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dimanche 31 janvier 2016

Au pays des mille collines

Dans toutes les officines occidentales, le général Paul Kagamé, cet ex-chef des services secrets ougandais et proche conseiller du très cynique président ougandais Yoweri Kaguta Museveni, était considéré comme le vainqueur et le probable futur homme fort du Rwanda. Pourtant, il avait gardé un mauvais souvenir à cause de la spectaculaire débandade, en 1990, des rebelles rwandais basés en Ouganda face aux éléments des Forces armées zaïroises conduits par le général Mahele Lieko Bokungu. Ce dernier, en l’occurrence Donatien, était un ancien gamin de la zone de Ngiri-Ngiri que les Zaïrois avaient affectueusement surnommé « le tigre ».
En tout cas, après l’attentat en avril 1994 contre l’avion du général Juvénal Habyarimana, la responsabilité de l’acte ayant provoqué les massacres de plusieurs centaines de milliers de Rwandais demeurait inconnue. Aucune investigation n’avait été sérieusement menée sur le terrain.

Titre : Au pays des mille collines
Auteur : Gaspard-Hubert LONSI KOKO
Éditeur : L’Atelier de l’Égrégore
Collection : Roman/Nouvelle
Formats : EPUB (numérique)
Prix : 11,97 euros
Genre : Policier

jeudi 13 février 2014

Crimes ethniques ou génocide en RD Congo ?

Le lundi 10 février de cette année, Fatou Bensouda, la procureure de la Cour pénale internationale, a accusé l'ancien chef de guerre Bosco Ntaganda, ainsi que sa milice composée de l’Union des patriotes congolais (UPC) et des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), de crimes « ethniques » dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Par conséquent, elle doit convaincre les juges de la solidité de son dossier en vue de l’ouverture d’un procès. La persécution des civils sur « des bases ethniques » n’était pas le fait du hasard dans la mesure où elle visait délibérément la population non-Hema de l’Ituri dans l’optique de faire main basse sur l’Ituri, une région riche en ressources naturelles.
D’aucuns n’ignorent que Bosco Ntaganda doit répondre de crimes contre l'Humanité et de crimes de guerre commis en 2002 et en 2003 en Ituri par les FPLC, dont il était le chef militaire. L’accusation de la procureure Fatou Bensouda à l’encontre du « Terminator des Grands Lacs » nécessite que l’on s’interroge sérieusement sur les raisons qui poussent à privilégier, dans ce cas précis, les crimes « ethniques » au détriment des crimes contre l’Humanité.

Une nouvelle infraction en droit pénal international ?

Crimes « ethniques » ? Est-ce une nouvelle infraction en droit pénal international ? Qu'est-ce qui les différencie de crimes contre l’Humanité ou crimes de génocide ? Ainsi s’est interrogé judicieusement, sur l’espace social Facebook, le journaliste Joël Asher Lévy.
En effet, pourquoi ne doit-on parler de crimes contre l’Humanité, ou crime de génocide, que lorsqu’il s'agit de certaines populations et utiliser le terme exclusif de « crimes ethniques » quand il est question des populations congolaises ? On a l’impression que l’on essaie de minimiser les crimes commis dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo pour renvoyer l’ascenseur à quelqu’un qui a tout simplement été mandaté de faire le sale boulot au profit des Etats régionaux, lesquels sont des représentants officieux des puissances économiques extracontinentales.
Ainsi est-il inhumain de vouloir utiliser le droit international pour confiner en crimes ethniques les actes qui relèvent normalement des crimes contre l’Humanité. Rien n’est plus injuste que lorsque la loi génère des injustices, ne cessait de clamer Cicéron.

