vendredi 24 février 2012

De la spiritualité en politique ?

L'avenir de la République Démocratique du Congo relève-t-il en partie de la spiritualité ? Telle est la question que l'on est amené à se poser à la lecture des belles pages du livre que publiera prochainement Gaspard-Hubert Lonsi Koko chez L'Harmattan. En effet, cet ouvrage intitulé Congo-Kinshasa : le degré zéro de la politique est dédié en premier lieu au Dieu tout puissant et aux forces de l'esprit ; ensuite aux ascendants de l'auteur – les Nlasa Ngandu, les Vuzi di Nkuwa, les Kimuakasa et les Nsala Nkanga – et enfin à son père, sa petite sœur et son petit frère décédés.

Au fil des chapitres, à travers le territoire de Madimba dans le Bas-Congo et les autres contrées de la République Démocratique du Congo, les héros congolais – tels que Kimpa Vita, M'Siri, Simon Kimbangu, Joseph Kasa Vubu, Patrice Lumumba... – côtoient des illustres Gaulois d'obédience socialiste comme Jean Jaurès, Léon Blum et François Mitterrand. Ainsi la dimension internationale de l'auteur consolide-t-elle la vision mystique qui a toujours habité les grandes personnalités.

S'appuyant avec habilité sur l'ironie du peintre et la culture du savant, Gaspard-Hubert Lonsi Koko démontre qu'une victoire, la vraie, s'obtient à travers les batailles qui se déroulent à la frontière entre l'eau et la savane, l'invisible et le visible... Si les peuples ont des chefs qu'ils méritent, une élection doit surtout servir à leur conscientisation et non au simple bourrage d'urnes pour des intérêts personnels.

Antoine Ndontoni

RD Congo : Ousmane Paye confirme la tenue à Kinshasa du 14ème sommet de la Francophonie »

Ousmane Paye : « Au nom de l’Organisation, je vous confirme la tenue à Kinshasa, du 12 au 14 octobre 2012, du 14ème sommet de la Francophonie ». Cette déclaration a été faite au cours d’une interview qu’il a acceptée d’accorder à notre correspondant en France. Le Conseiller spécial du secrétaire général de la Francophonie chargé de l’organisation des sommets, M. Ousmane Paye, confirme ainsi le déroulement à Kinshasa du sommet de la Francophonie 2012. Optimiste, il croit en la volonté des acteurs politiques congolais, toutes tendances confondues, de voir leur pays organiser le Sommet francophone et à la capacité technique de la République démocratique du Congo de le réussir.

- Interview.

Confirmez-vous la tenue à Kinshasa en octobre prochain du 14ème sommet de la Francophonie ?

Au nom de l’Organisation, je vous confirme la tenue à Kinshasa, du 12 au 14 octobre 2012, du 14ème sommet de la Francophonie. Les travaux de préparation sont bien avancés. Depuis le début de l’année 2011, après la désignation de Kinshasa comme ville hôte du 14ème sommet de la Francophonie et la confirmation de celle-ci en 2010 à l’occasion du sommet de Montreux, les missions que j’ai eues à conduire à Kinshasa ont servi d’abord à évaluer la capacité technique de la RDC d’organiser ce sommet, ensuite à voir la mise en place d’un comité congolais d’organisation en charge de la préparation de cette rencontre.
A l’issue des travaux de la 27ème Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF) qui s’est tenue ici à Paris les 1er et 2 décembre 2011, la RDC, représentée par M. Raymond Tshibanda, ministre de la Coopération internationale et régionale, président du Comité national d’organisation du sommet de Kinshasa, a repris le flambeau de la présidence de la CMF après Mme Micheline Calmy-Rey, présidente de la Confédération Helvétique. Lors d’une mission à Kinshasa, j’ai eu à remettre officiellement à M. Tshibanda les pré-requis techniques pour l’organisation du sommet en vue de l’élaboration du cahier des charges. Depuis cette date, à l’occasion des réunions de la Commission politique, les émissaires du Comité national d’organisation nous rendent compte régulièrement de l’avancement de leurs travaux de préparation.

Comment expliquez-vous cette rumeur persistante autour d’un report, voire d’une annulation de la tenue de ce sommet en RDC ?

Puisque je n’en suis pas l’auteur, je ne peux pas me l’expliquer et elle ne m’est même pas parvenue. Moi je suis le président du Comité de pilotage en charge pour l’OIF d’organiser le sommet en partenariat avec le Comité national congolais. Et nous sommes au travail.

Certains pays voisins envisagent déjà le transfert du sommet chez eux…

C’est possible, mais c’est vous qui me l’apprenez.

