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samedi 29 janvier 2011

RDC : des enquêtes confirment l’ampleur des viols commis par des soldats de l’armée

Deux enquêtes distinctes menées d'un côté par la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo(MONUSCO) et de l'autre par le Bureau du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) dans des villages, des provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu, dans l'est du pays, confirment l'ampleur des violations des droits de l'homme commises par des soldats des Forces armées de RDC au début de l'année, a déclaré mardi un porte-parole du HCDH à Genève, Rupert Colville.


A Fizi, dans le Sud Kivu, au moins 35 femmes ont été violées et 32 personnes ont été blessées par des soldats du 43e secteur des FARDC dans la nuit du 1er janvier. Onze personnes ont été arrêtées et 14 magasins ont été pillés dans le centre de la localité. Les personnes arrêtées ont été depuis libérées, a ajouté M. Colville.

Onze soldats du 43e secteur des FARDC, dont le lieutenant colonel Kilibi Mutware et trois commandants soupçonnés de faire partie des auteurs présumés des violations, sont actuellement détenus à Uvira. Des procès doivent être organisés prochainement, a-t-il précisé [lire la suite].

dimanche 29 novembre 2009

RDC : l’afflux des réfugiés venus du Rwanda soulève doute et inquiétude

L’arrivée d’environ 12.000 familles, ces derniers mois, dans les territoires de Masisi et Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), venues du Rwanda et se présentant comme des réfugiés congolais, suscite des doutes sur leur origine et fait craindre une subtile infiltration d’étrangers.

Le coordonnateur de la Commission nationale pour les réfugiés au Nord-Kivu (CNR), Laingulia Njewa, cité par une radio locale, a indiqué cette semaine à la presse que ces personnes, entrent plutôt clandestinement par la frontière à partir de Kibumba, à une vingtaine de kilomètres au nord de Goma, sur l’axe Rutshuru.

Accompagnés de leurs dépendants, du gros et petit bétail pour certains, ils se sont installés dans des villages congolais et 80% de ces populations se déclarent provenir des camps de réfugiés de Byumba et Kibuye au Rwanda, a-t-il précisé.

Laingulia Njewa tente de rassurer les populations locales, les appelant au calme, indiquant que le gouvernement se penche sur la question, afin d’identifier ces réfugiés douteux dont l’effectif n’est pas encore définitif.

Pour le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés ( HCR), il est difficile de dire avec exactitude si ces personnes sont réellement des réfugiés congolais.

"On ne connaît pas vraiment le profil de ces personnes. En tout cas, la majorité n’avait pas avec eux, des documents attestant qu’ils étaient des réfugiés. En plus, la Commission nationale des réfugiés et les autorités provinciales doivent encore vérifier pour mieux comprendre d’où ces personnes proviennent", a déclaré mercredi à Kinshasa Francesca Fontanini, administrateur chargée des relations extérieures du HCR en RDC, de retour d’une mission dans la province du Nord-Kivu.

© Xinhua

lundi 3 août 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE N° 20090802/039 relatif au séjour de Mme Hillary Clinton en RD Congo

Le chef de la diplomatie américaine, Mme Hillary Clinton, entamera le 5 août une tournée de huit jours qui la conduira au Kenya, en Afrique du Sud, en Angola, en République Démocratique du Congo (RDC), au Nigeria, au Liberia et au Cap Vert. S'agissant de son séjour en République Démocratique du Congo, le chef de la diplomatie américaine se rendra dans la province du Nord-Kivu, théâtre de violences récurrentes contre les civils, en particulier les femmes et les enfants.

Union du Congo suggère à Mme Clinton de profiter de son séjour à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu où sont cantonnés de nombreux réfugiés depuis le génocide de 1994 au Rwanda voisin, de rappeler que la paix dans la région des Grands Lacs ne s'obtiendra pas que par les armes. Ainsi doit-elle faire pression sur les gouvernements des pays concernés en les exhortant d'initier en urgence des dialogues inter-rwandais, inter-ougandais et inter-congolais afin de ne pas ajouter un génocide de plus au génocide rwandais et au génocide congolais que la communauté internationale refuse à tort de reconnaître comme tel.

Pour ce qui relève des droits fondamentaux, Union du Congo propose au chef de la diplomatie américaine non seulement de condamner « avec force et vigueur » l'impunité dont jouissent les auteurs des crimes de guerre et crimes contre l'Humanité, mais aussi de recommander aux autorités congolaises de faciliter les procès contre les auteurs desdits crimes et de faire exécuter les verdicts relatifs à l'indemnisation des victimes.

