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mardi 22 octobre 2013

France : lancement du Collectif des Elus Locaux Français Originaires du Congo-Kinshasa

Le samedi 19 octobre à l’Assemblée nationale française a été lancé un collectif qui rassemble tous les élus français d’origine congolaise, quelle que soit leur couleur politique. Un public nombreux était venu assister à cet événement.
Grégoire Mukendi, président du CEFOCK
Les élus locaux français originaires du Congo-Kinshasa (CEFOCK) ont lancé, le samedi 19 octobre en la salle Colbert au 1er étage du Palais-Bourbon (Assemblée nationale française) à Paris, un collectif  appelé à « réfléchir sur leur rôle d’élu local français » certes, mais également débattre des problèmes du Congo.
L’objectif est de « réfléchir sur notre rôle d’élu local dans la société française métissée », a déclaré son président, Grégoire Mukendi, adjoint au maire d’Aulnay-sous-Bois en charge des archives, documentation, mémoire de la ville et propreté de l’espace public. Et d’ajouter : «  Nous voulons également parler du Congo et de son développement. En notre qualité d’élus locaux français d’origine congolaise, nous entendons mettre notre savoir-faire et nos acquis au service de l’avancement du Congo. Mais il faut souligner que  notre intention n’est pas d’interférer dans la politique congolaise. »

COOPERATION DECENTRALISEE

Dans le cadre de la décentralisation des pouvoirs politiques en France et l’importance croissante des relations internationales, les collectivités locales françaises se sont lancées dans des actions de coopération au développement. Une cinquantaine de départements français est aujourd’hui engagée dans de telles actions ainsi que, à des degrés divers, la quasi totalité des régions françaises et environ 1500 à 2000 communes. Cette coopération entre collectivités locales s’inscrit dans un contexte d’évolution institutionnelle des pays occidentaux, d’Europe centrale et orientale, mais également du sud, notamment l’Afrique.
Pour le CEFOCK , la France devra accroître et intensifier sa coopération avec le Congo. Il soutient sans ambigüité « la coopération décentralisée et les actions de solidarité et de partenariat entre la France et le Congo. »
Dans cette optique, il entend « travailler en collaboration avec les associations de la diaspora congolaise œuvrant sur les actions de solidarité et de développement. » L’objectif affiché est de sensibiliser les Congolais de l’étranger aux enjeux du développement afin de les encourager à s’impliquer davantage dans le processus de l’essor du Congo (par le choix judicieux des actions à mener).

EXPOSES SUR LE CONGO
Membres du CEFOCK au Palais Bourbon, le 19 octobre 2013

Cette cérémonie a été également l’occasion pour le public, venu nombreux , de suivre deux excellents exposés sur le Congo réalisés par Jean-Paul Sapu, membre de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), et Anicet Mobe, chercheur en sciences sociales.
Pour Jean-Paul Sapu , qui a évoqué la situation des droits de l’homme en RDC, ce vaste territoire est « un cas d’école » en la matière. Selon lui, tous les experts sont unanimes pour reconnaître que le problème des droits de l’homme se pose avec acuité dans l’Est, mais également dans l’Ouest et ailleurs, en ce pays.
De graves exactions sont commises tous les jours : exécutions sommaires, pillages, viols des jeunes filles et femmes. « Les viols, malheureusement considérés comme une arme de guerre dans l’Est, sont monnaie courante et restent impunis », a - t-il déploré.
« En tant que femme, je suis très sensible aux atrocités que subissent nos mamans et nos sœurs au Kivu. Je le ressens en moi. Le cas du Congo doit interpeller la conscience internationale. Le CEFOCK sera le porte-voix de ces gens-là et donnera une réponse appropriée à cette situation, dans le cadre du droit à la paix, à la sécurité et au développement », a assuré Claire Tawab, adjointe au maire de Grigny en charge des conseils d’écoles et des situations de handicap.  
« Il est vrai, les Congolais paient très cher pour la paix, la sécurité et le développement de leur pays », s’est indigné Jean-Paul Sapu. « Ces guerres et conflits par procuration », a-t-il dit, ont une seule cause : « l’absence d’un leadership fort. »  « Près d’un demi-siècle après la traite négrière, la paix pour le peuple congolais reste une denrée rare », poursuit-il, et de conclure : « Le Congo est un cas qu’il faut considérer avec attention, car nous aurons des comptes à rendre aux générations futures. Que leur dirions-nous ? », s’est-il interrogé.
Anicet Mobe a établi un parallèle intéressant entre l’histoire coloniale belge au Congo et l’histoire entre la France et le Congo , à travers les actions menées par le résistant Charles de Gaulle , qui s’intéressait de très près à ce pays.
Il a relaté quelques unes des escapades du général au Congo dans les années 40, à la suite de la vaillance éprouvée des soldats congolais pendant la guerre, aux côtés des français, pour combattre le gouvernement de l’Etat français, installé à Vichy (10 juillet 1940-20 août 1944).
« Les Belges voyaient d’un mauvais œil ce rapprochement entre les Français et les Congolais. A cet effet, ils ne manquaient pas l’occasion de dénoncer l’intrusion française dans leur colonie », a-t-il expliqué.
Anicet Mobe a également dépeint l’histoire de la coopération militaire française au Congo depuis l’indépendance à nos jours. Il a évoqué les deux guerres du Shaba gagnées par Mobutu, grâce notamment à l’assistance des forces militaires françaises, contre le Front national de libération du Congo (FNLC), avec le soutien gouvernemental d’Angola, du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) et l’implication possible des troupes de Cuba.  
Pour clôturer son exposé, il a salué en ces élus « le produit de l’intelligence de l’histoire ». « Vous êtes sur la voie des personnalités prestigieuses, les anciens élus de France venus d’Afrique et des DOM-TOM », a-t-il déclaré , et a exhorté le CEFOCK à  « œuvrer au renforcement de  la coopération entre la France et le Congo ».
Les membres du CEFOCK sont les suivants : Grégoire Mukendi (Maire adjoint), Jean-Henri Kinda (Conseiller municipal), Félix Bokassia (Conseiller municipal), Dario Maleme (Conseiller municipal), Félicien Ndombele (Conseiller municipal), José Nzolani (Conseiller municipal), Colette Ilunga(Conseillère municipale), Bernadette Shungu (Maire adjointe), Claire Tawab (Maire adjointe), Jean-Claude Makengo (Maire adjoint) et David Onakaya-Menge (Conseiller municipal).
On espère que la contribution de tous ces élus sera d’une haute facture aux résolutions des problèmes qui se posent actuellement au Congo-Kinshasa, leur mère patrie.
                                                       