Dans l’hypothèse où il y aurait report, annulation du sommet ou transfert dans un pays tiers, quelles pourraient en être les vraies raisons ?

Je suis très optimiste quant à la tenue à Kinshasa du 14ème sommet de la Francophonie, car il me paraît que c’est la volonté de tous les Congolais d’organiser cette grande rencontre chez eux. J’en déduis donc que ce sommet aura bel et bien lieu. J’ai eu l’avantage de rencontrer beaucoup de responsables politiques congolais, toutes tendances confondues, il n’y en a pas un seul qui remet en question cette opportunité qui s’offre à la RDC de recevoir sur ses terres les 75 délégations francophones. Je voudrais vous rappeler que la RDC est le pays francophone le plus important sur le continent africain, autant sur le plan démographique que géophysique. Et vous savez quelle place occupe la langue française dans ce pays. Donc, il est tout à fait légitime, aujourd’hui, que la RDC ait son sommet et à travers elle l’Afrique centrale. C’est la volonté clairement affichée par le président de la République, le gouvernement ainsi que tous les acteurs politiques congolais que j’ai eus l’honneur de rencontrer.

La RDC est-elle prête pour organiser un tel sommet, selon vous ?

Oui, parce que les Congolais en ont la volonté et la RDC en a la capacité technique. J’ai visité des lieux où peuvent se dérouler les travaux ; des lieux où les délégations peuvent se loger ; des capacités de transport des délégués ; autant d’instruments indispensables à l’organisation d’un sommet qui fondent mon optimisme.

Vous semblez très optimiste, non ?

Du point de vue de l’organisation technique, tout se passe comme nous l’avons toujours fait dans la préparation de tous les sommets. De ce point de vue, tout se déroule selon nos prévisions. Si vous voulez faire allusion à la tension postélectorale qui prévaut en RDC, je vous dis tout de suite que cela relève de la gestion des acteurs politiques congolais qui n’en sont pas à leur première difficulté de politique intérieure. C’est une situation qu’ils ont toujours pu surmonter par le biais du dialogue ou de la médiation. Mais là n’est pas ma responsabilité en tant que président du Comité de pilotage. Je suis, pour ma part, totalement dans mon chronogramme. Voilà la raison objective pour laquelle j’affiche cet «optimisme de la volonté» comme aime à le dire souvent le secrétaire général de la Francophonie, le président Abdou Diouf.

La tension postélectorale qui prévaut en RDC ne pourrait donc compromettre la tenue de ce sommet…

La stabilité politique et sociale est indispensable pour organiser de grands rendez-vous. Et connaissant relativement bien l’histoire de ce pays, mon optimisme m’emmène à penser que les Congolais trouveront une solution consensuelle pour surmonter les difficultés politiques qu’ils rencontrent et ils en sont capables.

N’êtes-vous pas inquiet de la situation politique en RDC ?

Inquiet, non mais plutôt attentif à tout ce qui s’y passe. En raison de cette importante échéance que nous avons devant nous.

Quel regard portez-vous sur le déroulement des élections du 28 novembre 2011 en RDC ?

Je n’étais pas au Congo, notre organisation non plus. Donc, je ne peux porter un jugement quelconque sur le déroulement du processus électoral. J’en ai simplement eu des échos. Des observateurs sur le terrain ont constaté et dénoncé, ici et là, des dysfonctionnements voire des irrégularités. Les résultats définitifs de la présidentielle ont été publiés et le chef de l’Etat a été officiellement investi. Maintenant que les résultats provisoires des législatives sont également publiés et que la session parlementaire vient de s’ouvrir, l’heure est à l’examen des recours déposés. Je vous rappelle que dans un communiqué publié à l’issue des élections du 28 novembre 2011 en RDC, le secrétaire général de la Francophonie a demandé d’user des voies légales pour toute contestation pour déposer des recours en recommandant leur examen objectif et minutieux par la Cour suprême de justice avant la proclamation des résultats définitifs. Et ceci en écartant toute violence et en privilégiant le dialogue et le respect de la légalité.

Concrètement, quel rôle entend jouer l’OIF pour apaiser la tension postélectorale en RDC ?

Le secrétaire général le dit à maintes occasions : l’OIF est à la disposition de tous ses pays membres, y compris la RDC qui peut comme tout autre solliciter son expertise, sa facilitation et sa médiation.

Pensez-vous que le dialogue est possible entre la majorité présidentielle et l’Opposition, notamment l’UDPS d’Etienne Tshisekedi ?

Oui, je le pense profondément, et j’en parle depuis le début de notre entretien.