Le crime contre l’Humanité

Tout le monde sait qu’un crime contre l’Humanité désigne une « violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d’un individu ou d’un groupe d’individus inspirée par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux ». S’il n’existe pas pour les crimes contre l’Humanité de définition généralement admise, en dépit de la complexité quant aux crimes punis sur les plans international et national, on doit néanmoins respecter le principe juridique selon lequel les faits précèdent la loi.
Rappelons que le génocide des Tutsis a été officiellement reconnu, et à juste titre, du fait qu’il fut commis dans le cadre d’une guerre civile ayant opposé le gouvernement rwandais, constitué de Hutus, au Front patriotique rwandais (FPR), considéré par les autorités nationales d’être essentiellement « tusti ». D’ailleurs, l’accusation de la procureure Fatou Bensouda à l’encontre de Bosco Ntaganda repose sur le fait que les actes visant les non-Hema étaient délibérés.

Une tentative d’émigration forcée ou d’extermination

Il est évident que les différentes crises civiles et armées qui déstabilisent l’Est de la République Démocratique du Congo n’est pas du tout étranger aux aspects fonciers. Le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi essaient de s’approprier, par tous les moyens, les régions congolaises riches en ressources naturelles alors que les puissances économiques extracontinentales s’intéressent aux matières premières. Le processus de balkanisation ne peut être atteint que si lesdites contrées sont majoritairement peuplées de populations en provenance des pays aux velléités expansionnistes.
Ainsi faudra-il provoquer soit l’émigration forcée des populations autochtones, soit parvenir à leur extermination. Le fait que les populations congolaises sont tuées du simple fait d’être nées congolaises relève, qu’on le veule ou non, du génocide. Cette logique est à la base, aussi bien dans la région du Kivu que dans la province orientale, des violences sexuelles contre les femmes et les enfants, des violations systématiques des droits fondamentaux de la personne humaine, de la volonté de priver les Congolais d’origine détenant une citoyenneté étrangère de leur nationalité congolaise…

La partialité et la complicité des institutions internationales

Le fait de reconnaître officiellement le génocide congolais risque de mettre en branle toute une mécanique susceptible de clarifier les complicités locales, nationales, régionales, continentales et internationales relatives au génocide commis dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
A contrario, le fait de vouloir protéger les auteurs des crimes contre l’Humanité, de s’activer dans des institutions internationales pour réduire les actes génocidaires en banals « crimes ethniques » ne fait que confirmer la partialité de la Cour pénale internationale et la complicité des Nations Unies au détriment de la République Démocratique du Congo en particulier, et des peuples bantouphones en général.
En tout cas, le fait d’avoir été une victime ne doit pas donner le droit de devenir à son tour un bourreau. Cela ne doit en aucun cas octroyer le permis de violer, de piller, d’humilier et de tuer impunément.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko

vendredi 18 janvier 2013

Quel avenir pour les pays des Grands Lacs africains ?

Ces dix-huit dernières années, la région des Grands Lacs africains a été le théâtre de violences meurtrières, de catastrophes humanitaires et bouleversements politiques sans précédent. En effet, quatre chefs d’État ont été assassinés –  Melchior Ndadaye et Cyprien Ntaryamira au Burundi, Juvénal Habyarimana au Rwanda, Laurent-Désiré Kabila en République Démocratique du Congo – tandis que les guerres civiles ont occasionné 1 million de morts au Rwanda, 500 000 au Burundi, plus de 6 000 000 au Congo-Kinshasa[1]. Quant aux conflits sociaux, ils ont profondément détruit la confiance entre ces trois pays dont les relations ont toujours été cordiales jusqu’en 1996[2]. Triste constat, le génocide rwandais n’a nullement empêché le génocide congolais. Les victimes d’hier sont-elles devenues des bourreaux d’aujourd’hui ? Ces années de guerre ont en tout cas porté un coup fatal aux économies déjà précaires, plongeant ainsi la quasi-totalité des populations dans la pauvreté la plus extrême.
De 2006 à nos jours, on a malheureusement assisté aux différentes guerres et à moult conflits dans la région du Kivu à travers non seulement des affrontements meurtriers entre les forces armées étatiques[3] et les rebelles[4], mais aussi la protection[5] des généraux ayant déserté les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Ces derniers sont issus du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) et bénéficient du soutien du Rwanda, de l’Ouganda ainsi que du Burundi. C’est dans un contexte d’insécurité que plusieurs acteurs – dont la France, la Belgique[6], l’Union Africaine et les Nations Unies – cherchent en vain des solutions appropriées pour pacifier la région des Grands Lacs africains.

