Affichage des articles dont le libellé est Zaïre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Zaïre. Afficher tous les articles

dimanche 31 janvier 2016

Au pays des mille collines

Dans toutes les officines occidentales, le général Paul Kagamé, cet ex-chef des services secrets ougandais et proche conseiller du très cynique président ougandais Yoweri Kaguta Museveni, était considéré comme le vainqueur et le probable futur homme fort du Rwanda. Pourtant, il avait gardé un mauvais souvenir à cause de la spectaculaire débandade, en 1990, des rebelles rwandais basés en Ouganda face aux éléments des Forces armées zaïroises conduits par le général Mahele Lieko Bokungu. Ce dernier, en l’occurrence Donatien, était un ancien gamin de la zone de Ngiri-Ngiri que les Zaïrois avaient affectueusement surnommé « le tigre ».
En tout cas, après l’attentat en avril 1994 contre l’avion du général Juvénal Habyarimana, la responsabilité de l’acte ayant provoqué les massacres de plusieurs centaines de milliers de Rwandais demeurait inconnue. Aucune investigation n’avait été sérieusement menée sur le terrain.

Titre : Au pays des mille collines
Auteur : Gaspard-Hubert LONSI KOKO
Éditeur : L’Atelier de l’Égrégore
Collection : Roman/Nouvelle
Formats : EPUB (numérique)
Prix : 11,97 euros
Genre : Policier

samedi 12 janvier 2013

Bilan de l'état de la nation congolaise, quarante-neuf ans plus tard

Cinq questions à Gaspard-Hubert Lonsi Koko (*)


1. Quarante-neuf ans après l’indépendance, quel bilan faites-vous de l’état de la nation congolaise ?
Pour beaucoup d’entre nous, le 30 juin 1960 a marqué la reconnaissance internationale de notre pays et non son indépendance. Cette date n’a symbolisé que le début d’un long combat pour la liberté totale. S’agissant du bilan, il est négatif, car le contexte politique est caractérisé par l’instabilité chronique, la faiblesse des institutions étatiques et de la culture politique, ainsi que l’ingérence extérieure. Sous le régime mobutiste, l’action publique ne s’était guère souciée des préoccupations de la population. Quant à l’espoir suscité par Laurent-Désiré Kabila en 1997, il s’est effondré à cause de l’absence d’ouverture politique et de recherche d’un consensus minimum sur l’État à reconstruire. Avec Joseph Kabila, l’unité nationale est toujours fragile et l’armée désorganisée. Un autre défi à relever, c’est celui de l’équilibre financier entre les provinces et le gouvernement central, auquel il faut ajouter les problèmes de la pauvreté, la santé, l’éducation, l’insécurité…

2. A quoi attribuez-vous les insuffisances des régimes successifs en République démocratique du Congo depuis l’indépendance ?
Le peuple congolais, de l’avènement de Mobutu à la présidence de Joseph Kabila, a toujours été victime du non-respect de la séparation des pouvoirs. Pis encore, les violations de la Constitution ont transformé le chef de l’État en homme-organe. En la foulant aux pieds, le président Joseph Kabila a mis à mal la cohésion nationale et porté atteinte aux combats pour la libération et l’émancipation du peuple congolais. Ainsi, a-t-il contribué à l’anéantissement des efforts fournis depuis le 30 juin 1960. Cet acte grave ne doit pas laisser indifférents les parlementaires, de la majorité comme de l’opposition, ni le peuple congolais qui doit assumer sa responsabilité. La multitude de partis politiques, disons-le également, prouve que le mal congolais tire ses racines dans l’immaturité politique. En tout cas, la tenue d’élections en 2006 n’a pas été suivie de construction des infrastructures de transport, ni de consolidation des fonctions étatiques dans l’ensemble du territoire national, ni de limitation des phénomènes de corruption, ni de cohésion nationale, ni de souveraineté politique.

3. La communauté internationale n’a-t-elle pas aussi sa part de responsabilité dans ce que vous décrivez ?
Bien sûr, la communauté internationale est en partie responsable de la situation actuelle du continent africain. D’ailleurs, dans son discours prononcé, le 11 juillet devant le Parlement ghanéen, le président américain Barack Obama a évoqué la responsabilité commune dans l’exploitation et la déstabilisation de l’Afrique. Mais cela ne doit nullement nous dédouaner de notre incapacité dans la gestion de notre pays depuis le 30 juin 1960. Il est évident que le Congo ne pourra pas relever seul les défis auxquels il est confronté. Le souhait d’Union du Congo, c’est que notre pays améliore la coopération avec ses partenaires étrangers. J’espère que le souhait du président Obama se concrétisera, s’agissant des partenaires africains des États-Unis. Encore faut-il que nous soyons capables de définir un vrai projet de société pour le Congo du troisième millénaire et de le mettre en pratique sans céder à une quelconque menace brandie depuis l’extérieur. En effet, nous devons devenir les premiers gardiens de nos intérêts.