À propos du destin de la République Démocratique du Congo proprement dit, Union du Congo demande à Mme Clinton de faire comprendre aux autorités congolaises la nécessité de la rigueur dans la gestion de la chose publique, l'utilité d'une armée performante représentative de la diversité de la population congolaise et les avantages de l'implication de tous les Congolais d'origine dans le développement socio-économico-politique.

Le Bureau d'Union du Congo

Fait à Paris, le 2 août 2009

jeudi 23 juillet 2009

AFRIQUE/R.D. CONGO - Les réserves de coltan et d’autres minéraux qui alimentent la guerre au Sud et au Nord Kivu sont stratégiques


Kinshasa (Agence Fides) – Ce sont les minéraux du sous-sol du Nord et du Sud Kivu (Est de la République Démocratique du Congo) qui alimentent le conflit qui dure depuis plus de 12 ans. C’est ce qu’affirme un rapport publié récemment par l’organisation Global Witness, qui décrit en détail comment les différentes formations militaires de la zone se financent en pillant les richesses de la région.

« Dans différentes régions de la province du Nord et du Sud Kivu, ce sont les groupes armés et l’armée nationale congolaise qui contrôlent le commerce de la cassitérite (minerai d’étain), de l’or, de la columbite-tantalite (coltan), de la wolframite (dont on tire le tungstène), et d’autres minéraux » affirme le rapport intitulé « Face à un fusil, que peut-on faire ? ». Parmi les groupes cités dans le rapport, il y a les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), formées de hutu rwandais qui depuis 15 ans sévissent parmi la population congolaise malgré les diverses tentatives de bloquer leurs activités (cf. Fides 3/6/2009). Comment ce groupe, officiellement banni par tous, est-il encore actif ? A la lumière des révélations de Global Witness, la réponse est claire, car il se finance avec le trafic illicite de minéraux avec la complicité d’acteurs internationaux.
Le document de la britannique Global Witness arrive après une étude réalisée par l’« Ecole de Guerre économique » (EGG) française, sous la direction de Christian Harbulot, en novembre 2008, intitulée « La guerre du coltan en RDC », dans laquelle sont mis en lumière les intérêts économiques et stratégiques des plus grandes puissances mondiales pour contrôler le coltan, un minérai utilisé dans l’industrie électronique, aérospatiale et des armements.
« L’Europe et les Etats-Unis sont totalement dépendants de la réserve étrangère de coltan » affirme le rapport de l’ECG. « Si actuellement l’Australie et le Brésil en exportent en grandes quantités, l’enjeu géostratégique des puissances qui raisonnent en termes de réserves est dans la République Démocratique du Congo. En effet le coltan de la région du Kivu représente entre 60 et 80% des réserves mondiales de tantale (métal extrait du coltan). Pour ces états dotés de systèmes de défense à haute technologie, le coltan, outre son potentiel économique effectif, est stratégique, car le tantale est indispensable à l’industrie aéronautique, aérospatiale et à la défense » affirme le document qui cite aussi un rapport du Pentagone dans lequel on reconnaît que « plusieurs applications du tantale ont à voir, directement ou indirectement, avec la défense ».
De l’analyse des rapports des deux groupes de recherche, on comprend que la guerre dans les deux Kivu, souvent décrite comme « ethnique », rentre dans un conflit beaucoup plus vaste qui a des implications économiques et stratégiques qui vont bien au-delà du Congo et de l’Afrique même. Les différents mouvements de guérilla et les armées qui agissent dans les deux provinces congolaises se disputent le contrôle des gisements miniers. Derrière eux il y a plusieurs états africains, utilisés pour exporter les minéraux illicitement soustraits aux congolais, plusieurs multinationales minières et plusieurs puissances, qui comme on l’a dit, dépendent du coltan et d’autres minéraux stratégiques de la région. Les évêques congolais et les missionnaires qui travaillent dans la région depuis des années dénoncent cette situation (cf. Fides 10/6/2009). Et c’est un bien que des groupes d’analyse indépendants, en Europe et aux Etats-Unis, commencent à dénoncer les responsables de cette situation. Continuer à parler de guerre « ethnique » ou « tribale » signifie se rendre complice de ceux qui veulent continuer à exploiter impunément cette région au détriment de ses habitants. Parmi les crimes commis par les groupes armés de la région il y a les viols de masse (des centaines de milliers de cas), utilisés sciemment pour semer la terreur parmi la population et la contraindre à la fuite, de sorte de laisser le champ libre aux prédateurs des richesses congolaises. (L.M.) (Agence Fides 21/7/2009, lignes 44, mots 666).

Source : Agenzia fides