L’annexion du Kivu au Rwanda

Contrairement à l’idée défendue notamment par l’ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy et d’autres lobbyistes américains proches de l’ancien président américain Bill Clinton, l’Union du Congo (UDC)[7] s’est opposée – par le truchement des manifestations à Paris et des prises de positions – aux propositions consistant à intégrer économiquement la région du Kivu au Rwanda. En revanche, l’UDC a préconisé une réactivation de la Communauté Économique des Pays des Grands Lacs (CEPGL) comme complément vital au processus de paix et au développement économique. Il est important de discuter, à cet effet, des modalités d’une Commission d’évaluation, de relance et de réaménagement des mécanismes et instruments existants de la CEPGL pour faire des propositions opérationnelles. Mais il faudra arrêter tout soutien politique et militaire aux forces négatives qui déstabilisent l’Est de la RD Congo. Effectivement, seule leur neutralisation et l’intégrité du territoire congolais pourront permettre l’établissement d’un agenda et l’articulation d’un programme précis dans le cadre d’une union douanière.

Paramètres à prendre en compte

Avant de faire des propositions, il est nécessaire de se pencher sur les obstacles et les opportunités relatives au réaménagement de la CEPGL sans pour autant omettre les atouts. Il est aussi important de cerner les intentions réelles de différents partenaires directement concernés et indirectement impliqués.
Rappelons que  la République Démocratique du Congo partage déjà un même espace avec le Rwanda au sein des organismes relatifs à l’Afrique centrale et dans le cadre de l’Afrique des Grands Lacs[8]. Il est indispensable d’avoir à l’esprit que, dans le cadre de la CEPGL, la République Démocratique du Congo, le Rwanda et le Burundi ont déjà créé des sociétés mixtes[9]. À cet effet, la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) a approuvé dix projets prioritaires à impacts visibles sur les populations frontalières[10].

Le réaménagement en vue de la relance de la CEPGL

Il est indispensable de stabiliser la République Démocratique du Congo, de le réconcilier avec les autres pays des Grands Lacs et de tendre vers un regroupement plus consolidé. La configuration des regroupements régionaux ne valant que celui de leurs composantes, seuls les États gérés de façon cohérente peuvent mettre en place une organisation transfrontalière viable et profitable aux différentes coopérations. Bien entendu, la stabilité politique des États membres reste le seul gage de la réussite de la CEPGL. On ne peut donc faire l’économie d’une étude approfondie s’agissant du rôle de l’Union africaine, des instruments de l’intégration régionale ainsi que des motivations des pays concernés. Dans le même ordre d’idées, les stratégies économiques ne doivent pas supplanter les enjeux politiques dans la mesure où les États structurés – politiquement, socialement et économiquement – résisteront mieux dans un regroupement dont les contours ne sont pas encore évidents. Plus explicitement, au-delà de l’aspect économique, il est important de prendre en compte les impératifs sécuritaires et politiques actuels. En effet, tant que l’enjeu principal de ce réaménagement ne sera pas le bien-être du plus vulnérable, les différentes tentatives d’intégration seront vouées à l’échec.
Une chose est certaine, les pays frontaliers de la République Démocratique du Congo ne doivent pas envier ses ressources naturelles mais avoir besoin de son développement économique. De plus, leur très riche voisin servira in fine de vivier non seulement à la région des Grands Lacs mais aussi à toute l’Afrique centrale. L’avenir des pays des Grands Lacs africains est indéniablement économique, et seuls les accords de non-agression pourront le garantir.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
© Jolpress

À lire aussi :