4. Que proposez-vous pour changer le cours des choses au Congo ?
La violence dans notre pays représente une force politique, une variable d’ajustement pour conserver le pouvoir ; l’appartenance ethnique étant privilégiée au détriment du projet politique. Si en 1994, Kinshasa n’a pas été capable de prendre une décision commune sur l’accueil des réfugiés rwandais, cette absence de vision commune se reproduit dans l’état-major des FARDC en proie à l’inexistence du commandement vertical. Primo, nous devons nous focaliser sur l’incapacité dans laquelle se trouve le Congo à prendre en main son destin en palliant l’absence de vision commune des leaders congolais, laquelle affaiblit l’autorité de l’État ; en résolvant en urgence le problème des FDLR pour enlever tout prétexte au président rwandais relatif à une éventuelle menace à partir du territoire congolais ; en réglant très vite les différents petits conflits ethniques pour empêcher nos voisins de continuer de fragiliser notre pays. Secundo, il est nécessaire de faire du Congo un État laïc à part entière, aussi bien en droit que dans les faits, la laïcité devant être un cadre institutionnel. Tertio, nous devons à court terme créer deux brigades pour sécuriser la frontière de l’Est, juste celle avec le Rwanda.

5. Avez-vous une ambition nationale ?
Je n’ai jamais été associé à la gestion de la chose publique congolaise. Mais, j’ai appris en France à gérer une grande agglomération et un État. Un Congolais disposant d’un tel atout, et qui de surcroît aime son pays, ne peut que se mettre au service de ses compatriotes. J’estime que le moment est venu de vaincre les obstacles qui hypothèquent l’avenir de notre pays. J’ai la ferme intention d’associer davantage le peuple Congolais, selon le mérite et à la compétence, à la gestion de la chose publique. S’impose donc une autre dynamique en RDC. Notre pays a plus que jamais besoin d’un leader dont le souffle donnera à nos compatriotes l’irrésistible envie de se mettre en mouvement. Comme je pense en avoir l’étoffe, je me permets de demander au peuple congolais, en tant que Souverain, de m’offrir l’opportunité de mettre en place un projet de société cohérent. Oui, j’ai une ambition nationale. Une ambition collective pour réinventer la manière de faire de la politique et rendre possible une alternative crédible. Je compte faire émerger un projet de société d’avant-garde fort, humaniste et fraternel. Voilà pourquoi, en ma qualité de président d’Union du Congo, j’ai établi la feuille de route pour le Congo du troisième millénaire.

© Le Potentiel, juillet 2009

PROPOS RECUEILLIS PAR ROBERT KONGO, CORRESPONDANT EN FRANCE

(*) Président d’ «Union du Congo».

vendredi 24 février 2012

RD Congo : Ousmane Paye confirme la tenue à Kinshasa du 14ème sommet de la Francophonie »

Ousmane Paye : « Au nom de l’Organisation, je vous confirme la tenue à Kinshasa, du 12 au 14 octobre 2012, du 14ème sommet de la Francophonie ». Cette déclaration a été faite au cours d’une interview qu’il a acceptée d’accorder à notre correspondant en France. Le Conseiller spécial du secrétaire général de la Francophonie chargé de l’organisation des sommets, M. Ousmane Paye, confirme ainsi le déroulement à Kinshasa du sommet de la Francophonie 2012. Optimiste, il croit en la volonté des acteurs politiques congolais, toutes tendances confondues, de voir leur pays organiser le Sommet francophone et à la capacité technique de la République démocratique du Congo de le réussir.

- Interview.

Confirmez-vous la tenue à Kinshasa en octobre prochain du 14ème sommet de la Francophonie ?

Au nom de l’Organisation, je vous confirme la tenue à Kinshasa, du 12 au 14 octobre 2012, du 14ème sommet de la Francophonie. Les travaux de préparation sont bien avancés. Depuis le début de l’année 2011, après la désignation de Kinshasa comme ville hôte du 14ème sommet de la Francophonie et la confirmation de celle-ci en 2010 à l’occasion du sommet de Montreux, les missions que j’ai eues à conduire à Kinshasa ont servi d’abord à évaluer la capacité technique de la RDC d’organiser ce sommet, ensuite à voir la mise en place d’un comité congolais d’organisation en charge de la préparation de cette rencontre.
A l’issue des travaux de la 27ème Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF) qui s’est tenue ici à Paris les 1er et 2 décembre 2011, la RDC, représentée par M. Raymond Tshibanda, ministre de la Coopération internationale et régionale, président du Comité national d’organisation du sommet de Kinshasa, a repris le flambeau de la présidence de la CMF après Mme Micheline Calmy-Rey, présidente de la Confédération Helvétique. Lors d’une mission à Kinshasa, j’ai eu à remettre officiellement à M. Tshibanda les pré-requis techniques pour l’organisation du sommet en vue de l’élaboration du cahier des charges. Depuis cette date, à l’occasion des réunions de la Commission politique, les émissaires du Comité national d’organisation nous rendent compte régulièrement de l’avancement de leurs travaux de préparation.

