Affichage des articles dont le libellé est laurent-désiré kabila. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est laurent-désiré kabila. Afficher tous les articles

dimanche 31 janvier 2016

Au pays des mille collines

Dans toutes les officines occidentales, le général Paul Kagamé, cet ex-chef des services secrets ougandais et proche conseiller du très cynique président ougandais Yoweri Kaguta Museveni, était considéré comme le vainqueur et le probable futur homme fort du Rwanda. Pourtant, il avait gardé un mauvais souvenir à cause de la spectaculaire débandade, en 1990, des rebelles rwandais basés en Ouganda face aux éléments des Forces armées zaïroises conduits par le général Mahele Lieko Bokungu. Ce dernier, en l’occurrence Donatien, était un ancien gamin de la zone de Ngiri-Ngiri que les Zaïrois avaient affectueusement surnommé « le tigre ».
En tout cas, après l’attentat en avril 1994 contre l’avion du général Juvénal Habyarimana, la responsabilité de l’acte ayant provoqué les massacres de plusieurs centaines de milliers de Rwandais demeurait inconnue. Aucune investigation n’avait été sérieusement menée sur le terrain.

Titre : Au pays des mille collines
Auteur : Gaspard-Hubert LONSI KOKO
Éditeur : L’Atelier de l’Égrégore
Collection : Roman/Nouvelle
Formats : EPUB (numérique)
Prix : 11,97 euros
Genre : Policier

samedi 5 juillet 2014

La RD Congo, victime d'un complot international ?

L’intervention des forces onusiennes en République Démocratique du Congo ne commence pas qu’en novembre 1999. L’impréparation de l’indépendance de l’ancienne colonie belge faisait redouter aux pays occidentaux le passage de ce territoire, minier et stratégique, dans la sphère d’influence soviétique. Sans attendre la proclamation de la souveraineté nationale, Dag Hammarskjöld envoya Ralph Bunche à Léopoldville comme représentant spécial.
Après la mutinerie de l’armée nationale congolaise, le déploiement des militaires belges dans le pays et la proclamation de l’indépendance du Katanga le 11 juillet 1960, Dag Hammarskjöld organisa, le 12 juillet de la même année, à la demande du président congolais Joseph Kasa Vubu et du Premier ministre Patrice Lumumba, une réunion de crise avec le Groupe des pays africains non-alignés[1]. Le 14 juillet, il eut recours, pour la première fois, à l’article 99 de la Charte des Nations Unies pour convoquer une réunion du Conseil de Sécurité sur la crise congolaise[2]. Ainsi le Conseil adopta-t-il la résolution 143 demandant à la Belgique de retirer ses troupes du Congo-Léopoldville et autorisant Dag Hammarskjöld à prendre toutes les mesures nécessaires pour fournir au gouvernement congolais l’assistance militaire dont il avait besoin[3]. A cet effet, le premier contingent de l’Opération des Nations Unies au Congo (ONUC) arriva à Léopoldville, actuellement Kinshasa, 48 heures après le vote de cette résolution.

Les différentes tentatives de sécessions

La présence des forces onusiennes ne vint nullement à bout des tensions qui menaçaient l’unité du Congo-Léopoldville. En effet, la crise s’amplifia avec la proclamation de l’indépendance du Sud-Kasaï, le 9 août 1960, et l’arrivée, le 15 août, de la coopération militaire soviétique à la demande du gouvernement congolais. L’ONUC céda à la pression des Etats-Unis en soutenant le président Joseph Kasa Vubu dans le but de contrer le soutien de l’URSS au Premier ministre déchu Patrice Lumumba. Espérant éviter l’implosion de ce géant au cœur de l'Afrique centrale, Dag Hammarskjöld mobilisa les pays non-alignés pour préserver la neutralité de l’ONUC et éviter sa paralysie. À l'automne 1960, l’URSS exigea la démission de Dag Hammarskjöld et la mise en place, pour diriger le Secrétariat des Nations Unies, d’un système de Troïka avec un membre représentant les États occidentaux, un les États non-alignés et un les États communistes. L’assassinat de Patrice Lumumba en janvier 1961 occasionna davantage les critiques du groupe des non pays-alignés contre l’action du Secrétaire général. Sous la pression de l’URSS, le Conseil de sécurité adopta, le 21 février 1961, la résolution 161 exigeant du président du Katanga sécessionniste, Moïse Antonin Kapenda Tshombe, de se séparer de ses mercenaires étrangers.

Les opérations Rumpunch et Morthor

Le 28 août 1961, l’ONUC déclencha au Katanga l’opération « Rumpunch » qui permit de neutraliser un grand nombre de mercenaires à la solde de Tshombe. Face à la violente réaction du gouvernement sécessionniste, sans l’accord du Secrétaire général, l’ONUC lança le 13 septembre 1961 l’opération « Morthor » afin de venir à bout de l’armée katangaise. Cette ultime initiative se fit au grand désespoir des États occidentaux qui étaient majoritairement favorables au maintien d’une forte autonomie du Katanga et reprochaient à Dag Hammarskjöld de ne pas les avoir prévenus avant le lancement de ladite opération. Ce fut dans ce contexte très tendu que le Secrétaire général entama un ultime voyage au Congo, convaincu que de la réussite de sa mission dépendaient son maintien à la tête de l’organisation onusienne, la survie des Nations Unies et l’avenir de la paix dans le monde.
Dans la nuit du 17 au 18 septembre 1961, l’Albertina, le DC-6 affrété pour le compte des Nations Unies par la compagnie suédoise Trans Air au bord duquel voyageait Dag Hammarskjöld, s’écrasa dans une forêt à une dizaine de kilomètres de Ndola en Rhodésie du Nord (l’actuelle Zambie). En effet, en provenance de Léopoldville, le Secrétaire général des Nations Unies se rendait le 13 septembre 1961, au lendemain du déclenchement par l’ONUC de l’opération « Morthor », à Ndola afin de rencontrer le président du Katanga indépendant, Moïse Antonin Kapenda Tshombe, à propos de la libération d’une compagnie de casques bleus retenue en otage à Jadotville (actuellement Likasi) et du désarmement complet des forces katangaises, en application de la résolution 161 du Conseil de sécurité.

L’accord de Lusaka

Avec la première guerre dite de « libération », menée à partir de la province du Kivu en septembre 1996 par ceux qui se sont qualifiés de Banyamulenge, sous la direction d’une coalition de quelques pays frontaliers, on a assisté à la fin de l’Etat zaïrois, la base armée du régime mobutiste s’étant rendue presque sans combattre. L’espoir suscité par l’installation de Laurent-Désiré Kabila au pouvoir se transforma néanmoins, en un laps de temps, en une très grande déception en l’absence d’ouverture politique et de recherche d’un consensus minimum sur l’Etat à reconstruire. Incohérence et inconsistance des politiques, concentration, ethnicisation et personnalisation du pouvoir ont fini par provoquer mécontentements et dissensions. La brouille avec les alliés des circonstances, internes et aussi externes comme le Rwanda ainsi que l’Ouganda, a conduit le 2 août 1998 à l’éclatement de la deuxième « guerre interrégionale africaine ». Celle-ci s’est enlisée, le pays étant de facto divisé, massacres et destructions ont occasionné des déplacements massifs de populations civiles.
Sous la pression de la communauté internationale, un accord de cessez-le-feu fut cependant signé in extremis en juillet et août 199 à Lusaka, en Zambie, entre six Etats[5] africains. Mais la mise en œuvre des accords de Lusaka s’est avérée d’emblée très difficile. Peu de progrès avaient été réalisés au début de 2001. Suite à l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila le 18 janvier 2001 et à l’arrivée presque imprévue au pouvoir de Joseph Kabila, une opportunité s’est enfin dégagée, eût-on cru, pour sortir la République Démocratique du Congo de la guerre et l’engager dans une voie de retour à la stabilité structurelle.
ADVERTISEMENT