Les autorités congolaises ne sont-elles pas en train de commettre la même erreur qu’en 1991 lorsque le sommet de la Francophonie prévu en RDC, Zaïre à l’époque, avait été délocalisé pour des raisons politiques ?

Ce n’est pas vraiment la même situation. En 1991, j’étais moi-même conseiller du président de la République et secrétaire général de la Commission de la Francophonie du Sénégal. En cette qualité, j’ai eu le privilège de faire partie de la délégation qui a œuvré dans le transfert du 4ème sommet de Kinshasa à Paris pour d’autres raisons que celles que vous évoquez aujourd’hui et en parfait accord avec les autorités congolaises.

Les Congolais ne risquent-ils pas de déchanter cette fois-ci encore ?

Je ne le pense pas, car au moment où je vous parle, je travaille harmonieusement avec le comité préparatoire en charge du 14ème sommet. Ici à l’OIF, nos services, notamment les conférences internationales, œuvrent à la préparation de différents schémas protocolaires, logistiques et d’accréditation. Et je vous redis ma foi dans la capacité des hommes politiques de la RDC à surmonter leurs divergences par le biais de la concertation et du dialogue. Ils savent tous que ce dialogue sera la source d’une stabilité politique susceptible de créer les conditions et le cadre du développement économique et social dont ce peuple congolais a tant besoin.

Le peuple congolais peut donc continuer à y croire ?

Je le pense bien sincèrement.

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France

vendredi 17 février 2012

La République Démocratique du Congo, une victoire à la Pyrrhus

Après une épreuve de force entre l’opposition thisekediste et la majorité kabiliste, le président sortant, en l’occurrence Joseph Kabila, est reconnu par la plupart des partenaires de la République Démocratique du Congo et par la communauté internationale comme étant le vainqueur de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011. Entre temps, plus de 350 députés nationaux ont assisté, le jeudi dernier, à la première session extraordinaire de la nouvelle Assemblée nationale convoquée par le secrétaire général de cette institution conformément à l’article 114 de la Constitution congolaise. La participation des députés de l’opposition, parmi lesquels figuraient quelques membres de l’Union pour la Démocratique et le Progrès Social (UDPS) d’Étienne Tshisekedi, dont l’un d’eux a d’ailleurs assuré la présidence du bureau provisoire en qualité de doyen d’âge, ne fait que légitimer les résultats, pourtant contestés, dudit scrutin.

Minoritaire nationalement mais plus ou moins majoritaire au parlement

À l’issue d’une élection présidentielle à un seul tour, le président Joseph Kabila a été finalement désigné vainqueur avec 48,95 % contre 51,05 % capitalisés par les dix prétendants qui avaient clamé haut et fort leur appartenance à l’opposition. Celle-ci, faute d’une candidature unique, s’est-elle-même privée d’un succès électoral qui était à sa portée. Quant aux élections législatives, la mouvance présidentielle est parvenue à rassembler sous sa bannière, dans un pays où l’esprit de lucre prime sur la conscience politique, une majorité hétéroclite qui volerait en éclats à la première occasion. Ainsi est-on en droit de s’interroger sur la longévité du gouvernement qui sera mis en place. D’aucuns savent qu’il est très difficile de gouverner en toute sérénité lorsqu’on est minoritaire sur le plan national. La situation devient davantage kafkaïenne quand on espère s’appuyer sur une majorité qui plus est hétéroclite.
En politique, on n’est souvent trahi que par les siens. Le nouveau parlement congolais – compte tenu de sa composition, de la crise économique que traverse le pays et des tensions socio-politiques en cours – finira-t-il par devenir une sorte d’épée de Damoclès suspendu au cou du président Joseph Kabila ? Il est donc nécessaire de trouver dans l'urgence des solutions efficaces aux causes déstabilisatrices de la victoire à la Pyrrhus que constitue la réélection de Joseph Kabila à la présidence de la République Démocratique du Congo.

Un futur incertain

« Rien n’est acquis d’avance à Kinshasa », dit un dicton populaire. C’est qui est en train de se décliner pathétiquement en République Démocratique du Congo, à savoir une confusion totale due à un processus électoral bâclé, ne doit laisser indifférente aucune institution aussi bien nationale, régionale qu’internationale. En effet, ce géant au pied d’argile risque de sombrer dans une crise aux conséquences incommensurables si les acteurs congolais ne parviennent pas à privilégier l’intérêt national. Tout observateur averti est conscient du fait que ce pays oscille avec imprécision, tel un bateau ivre, entre la stabilisation et la déstabilisation, la démocratisation et le chaos, la construction et la destruction, la pacification et les violences… Il vogue, lentement mais sûrement, vers un futur incertain.

