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jeudi 15 décembre 2011

Après la publication des résultats provisoires de la présidentielle en RDC

La diaspora congolaise intensifie des manifestations contre la réélection de Joseph Kabila

Depuis la publication par la Commission nationale électorale indépendante (CENI) des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011 en République Démocratique du Congo,  la diaspora congolaise en Europe, en Australie et en Amérique intensifie des manifestations contre la réélection de Joseph Kabila et reconnaît Etienne Tshisekedi comme le président élu.

Cela bouge de partout, en Europe (Belgique, France, Allemagne, Suisse, Angleterre, Italie Hollande, Luxembourg…), en Australie ( Canberra, Melbourne, Sydney…) et en Amérique, notamment au Canada (Ottawa) et aux Etats-Unis (Washington, New-York, Philadelphie…). Les Congolais de la diaspora n’ont pas arrêté de dénoncer « la victoire volée » de Joseph Kabila désigné, vendredi 9 décembre, vainqueur  de la présidentielle du 28 novembre par la Commission nationale électorale indépendante (CENI) présidée par le pasteur Daniel Ngoy Mulunda.

A Matonge (Bruxelles), sur les Champs Elysées et devant l’Assemblée nationale française (Paris), sur la 15ème rue adjacente à la Maison Blanche (Washington), devant le 10 Downing street ( résidence et bureau du Premier ministre d’Angleterre, Londres)… les manifestations de colère se multiplient pour dénoncer « la tricherie », la « fraude électorale », le « coup d’Etat électoral » et exprimer le « refus » de voir Joseph Kabila rempiler pour 5 ans.
Confortés par les critiques des différentes  missions d’observation pour la présidentielle en RDC, les Congolais de l’étranger considèrent Etienne Tshisekedi comme le vainqueur de cette élection et est de facto « le chef de l’Etat » de la RDC. Ils sont déterminés à aller jusqu’au bout de leur combat pour que soit reconnu par l’opinion nationale et internationale la victoire sans conteste du président de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS).

La fondation Carter-dont le sérieux ne peut être mis en doute- a déclaré que « le scrutin présidentiel du 28 novembre n’était pas crédible ». La mission d’observation de l’Union européenne  a déploré mardi 13 décembre le « manque de transparence et les irrégularités », de la collecte à la publication des résultats donnant la victoire à Joseph Kabila et rejetés par l’opposition. Pour le Cardinal Laurent Monsengwo, « les résultats de l’élection présidentiel en République Démocratique du Congo ne sont conformes ni à la vérité ni à la justice ». Pis, l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Koffi Annan, vient de décliner l’offre de la médiation internationale sur la RDC parce que selon lui, « l’étendue du bourrage d’urnes a été au delà du vécu visible. »

APPEL A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

La mobilisation des  combattants Congolais  de l’Europe et d’Amérique  ne cesse de croître. Samedi 10 décembre, ils ont pris d’assaut les centres-villes des grandes capitales européennes et américaines (ils se transmettent les informations par SMS, Facebook et Tweeter). Sur les Champs-Elysées à Paris, des Congolais et des Congolaises sont venus en grand nombre. Ils étaient plus de 1.500 bravant la pluie et le froid. Il en était de même ou presque à Bruxelles et ailleurs.

Objectif : faire invalider-avec le soutien de la communauté internationale -les résultats partiels de l’élection présidentielle du 28 novembre publiés par la CENI et la révision des procès-verbaux dudit scrutin.

Le printemps arabe devient pour les combattants Congolais un modèle théorique du phénomène révolutionnaire. Ils se mettent à rêver, eux aussi, d’un « printemps noir ».

« A l’heure où les révolutions en Tunisie, en Egypte ou en Syrie montrent qu’il n’est plus possible de soutenir des dictateurs, des prédateurs contre le peuple, et où la communauté internationale dit s’engager, et on veut bien la croire, pour la démocratie, les droits humains et la transparence des élections comme gage de démocratie, nous lui demandons d’être cohérente entre ses déclarations et ses actes, et de cesser de bafouer ces principes lorsqu’il s’agit des pays africains. », a déclaré un manifestant parisien , très remonté contre l’appui de la communauté internationale au régime Kabila depuis une décennie. Et d’ajouter  avec un brin d’amertume dans la voix : « Mon pays, le Congo, se relèvera. J’y crois. »

En outre, il exhorte les Congolais de l’intérieur à prendre leur destin en main : « L’heure est grave. Il faut bouger. Suivez l’exemple des Tunisiens, des Egyptiens  et des Syriens. La victoire, ça s’arrache », dit-il.