La création de la MONUC

Le 30 novembre 1999, dans le but de maintenir, entre autres, une liaison sur le terrain avec toutes les parties concernées par l’Accord de Lusaka, le Conseil de sécurité a créé, par la résolution 1279, la Mission de l’organisation des Nations Unies en République Démocratique du Congo (MONUC). Celle-ci devait surtout garantir le respect du cessez-le-feu, le désengagement des forces en présence et le maintien d'une liaison avec toutes les parties ayant signé ledit l'Accord de cessez-le-feu. A cet effet, le Conseil de sécurité élargirait plus tard, à travers de nouvelles résolutions, le mandat de la MONUC en lui attribuant plusieurs tâches supplémentaires. Après avoir coûté plus de 10 milliards de dollars aux Nations Unies, sans pour autant parvenir à mettre un terme aux conflits armés ayant fait près de 6 millions de morts, la MONUC fut à l’origine, de 1999 à 2008, d’une cinquantaine de résolutions du Conseil de sécurité sur le situation en République Démocratique du Congo.

La mise en place de la MONUSCO

Le 1er juillet 2010, la Mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO) remplaça la MONUC, en application de la résolution 1925 du Conseil de sécurité du 28 mai 2010. Ce changement traduisit la nouvelle phase dans laquelle le pays était entré. Cette mission devait en principe utiliser tous les moyens nécessaires pour s’acquitter de son mandat, notamment en vue d’assurer la protection des civils, du personnel humanitaire et du personnel chargé de défendre les droits de l’Homme se trouvant sous la menace imminente de violences physiques. Ainsi devait-elle appuyer le gouvernement congolais dans ses efforts de stabilisation, de protection civile et de consolidation de la paix. Avec plus de 23 000 hommes, la MONUSCO représente le plus budgétivore et le plus gros contingent des Nations Unies.

Les pourparlers de Kampala

A l’issue du sommet des pays de la région des Grands Lacs qui s’est tenu le 24 novembre 2012 à Kampala, la capitale ougandaise, les chefs d’Etat concernés ont demandé aux éléments du M23 de quitter la ville de Goma. Dans cette intention, ils ont prié leur homologue congolais, Joseph Kabila, d’écouter les revendications légitimes des agresseurs. Mais ces derniers ont exigé un dialogue, avant d’envisager le retrait de la capitale de la province du Nord-Kivu.
Les spécialistes de la région des Grands Lacs africains savaient pertinemment que les pourparlers de Kampala préfiguraient le devenir de la République Démocratique du Congo. En effet, ce qui s’est déroulé dans la capitale ougandaise sous la supervision du président Yoweri Kaguta Museveni, entre les représentants du gouvernement congolais et ceux du mouvement dénommé M23, allait révéler le pot aux roses : le décrochage de la région du Kivu au profit de l’Ouganda et du Rwanda. De plus, Kinshasa avait la possibilité de reconduire les clandestins jusqu’à la frontière. Il suffisait seulement de manœuvrer avec habileté. Mais n’était pas Talleyrand qui le voulait !

L’accord-cadre d’Addis-Abeba

Lors du sommet de l’Union africaine qui s’est tenu à Addis-Abeba, en Ethiopie, quelques dirigeants de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) ont suggéré la mise en place d’une force neutre en vue de paralyser les éléments du M 23 et des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) qui opéraient dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo. Mais, dans la journée du 11 juillet 2013, la rencontre interministérielle de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs (CIRGL) a brillé par son incapacité à me mettre les participants d’accord sur la cessation immédiate des conflits qui déstabilisaient la région du Kivu. Pourtant, malgré quelques failles, le 24 février 2013, les dirigeants des pays des Grands Lacs, d’Afrique centrale et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) avaient signé un accord-cadre de paix, sous l’égide des Nations Unies, visant à mettre définitivement fin à deux décennies de conflit dans l’Est du Congo-Kinshasa.
Primo, cet accord-accord aurait dû suspendre la médiation qui était menée par le président rwandais entre le gouvernement congolais et les éléments du M23. De plus, la mise en place d’une brigade d’intervention, sous la direction des forces onusiennes, interviendrait en vue de la stabilisation de la région. Secundo, l’engagement relatif au renforcement de la coopération régionale n’avait pas précisa que seules les ressources transfrontalières devraient être concernées par l’intégration économique. Tertio, l’objectif de l’accord-cadre d’Addis-Abeba devait renforcer la souveraineté de la République Démocratique du Congo et non sa mise sous tutelle par le biais d’une décentralisation maîtrisée par la communauté internationale. Par ailleurs, l’absence de sanction à l’encontre des signataires a incité très récemment le Rwanda à brandir la menace consistant à retirer sa participation à cet accord-cadre.

Une fatalité congolaise ?

Faut-il conclure que les ressources naturelles dont regorge la République Démocratique du Congo et sa situation géostratégique sont-elles à l’origine du malheur du peuple congolais. Ce malheur est-il le fait d’une simple fatalité ? Peut-on soulever l’hypothèse d’un complot international contre ce pays ? En tout cas, de l’accession de ce territoire à la reconnaissance internationale à nos jours, cet immense pays a toujours suscité des rivalités de pouvoir à l’intérieur et des convoitises à l’extérieur, c’est-à-dire à l’échelle régionale et au-delà. A défaut d’un leadership national, ses attractives ressources naturelles entretiennent sans cesse des conflits. Pour conjurer la fatalité, voire le complot international, qui ne cesse d’hypothéquer l’avenir des Congolaises et des Congolais, il est impératif de faire émerger un projet de société cohérent qui devra forcément se décliner en deux phases.
D’une part, il est urgent de développer une diplomatie performante en vue de la sécurité et de la paix dans la région des Grands Lacs africains. D’autre part, il faudra initier à très court terme une sérieuse politique républicaine qui aura pour finalité la croissance économique – l’objectif étant l’amélioration des conditions de vie des populations locales, la lutte contre la pauvreté, l’évolution sociale, la cohésion nationale et le patriotisme congolais.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Agoravox

Notes
- Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, L’Harmattan, Paris 2013 ;
- Congo-Kinshasa : le degré zéro de la politique, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, L’Harmattan, Paris 2012.


