dimanche 11 avril 2010

INTERVIEW CROISEE JOSKY KIAMBUKUTA/DONA MOBETI SUR LES 25 ANNEES DE CARRIERE DE LA CHANTEUSE FAYA TESS

Josky Kiambukuta de l’orchestre Bana O.K et Dona Mobeti, le patron du groupe musical Cavacha, deux poids lourds de la musique congolaise, ont livré leurs impressions au micro de Robert Kongo ( Radio Vexin Val de Seine) sur la carrière musicale de Faya Tess qui vient de fêter les 25 ans de ce long parcours.



Le dimanche 4 avril dernier, la chanteuse Faya Tess, celle que l’on surnomme « la sirène d’eau douce », a fêté les 25 années de carrière musicale. Que pouvez-vous dire de son parcours ?

Josky Kiambukuta : Faya Tess a fait un bon parcours. Personne ne peut dire le contraire ni douter de ses qualités de chanteuse, auteur, compositeur et interprète. Je le dis franchement, qu’elle a du talent. Maintenant qu’elle a choisi de faire une carrière solo, je ne peux que lui souhaiter bon vent pour la suite. Vous savez, Faya Tess est très gentille. Avec un pareil caractère, on ne peut que lui souhaiter de bonnes choses de la vie.

Dona Mobeti : Le 4 avril dernier était un grand jour pour Faya Tess. 25 ans de carrière dans la musique n’est pas une mince affaire. Comme a dit Josky Kiambukuta, c’est une bonne chanteuse qui a fait un bon parcours, et celui-ci est à saluer avec déférence. C’est dommage qu’on ait pas de bons producteurs pour pouvoir aider de tels talents. En plus, elle est gentille.

Quelle artiste est-elle ?

Josky Kiambukuta :
une chanteuse, auteur, compositeur et interprète de qualité, sans aucune hésitation, et on aimerait toujours avoir de telles perles au Congo. Son palmarès parle de lui-même.

Dona Mobeti : Faya Tess, c’est l’une des meilleures voix féminines du Congo et d’Afrique. Il n’y a rien à dire. Elle a toujours composé et interprété des chansons de haute qualité artistique. C’est une chanteuse qui a du talent. 

Qu’a-t-elle apporté à la musique congolaise ?


Josky Kiambukuta : Sa voix n’indiffère personne, elle plaît à tout le monde. N’oubliez pas qu’elle est de l’école Afrisa, et cela veut tout dire. Les générations actuelles peuvent toujours s’en inspirer.

Dona Mobeti : Elle fait honneur aux femmes artistes par sa voix et sa personnalité. Elle est devenue une référence pour les nouvelles générations.

Ces derniers mois, Faya Tess occupe la scène médiatique en Europe, et on dit que, c’est l’espoir rose du printemps. Qu’en pensez-vous ?

Josky Kiambukuta : J’apprécie bien cette expression. Vous savez, il faut encourager et aider les femmes artistes à bien travailler pour aller de l’avant. Le domaine de la musique au Congo ou ailleurs n’est pas l’exclusivité de l’homme. Si les médias, depuis quelques mois, n’ont pas arrêté de parler d’elle, c’est une bonne chose. Cela prouve qu’elle fait du bon travail. Tant mieux pour elle.

Dona Mobeti : C’est vrai, c’est la réalité. Elle figure parmi les meilleurs artistes africains en Europe du moment. Elle vient de sortir un album, elle fait des scènes à Paris, en province et ailleurs.  Elle fait donc l’actualité. C’est normal que les médias en parlent. Coup de chapeau au journal « Le Potentiel » qui en est le moteur. 

En tant qu’aîné, quel conseil lui donneriez-vous pour la suite de sa carrière ?

Josky Kiambukuta :
le respect envers les autres et du sérieux dans le travail. C’est cela qui va créer sa valeur. En tout cas, je lui fais confiance pour l’avenir.

Dona Mobeti : C’est de travailler dur, et surtout de ne rien lâcher comme à son habitude. Il faut qu’elle s’accroche. Elle a de l’avenir. Qu’elle n’oublie pas que l’avenir appartient aux courageux. Bonne chance Faya !