Pour ce combattant Congolais , la communauté internationale doit opérer un réel changement dans sa politique vis-à-vis de la RDC. « La France et l’Union européenne dans son ensemble, les USA, le Canada et l’Afrique du Sud ne doivent pas freiner le changement politique en cours en RDC, au moment où les Congolais essaient de conquérir leur démocratie », s’insurge-t-il.

Il lui semble primordial que la communauté internationale, qui se dit sensible aux aspirations des peuples,  « prenne publiquement ses distances avec Joseph Kabila tant que n’auront pas été invalidés les résultats provisoires publiés par la CENI. A moins qu’il ne s’agisse d’un complot ourdi contre la RDC ».
                                                                                               Robert Kongo,
                                                                                               Journaliste

jeudi 17 mars 2011

Les Che de l'écran

Sur le modèle de la révolution arabe, la diaspora congolaise en Europe se mobilise pour réclamer le changement de régime en RDC. Depuis le début de l'année, des manifestations que l'on peut qualifier des " journées de colère " sont organisées en Belgique, en Grande-Bretagne, en Allemagne et en France. Des appels à la mobilisation sont lancés sur le réseau social Facebook. L'internet est paré de toutes les vertus, et on parle presque de "révolution numérique".
Véritable catalyseur, Facebook a joué un rôle déterminant dans le déclenchement de la révolution arabe, mais aussi dans leur intensification et leur hiérarchie. Contournant les institutions, dispositifs de prohibition et de filature, et ce malgré un taux de pénétration mis à rude épreuve, Facebook s'est improvisé instrument d'expression personnelle, de libération et d'affranchissement moral.
Des expressions comme " cyberésistance " ont émergé, un blogueur résistant a été nommé ministre, les requêtes " Ben Ali " ont explosé sur Google Tendances, un Egyptien a baptisé sa fille " Facebook " en hommage au rôle tenu par la structure… Facebook a troqué son usage initial contre celui d'étendards de la révolution.
A l'instar des peuples arabes, les Congolais de la diaspora misent sur le réseau social Facebook pour accélérer ce qu'ils appellent " la libération du peuple congolais ". Les commentaires et échanges entre internautes tournent autour des mêmes griefs: situation économique et sociale désastreuse, massacres d'étudiants, manque de liberté d'expression, arrestations arbitraires, assassinats des journalistes, intimidations, violences faites à la femme congolaise, tripatouillage constitutionnel… "Le peuple n'en peut plus de subir toute cette souffrance", peut-on lire sur ces pages.
Les périodes révolutionnaires s'accompagnent souvent d'un romantisme qui se fixe sur les lieux et les choses. L'apogée de l'Internet ressemble à celle de la radio sous l'Occupation de la France par les Allemands. Les Français écoutaient Radio Londres comme d'autres ont pris des nouvelles de Tunis et du Caire via Facebook et Twitter. L'usage de la radio ne vous transformait pas davantage en résistant que celui d'Internet aujourd'hui, mais a sans doute donné à quelques-uns l'impression d'être aux premières loges de l'Histoire en train de se faire…
Si Internet a été un outil au service de la libération des autres peuples, pourquoi ne le serait-il pas pour les Congolais, s'interrogent-ils. Osons dire qu'il pourrait l'être, à condition qu'il tienne son rôle, celui d'un outil, et participe à la diffusion des idées constructives pour l'avenir du Congo, et non pas un instrument au service des individus cyniques, prompts à la polémique stérile qui frise l'incompétence et l'irresponsabilité.

"L'HEURE DE LA PRISE DE CONSCIENCE COLLECTIVE A SONNE !" 