[1] Ce mouvement, né durant la Guerre froide, regroupait les États qui ne se considéraient comme alignés ni sur le bloc de l’Est, ni sur le bloc de l’Ouest.
[2] Donnant au Secrétaire général la possibilité d’attirer l’attention du Conseil de sécurité sur toute affaire qui, à son avis, pourrait mettre en danger le maintient de la paix et de la sécurité nationales.
[3] Cette résolution a été adoptée par 8 voix – la France, la République de Chine et le Royaume-Uni s’étant abstenus.
[4] Composée de l’Ouganda, du Burundi et du Rwanda.
[5] L’Angola, la République Démocratique du Congo, la Namibie, le Zimbabwe, l’Ouganda et le Rwanda.

lundi 11 mars 2013

Pour un dialogue républicain et inclusif en RD Congo

Située au cœur de l’Afrique centrale, la République Démocratique du Congo, qui est traversée par l’équateur, a une superficie d’à peu près 2 345 409 km: soit quatre-vingts fois plus grande que la Belgique et cinq fois la France. Onzième État par sa taille, elle est grande comme la partie des États-Unis située à l’Est du Mississippi. Ainsi couvre-t-elle, d’Ouest en Est, un espace équivalent à la distance entre Paris et Prague. 
Les présidents Joseph Kasa Vubu, Mobutu Sese Seko, Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila
Pourtant doté d’immenses ressources naturelles[1], le pays est le plus pauvre du monde. En effet, plus de 71 % des Congolais vivent avec moins d’un dollar américain par jour. Selon le Rapport mondial sur le développement humain de 2011, l’indicateur de développement humain (IDH) du pays est de 0,286 et l’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) de 0,393 %[2].
Les conflits entre groupes armés ne cessent de déstabiliser la partie orientale de la République Démocratique du Congo depuis 1996. La situation humanitaire et sécuritaire y est très préoccupante avec des violations de droits fondamentaux de la personne humaine[3]. En proie à une crise post-électorale et aux ingérences extérieures qui affaiblissent davantage les institutions étatiques, l’incohésion nationale et le défaut de patriotisme exposent le pays à une éventuelle balkanisation.

Mauvaise préparation du scrutin de 2011

Depuis l’indépendance de la République Démocratique du Congo, la communauté internationale y joue sans cesse un rôle majeur. Elle a soutenu la transition politique de 2003 à 2006, puis a accompagné les institutions issues des élections de 2006. Le 18 mai 2011, devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies, Ban Ki-moon déclarait au sujet du scrutin programmé par le gouvernement congolais : « Ces élections doivent avoir lieu dans les délais, être transparentes et crédibles, se dérouler dans la paix et la sécurité, et offrir à tous les Congolais l’occasion de participer librement, sans crainte d’être victimes de harcèlement ou de violence. Nous devons tout mettre en œuvre pour garantir que la violence n’éclate pas avant, pendant ou après les élections... ».
Telle une sonnette d’alarme, cet avertissement faisait référence aux inquiétudes soulevées par le calendrier électoral publié le 30 avril 2011 par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Le Secrétaire général des Nations unies a entre-temps posé un début de diagnostic qui méritait d’être approfondi avec objectivité.
Mais aucune précaution n’a été prise, s’agissant de l’éventualité de la manipulation, de la contestation et du rejet des résultats. Rien n’a été non plus pris en compte, à propos des facteurs internes et externes. De plus, on aurait dû s’interroger, d’une part, sur les conditions susceptibles de permettre la tenue du scrutin dans un climat apaisé.
D’autre part, on aurait pu déterminer le rôle de la communauté internationale en vue des élections fiables, crédibles, justes et transparentes. L’objectif aurait consisté à mesurer l’adéquation entre les problèmes identifiés et les solutions proposées, quant à la fiabilité et à la faisabilité. Ainsi était-il nécessaire de définir en termes identiques le cadre, le rôle et les missions dévolues à chaque institution et d’évaluer le niveau d’implication de chaque intervenant institutionnel tout en s’adonnant à un travail pédagogique de vulgarisation et de sensibilisation.

Tripatouillage et bricolage

Pour se maintenir au pouvoir, la majorité kabiliste à l’Assemblée nationale et au Sénat a modifié l’article 71 de la Constitution – ayant ainsi adopté le mode de scrutin présidentiel à un tour. Le Parlement a aussi voté en juin 2011 une nouvelle loi électorale qui régirait les scrutins prévus pour le 28 novembre 2011 – s’agissant de la présidentielle et des législatives – et la mi-2013, quant aux autres élections.
Les parlementaires sortants se sont arrangé, dans la foulée, pour conditionner la validité d’une candidature à un minimum de cinq ans dans les domaines politique, administratif et économique à défaut du cursus universitaire ou autre capacité. Or, dans un pays où l’instruction n’est pas à la portée des trois quarts de la population, où l’État est incapable de créer des emplois, seul le suffrage populaire peut permettre l’égal accès à la représentativité électorale.
Conditionner le mandat électif en privant des milliers d’individus de leurs droits, c’est fouler sous le pied la règle universelle qui veut que le peuple soit le souverain primaire. En ayant exclu d’office les Congolais de l’étranger de leurs droits civils et politiques, après avoir accordé aux Congolais de l’intérieur le droit de vote et privé en même temps un bon nombre d’entre eux du droit d’être éligibles, la nouvelle loi électorale a violé les articles 5, 6, 11, 12, 50, 66 et 102 de la Constitution congolaise.
« Summum jus, summa injuria »[4], disait Cicéron. En effet, rien n’est plus injuste qu’une loi qui génère des injustices. En droit, la loi désigne une règle juridique suprême, générale et impersonnelle. Et, lorsqu’une loi est régulièrement adoptée, seul le législateur, ou une autorité supérieure, peut la défaire ou la refaire selon la règle pratique du « parallélisme des formes ».
En conséquence, une autre autorité peut passer outre, ou modifier la loi, dès lors qu’elle est inconstitutionnelle. Le président de la République Démocratique du Congo, « garant du respect de la Constitution » conformément à l’alinéa 2 de l’article 69, aurait donc dû demander au gouvernement et au Parlement soit de revoir leur copie, soit de rejeter l’abrogation de l’ancienne loi électorale.
On sait d’emblée qu’une élection présidentielle à deux tours permet aux électeurs de se prononcer une seconde fois en faveur de leur candidat préféré ou même de changer entre-temps d’avis quant à leur préférence. Ainsi donne-t-elle aux partis politiques et à l’électorat l’occasion de s’ajuster aux éventuels changements de l’environnement politique entre les deux tours de scrutin.
Pour l’éditorialiste Colette Braeckman, « malgré le coup de force qu’a représenté le changement de la Constitution, […] l’opposition gardait une chance de modifier la donne ». Cela aurait été envisageable en cas de désignation d’un candidat unique de l’opposition. Force est de constater que tous les ingrédients favorables à une crise post-électorale étaient réunis. Le tripatouillage des dispositifs légaux et le bricolage dans l’organisation du scrutin étaient la source des tensions et conflits ayant entaché les résultats du scrutin du 28 novembre 2011, au lieu de garantir la légitimité des personnes qui seraient élues. Dans pareilles circonstances, la réélection de Joseph Kabila ne pouvait qu’être contestée par une opposition représentative de plus de 50 % d’électeurs.