Un choix rationnel

Il est indispensable que la majorité politique, aussi imprécise soit-elle, puisse permettre la liberté d’expression et, a contrario, l’opposition ne reste pas systématiquement contre-productrice. Dans la même optique, un peu de bonne volonté de la part des pays frères et amis ne peut qu’aider la classe politique congolaise à faire un choix rationnel en vue de la recherche des voix salutaires susceptibles de contribuer à la paix, à la maîtrise de l’insécurité, ainsi qu’à l’amélioration matérielle et au rayonnement intellectuel du peuple congolais. L’objectif consistera à ce que la République Démocratique du Congo soit véritablement dirigée par des acteurs politiques capables de mettre sur pied un havre où prédominera la vraie joie de vivre.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko


(*) Gaspard-Hubert Lonsi Koko est l’auteur de La République Démocratique du Congo, un combat pour la survie. Il publiera très prochainement chez L’Harmattan Congo-Kinshasa : le degré zéro de la politique.

mardi 24 janvier 2012

LA DIASPORA CONGOLAISE SURVOLTEE


Entendez Kabila la voix des enfants qui se tournent vers vous


Etes-vous sourd ?
Etes-vous aveugle ?

Le peuple Congolais, à travers le monde, 
n’a eu de cesse de manifester.
Il crie son désarroi, sa colère…
Et attend un seul geste de votre part : que vous déguerpissiez.

Aujourd’hui,
ce sont nos enfants, nos petits-enfants,
certains au sang mêlé, qui crient vers vous : « Kabila dégage ».
Ils ne le font pas sans raison.

Samedi 21 janvier, de la Maison de l’Unesco à la place du Trocadéro à Paris,  
ils ont témoigné leur soutien à leurs parents et grands parents d’ici 
et de là-bas : ceux qui souffrent le martyr depuis bientôt 52 ans.

Entendez Kabila la voix des enfants qui se tournent vers vous, 
la voix de l’innocence.

Leurs larmes, les larmes d’indignation, prouvent leur amour 
pour le Congo, terre de leurs aïeux,
et veulent un remède.

Les familles au Congo vivent dans un dénuement indescriptible, 
alors que ce pays regorge de richesses naturelles inestimables que d’autres pays envient.

Savoir que, aujourd’hui, le Congo est l’un des pays les plus pauvres de la planète doit faire se retourner de sa tombe Joseph Kasa-Vubu, père de l’indépendance du Congo, néanmoins oublié de la mémoire collective comme beaucoup d’autres héros de l’histoire de notre pays.

Il est temps pour vous ressaisir,
cher M. Kabila.
Il n’y a pas de honte à reconnaître sa défaite,
son échec.

A ce que je sache,
vous n’êtes prisonnier d’aucun clan, d’aucune tribu,
d’aucune bande ou d’aucune communauté quelconque.
Le contraire est-il vrai ?

Respectez la voix du peuple qui s’est exprimée le 28 novembre 2011.
Vous en sortirez grandi.
L’orgueil et l’entêtement sont les armes des faibles,
des incapables, des inintelligents…

Je ne pense pas que ce soit le cas.
Soyez courageux.
A bientôt…

Robert Kongo, journaliste


dimanche 8 janvier 2012

Congo-Kinshasa : le degré zéro de la politique

"Non, je ne regrette nullement de ne pas avoir présenté ma candidature à la magistrature suprême. Ce n’est donc que partie remise. En effet, il est des moments où l’on doit savoir reculer pour mieux sauter. À l’instar du prophète de Gibran Khalil Gibran, j’essaie seulement d’insuffler dans toutes les démarches que j’entreprends l’essence de mon esprit. De plus, je sais que tous les morts vénérables – Kimpa Vita, M’Siri, Simon Kimbangu, Joseph Kasa Vubu, Patrice Émery Lumumba, Paul Panda Farnana, Floribert Chebeya, Armand Tungulu... –, ces bâtisseurs, ces héros et martyrs qui ont sacrifié leur vie pour "un Congo meilleur et davantage éclairé", se tiennent près de moi et me regardent. Je n’ai donc pas le droit de les décevoir.

Telles sont les dernières lignes de l'ouvrage que je publierai très prochainement. Après moult réflexions, je l'ai finalement intitulé : "Congo-Kinshasa : le degré zéro de la politique".