Interview réalisée par Robert Kongo, journaliste, correspondant du journal « Le Potentiel » en France et présentateur à la Radio Vexin Val de Seine.

jeudi 8 avril 2010

RDC : "La construction d'un Etat démocratique sur le point d'échouer"

Dans un rapport intitulé : Congo, l’enlisement du projet démocratique*, l'International Crisis Group, examine l’échec des dirigeants élus en 2006 à changer radicalement de gouvernance et à répondre aux aspirations démocratiques de leurs citoyens. Presque quatre ans après la victoire de Joseph Kabila à des élections considérées comme une avancée majeure pour le processus de paix, le pouvoir est centralisé à la présidence, les contre-pouvoirs sont quasiment inexistants, les libertés fondamentales sont fréquemment menacées, et le régime ne parvient pas à régler les conflits locaux. Les partenaires du Congo doivent replacer la démocratisation et les réformes institutionnelles au centre de leur dialogue avec le gouvernement du président Kabila [lire la suite].

mardi 6 avril 2010

Faya Tess : « Que le Seigneur soit béni »

A l’occasion du 25ème anniversaire de sa carrière musicale


Le dimanche 4 avril dernier, la chanteuse congolaise Faya Tess a fêté les vingt-cinq ans de sa carrière musicale au restaurant « La calebasse » à Sevran, dans la région parisienne, en présence de nombreux invités. Un anniversaire somptueux et réussi , à la mesure de celle qui a désormais sa place au panthéon des immortels de la musique congolaise moderne.

C’est sous les applaudissement nourris de ses nombreux invités que la chanteuse congolaise Faya Tess a fait son entrée au restaurant « La calebasse » situé au n°1 de l’avenue commandant Charcot à Sevran, près de Paris, chez Yvon N’Salambi et Maman Vichy. En ce jour de Pâques, un jour d’espoir. Le regard perdu, elle savoure l’immense clameur de joie qui s’élève du public.

Joliment habillée par la boutique « Parilux » -d’une magnifique robe en soie rouge, à la « Carla Bruni »- dont l’ingéniosité en matière de création de mode n’est plus à démontrer, Faya Tess était sur son trente et un.

Souriante comme à son habitude, et d’une allure exquise dont elle a seule le secret, Faya Tess passe saluer tous ses invités contents d’être là pour célébrer cet anniversaire dont les médias en Europe ont largement fait écho.

C’est par deux allocutions prononcées  pour la circonstance par Rouf Mbutaganga, chroniqueur de musique et le correspondant du « Le Potentiel » en France, retraçant chacun, avec un style différent, le parcours musical de la chanteuse, que débuta cette fête placée sous le signe de l’amitié.

« MERCI TABU LEY »

Cet anniversaire n’était pas anodin pour Faya Tess qui a tenu à saluer et à rendre hommage à son mentor en musique, le Seigneur Tabu Ley
Rochereau.

« Aujourd’hui est un grand jour moi. 25 ans de carrière en musique n’est pas simple. Que le Seigneur soit béni. Je salue et je dis merci à Tabu Ley Rochereau, l’homme qui m’a mis le pied à l’étrier. Sans lui, je ne serai pas Faya Tess », a-t-elle déclaré avec un brin d’émotion dans la voix. Elle a ensuite remercié ses amis et collègues artistes musiciens pour tout ce qu’ils ont pu lui apporter au cours de sa carrière ; les journalistes qui ont toujours fait preuve de loyauté à son égard. Enfin, elle a adressé un grand merci au public qui l’a toujours soutenu depuis ses débuts en musique. « Ma force, ma source d’inspiration », a-t-elle dit.