La crise de légitimité politique

L’opposition politique, qui a recueilli les voix de plus d’un tiers de l’électorat en 2006 et de plus de la moitié d’électeurs en 2011, n’a pas été à la hauteur dans l’instauration d’un contre-pouvoir efficace, gage de la stabilité du Congo. Si en 2006 la volonté de jouer son rôle a été compromise en raison du recours systématique à la force contre ses partisans, de l’exil de Jean-Pierre Bemba et de la réticence de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba, cette opposition a été victime en 2011 d’un scrutin faussé dès le départ et de la mauvaise gestion de la crise post-électorale.
Des critiques se sont élevées contre la communauté internationale, soupçonnée d’avoir cautionné les fraudes ayant permis la réélection de Joseph Kabila. Le rôle des observateurs internationaux, qui se sont contentés de faire des appréciations s’agissant du scrutin du 28 novembre 2011, ne devait pas consister à agir à la place des institutions congolaises. N’ayant disposé du droit de certifier les résultats, comme cela fut le cas en Côte d’Ivoire, la communauté internationale ne pouvait que se fier à la décision des organes censés les proclamer et les confirmer.
Est-il que les personnes averties savaient que le second mandat de Joseph Kabila serait difficile, au cas où les parlementaires joueraient consciencieusement, en toute objectivité, leur rôle de représentants du peuple. Mais, l’esprit de lucre ayant primé, le Parlement est resté godillot.
À qui doit-on donc la légitimité du pouvoir kabiliste ? On peut se demander à juste titre à qui incombe réellement la faute, quant à la désunion de l’opposition et à l’hypocrisie de la communauté internationale, à propos de la crise politique et de l’insécurité en cours en République Démocratique du Congo. En l’absence d’un vrai projet de société, l’opposition s’est illustrée par un soutien aveugle, à la limite du fanatisme, à des individus.
Une telle impasse a fini par encourager le recours aux armes, accentuant de facto, à travers la déstabilisation de la région du Kivu, la possibilité d’une balkanisation du territoire national. S’agissant de la crise politique qui handicape l’avenir du Congo-Kinshasa, on doit surtout réfléchir au mode de l’élection du président de la République. Doit-il être élu à l’issue d’un scrutin à un tour ou à deux tours ? Faut-il recourir aux grands électeurs, dans un pays dont les infrastructures et les moyens de communication relèvent encore du Moyen-âge ?

Sous l’arbre à palabre

Le fait que l’Histoire soit un perpétuel recommencement ne doit nullement cautionner l’amnésie. Le drame qui est en train de se dérouler dans la région du Kivu rappelle tristement les manœuvres ayant permis la chute du pouvoir mobutiste en 1997. Force est de constater la ressemblance du scénario actuel avec celui qui a été mis en scène, par les mêmes acteurs, il y a de cela dix-sept ans. Personne n’ignore que le peuple congolais est en train de subir, aujourd’hui, les conséquences des anciens alliés de Laurent-Désiré Kabila, le sulfureux tombeur du maréchal Mobutu Sese Seko.
Un peuple ne sera jamais libre tant qu’il n’aura pas pris en main son destin. Effectivement, pour devenir autonome, le peuple congolais doit à tout prix concevoir une révolution à la fois identitaire, culturelle et économique. À cet effet, le dialogue inclusif doit lui offrir non seulement la possibilité de laver le linge sale en famille, mais surtout l’opportunité de mettre en place un projet cohérent sur l’efficacité et la viabilité des institutions étatiques.
Il faut donc de l’innovation dans la gestion du Congo du troisième millénaire. Raison pour laquelle il faudra s’employer à éveiller les consciences, à faire évoluer les mentalités. L’idéal, c’est de réinventer la manière de faire de la politique ; c’est de rendre possible une alternative crédible afin de faire émerger un projet de société d’avant-garde fort, humaniste et fraternel.
Comme le patriotisme s’impose à ceux qui veulent absolument éviter la balkanisation, les assises que propose Joseph Kabila ne devront pas se transformer en une banale distraction de plus, semblable à la conférence nationale souveraine (CNS) à l’époque du maréchal Mobutu ainsi qu’à l’Accord Global et Inclusif sur la transition de Sun City ayant abouti au calamiteux système « 1 + 4 ».
Le dialogue entre Congolais ne doit pas être une occasion de se partager les portefeuilles, mais un moment historique qui proposera des axes sur la défense et la sécurisation du territoire national, la protection des plus faibles. Il doit permettre des réformes innovatrices sur le plan économique, soucieuses du bien-être du peuple congolais et initiatrices d’un monde plus juste et pacifié. Quoi qu’il arrive, le véritable élan libérateur doit prévaloir. De plus, la chaîne des générations, s’agissant de la défense de grandes causes, ne doit en aucun cas se rompre. De toute évidence, le combat pour le Congo du XXIe siècle doit être la principale mission du peuple congolais.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Source : Jolpress

Notes :


[1] Son sol et son sous-sol regorgent de ressources comme le cuivre, l’or, diamant, le niobium, l’uranium, le cobalt, l’étain, la cassitérite, le coltan[1], le pétrole, le café, le cacao, les bois rares…
[2] D’après le PNUD, la République Démocratique du Congo occupe le 168ème rang sur 177 en termes de développement humain.
[3] Plus de 6 millions de morts, plusieurs milliers de femmes et de filles violées, des milliers d’enfants enrôlés de force par des groupes armés, plus de 2,5 millions de personnes déplacées dans la seule région du Kivu et près de 500 000 Congolais réfugiés dans les pays voisins…
[4] « Comble du droit, comble de l’injustice ».

vendredi 18 janvier 2013

Quel avenir pour les pays des Grands Lacs africains ?

Ces dix-huit dernières années, la région des Grands Lacs africains a été le théâtre de violences meurtrières, de catastrophes humanitaires et bouleversements politiques sans précédent. En effet, quatre chefs d’État ont été assassinés –  Melchior Ndadaye et Cyprien Ntaryamira au Burundi, Juvénal Habyarimana au Rwanda, Laurent-Désiré Kabila en République Démocratique du Congo – tandis que les guerres civiles ont occasionné 1 million de morts au Rwanda, 500 000 au Burundi, plus de 6 000 000 au Congo-Kinshasa[1]. Quant aux conflits sociaux, ils ont profondément détruit la confiance entre ces trois pays dont les relations ont toujours été cordiales jusqu’en 1996[2]. Triste constat, le génocide rwandais n’a nullement empêché le génocide congolais. Les victimes d’hier sont-elles devenues des bourreaux d’aujourd’hui ? Ces années de guerre ont en tout cas porté un coup fatal aux économies déjà précaires, plongeant ainsi la quasi-totalité des populations dans la pauvreté la plus extrême.
De 2006 à nos jours, on a malheureusement assisté aux différentes guerres et à moult conflits dans la région du Kivu à travers non seulement des affrontements meurtriers entre les forces armées étatiques[3] et les rebelles[4], mais aussi la protection[5] des généraux ayant déserté les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Ces derniers sont issus du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) et bénéficient du soutien du Rwanda, de l’Ouganda ainsi que du Burundi. C’est dans un contexte d’insécurité que plusieurs acteurs – dont la France, la Belgique[6], l’Union Africaine et les Nations Unies – cherchent en vain des solutions appropriées pour pacifier la région des Grands Lacs africains.

L’annexion du Kivu au Rwanda

Contrairement à l’idée défendue notamment par l’ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy et d’autres lobbyistes américains proches de l’ancien président américain Bill Clinton, l’Union du Congo (UDC)[7] s’est opposée – par le truchement des manifestations à Paris et des prises de positions – aux propositions consistant à intégrer économiquement la région du Kivu au Rwanda. En revanche, l’UDC a préconisé une réactivation de la Communauté Économique des Pays des Grands Lacs (CEPGL) comme complément vital au processus de paix et au développement économique. Il est important de discuter, à cet effet, des modalités d’une Commission d’évaluation, de relance et de réaménagement des mécanismes et instruments existants de la CEPGL pour faire des propositions opérationnelles. Mais il faudra arrêter tout soutien politique et militaire aux forces négatives qui déstabilisent l’Est de la RD Congo. Effectivement, seule leur neutralisation et l’intégrité du territoire congolais pourront permettre l’établissement d’un agenda et l’articulation d’un programme précis dans le cadre d’une union douanière.