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

mardi 27 décembre 2011

Cinq questions à Gaspard-Hubert Lonsi Koko (*)


1. Président de l’Union du Congo (UC), porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC), vous avez préféré vous présenter sous la bannière « indépendant » aux récentes élections législatives en RDC. Pourquoi ce choix ?
Ce choix est dû avant tout aux difficultés que nous avons rencontrées au regard de l’administration congolaise pour faire enregistrer le RDPC comme parti politique à part entière. Par ailleurs, certains partis d’opposition n’ont pas été forcément enthousiastes dans l’éventualité d’un partenariat avec des candidats venus de l’extérieur. Ainsi voyaient-ils en eux, dans la plupart des cas, de potentiels adversaires. Je reste convaincu que seule une meilleure synergie entre les Congolais de l’intérieur et de l’étranger permettra l’émergence d’une opposition crédible en vue d’une alternative politique au profit du peuple.

2. Comment s’est déroulé le double scrutin du 28 novembre dans votre circonscription de Madimba (Bas-Congo) ?
J’aimerais d’abord dire que mon choix de me présenter à Madimba vient du fond du cœur. Et les Madimbadiers m’ont adopté avec enthousiasme. Par exemple, d’après les résultats provisoires, deux députés sortants kabilistes sur trois seraient battus au profit des candidats de l’opposition. Mais cela ne signifie pas forcément l’inexistence d’imperfections dans le déroulement du scrutin, celui-ci ayant brillé, comme dans le reste du territoire national, par le manque de transparence surtout dans les centres locaux de compilations. J’en veux pour preuve la suspension momentanée des travaux de collecte des résultats dans ces centres. Je tiens surtout à rappeler l’injustice qui a prévalu dans le traitement de l’information, les candidats de la majorité présidentielle ayant officieusement bénéficié des données capitales de la part de la CENI plusieurs jours avant ceux de l’opposition qui ont souffert du retard de l’information officielle. Ainsi ces derniers étaient-ils handicapés dans l’articulation concrète de leur campagne. Il y avait donc deux poids deux mesures dans le traitement des candidats. Cette attitude peu catholique n’a pas concerné que le seul territoire de Madimba. Si les Madimbadiers ont réellement voulu le changement en plébiscitant les candidats de l’opposition aussi bien à la présidentielle qu’aux législatives, force est de constater que leur choix s’est fait sur la base du clientélisme et non du programme électoral. Je déplore le manque du débat d’idées lors de ce double scrutin. Dans le territoire Madimba, je suis l’un des rares candidats, sinon le seul, à avoir fait des propositions audacieuses pour le changement. Mais cela était insuffisant, car j’ai refusé de m’adonner à la démagogie et d’offrir de l’argent en échange du suffrage. Je ne regrette pas d’avoir adopté un comportement républicain, dans la mesure où le processus électoral devrait aussi permettre la conscientisation du peuple en vue de l’évolution des mentalités.

3. Quel bilan dressez-vous de ces élections au plan national ?
Du point de vue national, triste constat, on a assisté au degré zéro de la pratique politique en République démocratique du Congo. Aucun débat contradictoire n’a eu lieu entre les onze candidats à l’élection présidentielle, même s’il s’est agi d’un scrutin à un seul tour. Pis encore, lors des passages de chaque candidat à la télévision, conformément aux directives du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), quelques prétendants, et non des moindres, ont préféré se faire représenter alors qu’il était question d’une élection dont la spécificité résidait dans le fait qu’un individu se présentait face au peuple en vue d’obtenir son suffrage. Je m’attendais à ce que les prétendants à la magistrature suprême livrent aux électeurs un programme détaillé et chiffré, plutôt que d’essayer de s’adonner à ce genre d’exercice à l’occasion de la prestation de serment. On a tout simplement assisté à une escroquerie politique. Mes impressions d’élections seront publiées dans un ouvrage, « Un Parisien à Madimba », qui paraîtra prochainement.

4. Que pensez-vous de la controverse suscitée par la réélection de Joseph Kabila ?
Force est de constater que la réélection du président Kabila est contestée par une opposition qui est représentative de plus de 50 % des électeurs. Les appréciations de la communauté internationale n’ont fait que conforter son caractère illégitime, laissant ainsi la possibilité au peuple congolais d’orienter autrement son destin. Encore faut-il que les Congolaises et les Congolais de l’intérieur aient le courage d’emboîter le pas à leurs compatriotes de l’extérieur qui ne cessent de dénoncer à cor et à cri ce qu’ils considèrent comme un hold-up électoral.

5. Quel regard portez-vous sur le fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ?
Dans l’ensemble du processus, je ne pense pas que la CENI a été à la hauteur de la tâche qui lui avait été impartie. Je lui reconnais un seul mérite, celui d’avoir voulu reporter de quelques mois le calendrier électoral. Cela aurait au moins permis d’éviter la parodie d’élections que l’on vient d’offrir au peuple congolais et à la communauté internationale en guise de spectacle.

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France

(*) Président d’UC et porte-parole du RDPC/France. Candidat à la députation nationale.