- La République Démocratique du Congo, un combat pour la survie ;
- Pour une paix durable en RDC et dans la région des Grands Lacs.
Notes :
[1] À cette liste macabre, il faut ajouter des milliers de personnes déplacées, des milliers de femmes victimes de violences sexuelles, le recours aux enfants soldats…
[2] La Communauté Économique des Pays des Grands Lacs (CEPGL) se fonde sur des principes presque similaires à ceux qui sont en cours dans l’Union européenne et dans le Benelux :
- la libre-circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services ainsi qu’un droit d’établissement dans ces trois pays ;
- l’ouverture des frontières entre les pays membres et une politique douanière commune par rapport à l’espace non communautaire ;
- le  développement des infrastructures, des communications, des banques... ;
- la convergence et l’harmonisation des politiques économiques, sociales et agricoles.
[3] Allusion aux opérations conjointes qui ont été menées entre les FARDC et les éléments de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) sur le territoire congolais en vue de neutraliser les éléments négatifs.
[4] Congrès Nationale pour la Défense du Peuple (CNDP), Front Démocratique pour la Libération du Rwanda (FDLR), le Mouvement du 23 mars (M23), des milices Maï-Maï…
[5] Notamment le simulacre relatif à l’arrestation de Laurent Nkunda par les autorités rwandaises après son éviction de la direction du CNDP par Bosco Ntaganda, lequel dirige officieusement, aujourd’hui, le M23.
[6] De surcroît, lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies du 27 janvier 2006, (5359e session) concernant la situation des Grands Lacs africains, l’ancien ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a insisté sur l’effet stabilisateur de la coopération économique régionale. Il a souligné que la CEPGL pourrait devenir un facteur d’intégration entre les populations de la République Démocratique du Congo, du Rwanda et du Burundi. Enfin, en référence à cette région, la Commission européenne a insisté sur la corrélation entre la paix, la stabilité et le développement économique.
[7] Plate-forme d’associations congolaises et associées œuvrant pour la solidarité internationale, le développement économique et culturel ainsi que la paix en République Démocratique du Congo. Voir aussi la vidéo intitulée Nicolas Sarkozy et Paul Kagamé : les noces franco-rwandaises.
[8] D’où l’existence de la Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs (CIRGL).
[9] Notamment l’Énergie des Grands Lacs (EGL), l’Institut de Recherche Agronomique et Zootechnique (IRAZ), la Société Internationale pour l’Électricité des Grands Lacs (SINELAC) et, enfin, la Banque de Développement des États des Grands Lacs (BDEGL).
[10] Ces projets ont trait :
- à la création d’un mécanisme régional d’appui aux institutions de micro-finance, bassins transfrontaliers de développement ;
- au projet régional sur la sécurité alimentaire dans la région des Grands Lacs ;
- à la relance de la Communauté économique des pays des Grands Lacs qui a déjà reçu un montant de 50 millions de dollars de l’Union européenne en vue de son redémarrage ;
- au mécanisme régional de certification des ressources naturelles pour mettre un terme à l’exploitation illégale des ressources naturelles congolaises ;
- à l’exploitation du gaz méthane du Lac Kivu pour un programme d’amélioration des projets d’infrastructures et de facilités des transports…

lundi 26 novembre 2012

Conférence de presse sur la situation en RD Congo

Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC), le Congrès des Démocrates pour le Progrès Social (CDPS-France), l'Alliance pour le Développement de la République (ADR-France), le Collectif des Démocrates Congolais (CDC), Union du Congo (UDC) et le Groupe des Réflexions des Congolais de France (GRCF) organisent une conférence de presse sur la situation en cours dans la région du Kivu. Ils exposeront, à cette occasion, leurs positions communes et feront des propositions en vue d’un État de droit, de la stabilité de la République Démocratique du Congo et de la pacification de la région des Grands Lacs africains.

Date et heure :
28 novembre 2012 à 9 h 00.