Tous les journalistes présents à cette fête ont reconnu que Faya Tees, par ses compositions et interprétations, a marqué la musique congolaise de son empreinte, et a désormais sa place au panthéon des immortels de la musique congolaise moderne au même titre que Lucie Eyenga, Etisomba, Abeti Masikini, Mpongo Love…  

Pour ses collègues artistes musiciens, « Faya Tess est l’une des meilleures voix féminines de la musique congolaise », a déclaré Elba de « Bana OK ». « Et ce n’est pas hasard si  j’ai souhaité qu’elle intègre le groupe Kekele que nous formons avec Nyboma et les autres musiciens congolais résident en France », a ajouté Bumba Massa.  « Il faut qu’elle continue, l’avenir lui sourira », a dit Aby Surya, fière de la carrière réalisée par Faya Tess.   

Tous les autres témoignages  sont allés dans le même sens. Pour André Tetu Mbaya, président de l’association « Alto Mondo » de Toulouse, « Faya Tess est la preuve d’abnégation, elle est d’une simplicité sans pareille. Avec un tel caractère, il n’est pas étonnant qu’elle soit encore présente sur la scène musicale, vingt-cinq ans après. Dieu seul sait combien cela n’est pas facile. » « Vingt-cinq ans de carrière  musicale, bravo l’artiste ! », a dit José Kapesa, producteur et organisateur de festivals de musique. « Elle a du talent et mérite une telle reconnaissance », a souligné Sola Nkanza, ce fin connaisseur de la musique congolaise. « Elle est formidable », a simplement déclaré Annie Mavungu, qui assurait l’intendance.

Pour égayer ses invités, friands de ses œuvres, Faya Tess a chanté en play- back certaines de ses meilleures chansons comme « Camarade Ô », « Mibali »… , et elle a interprété, en duo avec Elba, Rouf, Aby Surya…quelques chansons de Tabu Ley Rochereau. Sous l’objectif d’« Athis Photo » et les cameras de Wazule.

25 ANS DE CHANSON

Faya Tess, « la sirène d’eau douce » comme on l’appelle, débute sa carrière en 1985 dans le groupe musical « ELIGO » formé par les élèves de l’Institut de la Gombe. 

Cette brillante élève née d’une bonne famille, et qui voulait devenir ingénieur en bâtiment et travaux publics est vite piquée par le virus de la musique. En 1986, elle entre dans l’Afrisa international  de Tabu Ley Rochereau.

Interprète et auteur de plusieurs chansons, dont « Camarade ô », « Moto akokufa », « Samsora », « Selimo », « Ososoli ngai », Faya Tess impose ses marques et participe ainsi au succès de l’orchestre Afrisa, ce grand ensemble musical congolais qui rivalisait avec le T.P. OK. Jazz du grand maître Luambo Makiadi dit « Franco ».

Aujourd’hui , Faya Tess qui vit en France mène une carrière solo entamée en 2001. Ses deux albums, « Keba » et « Tatiana Essenga », sont des chefs d’œuvre.

Déterminée à poursuivre sa carrière , Faya Tess, toujours plus volontaire et ambitieuse que jamais, n’a pas finie de nous faire rêver et danser au rythme de la rumba.

Toute sa vie s’est construite, et se construit encore aujourd’hui sur sa voix. Sa voix, c’est son lieu d’expression. Elle l’aide pour la chanson, pour avancer dans la vie. « Ma voix, c’est ma vie. Ma vie, c’est ma voix », aime-t-elle répéter sur tous les tons.

FEMME GENEREUSE 

Femme au grand cœur disent les uns, femme audacieuse disent les autres. Il faut souligner que la chanteuse congolaise est fortement impliquée dans la promotion du préservatif féminin. Tous les jours, elle va à la rencontre des femmes africaines (dans les salons de coiffure ou de beauté) pour leur parler de la prévention du sida mais aussi des autres maladies sexuellement transmissibles.

Son engagement pour l’amélioration des conditions de vie des enfants en Afrique illustré par la chanson « Bana » réalisée avec le concours de Lokua Kanza et son combat en faveur des enfants de la rue qu’elle chante dans « Nakoma Shégué », l’une des belles mélodies contenues dans l’album « Tatiana Essenga », sont notoirement connus.

Robert Kongo, correspondant en France

jeudi 1 avril 2010

Des ONG demandent à la France de s'investir dans la paix en RDC

Des ONG françaises et congolaises ont lancé mercredi à Paris un appel à la mobilisation de l'opinion et des dirigeants français en faveur de la paix en République démocratique du Congo (RDC), notamment à travers la lutte contre le pillage des ressources de ce pays.