Robert Kongo, correspondant en France
© Le Potentiel

mercredi 17 octobre 2012

SOMMET DE LA FRANCOPHONIE A KINSHASA

Le groupe « Congolais de France » salue le discours de François Hollande

Reçue le 17 septembre dernier à la cellule diplomatique de l’Elysée pour exprimer leurs aspirations, quant à la participation de François Hollande au 14e sommet de la Francophonie à Kinshasa, la délégation du groupe de réflexion « Congolais de France », constituée de Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Dario Maleme  et votre serviteur, se réjouit que leur vœu ait été exaucé et salue avec gratitude le discours prononcé samedi par le président français à l’occasion de l’ouverture de ce forum.

Après quelques incertitudes, le 14e sommet de la Francophonie s’est tenu à Kinshasa et à la date prévue. Un soulagement pour les autorités congolaises, certes, mais aussi pour une majorité des Congolais de l’intérieur et de la diaspora qui ont milité jusqu’au plus haut sommet de l’Etat français, non seulement pour que ce sommet ait lieu, mais aussi pour que le président français, François Hollande, accepte de s’y rendre. C’est le cas notamment de la délégation du groupe de réflexion « Congolais de France » reçue le 17 septembre dernier à la cellule diplomatique de l’Elysée.

Au cours de leur entretien avec les conseillers Afrique de la cellule diplomatique de l’Elysée, Gaspard-Hubert Lonsi Koko (porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo), Dario Maleme (porte-parole des Congolais d’Aubervilliers, adjoint au Maire d’Aubervilliers chargé des finances) et votre serviteur avaient exprimé avec « force et vigueur » les attentes des Congolais  concernant le discours que devrait tenir François Hollande devant les autorités congolaises et présenté quelques suggestions.
Les questions sur la démocratie et le respect de l’opposition, la liberté de la presse, les droits de l’Homme, la bonne gouvernance, la justice, la protection des minorités et des militants associatifs, le droit de se syndiquer, la lutte contre la corruption et les discriminations, exigences universelles en ce qu’elles participent à la paix et à la concorde, c’est-à-dire au « vivre ensemble » ont été au menu de l’échange engagé entre que les membres de la délégation du groupe de réflexion « Congolais de France » et les conseillers Afrique de la cellule diplomatique de l’Elysée.