Lieu :
Mucha Café
227, boulevard Saint-Garmain - 75007 Paris
Métro Solférino

Contact :
Gaspard-Hubert LONSI KOKO
Tél. : 0033 612 066 872
E-mail: rdpc.rdc@gmail.com

NOTA BENE : Prière de confirmer sa présence à cet effet. Seuls les journalistes sont conviés.

mardi 31 juillet 2012

Est de la RD Congo : Paul Kagamé dans l'œil du cyclone

Le Département d’État a récemment annoncé la suspension de son aide militaire[1] au Rwanda, en réaction à un rapport onusien sur la situation en cours dans la région des Grands Lacs africains. En effet, selon les experts des Nations Unies, le président Paul Kagamé soutient la rébellion dans la partie orientale de République Démocratique du Congo, en lui fournissant « des armes, du ravitaillement militaire et de nouvelles recrues ».

En ayant pris la décision de geler l’aide militaire au Rwanda, certains analystes estiment que les États-Unis ont mis fin à l’idylle, qui avait débuté il y a une quinzaine d’années, avec le président rwandais. Ainsi le soutien au groupe rebelle dénommé Mouvement du 23 mars (M23) a-t-il poussé Washington à appeler, par le truchement de la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland, à « la fin des violences dans l’Est de la République Démocratique du Congo » et à ce que « cesse tout appui extérieur » aux insurgés congolais [lire la suite].

Gaspard-Hubert Lonsi KokoSource : jolpress.com

mardi 3 juillet 2012

Cinq questions à Gaspard-Hubert Lonsi Koko


 1. L’implication du Rwanda dans la guerre du Kivu ne fait plus de doute possible. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Cela montre tout simplement que certains voisins ne nous aiment pas. L’envie les pousse à convoiter nos richesses et nos terres, à désirer nos femmes, à nous haïr au point de planifier les viols, les massacres et le dépeuplement de quelques contrées de la région du Kivu dans le but de s’y installer définitivement. Comment Paul Kagamé peut-il réfuter tout soutien aux mutins du M23, dès lors que le gouvernement rwandais refuse d’extrader vers Kinshasa un criminel comme Laurent Nkunda et ne prenne aucune initiative favorable au dialogue inter-rwandais ? Nous devons agir, par tous les moyens, pour que les FDLR et leurs descendants ne servent plus de prétexte aux différentes tentatives de déstabilisation de la RD Congo. Nous sommes contraints de bâtir une armée citoyenne davantage aguerrie, condition sine qua non pour l’unité nationale.

2. Ni la Monusco, ni les FARDC, aucune force n’arrive à mettre la main sur Bosco Ntaganda et Sultani Makenga, les chefs du mouvement rebelle M23, et Laurent Nkunda se réfugierait paisiblement à Kigali. N’est-ce pas étonnant ?
La communauté internationale ne cesse de demander l’arrestation du chef de l’État soudanais Omar el-Bechir. Après avoir obtenu l’extradition d’anciens présidents de la République comme Charles Taylor et Laurent Gbagbo, elle se tait quant à la liberté dont jouirait le criminel Laurent Nkunda au Rwanda. Elle ferme les yeux sur les exactions qui sont sans arrêt commises dans le Kivu. On constate de facto une certaine tolérance de la part de quelques acteurs locaux et internationaux, voire une complicité entre eux, s’agissant du drame qui frappe les populations congolaises. Comment peut-on expliquer la suspension des opérations militaires contre les mutins, laquelle leur a permis de regagner un bon nombre de positions ayant été évacuées après l’offensive des FARDC ? Au lieu de les désarmer, on les a plutôt armés. Il est toutefois impensable que le plus gros contingent des Nations unies ne puisse pas remplir la mission qui lui a été assignée, c’est-à-dire la protection des populations civiles et l’instauration d’une paix durable. Ainsi, est-il inhumain de rester insensible à l’insécurité qui règne dans la partie orientale de la RD Congo et à la crise humanitaire qui s’y déroule.