"Après 15 ans de guerre en RDCongo, nous demandons notamment à la France de s'impliquer activement dans la paix notamment sur la protection des civils, l'accès à des services de base, le renforcement des processus démocratiques et la fin de la militarisation de l'exploitation des ressources naturelles", a expliqué lors d'une conférence de presse Alexandra Barjon de l'ONG Cosi.
Cette campagne est également soutenue par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre solidaire), Oxfam France, le Secours catholique-Caritas, le Réseau France Afrique Centrale (RéFAC), et des organisations congolaises comme la Commission épiscopale Justice et paix.

Les participants se sont notamment félicité de la volonté de la France d'organiser en 2010 un Forum régional pour la coopération dans les Grands Lacs.

"La militarisation des ressources naturelles aujourd'hui dans le Kivu (est) continue à freiner les efforts de paix et à financer ce conflit", a souligné Zobel Behalal, du CCFD. "Nous espérons avec ce forum un engagement ferme des pays voisins de la RDCongo, notamment le Burundi et le Rwanda, à stopper tout soutien au pillage des ressources naturelles congolaises".

"La France a également l'obligation de s'engager sur cette question car des capitaux et des intérêts français sont impliqués dans ce problème via une complicité passive ou active", a-t-il ajouté, citant notamment l'exemple de la SDV, une filiale du groupe Bolloré, transportant des minerais congolais.
"Nous parlons de sommes énormes qui, plutôt que de financer le développement du Congo profitent aux groupes armés et sapent tous les efforts de paix", a-t-il estimé.

"Les consommateurs en Europe ont le droit et le devoir de demander aux acteurs économiques l'origine du coltan qui se trouvent dans leurs portables", a relevé M. Behalal.

Pour Alain-Joseph Lomandja, de la Commission épiscopale Justice et Paix, cette question "nécessite l'élaboration d'un cadre juridique international contraignant pour les multinationales afin de mettre fin à un système qui tient le pays en otage".

©  AFP

mercredi 31 mars 2010

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20100331/007 relatif à la révision constitutionnelle en République Démocratique du Congo

Dans un communiqué de presse daté du 18 mars 2010, Union du Congo a constaté le caractère anticonstitutionnel de la révision constitutionnelle en cours, car elle a violé l'article 220 qui stipule : « la forme républicaine de l'État, le principe du suffrage universel, [...] l'indépendance du pouvoir judiciaire ne peuvent faire l'objet d'aucune révision constitutionnelle ». Le même article insiste sur le fait qu'« est formellement interdite toute révision constitutionnelle ayant pour objet ou pour effet [...] de réduire les prérogatives des provinces et des entités territoriales décentralisées ».

En conséquence, Union du Congo a rappelé aux parlementaires et partis politiques leur rôle s'agissant de la promotion de la bonne gouvernance. Par la même occasion, Union du Congo a demandé aux Congolaises et aux Congolais d'assumer concrètement, d'une manière ou d'une autre, leur souveraineté au cas où les parlementaires bafoueraient les lois fondamentales de la République.

Le Bureau d'Union du Congo prend donc acte de la demande de l'opposition politique (MLC, CD, ODR, CDA et RDC) au Président de la République, Chef de l’État, garant du respect de la Constitution, de mettre fin à ces violations répétées de la Constitution.

Le Bureau d'Union du Congo

Fait à Paris, le 18 mars 2010

lundi 29 mars 2010

Cinq questions à Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Président d’Union du Congo

1. Pourquoi les efforts fournis en matière de réforme du secteur de la sécurité n’aboutissent pas à la paix en RD Congo ?

Si la paix tarde à se matérialiser, c’est parce que la sécurité de la RD Congo est conditionnée non seulement par celle de ses voisins, mais aussi par celle des pays de l’Afrique centrale, australe et orientale. Par sa situation géographique, notre pays est de facto le cœur de la géopolitique du continent. Nous devons donc garantir la stabilité de notre territoire national et développer une diplomatie efficace, car la paix et la sécurité régionales ne pourraient être sauvegardées que grâce à l’implication de différents acteurs régionaux, voire continentaux. Sachons que l’existence des bases communes aux populations africaines est l’un des éléments fondamental pour la mise en place d’un système confédéral de protection.