Paramètres à prendre en compte

Avant de faire des propositions, il est nécessaire de se pencher sur les obstacles et les opportunités relatives au réaménagement de la CEPGL sans pour autant omettre les atouts. Il est aussi important de cerner les intentions réelles de différents partenaires directement concernés et indirectement impliqués.
Rappelons que  la République Démocratique du Congo partage déjà un même espace avec le Rwanda au sein des organismes relatifs à l’Afrique centrale et dans le cadre de l’Afrique des Grands Lacs[8]. Il est indispensable d’avoir à l’esprit que, dans le cadre de la CEPGL, la République Démocratique du Congo, le Rwanda et le Burundi ont déjà créé des sociétés mixtes[9]. À cet effet, la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) a approuvé dix projets prioritaires à impacts visibles sur les populations frontalières[10].

Le réaménagement en vue de la relance de la CEPGL

Il est indispensable de stabiliser la République Démocratique du Congo, de le réconcilier avec les autres pays des Grands Lacs et de tendre vers un regroupement plus consolidé. La configuration des regroupements régionaux ne valant que celui de leurs composantes, seuls les États gérés de façon cohérente peuvent mettre en place une organisation transfrontalière viable et profitable aux différentes coopérations. Bien entendu, la stabilité politique des États membres reste le seul gage de la réussite de la CEPGL. On ne peut donc faire l’économie d’une étude approfondie s’agissant du rôle de l’Union africaine, des instruments de l’intégration régionale ainsi que des motivations des pays concernés. Dans le même ordre d’idées, les stratégies économiques ne doivent pas supplanter les enjeux politiques dans la mesure où les États structurés – politiquement, socialement et économiquement – résisteront mieux dans un regroupement dont les contours ne sont pas encore évidents. Plus explicitement, au-delà de l’aspect économique, il est important de prendre en compte les impératifs sécuritaires et politiques actuels. En effet, tant que l’enjeu principal de ce réaménagement ne sera pas le bien-être du plus vulnérable, les différentes tentatives d’intégration seront vouées à l’échec.
Une chose est certaine, les pays frontaliers de la République Démocratique du Congo ne doivent pas envier ses ressources naturelles mais avoir besoin de son développement économique. De plus, leur très riche voisin servira in fine de vivier non seulement à la région des Grands Lacs mais aussi à toute l’Afrique centrale. L’avenir des pays des Grands Lacs africains est indéniablement économique, et seuls les accords de non-agression pourront le garantir.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
© Jolpress

À lire aussi :

- La République Démocratique du Congo, un combat pour la survie ;
- Pour une paix durable en RDC et dans la région des Grands Lacs.
Notes :
[1] À cette liste macabre, il faut ajouter des milliers de personnes déplacées, des milliers de femmes victimes de violences sexuelles, le recours aux enfants soldats…
[2] La Communauté Économique des Pays des Grands Lacs (CEPGL) se fonde sur des principes presque similaires à ceux qui sont en cours dans l’Union européenne et dans le Benelux :
- la libre-circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services ainsi qu’un droit d’établissement dans ces trois pays ;
- l’ouverture des frontières entre les pays membres et une politique douanière commune par rapport à l’espace non communautaire ;
- le  développement des infrastructures, des communications, des banques... ;
- la convergence et l’harmonisation des politiques économiques, sociales et agricoles.
[3] Allusion aux opérations conjointes qui ont été menées entre les FARDC et les éléments de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) sur le territoire congolais en vue de neutraliser les éléments négatifs.
[4] Congrès Nationale pour la Défense du Peuple (CNDP), Front Démocratique pour la Libération du Rwanda (FDLR), le Mouvement du 23 mars (M23), des milices Maï-Maï…
[5] Notamment le simulacre relatif à l’arrestation de Laurent Nkunda par les autorités rwandaises après son éviction de la direction du CNDP par Bosco Ntaganda, lequel dirige officieusement, aujourd’hui, le M23.
[6] De surcroît, lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies du 27 janvier 2006, (5359e session) concernant la situation des Grands Lacs africains, l’ancien ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a insisté sur l’effet stabilisateur de la coopération économique régionale. Il a souligné que la CEPGL pourrait devenir un facteur d’intégration entre les populations de la République Démocratique du Congo, du Rwanda et du Burundi. Enfin, en référence à cette région, la Commission européenne a insisté sur la corrélation entre la paix, la stabilité et le développement économique.
[7] Plate-forme d’associations congolaises et associées œuvrant pour la solidarité internationale, le développement économique et culturel ainsi que la paix en République Démocratique du Congo. Voir aussi la vidéo intitulée Nicolas Sarkozy et Paul Kagamé : les noces franco-rwandaises.
[8] D’où l’existence de la Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs (CIRGL).
[9] Notamment l’Énergie des Grands Lacs (EGL), l’Institut de Recherche Agronomique et Zootechnique (IRAZ), la Société Internationale pour l’Électricité des Grands Lacs (SINELAC) et, enfin, la Banque de Développement des États des Grands Lacs (BDEGL).
[10] Ces projets ont trait :
- à la création d’un mécanisme régional d’appui aux institutions de micro-finance, bassins transfrontaliers de développement ;
- au projet régional sur la sécurité alimentaire dans la région des Grands Lacs ;
- à la relance de la Communauté économique des pays des Grands Lacs qui a déjà reçu un montant de 50 millions de dollars de l’Union européenne en vue de son redémarrage ;
- au mécanisme régional de certification des ressources naturelles pour mettre un terme à l’exploitation illégale des ressources naturelles congolaises ;
- à l’exploitation du gaz méthane du Lac Kivu pour un programme d’amélioration des projets d’infrastructures et de facilités des transports…

samedi 12 janvier 2013

Bilan de l'état de la nation congolaise, quarante-neuf ans plus tard

Cinq questions à Gaspard-Hubert Lonsi Koko (*)


1. Quarante-neuf ans après l’indépendance, quel bilan faites-vous de l’état de la nation congolaise ?
Pour beaucoup d’entre nous, le 30 juin 1960 a marqué la reconnaissance internationale de notre pays et non son indépendance. Cette date n’a symbolisé que le début d’un long combat pour la liberté totale. S’agissant du bilan, il est négatif, car le contexte politique est caractérisé par l’instabilité chronique, la faiblesse des institutions étatiques et de la culture politique, ainsi que l’ingérence extérieure. Sous le régime mobutiste, l’action publique ne s’était guère souciée des préoccupations de la population. Quant à l’espoir suscité par Laurent-Désiré Kabila en 1997, il s’est effondré à cause de l’absence d’ouverture politique et de recherche d’un consensus minimum sur l’État à reconstruire. Avec Joseph Kabila, l’unité nationale est toujours fragile et l’armée désorganisée. Un autre défi à relever, c’est celui de l’équilibre financier entre les provinces et le gouvernement central, auquel il faut ajouter les problèmes de la pauvreté, la santé, l’éducation, l’insécurité…

2. A quoi attribuez-vous les insuffisances des régimes successifs en République démocratique du Congo depuis l’indépendance ?
Le peuple congolais, de l’avènement de Mobutu à la présidence de Joseph Kabila, a toujours été victime du non-respect de la séparation des pouvoirs. Pis encore, les violations de la Constitution ont transformé le chef de l’État en homme-organe. En la foulant aux pieds, le président Joseph Kabila a mis à mal la cohésion nationale et porté atteinte aux combats pour la libération et l’émancipation du peuple congolais. Ainsi, a-t-il contribué à l’anéantissement des efforts fournis depuis le 30 juin 1960. Cet acte grave ne doit pas laisser indifférents les parlementaires, de la majorité comme de l’opposition, ni le peuple congolais qui doit assumer sa responsabilité. La multitude de partis politiques, disons-le également, prouve que le mal congolais tire ses racines dans l’immaturité politique. En tout cas, la tenue d’élections en 2006 n’a pas été suivie de construction des infrastructures de transport, ni de consolidation des fonctions étatiques dans l’ensemble du territoire national, ni de limitation des phénomènes de corruption, ni de cohésion nationale, ni de souveraineté politique.