Comment expliquez-vous cette rumeur persistante autour d’un report, voire d’une annulation de la tenue de ce sommet en RDC ?

Puisque je n’en suis pas l’auteur, je ne peux pas me l’expliquer et elle ne m’est même pas parvenue. Moi je suis le président du Comité de pilotage en charge pour l’OIF d’organiser le sommet en partenariat avec le Comité national congolais. Et nous sommes au travail.

Certains pays voisins envisagent déjà le transfert du sommet chez eux…

C’est possible, mais c’est vous qui me l’apprenez.

Dans l’hypothèse où il y aurait report, annulation du sommet ou transfert dans un pays tiers, quelles pourraient en être les vraies raisons ?

Je suis très optimiste quant à la tenue à Kinshasa du 14ème sommet de la Francophonie, car il me paraît que c’est la volonté de tous les Congolais d’organiser cette grande rencontre chez eux. J’en déduis donc que ce sommet aura bel et bien lieu. J’ai eu l’avantage de rencontrer beaucoup de responsables politiques congolais, toutes tendances confondues, il n’y en a pas un seul qui remet en question cette opportunité qui s’offre à la RDC de recevoir sur ses terres les 75 délégations francophones. Je voudrais vous rappeler que la RDC est le pays francophone le plus important sur le continent africain, autant sur le plan démographique que géophysique. Et vous savez quelle place occupe la langue française dans ce pays. Donc, il est tout à fait légitime, aujourd’hui, que la RDC ait son sommet et à travers elle l’Afrique centrale. C’est la volonté clairement affichée par le président de la République, le gouvernement ainsi que tous les acteurs politiques congolais que j’ai eus l’honneur de rencontrer.

La RDC est-elle prête pour organiser un tel sommet, selon vous ?

Oui, parce que les Congolais en ont la volonté et la RDC en a la capacité technique. J’ai visité des lieux où peuvent se dérouler les travaux ; des lieux où les délégations peuvent se loger ; des capacités de transport des délégués ; autant d’instruments indispensables à l’organisation d’un sommet qui fondent mon optimisme.

Vous semblez très optimiste, non ?

Du point de vue de l’organisation technique, tout se passe comme nous l’avons toujours fait dans la préparation de tous les sommets. De ce point de vue, tout se déroule selon nos prévisions. Si vous voulez faire allusion à la tension postélectorale qui prévaut en RDC, je vous dis tout de suite que cela relève de la gestion des acteurs politiques congolais qui n’en sont pas à leur première difficulté de politique intérieure. C’est une situation qu’ils ont toujours pu surmonter par le biais du dialogue ou de la médiation. Mais là n’est pas ma responsabilité en tant que président du Comité de pilotage. Je suis, pour ma part, totalement dans mon chronogramme. Voilà la raison objective pour laquelle j’affiche cet «optimisme de la volonté» comme aime à le dire souvent le secrétaire général de la Francophonie, le président Abdou Diouf.

La tension postélectorale qui prévaut en RDC ne pourrait donc compromettre la tenue de ce sommet…

La stabilité politique et sociale est indispensable pour organiser de grands rendez-vous. Et connaissant relativement bien l’histoire de ce pays, mon optimisme m’emmène à penser que les Congolais trouveront une solution consensuelle pour surmonter les difficultés politiques qu’ils rencontrent et ils en sont capables.

N’êtes-vous pas inquiet de la situation politique en RDC ?

Inquiet, non mais plutôt attentif à tout ce qui s’y passe. En raison de cette importante échéance que nous avons devant nous.

Quel regard portez-vous sur le déroulement des élections du 28 novembre 2011 en RDC ?