2. Pourriez-vous préciser votre pensée, s’agissant de ce système confédéral de protection ?

Aujourd’hui, aucun pays africain ne peut relever, à lui tout seul, les défis de sécurité et de stabilité au regard des contextes géopolitique et géostratégique. Il est donc primordial pour l’Afrique, en particulier pour les pays de la CEEAC et des Grands Lacs, de mettre sur pied une organisation régionale pour la consolidation et la préservation de la paix. Union du Congo a toujours préconisé la création de cette instance régionale qui devra regrouper une grande partie des États concernés en vue de promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité au sein des espaces régionaux des Grands Lacs, de l’Afrique centrale, australe et orientale, tout en prenant en compte les facteurs socio-culturel, politique, économique et environnemental. Il faut raisonner en terme de sécurité globale. En effet, le fait de conclure un pacte axé sur la mise en place d’une politique commune de défense et de sécurité permettra l’indépendance dans l’interdépendance.

3. Comment comptez-vous agir concrètement, face aux pesanteurs ethniques et aux ambitions démesurées de quelques voisins de la RD Congo ?

Si jamais nous arrivons au pouvoir, nous inciterons nos partenaires régionaux à s’associer au projet concernant le pacte de stabilité des systèmes régionaux communs de défense et de sécurité ainsi qu’à un projet de paix spécifique aux pays des Grands Lacs et de l’Afrique orientale. Nous initierons la conférence intergouvernementale sur la sécurité, la défense, la paix et la coopération régionale, qui réunira les Chefs d’État et de gouvernement concernés afin d’examiner et de mettre en commun les moyens d’affirmer une véritable identité et une réelle appartenance régionales. Cette organisation devra tenir compte, dans son fonctionnement, des spécificités de chaque pays.

4. Quels seront les élé ments constitutifs de ce pacte de stabilité des systèmes régionaux communs de sécurité et de défense ?

L’émergence d’une coopération en matière de sécurité et de défense à l’échelle régionale permettra de prévenir toute menace, de doter les différents partenaires d’outils communs pour mieux coordonner les actions contre les éléments négatifs et de promouvoir des mesures pour le maintien, le rétablissement de la paix ainsi que de la sécurité régionale. Ce pacte devra reposer sur le principe de la solidarité entre les partenaires et contenir une clause de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État signataire. Il s’agira donc d’un mécanisme de légitime défense collective qui devra, en outre, envisager des organes décisionnels habilités à constater les entorses, les manquements ainsi que le non-respect des engagements pris et entérinés par les États signataires. Toutefois, chaque décision devra tenir compte de divers textes internationaux existants.

5. Pourquoi la RD Congo devra-t-elle faire toutes ces concessions, alors que sa position géostratégique et ses atouts économiques ne l’obligent pas à maintenir forcément des relations étroites avec tous ces voisins ?

Notre pays ne doit pas se permettre de rester dans une inertie totale au moment où ses voisins se livrent à des actes de subversions occasionnant des troubles, le pillage de ses ressources, l’infiltration de sa population et de ses institutions par des personnes étrangères, les viols des femmes et des enfants du simple fait d’être nés Congolais, une catastrophe humanitaire qui occasionne le déplacement des milliers de personnes, le génocide des plusieurs millions de citoyens congolais... Les questions, telles qu’elles se posent dans la région, dépassent les frontières des États souverains. Pour arriver à stabiliser toute l’Afrique centrale, notamment la région des Grands Lacs, il faudra obligatoirement envisager l’avenir au-delà des territoires nationaux. Au sein d’Union du Congo, nous estimons que les réponses aux risques d’explosion qui menacent la région résident dans la stratégie de la cogestion de la sécurité et de la défense régionales. Le conseil permanent du pacte devra donc se doter des mécanismes constants pour prévenir les conflits, rétablir la paix et sanctionner en cas de manquement aux accords contractés.

