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samedi 1 janvier 2011

Adresse de Gaspard-Hubert Lonsi Koko au peuple congolais

Mes chers compatriotes,

Notre pays est à la croisée des chemins. Plus de 50 ans après sa reconnaissance internationale, le bilan est globalement négatif. En effet, notre pays n’a jamais été sérieusement dirigé depuis le 30 juin 1960. Cela est dû non seulement aux troubles internes imposés par des volontés extérieures, mais surtout au manque de rigueur de notre classe politique dans la gestion de la chose publique et à l’insouciance de nos populations pour ce qui est du processus démocratique.

De toute évidence, sur le plan économique, l’année 2010 a confirmé l’inacceptable. En effet, la République Démocratique du Congo, bien que naturellement très riche, a été cataloguée parmi les pays pauvres et très endettés (PPTE). Dans la même optique, le mauvais climat des affaires a mis notre pays en porte-à-faux avec la loi américaine connue sous le nom de « African Growth and Opportunity Act » (AGOA) ayant de ce fait privé le peuple congolais, sur le plan commercial, d’un partenariat import avec les États Unis d’Amérique.

Sur le plan social, l’année 2010 a particulièrement été mauvaise. Le fort taux de chômage a gravement porté préjudice à plus de la majorité des ménages, ayant ainsi hypothéqué l’avenir des millions de familles. En conséquence, nos compatriotes ont de plus en plus de mal à subvenir aux besoins vitaux de leurs familles.

À propos de la sécurité alimentaire, le pouvoir d’achat d’un grand nombre de Congolais ne leur permet plus du tout de manger plus d’une fois par jour. Ainsi connaît-il quotidiennement la « mort subite », comme cela se dit tristement à Kinshasa.

Pour ce qui est des infrastructures, le peu de travaux effectués concernant les routes a été soit réalisé sans respect des normes adéquates, soit est resté inachevé, soit n’est d’aucun intérêt direct par rapport au développement socio-économique local. Force est de constater que les 5 chantiers du président de la République n’ont en rien amélioré le quotidien de nos compatriotes pour ce qui est de l’accès à l’eau potable et à l’électricité, de l’accès aux soins, de l’entretien des routes dans les cités, du désenclavement du pays...

Selon l’ambassadeur de France pour les droits de l’Homme, François Zimeray, les droits de l’Homme relèvent « du naufrage » dans notre pays. Un constat accablant que confirment les propos de la députée européenne Michèle Striffler. N’en déplaise au ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, nous avons besoin de personnes de bonne volonté qui veulent bien nous aider, en matière de lutte contre les violations des droits humains, « à sortir la tête hors de l’eau ». De plus, nos compatriotes de l’Est connaissent de moins en moins une vie paisible, tourmentés psychologiquement comme ils le sont à cause de l’insécurité, de la séparation avec les membres de leurs familles ballottés d’un camp de réfugiés à un autre à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières. Ils ne cessent d’être victimes d’assassinats et d’arrestations du fait de leurs convictions, subissent des violences sexuelles et des humiliations dégradantes ainsi qu’inhumaines. Et c’est dans ce contexte qu’est intervenue, à la fin de l’année 2010, l’alliance politique entre l’AMP de Joseph Kabila ainsi que le CNDP de Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda.

Sur le plan de la paix, l’invitation du cardinal Laurent Monsengwo Pasinya aux belligérants du conflit armé sévissant sans cesse dans l’Est de la République démocratique du Congo à un processus de réconciliation, lancée lors de son homélie, ne fait que confirmer la guerre qui est en cours dans cette partie du territoire national. Le rapport du Grisis group paru le 16 novembre dernier rappelle que la « paix au Congo est hypothétique », donc elle relève « du domaine du virtuel »...