Partout, les mentalités changent. Les peuples n'ont plus peur et veulent en finir avec des régimes moins regardants sur les droits de l'Homme.
Pilotés par les partis politiques d'opposition représentés en Europe comme l'Union du Congo (UDC), le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo( RDPC), l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), le Mouvement de Libération du Congo (MLC), l'Alliance des Bâtisseurs du Kongo (ABAKO) , le Bundu Dia Kongo (BDK)… et les associations congolaises, dont l'Avenir du Congo-Devoir de Mémoire, les Femmes Congolaises en Action (FCA), le combat des Congolais de la diaspora , notamment ceux de France s'inscrit dans cette démarche. Un appel lancé à la mobilisation sur Facebook est toujours suivi d'effet.
Les manifestations organisées les 19 février et 12 mars dans les rues de Paris témoignent de la volonté des Congolais de France d'œuvrer avec détermination pour faire bouger les choses en RDC. Ils attirent l'attention de la communauté internationale sur les atteintes aux droits fondamentaux commises au Congo et sensibilisent leurs concitoyens à la question de ces droits.
Les annulations, sur les scènes européennes, des concerts des artistes musiciens Congolais venant de Kinshasa ne sont pas pour leur jeter l'opprobre. Selon "Bana Congo" ou "les combattants", initiateurs du boycott, "L'heure de la prise de conscience collective a sonné !". Les temps ont changé, la récréation est terminée. Les artistes musiciens congolais sont réputés pour chanter et danser à la gloire des membres de l'establishment et donnent ainsi l'impression de méconnaitre la situation de misère dans laquelle vit la population.
Largement diffusé sur Internet, ce débat est au cœur de l'actualité sur les pages Facebook. Les internautes en font leurs choux gras et chacun y va de son commentaire.
Le Congo peut-il être libéré par des révolutionnaires exilés à 8.000 kilomètres du territoire national ? Cette question inonde les pages des Facebookers et suscite échanges et commentaires qui font quelque peu sourire dans les milieux congolais des gens avisés où l'on sait le poids des silences dans les "affaires politiques". L'Histoire ne nous apprend-elle pas que toutes les révolutions ont été impulsées à partir de l'extérieur ?

FRINGALE DE LIBERTE 

A la lumière du changement qui s'opère dans le monde, on peut oser dire que le vent de la révolution qui tourne actuellement sur le monde arabe va atteindre les pays d'Afrique noire. Les Africains subsahariens aspirent aussi au changement et sont prêts à faire de même.
Plusieurs ingrédients semblent déjà réunis pour qu'en Afrique noire tout implose. Les caractéristiques des modes de gouvernance sont quasi identiques : la mainmise sur le denier public avec des méthodes illégales, la corruption, le despotisme, la nature répressive des libertés, les dérives monarchiques dans les Républiques… Ces pratiques seront sans doute la cause des soulèvements des peuples noirs d'Afrique.
Comme les Tunisiens et les Egyptiens, les Africains subsahariens ont la fringale de liberté et veulent se débarrasser de l'injustice sous toutes ses formes. Les révoltes des peuples arabes constituent un signal fort pour les autorités africaines.
Chaque pays a bien sûr ses spécificités, le processus peut prendre plus ou moins de temps, être plus ou moins rapide ici ou là, mais il est sur les rails…La puissance du système ne peut résister devant la volonté du changement, cette volonté qui se transforme, à force d'être opprimée, en une force capable d'écraser les redoutables régimes.

FACEBOOK, UN PAIN BENI POUR LA DIASPORA 

Depuis quelques années, toutes les révolutions, qui se sont soldées par des succès retentissants, sont basées sur la mobilisation des peuples engagés et insatisfaits du système. Et ce, grâce aux nouvelles techniques de l'information et de la communication (NTIC) qui font partie intégrante de notre quotidien.
Internet est devenu un des concepts fondamentaux de la démocratie. Il désigne le lieu symbolique où peuvent s'exprimer toutes les opinions qui structurent le jeu politique, où l'on traite des questions relevant de la collectivité.
On peut certes épiloguer sur les insuffisances de l'Internet qui, selon certains zélateurs de la science, n'est pas la martingale de la démocratie. Mais ses vertus émancipatrices ne sont pas à négliger comme le soutiennent bon nombre d'experts avertis.
Pour les Congolais de la diaspora, Facebook, c'est du pain béni. La Toile leur permet de partager les idées, les rapproche et les galvanise. A la manière des Tunisiens et des Egyptiens, Internet est devenu l'accélérateur du changement politique, social et économique.
Ils ont désormais le sentiment d'avoir leur mot à dire dans le destin de leur pays. La magie de l'Internet leur confère la conviction que son utilisation est un acte politique, qu'ils se transforment en acteurs du changement, en Che Guevara de l'écran.