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France

© Le Potentiel

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20100329/006 relatif à la détention de Laurent Nkunda au Rwanda

Le Bureau d'Union du Congo s'interroge sur la décision récemment prise par la Cour Suprême de Justice du Rwanda, ayant consisté à renvoyer devant le tribunal militaire l'affaire Laurent Nkunda, cet ex-rebelle du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Effectivement, les faits reprochés à ce criminel ayant été commis dans le territoire congolais, aucune juridiction rwandaise ne pourrait être compétente. Le renvoi de cette affaire devant la juridiction militaire rwandaise démontre les mauvaises intentions et le mépris du Rwanda à l'encontre du peuple congolais.

En conséquence, Union du Congo demande au gouvernement congolais et à la communauté internationale de faire la pression sur les autorités rwandaises en vue de l'extradition, sans aucune autre forme de procès, de Laurent Nkunda en République Démocratique du Congo afin d'y être jugé pour violation de l'article 52 de la Constitution congolaise ainsi que pour crimes de guerre et crimes contre l'Humanité.

Le Bureau d'Union du Congo

Fait à Kinshasa, le 29 mars 2010

vendredi 26 mars 2010

Faya Tess fêtera à Sevran les 25 ans de sa carrière musicale

Placé sous le signe de l’amitié et de retrouvaille, la chanteuse Faya Tess célébrera solennellement la fête du 25ème anniversaire de sa carrière à Sevran, dans la région parisienne.

Le dimanche 4 avril 2010 à partir de 15 heures, Faya Tess va fêter ses vingt-cinq ans de carrière en musique au restaurant « La calebasse », situé au n°1 de l’avenue commandant Charcot à Sevran, près de Paris, chez Yvon Nsalambi et Maman Vichy.

La chanteuse congolaise recevra ses amis artistes, tous ceux qui l’ont côtoyé tout au long de sa carrière. Une carrière en musique faite des hauts et des bas, telle la vie en elle-même. Vingt-cinq ans après, elle écrit et chante ses chansons avec toujours le même enthousiasme.

Placé sous le signe de l’amitié et de retrouvaille, Faya Tess a décidé faire de cette rencontre un moment fort de convivialité. « Retrouver tous mes amis artistes dans cette circonstance me fait énormément plaisir », déclare-t-elle. Et d’ajouter : « Je rends hommage à tous ceux qui ont fait ce que je suis aujourd’hui ; à tous ceux qui m’ont aidé à avoir confiance en moi, qui m’ont souvent ouvert les yeux alors que je m’efforçais de les fermer, qui m’ont permis d’oser montrer ces petits bouts de mon âme… »

Faya Tess, « la sirène d’eau douce » comme on l’appelle, débute sa carrière en 1985 dans le groupe musical « ELIGO » formé par les élèves de l’Institut de la Gombe. En 1986, elle entre dans l’Afrisa International de Tabu Ley Rochereau. Interprète et auteur de plusieurs chansons (Camarade O, Moto akokufa, Samsora, Selimo, Ososoli ngai…), « la chanteuse congolaise à l’allure exquise » impose ses marques et participe ainsi au succès de ce grand ensemble musical congolais qui rivalisait avec le T.P. OK Jazz du grand maître Luambo Makiadi dit « Franco ».

Aujourd’hui, Faya Tess qui vit en France mène une carrière solo. Ses deux albums « Keba » et « Tatiana Essenga » sont des chefs d’œuvre. Elle ne compte d’ailleurs pas s’arrêter en si bon chemin.

Amorcé le 13 mars dernier par un concert à la salle des fêtes des Izards à Toulouse, cet anniversaire fera date, et marquera l’avènement d’une nouvelle ère pour cette artiste toujours plus volontaire et ambitieuse que jamais.

FEMME DE CŒUR

Femme artiste, femme de cœur aussi. Il faut souligner que Faya Tess est fortement impliquée dans la promotion du préservatif féminin. Tous les jours, elle va à la rencontre des femmes africaines (dans les salons de coiffure ou de beauté) pour leur parler de la prévention du sida mais aussi des autres maladies sexuellement transmissibles.