3. Comment expliquez-vous la passivité, réelle ou présumée, de la communauté internationale sur ce dossier ?
La crise économique qui sévit en Occident pourra trouver une partie de la solution, hypothèse à ne pas exclure, dans l’affaiblissement des peuples africains. L’instabilité de l’Afrique permettra d’avoir la mainmise sur les richesses locales et de s’adonner à leur exploitation à moindre frais. La partition du Soudan, l’occupation en cours du Mali, la fragilisation de la Libye, l’ingérence dans les affaires intérieures en Côte d’Ivoire pour évincer Laurent Gbagbo du pouvoir, la paralysie de l’exécutif de l’Union africaine constituent autant des preuves tangibles d’une volonté manifeste de redéfinir les frontières héritées de la colonisation.

4. « Kabila-Kagame : nœud du problème », affirme une certaine presse. Partagez-vous cet avis ?
Le silence absolu qu’a adopté le président Kabila, depuis la reprise de cette mutinerie, et la non interpellation du gouvernement par le Parlement ne plaident pas en faveur d’une réelle volonté de stabiliser la situation dans l’Est du pays. Faut-il conclure que celui qui ne dit mot consent ? Kinshasa savait que la tentative d’arrestation de Bosco Ntaganda et le projet de réforme visant l’affaiblissement des chaînes de commandement parallèle allaient mettre un terme au traitement préférentiel dont bénéficient les officiers issus du CNDP. Comment se fait-il que les précautions n’ont pas été prises ? On réalise l’impuissance des autorités congolaises à mettre à exécution la menace contre les hors-la-loi à la solde de Paul Kagamé, qui sèment impunément la mort et la désolation. Soulignons que le président rwandais n’est pas un foudre de guerre. Il se contente de tirer profit de l’amateurisme et de l’incapacité d’une classe politique congolaise non encline à la défense des intérêts nationaux.

5. D’aucuns soutiennent que la balkanisation du Congo est en marche. Quel est votre sentiment ?
L’inertie, la tergiversation et le silence de la communauté internationale par rapport aux violations des droits fondamentaux et au génocide congolais confortent, de toute évidence, la thèse d’un complot en vue de l’extermination des populations congolaises ainsi que de la balkanisation du Congo-Kinshasa. Rappelons néanmoins que chez les Bantous le foncier relève du domaine familial. Le fait de vouloir s’approprier les terres congolaises par les armes et l’humiliation risque de susciter le courroux des esprits. Les forces telluriques qui ont toujours existé, et qui ne cesseront d’interférer sur le cours de l’histoire, veillent aux intérêts des occupants légitimes. Elles agiront, dans un avenir très proche, au profit des fils et des filles du Congo. Encore faut-il que les Congolaises et les Congolais, de l’intérieur comme de l’extérieur, de la majorité comme de l’opposition, des quatre coins du pays, oublient leurs divergences afin de faire bloc contre les ennemis de la Nation.

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France

(*) Porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)

© Le Potentiel

mardi 15 février 2011

Grande Marche du 19 février : modification du trajet

Le trajet de la grande marche contre les violations des droits fondamentaux en République Démocratique du Congo du 19 février 2011, de 13 h 30 à 18 h 00, vient d'être modifié.

En effet, pour des raisons techniques et sécuritaires, et en accord avec la Préfecture de Police de Paris, la marche commencera, comme prévu, à Château Rouge (métro) mais s'arrêtera à la Place de la République.

jeudi 10 février 2011

Grande Marche contre les violations des droits fondamentaux en République Démocratique du Congo


Samedi 19 février de 13 h 30 à 18 h 00

De Château Rouge (métro) à la place de la République

- NON aux massacres d'étudiants ;
- NON aux arrestations arbitraires ;
- NON au tripatouillage constitutionnel ;
- STOP aux violences faites à la femme congolaise.