Robert Kongo, correspondant en France

© Le Potentiel

mardi 15 février 2011

RDC : Le RDPC dévoile son projet pour 2011

Dans un ouvrage qui vient de paraître aux éditions L'Harmattan*, Gaspard-Hubert Lonsi Koko livre son programme politique dans la perspective des prochaines élections présidentielles en République démocratique du Congo (RDC). Le RDPC (Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo) souhaite avant tout proposer un projet alternatif au président sortant, Joseph Kabila. Le programme s'articule autour du retour à la paix et à la croissance économique de la RDC. Si le livre reste dans les généralités, l'ouvrage possède le mérite de coucher noir sur blanc un programme de campagne… alors que l'on attend toujours les projets des grands partis d'opposition, comme l'UDPS, le MLC ou Vital Kamerhe. AFRIKARABIA a rencontré Gaspard-Hubert Lonsi Koko à Paris.

GH Lonsi Koko-tiltshift.jpgAFRIKARABIA : Qu'est-ce qui vous démarque des autres candidats à la présidentielle de 2011 ?

Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Il me semble que cette élection sera gagnée par quelqu'un qui a une autre manière de faire de la politique. Moi j'ai commencé par écrire un livre pour dire ce que je veux faire au Congo et je souhaite que l'on discute sur la base des idées… que l'on soit d'accord ou non avec mon programme. On sait comment se passe les élections au Congo : on distribue des tee-shirts, de l'argent, on donne de la bière le temps des élections et puis on revient 5 ans après pour refaire la même chose aux élections suivantes. Je dis aux Congolais : voilà mon projet pour changer votre quotidien. Dès lors que je mets noir sur blanc mon projet, je n'ai pas peur des critiques et nous verrons bien avec qui nous pourrons travailler. Si je suis élu, je veux être le président de la paix… une paix globale. Nous savons pertinemment que nous ne changerons pas nos voisins, il faut que nous ayons l'intelligence de développer une politique régionale qui nous permette de vivre dans la paix [lire la suite].

© Afrikarabia

lundi 12 avril 2010

Quel système politique pour la République Démocratique du Congo ?

Président d’Union du Congo et porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC), Gaspard-Hubert Lonsi Koko répond aux questions d’Afrique Rédaction sur le système politique idéal pour la République Démocratique du Congo.

Afrique Rédaction : Que pensez-vous du paysage politique en République Démocratique du Congo ?

Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
En République Démocratique du Congo, le courant libéral est représenté par le Mouvement pour la Libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba et l’Union pour la Reconstruction du Congo (UREC) d’Oscar Kashala. En principe, une coalition politique sérieuse se fait autour d’un projet politique. Or, au second tour de l’élection présidentielle de 2006, l’UREC n’a pas jugé utile de rejoindre l’Union pour la Nation (UN), la coalition ayant soutenu le MLC face à l’Alliance pour la Majorité Présidentielle (AMP) acquise à la cause du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) de Joseph Kabila.

Afrique Rédaction : Faut-il alors conclure que l’AMP se situe à gauche de l’échiquier politique congolais ?

Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
On ne peut pas raisonner a contrario, car les intentions réelles des uns et des autres ne sont pas forcément sincères. En tout cas, on retrouve des prémices du socialisme dans l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) d’Étienne Tshisekedi. Rappelons que l’UDPS est membre de l’Internationale Socialiste. Le PPRD de Joseph Kabila essaie d’épouser par positionnement politicien l’idéologie socialiste mais, dans la pratique, on constate que ce parti politique n’a aucune idéologique bien définie. L’exercice du pouvoir a montré que le PPRD se situe plus dans le camp libéral que dans le giron socialiste. Je ne suis pas du tout surpris par la position adoptée par l’UREC, au second tour de l’élection présidentielle de 2006, ayant consisté à s’abstenir entre le MLC et le PPRD.