© Le Potentiel

dimanche 25 décembre 2011

Présidentielle en RDC : la victoire du ridicule

La réélection controversée de Joseph Kabila à la tête de la République Démocratique du Congo ouvre une période de grande incertitude dans un pays où, depuis l’indépendance, l’instabilité politique est devenue la norme.



On aimerait voir dans le quinquennat qui s’ouvre une opportunité de changement. Mais on voit mal un président battu dans les urnes, dos au mur œuvrer avec foi en un avenir meilleur pour le pays qui l’a rejeté sans autre forme de procès. Une aubaine pour se montrer toujours aussi incapable d’opérer le vrai changement attendu par le peuple Congolais depuis la fin du régime Mobutu en 1997.
« Le peuple ne veut pas de moi, je continue à travailler pour préserver et faire  fructifier les intérêts de mes protecteurs et de mes affidés. Tant pis pour le reste », comme dirait une célébrité du théâtre français parodiant avec délectation, et d’une manière caustique, le comportement des présidents-dictateurs et prédateurs africains.

Sans élément d’appréciation de la situation calamiteuse du Congo sur le plan économique, les sbires du Kabilisme parle du Congo comme d’un futur pays émergent dès l’année 2016 et développé d’ici 2050. Mais c’est sans compter sur le manque d’entrain et d’imagination de leur chef qui ne se sent pas investi d’une telle mission ! Le pari est vraiment osé !

Depuis 5ans, où en est le Congo dans ses fameux travaux de reconstruction et de développement, dénommés les cinq chantiers ? Les 5 années à venir n’y changeront rien. Ce n’est pas lui faire injure que de dire Joseph Kabila n’a pas l’étoffe d’un bâtisseur. Son projet -s’il en est un- rabâché au peuple Congolais durant la campagne est creux et sans intérêt (déjà, il parle à peine). C’est du réchauffé.


JOSEPH KABILA N’A JAMAIS GAGNE AUCUNE ELECTION

Joseph Kabila n’a jamais été élu président de la République Démocratique du Congo. En 2006, il a été battu par Jean-Pierre Bemba Gombo (MLC). Le feu Cardinal Frédéric ETSOU, qui exigeait en son temps le respect de la volonté du peuple Congolais exprimée dans les urnes, a payé de sa vie cette recommandation.

Le 28 novembre 2011, c’est Etienne Tshisekedi Wa Mulumba (UDPS) qui a été élu. Toutes les missions d’observations nationales et internationales ont relevé avec effroi de graves irrégularités et le manque de transparence dans le processus électoral. La fraude et la tricherie ont été planifiées de longues dates : Kabila 100% sûr, n’est pas un slogan au hasard.

Pour avoir manifesté le 12 décembre 2011 la même exigence que son prédécesseur ETSOU, 5 ans plus tôt-le recomptage des voix-, le Cardinal Laurent Monsengwo est devenu la bête noire des Kabilistes prêts à s’attaquer à quiconque  qui  toucherait  à un seul cheveu de leur champion. Gênés aux entournures, ils refusent les analyses, commentaires et critiques sur le déroulement de la présidentielle du 28 novembre . C’est la victoire du ridicule.

Chargés de superviser l’enrôlement des électeurs et de l’organisation des différentes élections devant se tenir en RDC, l’abbé Apollinaire Malu Malu (CEI-2006) et le pasteur Daniel Ngoy Mulunda (CENI-2011) sont les maîtres d’œuvre de la sordide opération « hold up » qui a émaillé les élections en RDC depuis 5 ans. Avec la bénédiction de la nébuleuse Communauté internationale .

Si Apollinaire Malu Malu a été remercié depuis la dissolution de la Commission Electorale Indépendante (CEI) en 2010, Daniel Ngoy Mulunda, en service commandé pour la présidentielle de 2011 a réédité l’exploit de son frère en christ en procédant à l’annonce des faux résultats des urnes. Il lui faut maintenant  apporter-dans les jours et mois à venir - à l’homme de Kingakati une large majorité à l’Assemblée nationale, au Sénat, dans les Assemblées provinciales ou locales pour que sa mission s’accomplisse. Et la fête continue.

Ainsi le pouvoir se sert de l’Eglise chrétienne- qu’elle finira par diviser( si ce n’est pas déjà le cas) - pour asseoir son hégémonie partisane et tribale au nez et à la barbe des Congolais. Comme sous le régime Mobutu, les Congolais sont en train de se faire flouer à nouveau. Hélas !