Son engagement pour l’amélioration des conditions de vie des enfants en Afrique illustré par la chanson « Bana » réalisée avec le concours de Lokua Kanza et son combat en faveur des enfants de la rue dont elle fait allusion dans la chanson « Nakoma Shégué » contenue dans l’album « Tatiana Essenga » sont notoirement connus. C’est un apostolat, déclare-t-elle.   

Robert Kongo, journaliste, correspondant du journal « Le Potentiel » en France.

Frère Wasumuka : « Je suis triste pour mon pays »

Frère Wasumuka est peu connu du milieu artistique congolais. Cependant, il a une longue expérience dans le domaine de la musique. D’abord, artiste de la musique profane- comme diraient certains- dans les années 60, puis artiste chrétien à partir de 1976, année à laquelle il décide de mettre au service de Dieu son exceptionnel organe vocal. Résident en France depuis 1992, il continue de travailler à l’œuvre de Dieu, et vient de créer une chanson intitulée « Congo, mboka na ngai », opus dans lequel il dénonce les conditions de vie difficiles du peuple congolais.

D’humeur toujours badine, traînant une barbe à la « Kuyena Munzita », Wasumuka, mieux frère Wasumuka est natif de la ville de Kinshasa (Kintambo ) en République démocratique du Congo.
Ce Toulousain aux allures de gentleman a débuté sa carrière musicale en 1963. Guitariste chevronné, il s’est mis au chant en 1971. Très entreprenant en la matière, il se fait remarquer lors de ses multiples passages à l’émission « Kin-Show » diffusée par Télé-Zaïre à l’époque et présentée par le célèbre animateur Kayumbi Beya.

A partir de 1976, inspiré par des enseignements de la Bible, frère Wasumuka choisit de se lancer dans la musique chrétienne qu’il côtoie. Un appel divin, dit-il : « Cela s’est passé au cours d’un concert auquel j’ai participé dans la commune de Kinshasa. Le défunt Wendo y participait également. En pleine scène, je sentis cette envie de louer le Seigneur et de me démarquer de ce que je faisais à l’instant. Je suis formel d’avoir reçu un appel de Dieu. Ce jour-là, tout a changé en moi. J’ai alors décidé de me mettre au service de Dieu et de chanter à sa gloire. Ma vie, aujourd’hui, c’est une vie pour Dieu ».

Membre de la Communauté Baptiste Zaïre Ouest (CBZO), il fut l’une des voix marquantes de la chorale de l’Eglise protestante de Kintambo. « J’ai chanté et je continuerai à chanter pour rendre grâce à Dieu le père », déclare-t-il.

Arrivé en France en 1992, il continue sur la même lancée et ses convictions n’ont souffert d’aucune atteinte. Aujourd’hui, il est membre de l’Eglise évangélique « Assemblée de Dieu » de Toulouse, la ville rose, et est responsable de la partie musicale.

« CONGO, MBOKA NA NGAI » 

La chanson « Congo, mboka na ngai » , dont il est l’auteur compositeur tourne à merveille sur la toile et suscite des commentaires. Une chanson d’un artiste engagé pour la cause du Congo et du peuple congolais disent les uns, un chef-d’œuvre qui tombe à point nommé, à la veille du Cinquantenaire de l’indépendance du Congo, font remarquer les autres.

Deux sentiments, nostalgie et besoin d’exprimer son désarroi sur la situation en République démocratique du Congo, s’entremêlent dans cette chanson rythmée à la rumba, et qu’il chante avec un brin de mélancolie. « Ce que j’ai vu au Congo, lors de mes vacances en 2007, m’a exaspéré. Tout va mal au Congo. Le peuple congolais souffre et la misère est devenue le lot quotidien. Je suis triste pour mon pays. Trop c’est trop ! », s’indigne-t-il.