Contact : unionducongo@gmail.com

jeudi 23 juillet 2009

AFRIQUE/R.D. CONGO - Les réserves de coltan et d’autres minéraux qui alimentent la guerre au Sud et au Nord Kivu sont stratégiques


Kinshasa (Agence Fides) – Ce sont les minéraux du sous-sol du Nord et du Sud Kivu (Est de la République Démocratique du Congo) qui alimentent le conflit qui dure depuis plus de 12 ans. C’est ce qu’affirme un rapport publié récemment par l’organisation Global Witness, qui décrit en détail comment les différentes formations militaires de la zone se financent en pillant les richesses de la région.

« Dans différentes régions de la province du Nord et du Sud Kivu, ce sont les groupes armés et l’armée nationale congolaise qui contrôlent le commerce de la cassitérite (minerai d’étain), de l’or, de la columbite-tantalite (coltan), de la wolframite (dont on tire le tungstène), et d’autres minéraux » affirme le rapport intitulé « Face à un fusil, que peut-on faire ? ». Parmi les groupes cités dans le rapport, il y a les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), formées de hutu rwandais qui depuis 15 ans sévissent parmi la population congolaise malgré les diverses tentatives de bloquer leurs activités (cf. Fides 3/6/2009). Comment ce groupe, officiellement banni par tous, est-il encore actif ? A la lumière des révélations de Global Witness, la réponse est claire, car il se finance avec le trafic illicite de minéraux avec la complicité d’acteurs internationaux.
Le document de la britannique Global Witness arrive après une étude réalisée par l’« Ecole de Guerre économique » (EGG) française, sous la direction de Christian Harbulot, en novembre 2008, intitulée « La guerre du coltan en RDC », dans laquelle sont mis en lumière les intérêts économiques et stratégiques des plus grandes puissances mondiales pour contrôler le coltan, un minérai utilisé dans l’industrie électronique, aérospatiale et des armements.
« L’Europe et les Etats-Unis sont totalement dépendants de la réserve étrangère de coltan » affirme le rapport de l’ECG. « Si actuellement l’Australie et le Brésil en exportent en grandes quantités, l’enjeu géostratégique des puissances qui raisonnent en termes de réserves est dans la République Démocratique du Congo. En effet le coltan de la région du Kivu représente entre 60 et 80% des réserves mondiales de tantale (métal extrait du coltan). Pour ces états dotés de systèmes de défense à haute technologie, le coltan, outre son potentiel économique effectif, est stratégique, car le tantale est indispensable à l’industrie aéronautique, aérospatiale et à la défense » affirme le document qui cite aussi un rapport du Pentagone dans lequel on reconnaît que « plusieurs applications du tantale ont à voir, directement ou indirectement, avec la défense ».
De l’analyse des rapports des deux groupes de recherche, on comprend que la guerre dans les deux Kivu, souvent décrite comme « ethnique », rentre dans un conflit beaucoup plus vaste qui a des implications économiques et stratégiques qui vont bien au-delà du Congo et de l’Afrique même. Les différents mouvements de guérilla et les armées qui agissent dans les deux provinces congolaises se disputent le contrôle des gisements miniers. Derrière eux il y a plusieurs états africains, utilisés pour exporter les minéraux illicitement soustraits aux congolais, plusieurs multinationales minières et plusieurs puissances, qui comme on l’a dit, dépendent du coltan et d’autres minéraux stratégiques de la région. Les évêques congolais et les missionnaires qui travaillent dans la région depuis des années dénoncent cette situation (cf. Fides 10/6/2009). Et c’est un bien que des groupes d’analyse indépendants, en Europe et aux Etats-Unis, commencent à dénoncer les responsables de cette situation. Continuer à parler de guerre « ethnique » ou « tribale » signifie se rendre complice de ceux qui veulent continuer à exploiter impunément cette région au détriment de ses habitants. Parmi les crimes commis par les groupes armés de la région il y a les viols de masse (des centaines de milliers de cas), utilisés sciemment pour semer la terreur parmi la population et la contraindre à la fuite, de sorte de laisser le champ libre aux prédateurs des richesses congolaises. (L.M.) (Agence Fides 21/7/2009, lignes 44, mots 666).