Si, par allusion à la gauche, vous sous-entendez que les partis politiques qui constituent l’AMP sont d’obédience progressiste, je rappelle que les systèmes politiques en cours dans des pays démocratiquement structurés ne s’articuleront pas obligatoirement de la même façon que dans un pays comme la République Démocratique du Congo. Il faut donc beaucoup de lucidité pour faire émerger un système politique viable et adapté aux réalités congolaises. Vouloir à tout prix reproduire dans notre pays les modèles étrangers, particulièrement le recours au libéralisme tel que pratiqué ailleurs, c’est sombrer dans l’aventurisme et dans la caricature.

Afrique Rédaction : Pourtant, il y en a qui préconise un  projet libéral et progressiste pour le développement et la reconstruction de la République Démocratique du Congo ?

Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
Avec ce genre de formule, on s’expose à l’oxymore politique. On sait d’emblée que l’alliage entre le libéralisme et le progressisme a toujours abouti à l’impasse. On est soit libéral, donc capitaliste, soit progressiste, c’est-à-dire socialiste ou communiste. Mais pas l’un et l’autre à la fois. Il est très difficile de bâtir quelque chose de concret dans l’antinomie. De plus, mettre bout à bout, à savoir par concaténation, les idéologies contraires donne toujours des résultats superfétatoires.

Le libéralisme a peut-être des atouts, encore faut-il que les conditions locales s’y prêtent, mais leurs conséquences sont connues d’avance : le profit à tout prix au détriment du social au point de générer un monde à deux vitesses ; l’inégalité des chances entre les citoyens au détriment de la tolérance, de la solidarité et du droit à la différence ; l’asservissement des pauvres par les riches avec tout ce que cela génère comme insécurité et injustice ; la non-émergence d’une classe moyenne et la non-primauté de la personne humaine à cause du non-respect des Droits de l’Homme ; les manipulations systématiques de la Constitution, la pensée unique en guise d’estocade à la liberté de pensée et d’expression ; le non-respect du droit des travailleurs au prétexte d’une croissance économique dont les bénéfices ne profiteront qu’à une infime minorité de la population, une politique à deux vitesses sur les plans de la santé et de l’éducation...

Dans la même optique, force est de constater que le communisme a totalement échoué dans le monde entier, y compris en Chine où le libéralisme économique s’est installé. Le libéralisme sauvage n’est pas plus apte, au contraire, à faire face à la situation présente. L’exemple de la Russie, dans ce domaine, est édifiant. Ayons aussi à l’esprit la récente crise économique qui a été jugulée, aussi bien en Europe qu’aux États Unis, grâce à l’intervention de l’État. Le risque existe donc que se développe en République Démocratique du Congo une société dont l’exemple de libéralisme sauvage à la russe illustre ce qui se produit lorsque l’État ne joue plus son rôle. L’exemple russe est caractéristique du développement mafieux dans un système économique intégralement libéral, dont l’activité sauvage aboutit à des excès inimaginables.

Afrique Rédaction : D’après vos arguments, seule l’idéologie socialiste permettrait à la République Démocratique du Congo d’affronter sereinement les enjeux en cours ?

Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
S’agissant de mes opinions politiques, car vous faites subrepticement allusion à mes fréquentations socialistes, je tiens à rappeler que je suis un jauressien : c’est-à-dire un réformiste. Personnellement, je me reconnais dans la mouvance social-démocrate.

Pour répondre à votre question, l’UDPS, qui se réclame du socialisme, n’a jamais pris le pouvoir dans notre pays : d’où la difficulté de tirer des conclusions pouvant éclairer l’avenir. Quant à la gestion du Congo par le PPRD, un autre parti qui essaie de se revendiquer du socialisme, elle me fait penser à celle qui est en cours en Chine. En effet, le régime chinois étant d’obédience communiste, la politique gouvernementale, dans ce pays, épouse complètement le libéralisme à outrance.