3. La communauté internationale n’a-t-elle pas aussi sa part de responsabilité dans ce que vous décrivez ?
Bien sûr, la communauté internationale est en partie responsable de la situation actuelle du continent africain. D’ailleurs, dans son discours prononcé, le 11 juillet devant le Parlement ghanéen, le président américain Barack Obama a évoqué la responsabilité commune dans l’exploitation et la déstabilisation de l’Afrique. Mais cela ne doit nullement nous dédouaner de notre incapacité dans la gestion de notre pays depuis le 30 juin 1960. Il est évident que le Congo ne pourra pas relever seul les défis auxquels il est confronté. Le souhait d’Union du Congo, c’est que notre pays améliore la coopération avec ses partenaires étrangers. J’espère que le souhait du président Obama se concrétisera, s’agissant des partenaires africains des États-Unis. Encore faut-il que nous soyons capables de définir un vrai projet de société pour le Congo du troisième millénaire et de le mettre en pratique sans céder à une quelconque menace brandie depuis l’extérieur. En effet, nous devons devenir les premiers gardiens de nos intérêts.

4. Que proposez-vous pour changer le cours des choses au Congo ?
La violence dans notre pays représente une force politique, une variable d’ajustement pour conserver le pouvoir ; l’appartenance ethnique étant privilégiée au détriment du projet politique. Si en 1994, Kinshasa n’a pas été capable de prendre une décision commune sur l’accueil des réfugiés rwandais, cette absence de vision commune se reproduit dans l’état-major des FARDC en proie à l’inexistence du commandement vertical. Primo, nous devons nous focaliser sur l’incapacité dans laquelle se trouve le Congo à prendre en main son destin en palliant l’absence de vision commune des leaders congolais, laquelle affaiblit l’autorité de l’État ; en résolvant en urgence le problème des FDLR pour enlever tout prétexte au président rwandais relatif à une éventuelle menace à partir du territoire congolais ; en réglant très vite les différents petits conflits ethniques pour empêcher nos voisins de continuer de fragiliser notre pays. Secundo, il est nécessaire de faire du Congo un État laïc à part entière, aussi bien en droit que dans les faits, la laïcité devant être un cadre institutionnel. Tertio, nous devons à court terme créer deux brigades pour sécuriser la frontière de l’Est, juste celle avec le Rwanda.

5. Avez-vous une ambition nationale ?
Je n’ai jamais été associé à la gestion de la chose publique congolaise. Mais, j’ai appris en France à gérer une grande agglomération et un État. Un Congolais disposant d’un tel atout, et qui de surcroît aime son pays, ne peut que se mettre au service de ses compatriotes. J’estime que le moment est venu de vaincre les obstacles qui hypothèquent l’avenir de notre pays. J’ai la ferme intention d’associer davantage le peuple Congolais, selon le mérite et à la compétence, à la gestion de la chose publique. S’impose donc une autre dynamique en RDC. Notre pays a plus que jamais besoin d’un leader dont le souffle donnera à nos compatriotes l’irrésistible envie de se mettre en mouvement. Comme je pense en avoir l’étoffe, je me permets de demander au peuple congolais, en tant que Souverain, de m’offrir l’opportunité de mettre en place un projet de société cohérent. Oui, j’ai une ambition nationale. Une ambition collective pour réinventer la manière de faire de la politique et rendre possible une alternative crédible. Je compte faire émerger un projet de société d’avant-garde fort, humaniste et fraternel. Voilà pourquoi, en ma qualité de président d’Union du Congo, j’ai établi la feuille de route pour le Congo du troisième millénaire.

© Le Potentiel, juillet 2009

PROPOS RECUEILLIS PAR ROBERT KONGO, CORRESPONDANT EN FRANCE

(*) Président d’ «Union du Congo».

vendredi 30 novembre 2012

Guerre au Nord-Kivu

Une représentation des partis politiques congolais en France appelle à la cohésion nationale .
Ils combattent "pour l'intérêt supérieur de la nation"

A l’initiative de quelques partis politiques congolais , une conférence de presse sur la guerre au Nord-Kivu s’est tenue mercredi 28 novembre  à Paris. Soucieux de l’ampleur que prend la crise dans la partie orientale de la RDC, Gaspard-Hubert Lonsi Koko ( Porte-parole du Rassemblement pour le développement et la paix au Congo), Kabeya N’Kashama-Mutoke ( Membre du Conseil national du Congrès des démocrates pour le progrès social) et Ferdinand Lufete  (Coordinateur en France de la plate-forme politique Alliance pour le développement et la République) appellent à la cohésion nationale pour faire face à l’agression dont le pays est victime de la part des rebelles du M23 soutenus par le Rwanda et l’Ouganda.
Après un propos liminaire d’une dizaine de minutes, les trois acteurs politiques   ont répondu aux questions des journalistes étrangers et congolais pendant près d’une heure et demie. Et le moins que l’on puisse dire , c’est qu’ils ont su faire passer leur message. Prenant tour à tour un air grave, tourmenté… , à l’évocation de certains noms et faits, ils ont répondu avec brio et d’une seule voix à toutes les questions qui leur ont été posées.
Gaspard-Hubert-Lonsi Koko, Kabeya N’Kashama-Mutoke et Ferdinand Lufete ont évoqué l’Histoire de la RDC depuis 1997. Loin d’ être des suppôts du mobutisme ou des actuels dirigeants du pays , ils sont totalement convaincus que le même scénario mis en place par le Rwanda, l’Ouganda, et dans le Burundi (soutenus par la communauté internationale), pour chasser le Maréchal Mobutu du pouvoir, est en train de se reproduire.
Les trois orateurs ont exprimé leur écœurement et leur consternation après les crises à répétition que vit le pays depuis la prise du pouvoir par l’Alliance des forces démocratiques pour la libération  du Congo (AFDL) et l’avènement du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), « conséquences du non-respect de différentes résolutions et accords signés  par ceux qui gouvernent , par défi, la République Démocratique du Congo ». 
«Devons-nous encore accepter un autre poulain de l’Ouganda, du Burundi et du Rwanda, après des pilules mortelles que l’on nous a fait avaler  en 1997, en 2001, en 2006 et en 2011 ? », se sont-ils interrogés.
Ils ont fustigé « les velléités expansionnistes des voisins de l’Est » de la RDC dont l’ambition n’est plus un secret pour personne : « Balkaniser le Congo ». Et pour atteindre leur objectif macabre, « ils se sont associés à des entreprises étrangères, lesquelles sont soutenues par des puissances extracontinentales »