Source : Agenzia fides

jeudi 9 juillet 2009

Situation confuse au Nord-Kivu : Fdlr et Cndp jouent aux pyromanes

Kinshasa, 08/07/2009 / Politique

Pendant que la ville de Goma abritait les festivités du 30 juin, les rebelles hutu rwandais (Fdlr) continuaient à raser des villages entiers, incendiant au passage plusieurs habitations.

soldatsL’impressionnant dispo­sitif sécuritaire mis en pla­ce à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, à l’occasion du séjour du président de la République et des festivités que celui-ci y a présidées pour commémorer les 49 ans de l’indépendance de la République démocratique du Congo a, dans l’ensem­ble, permis à Joseph Kabila de gagner son pari. Mais, au delà du défi que le Chef de l’Etat et le gouvernement Muzito ont ainsi lancé aux rebelles hutu rwandais (Fdlr) ainsi qu’aux rebelles Ougandais de la Lra suite à la terreur que ces derniers sèment à l’Est, le renforcement circonstan­ciel de la sécurité à Goma n’a pas réduit le degré de nuisance de ces forces né­gatives.

Pour preuve, pen­dant que le chef-lieu du Nord-Kivu était entrain de fêter les 49 ans de l’indé­pendance du pays, loin de là, les rebelles continuaient impunément à raser des vil­lages entiers, incendiant au passage plusieurs habitations.

Ce drame qui fait désor­mais partie du vécu quoti­dien des Kivutiens s’est notamment déroulé à Miriki, village situé sur une colline verdoyante, en pleine forêt de l’Est de la RDC. Réveillés à 2h°° du matin par des coups de feu, les habitants de ce village ont assisté im­puissants à l’incendie de plus de 100 cases.

A en croire l’Agence France Presse qui a re­cueilli les témoignages de ces villageois, plus de 130 cases ont été incendiées par un groupe de militaires armés. Et selon les villa­geois, ces assaillants por­taient des uniformes de l’Ar­mée régulière (Fardc). Il s’agirait, affirme la même source, des ex-rebel­les congolais membres du Congrès national pour la défense du peuple (Cpdp), mouvement politico-militaire proche du Rwanda et dirigé par le duo Nkunda-Ntangan­da.

Ce mouvement, on le sait, a renoncé à la lutte ar­mée après « l’arrestation » de Laurent Nkunda au Rwanda et après avoir signé un accord de paix avec le gouvernement de Kinshasa. Cet accord de paix con­clu à Goma prévoit entre autres l’intégration de ces ex-rebelles au sein des Far­dc et l’entrée toujours atten­due des responsables poli­tiques de ce mouvement au gouvernement et dans d’autres institutions du pays. Les habitants de Miri­ki semblent attribuer l’in­cendie de leurs cases à une mésentente entre les villa­geois et ces éléments Far­dc, peu avant qu’ils ne soient relevés par d’autres éléments.

Mais du coté de l’armée régulière, on attribue plutôt ces attaques aux rebelles hutus rwandais (Fdlr). Ces genres d’attaques suivies d’incendies de ca­ses sont devenus très fré­quents au Nord-Kivu. Le 17 avril dernier, des hommes armés avaient brûlé 90 ca­ses et tué deux civils à Miri­ki. Cette stratégie de la ter­re brûlée est également d’usage en Province Orien­tale où des rebelles ougan­dais de la LRA continuent à tuer les populations civiles et à violer des femmes en toute impunité.

Pas plus tard que di­manche, des hommes armés ont encore fait parler la pou­dre à Rutshuru, faisant plu­sieurs victimes parmi les civils dont un responsable d’une Eglise locale. Ici aussi, l’attaque a été attribuée aux rebelles Fdlr alors que le territoire de Rushturu est contrôlé par les ex-rebelles du CNDP.

(TN/Th/GW/Yes)

Dieudonné Mbuyi/La Tempête des tropiques