RISQUE D’INSTABILITE POLITIQUE

La clairvoyance et la détermination d’Etienne Tshisekedi Wa Mulumba, qui a rejeté la réélection de Joseph Kabila et a prêté serment vendredi 23 décembre en tant que président élu de la RDC, suffiront-t-elles à renverser l’ordre des choses ?

En tout cas, tel est le souhait des Congolais  qui l’ont élu et ceux de la diaspora qui se sont mobilisés nuit et jour pour lui apporter leur soutien. Sans faille.

Les efforts fournis ne resteront pas vains. Et la mobilisation à l’extérieur continue et s’intensifie. Jusqu’à ce que Joseph Kabila, ses sous-fifres et la Communauté internationale reconnaitront la victoire de l’homme de la 10ème rue. Sinon, c’est l’instabilité politique assurée : le retour à la case départ comme il y’a 50 ans.

Robert Kongo, journaliste.

jeudi 15 décembre 2011

Après la publication des résultats provisoires de la présidentielle en RDC

La diaspora congolaise intensifie des manifestations contre la réélection de Joseph Kabila

Depuis la publication par la Commission nationale électorale indépendante (CENI) des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011 en République Démocratique du Congo,  la diaspora congolaise en Europe, en Australie et en Amérique intensifie des manifestations contre la réélection de Joseph Kabila et reconnaît Etienne Tshisekedi comme le président élu.

Cela bouge de partout, en Europe (Belgique, France, Allemagne, Suisse, Angleterre, Italie Hollande, Luxembourg…), en Australie ( Canberra, Melbourne, Sydney…) et en Amérique, notamment au Canada (Ottawa) et aux Etats-Unis (Washington, New-York, Philadelphie…). Les Congolais de la diaspora n’ont pas arrêté de dénoncer « la victoire volée » de Joseph Kabila désigné, vendredi 9 décembre, vainqueur  de la présidentielle du 28 novembre par la Commission nationale électorale indépendante (CENI) présidée par le pasteur Daniel Ngoy Mulunda.

A Matonge (Bruxelles), sur les Champs Elysées et devant l’Assemblée nationale française (Paris), sur la 15ème rue adjacente à la Maison Blanche (Washington), devant le 10 Downing street ( résidence et bureau du Premier ministre d’Angleterre, Londres)… les manifestations de colère se multiplient pour dénoncer « la tricherie », la « fraude électorale », le « coup d’Etat électoral » et exprimer le « refus » de voir Joseph Kabila rempiler pour 5 ans.
Confortés par les critiques des différentes  missions d’observation pour la présidentielle en RDC, les Congolais de l’étranger considèrent Etienne Tshisekedi comme le vainqueur de cette élection et est de facto « le chef de l’Etat » de la RDC. Ils sont déterminés à aller jusqu’au bout de leur combat pour que soit reconnu par l’opinion nationale et internationale la victoire sans conteste du président de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS).

La fondation Carter-dont le sérieux ne peut être mis en doute- a déclaré que « le scrutin présidentiel du 28 novembre n’était pas crédible ». La mission d’observation de l’Union européenne  a déploré mardi 13 décembre le « manque de transparence et les irrégularités », de la collecte à la publication des résultats donnant la victoire à Joseph Kabila et rejetés par l’opposition. Pour le Cardinal Laurent Monsengwo, « les résultats de l’élection présidentiel en République Démocratique du Congo ne sont conformes ni à la vérité ni à la justice ». Pis, l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Koffi Annan, vient de décliner l’offre de la médiation internationale sur la RDC parce que selon lui, « l’étendue du bourrage d’urnes a été au delà du vécu visible. »

APPEL A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

La mobilisation des  combattants Congolais  de l’Europe et d’Amérique  ne cesse de croître. Samedi 10 décembre, ils ont pris d’assaut les centres-villes des grandes capitales européennes et américaines (ils se transmettent les informations par SMS, Facebook et Tweeter). Sur les Champs-Elysées à Paris, des Congolais et des Congolaises sont venus en grand nombre. Ils étaient plus de 1.500 bravant la pluie et le froid. Il en était de même ou presque à Bruxelles et ailleurs.

Objectif : faire invalider-avec le soutien de la communauté internationale -les résultats partiels de l’élection présidentielle du 28 novembre publiés par la CENI et la révision des procès-verbaux dudit scrutin.

Le printemps arabe devient pour les combattants Congolais un modèle théorique du phénomène révolutionnaire. Ils se mettent à rêver, eux aussi, d’un « printemps noir ».