UNE TRIBUNE « POUR PARLER CLAIR »

Force est de constater qu’au cours de son discours prononcé à  l’occasion de l’ouverture, samedi,  du forum sur la Francophonie, le président français  n’a pas botté en touche pour évoquer certains points saillants soulevés lors de la rencontre entre les membres de la délégation du groupe de réflexion  « Congolais de France » et les conseillers Afrique de la cellule diplomatique de l’Elysée sur la situation en RDC.
Ouverture officielle du XIVe sommet de la Francophonie à Kinshasa
La tenue du 14e sommet de la Francophonie dans la capitale congolaise offrait donc  à François Hollande une bonne tribune pour faire connaitre sa position sur ces sujets. « Pour parler clair ».
La Francophonie a déclaré le président français «  doit porter la démocratie, les droits de l’homme, le pluralisme, le respect de la liberté d’expression, l’affirmation que tout être humain doit pouvoir choisir ses dirigeants ».
Pour ce qui concerne la démocratie, les difficultés qui ont émaillé le processus électoral du 28 novembre 2011 en RDC doivent servir de tableau de bord pour rectifier le tir et définir le cadre dans lequel devront se dérouler les prochaines échéances.
Des élections locales, prévues l’an prochain, serviront de test. Et la réforme attendue de la Commission électorale indépendante (Ceni) tout comme la création d’une commission des droits de l’Homme, adresseraient des « signaux positifs » aux Congolais et à la communauté internationale.
« S’il y’a eu des progrès, encore trop timides, ces derniers jours, il y’a un processus en RDC et je souhaite qu’il soit conduit jusqu’à son terme », a déclaré François Hollande à la presse à l’issue de son entretien avec le président congolais.

METTRE LA LANGUE « AU SERVICE DU MONDE ET DE LA LIBERTE »

Le groupe de réflexion « Congolais de France » se réjouit que la question des droits de l’homme ait constitué le fil rouge d’une journée du chef de l’Etat français en RDC, où il a invité les pays membres de la Francophonie à mettre leur langue « au service du monde et de la liberté ».
François Hollande a inauguré la médiathèque Floribert Chebeya
« C’est la bataille des droits de l’homme, elle demeure. Ici nous sommes, je l’ai dit, dans une démocratie où le processus n’a pas été encore complet, c’est le moins que l’on puisse dire. Il y’a encore des réalités inacceptables », a souligné François Hollande, après avoir inauguré une plaque en l’honneur du militant des droits de l’homme congolais, Floribert Chebeya, assassiné en juin 2010.
Selon l’Elysée, François Hollande a particulièrement insisté auprès de Joseph Kabila sur la nécessité que le procès des assassins de Floribert Chebeya se tienne et que ses agresseurs soient condamnés. D’après la même source, le cas des journalistes emprisonnés a été également abordé lors de l’entretien entre les deux chefs d’Etat.  
Outre les représentants de sept ONG de défense des droits de l’homme en RDC, cinq personnalités de l’opposition parlementaire congolaise, « qui ont demandé un renforcement de la démocratie et des libertés en RDC », ont aussi rencontré François Hollande.
Comme l’a ardemment souhaité les membres de la délégation du groupe de réflexion « Congolais de France », Etienne Tshisekedi, chef de l’opposition congolaise,  a été reçu pendant une vingtaine de minutes à la résidence de France par François Hollande.
Selon l’Elysée, « les deux hommes ont évoqué les questions intérieures, y compris les droits de l’opposition et des médias et aussi la situation dans l’Est et l’intégrité territoriale du pays ».

INTANGIBILITLE DES FRONTIERES

La situation infligée depuis une décennie aux populations de la région du Kivu est inacceptable. Par le biais des conseillers Afrique de la cellule diplomatique de l’Elysée, le groupe de réflexion  « Congolais de France »  avait demandé à la France « d’exiger la cessation immédiate des combats et des ingérences extérieures dans cette partie du territoire congolais. Qu’elle invite les pays voisins  de la République Démocratique du Congo- un pays ouvert, mais pas offert ou à prendre-à s’inscrire dans un projet politique qui vise la paix, la sécurité, l’intégration solidaire et le développement socio-économique. Que la France insiste sur le fait que « la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo ne sont pas négociables. » La France devra donc « rappeler avec force et vigueur les principes de la charte de l’Union africaine, relatifs à l’intangibilité des frontières héritées des indépendances. »
Ce qui fut fait. Le groupe de réflexion  « Congolais de France » se félicite donc des propos tenus par le président français à Kinshasa sur cette question, en condamnant les « agressions extérieures » dans l’Est de la RDC où l’armée congolaise est opposée à des groupes qui sèment la terreur. Il lui sait gré d’avoir réaffirmé dans son discours que « les frontières  de la République  Démocratique du Congo sont intangibles », contrairement à Nicolas Sarkozy qui souhaitait un « partage des richesses congolaises » avec le Rwanda.
C’est aussi une bonne chose pour la RDC que  François Hollande, président de la France, l’un des pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies,  se dise favorable à ce que le mandat de la Monusco ( la Mission d’observation des Nations Unies en République Démocratique du Congo), « puisse être précisé, élargi si nécessaire ».
Fort de ce qui précède et parce qu’il se reconnaît dans le discours prononcé par  François Hollande lors du 14e sommet de la Francophonie à Kinshasa, le groupe de réflexion « Congolais de France » en salue hautement la teneur et le remercie pour sa position objective sur la situation en RDC.
                                                        
Robert Kongo, correspondant en France