Mes chers compatriotes,

Pensez-vous que les promesses du président de la République sont-elles crédibles, dès lors que les 5 chantiers pour lesquels il a été élu n’ont en rien modifié la vie quotidienne pour plus de la majorité de nos compatriotes ? Pensez-vous que nous devons reconduire au pouvoir quelqu’un qui noue des alliances politiques avec ceux qui ont versé le sang de nos frères et sœurs, violé sexuellement les membres de nos familles et agi contre les intérêts de notre peuple ? En 10 années de présidence de Joseph Kabila, qu’est-ce qui a réellement changé dans la vie du citoyen lambda ? De quel acquis social bénéficie-t-il ?

Il serait franchement inadmissible de ma part de vous souhaiter une bonne et agréable année 2011 dans pareilles circonstances, sachant très bien que cette année nouvelle risque d’aggraver davantage votre condition sociale si rien n’est entrepris politiquement. Néanmoins, mon premier souci consiste à ce que vous retrouviez avant tout le bonheur. Et pour que vous retrouviez le bonheur auquel vous aspirez, il faut un véritable changement dans la manière de faire de la politique et de gérer la chose publique.

Dans l’espoir d’apporter un véritable changement dans la manière de gouverner notre pays, j’ai fait le choix de me battre à vos côtés, aussi bien dans les cités que dans les campagnes abandonnées à leur propre sort. Mon premier souhait, c’est que l’élection présidentielle de 2011 instaure donc dans notre pays une réelle alternative politique en vue de la Liberté, de l’Égalité, de la Sécurité et de la Prospérité. Pour cela, nous devons bâtir ensemble le Congo d’avenir en vue du triomphe de la paix, de la croissance économique et de l’évolution sociale.

Que vive la République Démocratique du Congo !

Que vive le peuple congolais !

Fait à Paris, le 1er janvier 2011
© RDPC

jeudi 23 décembre 2010

L’Île-de-France, un terreau propice à d’éventuels futurs terroristes « lingalaphones »


Il y a quelques semaines, par le biais d'un document très argumenté sur la nécessité d'un changement politique en République Démocratique du Congo, le porte-parole du Rassemblement pour Développement et la Paix au Congo (RDPC) attirait l'attention de la communauté internationale sur les risques à moyen et long terme d'une politique de désinvolture, s'agissant du règlement des conflits armés dans la région des grands lacs africains. Ainsi a-t-il rappelé que la déflagration de la gestion inexperte de la République Démocratique du Congo aura des effets collatéraux garantis sur l'ensemble du monde.
Toujours dans le souci de conscientiser cette communauté internationale, qui a tendance à réagir plutôt qu'à agir de manière anticipée, l'accent est mis cette fois-ci sur un phénomène qui semble marginal aujourd'hui, mais dont les conséquences, si l'on ne s'y intéresse pas plus tôt, se matérialiseraient très prochainement. De plus, pour les jeunes « lingalaphones » de France – dont le passé reste muet, le présent sourd et l'avenir aveugle –, la perspective de se réaliser à travers le terrorisme est très alléchante. En effet, la marginalisation de facto, dont cette jeunesse est victime, et la « conscience » – celle-ci n'étant, en réalité, qu'une impression accentuée et déformée par des prédicateurs connus –, ont de l'implication du Nord, surtout dans le maintien de la misère et dans l'organisation du désordre, au Sud. Elles constituent donc des motifs solides dont la finalité est un viatique : ce raccourci qui semble faire ses preuves, ne serait-ce que par les tourments qu'il inflige aux pays occidentaux.