RESPONSABILITE PARTAGEE

Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Kabeya N’Kashama-Mutoke et Ferdinand Lufete ont dénoncé avec force l’inertie et la complicité de la communauté internationale et de certaines puissances extracontinentales qui n’ont jamais clairement condamné les crimes dont est victime le peuple congolais  dans la région du Kivu : l’extorsion, le harcèlement, les pillages et viols des mamans, sœurs et enfants.
Ils constatent avec amertume et indignation que les forces onusiennes dont la mission est de  protéger les populations congolaises de la région du Kivu, qui subissent les affres de guerre, et d’assurer la stabilisation du pays, « côtoient les agresseurs de la RDC en toute indifférence dans des régions occupées ». Contrairement à la charge qui leur a été confiée, le travail de ces forces consiste maintenant  à « faciliter le noyautage de la chaîne de commandement de l’Armée nationale congolaise, y compris l’infiltration d’autres institutions aussi bien économiques que politiques », ont-ils fait remarquer.
Une grande majorité de la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, porte  également une part de responsabilité dans les conflits irrésolus que traverse le pays. « Elle ne joue pas franc jeu », ont-ils dit.
«  Elle a sciemment failli dans la tâche qui a consisté à doter la RDC d’une majorité gouvernementale incontestable, soucieuse de la gestion de la chose publique au profit du peuple, et d’une opposition crédible. Elle a retardé la réforme de l’armée, des forces de sécurité et de police. Elle n’a pas exhorté le gouvernement à doter le pays d’une force de défense et de dissuasion capable de faire face à une quelconque menace extérieure. Ainsi a-t-elle agi en intelligence avec les ennemis de notre peuple. La classe politique a tout simplement trahi la nation. »

LE PATRIOTISME D’ABORD

Au-delà de leurs sensibilités politiques, les trois orateurs privilégient le patriotisme car pour le peuple congolais l’heure est grave : le pays est agressé. Une attaque ayant occasionné la prise de la ville stratégique  de Goma, à l’Est de la RDC, par les rebelles du M23. 
Fort de ce constat, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Kabeya N’Kashama-Mutoke et Ferdinand Lufete appellent, sans démordre, à la cohésion nationale autour de cette agression, qu’ils condamnent fermement, pour bouter l’ennemi hors du territoire national et mettre définitivement un terme à la guerre au Nord-Kivu.
Ils demandent au gouvernement de mettre en place « des conditions d’une véritable réconciliation nationale autour des valeurs républicaines, dans un élan patriotique collectif, pour la défense de la nation infiltrée, agressée et occupée, et la formation d’un gouvernement d’union nationale, ou de salut public, dans le contexte de l’état d’urgence. »
Ils proposent « la création des juridictions d’exception en vue des poursuites contre les auteurs des crimes de guerre, des crimes contre l’Humanité, des violations de droits fondamentaux de la personne humaine et haute trahison. »
S’agissant de la sécurisation du territoire national, les trois orateurs proposent « le changement de la mission de la Monusco et sa transformation en force d’intervention aux côtés des FARDC, à partir de la frontière rwandaise, et, au cas où les Nations Unies refuseraient de requalifier sa mission, son remplacement par les forces de l’Union africaine-à l’exclusion des pays voisins de l’Est-, ou de l’Eurofor, ou alors de l’Africom. »
Ils demandent au gouvernement de procéder au « désengagement des officiers originaires du Kivu et leur redéploiement dans d’autres régions du pays, les Régions militaires du Kivu devant être placées sous le commandement des officiers non locaux. »
Ils demandent en outre « la mise en place d’une armée et d’une police républicaines et performantes, ainsi que la maîtrise de l’insécurité et la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national. »
Pour instaurer une paix durable dans la Région des Grands Lacs, les trois acteurs politiques congolais préconisent  l’obtention du dialogue inter-rwandais en vue d’assurer le rapatriement en toute sécurité des combattants FDLR et d’autres réfugiés rwandais dans leur pays.
« La réconciliation du peuple rwandais avec lui-même est le seul gage d’une cohabitation pacifique et pérenne entre les deux communautés, Hutus et Tutsi, qui s’entre-tuent depuis des lustres », assurent-ils. « A défaut, l’élaboration d’un plan de désarmement et d’éloignement des combattants FDLR dans un pays non limitrophe du Rwanda, conformément aux dispositifs de la Convention de Genève. » Ils sont tous favorables à ce qu’une discussion s’engage sur « la gestion commune des ressources frontalières ».
Pour Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Kabeya N’Kashama-Mutoke et Ferdinand Lufete, cette conférence de presse était l’occasion de montrer à la face du monde que le peuple congolais est capable en toutes circonstances de combattre ses faiblesses, dépasser les clivages et antagonismes politiques pour défendre et sauver la nation.  
                                                      
Robert Kongo, correspondant en France

© Le Potentiel

mercredi 23 décembre 2009

Vœux de Gaspard-Hubert Lonsi Koko, président d'Union du Congo, à la Nation congolaise

Pour écouter les Vœux, prière de cliquer sur le lien ci-contre : http://www.youtube.com/watch?v=K2YfzJk9JuI&feature=channel



Chers Compatriotes,
En cette fin d’année 2009 et à la veille de l’année 2010, j’ai éprouvé la nécessité de m’adresser à vous, en temps que représentant des associations qui composent Union du Congo, pour faire le point sur notre pays et envisager des perspectives salutaires pour notre avenir commun.
L’année 2009, qui va s’achever dans quelques jours à peine, a été rude pour un bon nombre d’entre nous. Ma pensée s’adresse particulièrement à ceux que la vie a durement éprouvé ; à ceux qui sont privés de liberté pour avoir révélé, ou seulement cherché à connaître la vérité ; à ceux qui sont malades sans pour autant bénéficier de soins appropriés ; à ceux qui n’ont pas de toit et, de ce fait, vivent dans la rue ; à ceux qui ont été atteints dans leur dignité la plus intime ; à ceux qui sont toujours sans emploi et ne savent pas comment subvenir aux besoins de leurs familles ; à ceux que l’on cantonne dans des camps, comme déplacés ou réfugiés, loin de leurs proches ; à ceux qui sont victimes d’injustices de toutes sortes ; à ceux qui se battent sur les différents fronts pour sauvegarder l’intégrité de notre territoire ; à tous les membres de la société civile qui consacrent la plus garde partie de leur temps en vue du triomphe des droits humains ; à ceux à qui l’on refuse les droits civiques parce qu’ils vivent hors de nos frontières ; à ceux à qui l’on essaie exprès de priver de la nationalité congolaise d’origine du fait de détenir une citoyenneté étrangère. Disons, une citoyenneté étrangère.