Étant de ceux qui pensent que le devoir politique le plus élémentaire est de combattre, je partage les avis selon lesquels les différents modèles de libéralisme sauvage existant au monde sont des contre-références pour le développement social. Il est à noter que la liberté totale d’entreprendre sans garde-fous, dans une population congolaise sans expérience démocratique accomplie, a conduit à la domination des mafias, à la déchéance de l’État, au blocage de la société, à la misère de la majorité de la population. Préconiser le libéralisme dans pareilles circonstances, c’est vouloir carrément et simplement anéantir l’État dont le rôle consiste à garantir l’égalité des chances pour tous et à protéger les plus faibles contre la domination des plus forts.

Afrique Rédaction : Mais que préconisez-vous, comme système politique, entre libéralisme et socialisme, voire communisme ?

Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
On voit très bien, au fil de notre entretien, que seule la voie social-démocrate pourrait permettre de maîtriser les problèmes politiques qui se poseraient. Encore faut-il savoir faire la distinction entre les social-démocraties allemande et française, tout en ayant à l’esprit les éventuelles difficultés dans leur déclinaison dans un pays comme la République Démocratique du Congo. C’est pourquoi la responsabilité qu’auront les socialistes,  à l’échelle planétaire, sera énorme. Le grand problème qui se posera sera la capacité d’adaptation des populations mondiales, particulièrement des populations paysannes qui restent la majorité.

Le recours au libéralisme dans un pays comme la République Démocratique du Congo, où prédomine l’inexistence de l’État, hypothéquera la réussite et empêchera les lendemains de chanter. Il faut carrément rejeter ce modèle qui est aux antipodes d’un avenir meilleur pour la majorité des Congolais. Il ne reste donc plus qu’à chercher des voies nouvelles en vue d’un modèle politique qui, sous l’impulsion des hommes et des femmes très soucieux du bien-être de leurs compatriotes, pourra contrôler le capitalisme et l’empêcher de dégénérer. Tel est le chantier du  Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC).

Le défi d’aujourd’hui, c’est de réformer profondément la société congolaise afin d’en supprimer les tares, de développer le confort des ménages, de transformer le régime de la propriété, de créer des emplois, de promouvoir le phénomène de la redistribution des richesses dans l’espoir de distribuer une forte proportion du PIB sous forme de prestations sociales, pensions et allocations, de faire enfin émerger un État providence. C’est politiquement possible.

Le RDPC est donc favorable à un modèle humaniste en vue de la croissance économique, de l’évolution sociale, de l’innovation politique et de la paix. Notre ambition, c’est de faire émerger une politique ambitieuse dont les acquis seront la Liberté, l’Égalité, la Sécurité et la Prospérité. Nous avons vocation non seulement à faire évoluer les mentalités en toute liberté absolue des consciences, mais surtout à faire entrer la République Démocratique du Congo dans le cercle des grands pays du troisième millénaire.


© Afrique Rédaction

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(*)  http://unionducongo-rdc.org – E-mail : unionducongo@gmail.com
(**) http://rdpc-rdcongo.blogspot.com – E-mail : rdpc.rdc@gmail.com

vendredi 3 juillet 2009

RD Congo : 49ème anniversaire de l’Indépendance

Synthèse d’Union du Congo sur l’état des lieux et les perspectives sociales, économiques ainsi que politiques