Je n’étais pas au Congo, notre organisation non plus. Donc, je ne peux porter un jugement quelconque sur le déroulement du processus électoral. J’en ai simplement eu des échos. Des observateurs sur le terrain ont constaté et dénoncé, ici et là, des dysfonctionnements voire des irrégularités. Les résultats définitifs de la présidentielle ont été publiés et le chef de l’Etat a été officiellement investi. Maintenant que les résultats provisoires des législatives sont également publiés et que la session parlementaire vient de s’ouvrir, l’heure est à l’examen des recours déposés. Je vous rappelle que dans un communiqué publié à l’issue des élections du 28 novembre 2011 en RDC, le secrétaire général de la Francophonie a demandé d’user des voies légales pour toute contestation pour déposer des recours en recommandant leur examen objectif et minutieux par la Cour suprême de justice avant la proclamation des résultats définitifs. Et ceci en écartant toute violence et en privilégiant le dialogue et le respect de la légalité.

Concrètement, quel rôle entend jouer l’OIF pour apaiser la tension postélectorale en RDC ?

Le secrétaire général le dit à maintes occasions : l’OIF est à la disposition de tous ses pays membres, y compris la RDC qui peut comme tout autre solliciter son expertise, sa facilitation et sa médiation.

Pensez-vous que le dialogue est possible entre la majorité présidentielle et l’Opposition, notamment l’UDPS d’Etienne Tshisekedi ?

Oui, je le pense profondément, et j’en parle depuis le début de notre entretien.

Les autorités congolaises ne sont-elles pas en train de commettre la même erreur qu’en 1991 lorsque le sommet de la Francophonie prévu en RDC, Zaïre à l’époque, avait été délocalisé pour des raisons politiques ?

Ce n’est pas vraiment la même situation. En 1991, j’étais moi-même conseiller du président de la République et secrétaire général de la Commission de la Francophonie du Sénégal. En cette qualité, j’ai eu le privilège de faire partie de la délégation qui a œuvré dans le transfert du 4ème sommet de Kinshasa à Paris pour d’autres raisons que celles que vous évoquez aujourd’hui et en parfait accord avec les autorités congolaises.

Les Congolais ne risquent-ils pas de déchanter cette fois-ci encore ?

Je ne le pense pas, car au moment où je vous parle, je travaille harmonieusement avec le comité préparatoire en charge du 14ème sommet. Ici à l’OIF, nos services, notamment les conférences internationales, œuvrent à la préparation de différents schémas protocolaires, logistiques et d’accréditation. Et je vous redis ma foi dans la capacité des hommes politiques de la RDC à surmonter leurs divergences par le biais de la concertation et du dialogue. Ils savent tous que ce dialogue sera la source d’une stabilité politique susceptible de créer les conditions et le cadre du développement économique et social dont ce peuple congolais a tant besoin.

Le peuple congolais peut donc continuer à y croire ?

Je le pense bien sincèrement.

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France

jeudi 16 juillet 2009

RD Congo: une ONG dénonce l'exploitation illicite d'une mine d'uranium

KINSHASA - Une ONG de défense des droits de l'Homme en RD Congo juge "dangereuse pour la santé publique" l'exploitation illégale de la mine uranifère Shinkolobwe au Katanga (sud-est), interdite à toute activité minière depuis 2004.

Dans un rapport dont l'AFP a obtenu copie mercredi, l'ONG Association africaine de défense des droits de l'Homme (Asadho) dénonce "le rôle joué par certaines institutions étatiques" dans l'exploitation de la mine, notamment les services "de renseignements militaires, le parquet militaire, la police des mines et des hydrocarbures" et certaines autorités locales.

"Ils profitent individuellement de ce trafic illicite et dangereux en extorquant, en érigeant des barrières illégales (...) et en détournant les minerais à l'état brut, supposés uranifères, saisis", affirme l'ONG.

Riche en uranium et en cuivre, la mine de Shinkolobwe a été fermée après un éboulement en 2004. A l'époque, une mission de l'ONU "avait constaté des risques importants liés à de possibles éboulements ainsi qu'à une potentielle exposition chronique à la radioactivité ionisante", est-il rappelé dans le rapport.

"Le gouvernement n'a jamais pris de dispositions utiles et durables" après la fermeture, regrette l'ONG.

Shinkolobwe est l'une des plus vieilles mines d'uranium au monde, dont les ressources avaient servi à fabriquer la bombe d'Hiroshima.

Elle pourrait être à nouveau exploitée par le groupe nucléaire français Areva, dans le cadre d'un accord signé en mars par sa présidente, Anne Lauvergeon, avec le ministre congolais des Mines, portant sur la recherche et l'exploitation de futures mines d'uranium sur tout le territoire de l'ancien Zaïre.

Cet accord, signé en marge d'une visite-éclair du président français Nicolas Sarkozy à Kinshasa, vise à recenser l'ensemble des relevés géologiques existants et à les compiler pour définir les zones prometteuses et lancer des campagnes d'exploration.

(©AFP / 15 juillet 2009 19h57)