La sortie de cette chanson est prévue pour cet été, et frère Wasumuka multiplie déjà des rendez-vous avec les médias pour parler de son oeuvre qui, selon lui, dit toute la vérité sur la situation en République démocratique du Congo : « Pour que cela change, nous avons besoin de dire la vérité. C’est cela que les gens recherchent chez les serviteurs de Dieu. Advienne que pourra ».

Il attribue les insuffisances des régimes successifs en République démocratique du Congo depuis l’indépendance à « l’inertie patente de la classe politique congolaise, majorité et opposition confondue». Puis d’ajouter « l’immaturité politique des dirigeants congolais saute aux yeux. Comment peuvent-ils ne pas saisir certaines réalités qui font que la République démocratique du Congo, classée hier parmi les nations les plus enviées en Afrique, devienne le dernier des pays dont on a même pas envie d’y vivre, même pas en rêve ? ».

Néanmoins, Frère Wasumuka reste optimiste quant à l’avenir de la République démocratique du Congo : « Je crois que le Congo se révélera un jour. Ce que vit notre grand et beau pays n’est pas une fatalité, et avec le concours de tous les congolais, nous pouvons nous en sortir. Il faut y croire ! Pour dresser nos fronts longtemps courbés, nous devons y croire tous ».

Un optimisme que partagerait volontiers le peuple congolais à cet effet. Cependant, « le peuple congolais doit beaucoup prier pour que Dieu le père lui insuffle cette force de vie et une foi qui ferait trembler les montagnes », déclare le chantre chrétien. «Rien n’est impossible à celui qui croit », conclut-il.

Robert Kongo, correspondant en France

© Le Potentiel

jeudi 25 mars 2010

La MONUC reconstruit des routes pour stabiliser l'est du pays


La MONUC réhabilite des infrastructures dans l'est de la République démocratique du Congo.
24 mars 2010 – La route qui relie Bukavu à Shabunda à l'est de la République Démocratique du Congo (RDC) est en cours de reconstruction afin de désenclaver et stabiliser la région, et redynamiser le secteur économique, a annoncé la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (monuc).
« La route est le symbole d'une nouvelle liberté pour de nombreuses personnes », a déclaré un attaché de presse de la MONUC à Bukavu, Florian Barbey au Centre d'actualités de l'ONU.

Bukavu, la capitale de la province du Sud-Kivu, frontalière du Rwanda, est à 340 kilomètres à l'est de Shabunda. Au moins 75 kilomètres ont déjà pu être achevés par les ingénieurs de la MONUC.

« Lorsque la route était détruite, cela prenait plus d'un mois pour parcourir les quelques 300 kilomètres entre Bukavu et Shabunda. Maintenant nous faisons les 75 kilomètres de route en quelques heures », se félicite M. Barbey.

Isolée et impraticable, la route était encore dangereuse et fréquentée par les groupes rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) il y a peu de temps.

« Joindre les deux villes était possible car il y avait de nombreuses barrières. Les FDLR verrouillaient Shabunda. Il y avait des groupes armés mais aussi les militaires qui vous demandaient de l'argent. Maintenant après l'opération Kimia II, la route peut être reconstruite », a dit M. Barbey faisant allusion à l'opération militaire menée en 2009 par les Casques bleus afin de neutraliser les groupes armés.

Cet axe routier est une des trois routes, avec les tronçons Miti-Hombo et Fizi-Minembwe, considérées par l'ONU et les autorités du Sud-Kivu comme hautement stratégiques pour le retour à la stabilité économique et sécuritaire de la région.

Grâce à la reconstruction d'axes routiers, le gouvernement central va pouvoir déployer des unités de police, des magistrats et d'autres représentants de l'Etat dans une zone fragile où l'insécurité et l'anarchie prolongent la guerre, estime la MONUC.
« Cela va aussi nous aider en matière de communication. Les futurs juges et représentants de l'Etat vont être en mesure de se déplacer par cette route et de collecter des informations. Ce type d'information est nécessaire pour restaurer l'autorité de l'Etat qui est notre priorité », estime M. Barbey.

Dans une région où il y a 2,1 millions de déplacés, chaque mètre de route reconstruit constitue une bouffée d'oxygène pour les populations, indique la MONUC.


© UN