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la communauté internationale précipita le processus de décolonisation. Ainsi, le 30 juin 1960, le Congo belge accéda à l’indépendance sous l’appellation de République Démocratique du Congo. Joseph Kasa-Vubu en fut le président et Patrice Lumumbu le Premier ministre. De toute manière, cela fut le résultat d’une lutte quotidienne menée par nos aînés, une lutte ardente et idéaliste, une démarche active grâce à laquelle quelques dignes fils du Congo excellèrent dans la bravoure en ayant accepté de verser leur sang, de risquer leur vie dans le seul espoir de bâtir les fondations qui serviraient de socle à un État meilleur et plus éclairé.
Quarante-neuf ans après cet événement, quel bilan peut-on tirer ? Depuis le 30 juin 1960, le contexte politique en République Démocratique du Congo est caractérisé par l’instabilité chronique, la faiblesse de ses institutions étatiques et de sa culture politique, ainsi que l’ingérence extérieure. Un autre défi à relever, outre celui relatif à l’unité nationale, c’est celui de l’équilibre financier entre les provinces et le gouvernement central. À ce défi, il faut ajouter les problèmes ayant trait à la pauvreté, la santé, l’éducation…
Le peuple congolais, de l’avènement de Joseph-Désiré Mobutu à la présidence de Joseph Kabila, a toujours été victime de la violation du sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs – exécutif, législatif et judiciaire –, dispositif constitutionnel indispensable à toute démocratie qui se respecte. Quant à l’opposition politique, qui a recueilli les voix de plus d’un tiers de l’électorat en 2006, elle n’a pas été à la hauteur dans l’instauration d’une véritable démocratie au Congo, gage de la stabilité du pays sur le long terme. Sa dernière volonté à jouer son rôle a été compromise en raison du recours répété à la force contre ses partisans, du départ en exil de Jean-Pierre Bemba Gombo et de l’immobilisme de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba. De par son inertie, l’opposition a cautionné les menaces qui pesaient sur le pluralisme politique.
Pourtant, dans l’euphorie de son élection en 2006, le président Joseph Kabila a déclaré : « Avec l’accord de vous tous, j’annonce [...] la fin de la recréation afin que le peuple puisse se consacrer entièrement au travail, et ce dans la paix et la tranquillité ». Ainsi a-t-il annoncé les cinq chantiers devant couronner son mandat présidentiel : infrastructure, emploi, éducation, santé, eau et électricité. Qu’est-il advenu de ce programme ?
Le nœud du problème qu’il faudra dénouer n’est pas tant l’échec patent de la présidence de Joseph Kabila, mais la compréhension des fondements de la violence en République Démocratique du Congo. Comment se fait-il que depuis le 30 juin 1960, le Congo a sans arrêt été gouverné par un jeu d’instabilité ?
La tenue d’élections de 2006 n’a pas été suivie de construction des infrastructures de transport, ni de consolidation des fonctions étatiques dans l’ensemble du territoire nationale, ni de limitation des phénomènes de corruption, ni de cohésion nationale, ni de souveraineté politique. Ainsi est-il nécessaire et urgent d’encourager l’émergence d’un nouveau régime à Kinshasa, susceptible d’impulser une autre dynamique et de faire renaître l’espoir dont ont tant besoin les populations de la sous-région.
Au-delà des aspects politiques, un peuple ne sera jamais libre tant qu’il n’a pas mené sa propre révolution. En effet, pour devenir autonome, le peuple congolais doit à tout prix concevoir une révolution à la fois identitaire, culturelle et économique. Pour cela, Union du Congo lui demande de lui offrir l’opportunité de mettre en place son projet sur les plans :
– éducatif et sanitaire, ainsi que du bien-être ;
– environnemental et technologique ;
– de la communication et des infrastructures routières ;
– de l’emploi ;
– socio-économique ;
– institutionnel et administratif ;
– démocratique ;
– sécuritaire ;
– de l’évolution des mentalités :
– régional :
– international.

Une autre manière de concevoir la politique est indispensable pour le salut de notre pays. Il faut donc de l’innovation dans la gestion du Congo du troisième millénaire. Raison pour laquelle Union du Congo s’emploie à éveiller les consciences de nos compatriotes, à faire évoluer leurs mentalités. Notre souhait, c’est de réinventer la manière de faire de la politique ; c’est également de rendre possible une alternative crédible afin de faire émerger un projet de société d’avant-garde fort, humaniste et fraternel.
Union du Congo veut donc apporter des réformes axées sur la défense des plus faibles, des réformes innovatrices sur le plan économique, soucieusLienes du bien-être du peuple congolais et initiatrices d’un monde plus juste et en paix. Quoi qu’il arrive, le véritable élan libérateur ne doit pas s’essouffler et ne s’essoufflera pas. De plus, la chaîne des générations, s’agissant de la défense de grandes causes congolaises, n’est pas près de se rompre.

Le Bureau d’Union du Congo

Fait à Paris, le 3 juillet 2009

(*) Pour lire le projet d'Union du Congo en vue de la République Démocratique du Congo du troisième millénaire, prière de cliquer ICI.