-Kivu. Malgré les pressions de plus en plus fortes de la CPI, Kinshasa ne semble pas pressée de l'arrêter. La Mission des Nations unies en RDC (MONUC) non plus. Pourtant, lorsque le mandat d'arrêt a été délivré il y a deux ans, la mission onusienne a bien reçu une demande d'assistance du gouvernement pour procéder a l'arrestation de Bosco Ntaganda.

Source : RFI

mardi 23 juin 2009

Vers une nouvelle débâcle dans les Kivu ?

Mutineries, pillages et désertions en masse se multiplient au sein de l'armée congolaise. Le président Kabila s'en inquiète. Trop tard ?

Une nouvelle fois, le Kivu (est du Congo) semble au bord du gouffre, alors que se profile une possible débâcle de l’armée congolaise et un retour à la situation de guerre antérieure - l’espoir d’en sortir en moins.

Celui-ci avait repris vie avec l’audacieuse opération conjointe rwando-congolaise, "Umoja wetu", pour désarmer les FDLR (rebelles hutus rwandais issus des génocidaires), lancée au Nord-Kivu en janvier dernier. Cette dernière avait cependant dû être très écourtée en raison de l’hostilité de l’opinion publique, essentiellement à Kinshasa, à une présence rwandaise sur le sol congolais, six ans après la fin de la guerre entre les deux pays.

Il avait donc été décidé de lancer une nouvelle opération contre les FDLR, baptisée "Kimia II", cette fois, en unissant l’armée congolaise à la Monuc (Mission de l’Onu au Congo). C’est là que cela a déraillé.

A l’occasion de "Umoja wetu", en effet, diverses milices congolaises avaient été intégrées à l’armée congolaise. Cela a donné l’occasion aux responsables des détournements des soldes militaires - à Kinshasa et au Kivu - de reprendre leur trafic, alors que celui-ci était devenu plus difficile en raison de l’établissement, avec l’aide de la mission européenne Eusec, d’une chaîne de paiement largement contrôlable. Les nouvelles recrues, non enregistrées, sont le prétexte à une reprise des "coulages". Conséquence : l’armée congolaise au Kivu n’est pratiquement plus payée depuis trois mois. Elle n’est pas la seule, en raison de la gabegie du gouvernement Muzito (dénoncée par le chef de l’Etat lui-même, qui a préféré s’arroger, malgré la Constitution, le contrôle sur les finances plutôt que de changer de Premier ministre), mais c’est particulièrement dangereux s’agissant d’une armée en opération.

A cela s’ajoute le regain d’activité des FDLR, à la faveur du départ du Congo de l’armée rwandaise, désireux d’étouffer dans la terreur toute velléité de menacer leur implantation au Kivu. De nombreux villages congolais sont aujourd’hui prisonniers des FDLR.

Enfin, la Monuc, très critiquée pour sa réticence invincible à s’engager, rappelle qu’elle n’est là que pour aider l’armée congolaise. Si celle-ci n’attaque pas les FDLR, la Monuc ne fait rien; et si elle s’en prend à des civils congolais, les casques bleus ne se mêlent pas des affaires intérieures congolaises.

Les rapports d’organisations de défense des droits de l’homme se sont multipliés, ces dernières semaines, pour dénoncer l’accroissement des exactions commises par l’armée congolaise et les FDLR. Mais cela pourrait empirer encore.

Car l’indiscipline de l’armée congolaise, légendaire, s’est aggravée. A la désobéissance généralisée, aux mutineries fréquentes, se sont ajoutés d’abord de nombreux pillages et, depuis le début de juin, des désertions non plus individuelles mais en masse. Ce dernier processus est en train de s’emballer : c’est par compagnies entières, désormais, que des militaires congolais passent au maquis ou, quand il s’agit d’unités comprenant beaucoup de Hutus congolais, à l’"ennemi" FDLR - longtemps leurs alliés dans la région. Et ces désertions de masse se font avec armes et bagages, alors que les nouvelles recrues étaient généralement arrivées pratiquement "sans armes", préférant laisser les leurs dans des caches, "au cas où". A u total, la situation est donc pire qu’à la fin 2008.

Dans ce chaos, on distingue que les seules unités encore désireuses de combattre les FDLR pour les désarmer, comme elles en ont reçu l’ordre, sont celles composées essentiellement d’ex-CNDP - la rébellion tutsie de Laurent Nkunda. De facto, on assiste donc à un développement des violences interethniques hutu-tutsi, partiellement sous uniforme congolais. Début mai, on a ainsi appris le massacre de familles de FDLR par des soldats congolais issus du CNDP dans la région de Hombo, suivi de représailles contre la localité de Muturungi par les FDLR le 9 mai.

Le président Kabila s’est lui-même alarmé de la situation, après s’en être avisé bien tard, et a fait reprendre le paiement des soldes en urgence; celui d’avril serait en cours. Le chef de l’Etat entend en effet célébrer la fête nationale, le 30 juin, à Goma et ne tient pas à arriver dans une région au bord de l’explosion. Mais n’est-ce pas trop tard ?

Marie-France Cros

Mis en ligne le 23/06/2009

Soure : La Libre Belgique