« A l’heure où les révolutions en Tunisie, en Egypte ou en Syrie montrent qu’il n’est plus possible de soutenir des dictateurs, des prédateurs contre le peuple, et où la communauté internationale dit s’engager, et on veut bien la croire, pour la démocratie, les droits humains et la transparence des élections comme gage de démocratie, nous lui demandons d’être cohérente entre ses déclarations et ses actes, et de cesser de bafouer ces principes lorsqu’il s’agit des pays africains. », a déclaré un manifestant parisien , très remonté contre l’appui de la communauté internationale au régime Kabila depuis une décennie. Et d’ajouter  avec un brin d’amertume dans la voix : « Mon pays, le Congo, se relèvera. J’y crois. »

En outre, il exhorte les Congolais de l’intérieur à prendre leur destin en main : « L’heure est grave. Il faut bouger. Suivez l’exemple des Tunisiens, des Egyptiens  et des Syriens. La victoire, ça s’arrache », dit-il.

Pour ce combattant Congolais , la communauté internationale doit opérer un réel changement dans sa politique vis-à-vis de la RDC. « La France et l’Union européenne dans son ensemble, les USA, le Canada et l’Afrique du Sud ne doivent pas freiner le changement politique en cours en RDC, au moment où les Congolais essaient de conquérir leur démocratie », s’insurge-t-il.

Il lui semble primordial que la communauté internationale, qui se dit sensible aux aspirations des peuples,  « prenne publiquement ses distances avec Joseph Kabila tant que n’auront pas été invalidés les résultats provisoires publiés par la CENI. A moins qu’il ne s’agisse d’un complot ourdi contre la RDC ».
                                                                                               Robert Kongo,
                                                                                               Journaliste

lundi 5 septembre 2011

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20110907/030 relatif aux travailleurs impayés en RD Congo

Pour réduire les charges sociales, des commerçants du Bas-Congo préfèrent se fournir en main-d'œuvre auprès de sous-entrepreneurs, une pratique en contradiction avec le Code du travail. Ces travailleurs sous-traités se plaignent d'être beaucoup moins bien payés que ceux sous contrat.


Soucieux du bonheur du peuple congolais, le porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC), Gaspard-Hubert Lonsi Koko, affirme que la bonne utilisation des deniers publics et la maîtrise de l’inflation constitueront les principes fondamentaux de la meilleure gestion économique. Pour permettre aux Congolaises et aux Congolais d’avoir accès aux biens de consommation, M. Lonsi Koko préconise de faire bénéficier aux travailleurs d’un salaire ainsi que d’une retraite décents, et de payer les arriérés des salaires ainsi que les indemnités de retraite non perçues.

Le RDPC préconise donc de revaloriser les bas salaires et les retraites afin de relancer le pouvoir d’achat, soutenir la consommation des produits congolais et, plus généralement, la demande. Le porte-parole du RDPC propose aussi d’aligner, dès le début de la mandature, un salaire minimum congolais calculé sur le coût de la vie – l’accord de Mbudi signé en février 2004 devant servir de référence pour toute négociation [lire la suite].

(c) RDPC

jeudi 1 septembre 2011

Elections 2011 en RD Congo : Programme chiffré du RDPC - 3ème volet


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III – Le soutien à l’économie congolaise à travers le plan de relance agricole (PRA)

1 – Le cadre général

Depuis1996, la République Démocratique du Congo est sans arrêt déstabilisée. Effectivement, plusieurs groupes armés, aussi bien civils que militaires, ne cessent de terroriser les populations. En conséquence, des pans entiers de notre territoire, certains villages et villes dans l’Est, en particuliers dans des zones rurales, sont sous leur contrôle.
 Dans les régions de l’Est et dans la partie Nord-Ouest du pays, la situation reste dramatique et beaucoup de régions ne sont pas non plus à l’abri. De plus, les stigmates de ces conflits et affrontements, les violences à l’encontre des populations civiles caractérisées par les tueries des personnes innocentes, les viols des femmes, la destruction des maisons et les pillages des ressources agricoles (matériels aratoires et semences améliorées) ont provoqué le déplacement des populations dans les territoires orientaux et au-delà de nos frontières.
Aujourd’hui, les familles sont de plus en plus fragilisées à cause de l’insuffisance alimentaire, du faible taux de scolarisation des enfants, du faible accès aux soins de santé, du mauvais état des routes de desserte agricole, de l’impraticabilité du réseau des transports, de l’absence du marché, de l’accès insignifiant à l’eau potable et de l’inexistence des activités génératrices de revenus... Ces carences ont sans conteste des répercussions négatives sur le quotidien des Congolaises et des Congolais. En effet, la faible production, l’infime transformation manuelle, la difficile commercialisation des produits locaux et l’importation massive des denrées alimentaires devront en principe inciter au développement de la production locale.
(*) Lire le volet 3 du programme chiffré en PDF (PRA)