Chers Compatriotes,
En droit, les autorités en place à Kinshasa tiendront jusqu’à l’élection présidentielle et aux élections législatives de 2011 leurs pouvoirs de la représentation nationale. En fait, à l’issue des prochains scrutins, elles laisseront la place, si tel est votre souhait, aux véritables partisans de la liberté et de la souveraineté populaire.
Certes, aujourd’hui, nous sommes très inquiets, voire très angoissés, mais nous ne nous laisserons vaincre par le désespoir. De plus, il reste encore beaucoup de choses à réaliser et la République Démocratique du Congo résiste toujours à la balkanisation qu’essaient de lui imposer, par tous les moyens, certaines puissances en s’assurant des complicités internes et en se servant de nos voisins comme outils de leurs néfastes projets. De toute évidence, la foi et la volonté de consolider notre cohésion nationale seront, à n’en pas douter, les gages de notre salut.
Pourquoi résistons-nous ? C’est parce que nous combattons les injustices, les humiliations, les privations et les violations des droits fondamentaux, l’impunité dont jouissent les auteurs des crimes de guerre et crimes contre l’Humanité sans cesse perpétrés en République Démocratique du Congo. C’est surtout parce que nous sommes des hommes et des femmes épris de Paix, de vrais humanistes, des gens révoltés contre l’humiliation de l’Homme par l’Homme à l’aide des structures socio-économiques, étatiques et politiques. Ainsi sommes-nous conscients de la nécessité d’une réelle révolution culturelle, dans notre pays, en vue d’une évolution profonde des mentalités.
Beaucoup de gens partagent les avis selon lesquels il est anormal que plus de 8 millions de personnes mortes, du simple fait d’être nées congolaises, ne puissent susciter aucune indignation de la part de la communauté internationale ; il est inacceptable que l’on amnistie des gens ayant violé et continuent de violer nos femmes et nos enfants dans le but de piller nos richesses et de s’approprier nos terres ; il est incompréhensible de promouvoir des individus qui ont enrôlé de force des enfants et les ont poussés, par la suite, à utiliser les armes contre leurs parents ; il est inhumain de gagner de l’argent au moyen des actes ignominieux, pis encore, criminels.
Notre combat pour le Congo du troisième millénaire réussira parce que nous sommes convaincus d’une chose : à savoir, les transformations de notre société ne dépendront pas seulement de la prise de pouvoir, mais avant tout de notre propre prise de conscience et de l’implication des masses. À moins d’être de mauvaise foi ou complice de l’humiliation du peuple congolais, personne ne pourra mettre en doute notre légitimité à défendre les intérêts vitaux de nos compatriotes.

Chers Compatriotes,
C’est parce que nous constatons une sorte de dérives du système politique qui fonctionne au détriment de la chose publique, pas du tout pour l’intérêt de l’État, que nous exprimons avec conviction le refus de renouveler notre confiance aux élus, majorité et opposition confondues, qui, pour des raisons individuelles, confisquent notre dignité de citoyen et pénalisent notre vie quotidienne. Notre objectif primordial, c’est d’avoir recours à notre propre imagination afin de trouver des voies et moyens susceptibles de permettre au peuple congolais d’être capable, par l’information et par la formation, par le dialogue et également par les convictions politiques, de décider de son avenir. Même si demain nous parvenons aux commandes de l’État, nous échouerons dans notre mission tant que nous ne répondrons pas à cette volonté consistant à rendre les Congolaises et les Congolais les premiers responsables de la destinée de leur pays.
Ayons donc à l’esprit qu’il est impossible de lutter de manière efficace et de transformer la société en étant divisés, en étant incapables d’accoucher d’une puissante organisation en mesure de remettre en cause l’ordre injustement établi par ceux qui ont intérêt à garder le monopole de nos richesses. C’est là que se trouve le nœud de la problématique congolaise, car ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir à Kinshasa ne sont que les exécutants de ces différents monopoles.
En tout cas, quelques questions s’imposent. Quelle voix devons-nous emprunter ? Qui veut réellement hypothéquer notre avenir ? Sur qui devons-nous compter ?
Face à ces interrogations, un seul choix, me semble-t-il, est envisageable : celui qui consiste à adopter une tactique pouvant nous permettre de gouverner politiquement pour tous les Congolais. Dans cette optique, trois possibilités s’offrent à nous : soit de conquérir à tout prix le pouvoir pour le pouvoir, soit de constituer un bloc contre le régime en place à Kinshasa afin de garantir l’accès au pouvoir, soit d’œuvrer dans le cadre de l’Union des Congolais.
J’ai fait, quant à moi, le choix de l’Union du Congo, laquelle doit être bien entendu ouverte. De plus, comment deviendrons-nous majoritaires si nous excluons ceux qui ne sont pas membres de cette Union du Congo ? Nous sommes condamnés à dépasser nos divergences, à cesser de nous regarder en chiens de faïence. Bref, à nous unir.
Je suis conscient qu’Union du Congo a une vocation qui lui permet d’être l’entité fédératrice de vos talents, de rassembler tout ce qui est épars. Car, Union du Congo se situe à la jonction des différentes aspirations pour lesquelles vous militez. Mon souhait, pour l’Année 2010, c’est que, dans l’unité, nous constituions une structure cohérente, aspirant au pouvoir politique et donc à la gestion économique de notre pays. Et si nous parvenons à réaliser cette entreprise, nous devrons être loyaux envers ceux qui ont accepté de faire cause commune avec nous et avoir conscience de nous-mêmes par rapport à ceux qui, en provenance de partout, viendront nous rejoindre.

Chers Compatriotes,
Ayant été élevé, entre autres, dans la mystique bantoue, je ne peux que croire à la force et au bienfait de nos valeurs ancestrales. Sachons que bon sang ne saurait, ou ne pourrait, mentir. Il ne peut que, malgré les coalitions de circonstances contre notre pays, faire triompher l’ordre tant préconisé par Mfumu Simon Kimbangu, Joseph Kasa-Vubu, Patrice Lumumba, Laurent-Désiré Kabila et d’autres héros nationaux.
Voilà pourquoi, agissant en communion avec la volonté divine et les esprits de nos ancêtres, notre peuple rétablira, qu’on le veule ou non, l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire congolais. Il saura apporter la paix dans la région des Grands Lacs et impulsera la dynamique économique en Afrique centrale. Mais tout ce que je viens d’évoquer ne se concrétisera que dans la conjonction du spirituel et de la volonté humaine.

Bonnes fêtes de Noël !
Que l’Année 2010 soit propice à vos attentes !
Longue vie à notre peuple !
Vive la République Démocratique du Congo, une et indivisible !

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Président d’Union du Congolaise
Paris, le 21 décembre 2009

Pour écouter les Vœux, prière de cliquer sur le lien ci-contre : http://www.youtube.com/watch?v=K2YfzJk9JuI&feature=channel

mardi 15 décembre 2009

Des ex-rebelles désertent l'armée pour rejoindre un ancien officier



Dans la province du Nord-Kivu, plusieurs centaines d'ex-rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) intégrés dans l'armée congolaise ont déserté la semaine dernière et ils seraient en train de rejoindre un officier congolais rentré au Nord-Kivu après des années d'exil en Ouganda.

Il s'agit du général Gad, un Tutsi congolais qui a participé à la première guerre du Congo au sein de l'AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo) qui a porté au pouvoir feu Laurent désiré Kabila en 1997. Cet officier n'a pas participé à la seconde guerre de l'est en 1998, il est parti s'installer en Ouganda.

Depuis un mois,selon nos sources, il a réapparu à Nyamilima au nord de Rutshuru et de Goma, la capitale provinciale. Deux colonels, ex-rebelles du CNDP intégrés dans les forces armées congolaises, ont déserté la semaine dernière avec une partie de leurs hommes pour, selon certaines sources, tenter de rejoindre le général Gad. Ce dernier aurait également pris des contacts avec les Maï Maï du groupe Lafontaine pour rallier ces miliciens locaux réticents à l'intégration.

Plus surprenant encore, des informations indiquent que le général Gad aurait reçu lundi une délégation de FDLR, les rebelles hutus rwandais que les Forces congolaises essaient de traquer. Cette alliance contre nature est elle possible ? Et dans cette hypothèse pour le moins étrange quels seraient les objectifs poursuivis ?

Quoi qu'il en soit depuis l'arrestation de Laurent Nkunda au Rwanda, certains ex-rebelles fidèles à leur chef se sentiraient laissés pour compte. Plusieurs de leurs commandants seraient plus occupés à s'enrichir qu'à tenir les troupes. Si ces informations se confirment la situation déjà très difficile au Nord-Kivu risque d'échapper totalement au gouvernement de Kinshasa.

© RFI