La problématique des « lingalaphones » de France

Au moins trois raisons doivent inciter la communauté internationale, la France et l'Union européenne en premier, à se pencher sérieusement sur le cas de ces jeunes gens, c'est-à-dire sur la problématique relative aux « lingalaphones » de France. Primo, sur le plan typiquement français, le lingala est devenu la première langue africaine parlée en région parisienne (C'est déjà en Wallonie, surtout dans la région bruxelloise). Secundo, il est important d'avoir à l'esprit le fait que l’aire géographique du lingala couvre le Congo-Kinshasa, le Congo-Brazzaville, la République centrafricaine et l’Angola : à savoir plus des deux tiers du bassin du Congo. Tertio, d’après les statistiques, beaucoup de citoyens français de moins de 25 ans habitant l’Île-de-France sont nés des parents « lingalaphones », c’est-à-dire originaires dans la plus grande majorité des pays qui composent ledit bassin du Congo. Pourtant, l’implantation durable de cette immigration, dont la majorité provient de la République Démocratique du Congo, est très récente en France. Les sociologues la situent, globalement, au début des années 1980.

L’exclusion à la française

D’après plusieurs enquêtes, les conditions sociales de la plupart de jeunes Français et immigrés « lingalaphones » ne sont guère reluisantes. Pis encore, pour eux, l’horizon se bouche davantage. Effectivement, ils sont en proie aux innombrables problèmes sociaux et aux multiples tracasseries administratives dues aux instructions d’une classe politique soucieuse de couper l’herbe sous le pied de l’extrême droite – en l’occurrence le Front National. Tous ces éléments montrent que les perspectives d’instruction et d’emplois sont, d’une manière ou d’une autre, moins prometteuses pour ces jeunes gens. Très démoralisés, puisque sans aucun débouché intéressant, ils ne savent plus à quel saint se vouer. Ainsi deviennent-ils des proies faciles pour quelques imams pratiquant un islam peu orthodoxe. Ces derniers finissent par les convaincre de suivre un enseignement axé sur les pseudo-vertus du terrorisme. Et, après l’endoctrinement, le stage pratique se déroule, bien entendu, en Afghanistan ou au Pakistan. Aussitôt leur formation achevée, ils s’envolent vers l’Afrique subsaharienne afin de combattre la politique occidentale, surtout celle des États-Unis d’Amérique consistant à constituer un bouclier contre le terrorisme dans une zone géographique s’étendant du Proche-Orient au continent africain.

L’intérêt pour les richesses et la position géostratégique de l’Afrique

Il est évident que les richesses dont regorgent quelques pays africains n’intéressent pas que les seuls Occidentaux, mais aussi d’autres puissances confirmées et émergentes comme la Chine, la Russie, le Japon, l’Inde, Brésil... À ceux-là, il faut ajouter des groupes extrémistes tels que les Hezbollahs, Al-Qaïda, les Talibans... Ces derniers travaillent non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour des pays comme l’Iran, le Pakistan... qui les protègent plus ou moins. L’autre intérêt des puissances existantes, ou en phase de le devenir, pour l’Afrique, c’est indéniablement sa position géostratégique. En effet, l’avenir d’un bon nombre de continents, en premier lieu l’Europe, ou de pays à dimension continentale à l’instar de la Chine et de la Russie, dépendent du continent africain. Qui détiendra cette partie du monde, dans toute l’acception de l’expression, aura accès non seulement aux matières premières, mais surtout contrôlera à la fois les océans Atlantique et Indien, ainsi qu’une partie de la Mer Méditerranée. Il est des analystes, ne l'oublions pas, qui ne voient dans le soutien aux régimes en place – considérés comme des alliés locaux –, contre les groupes opposés aux intérêts occidentaux – tels que l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA), les Shebabs, les commandos salafistes... – qu'un prétexte en vue de la mainmise sur les richesses de l’Afrique.

L’implication des « lingalaphones » de la diaspora sur le devenir du continent africain

Il est à noter que, en matière de terrorisme, l’Afrique est en train de se transformer en un nouveau champ de bataille contre les intérêts des Occidentaux, ces derniers étant de plus en plus attirés par ses richesses et par sa situation géographique. Mais pourquoi les « lingalaphones » de la diaspora sont-ils parties prenantes dans l’impitoyable adversité entre ces différents camps sur le sol africain ?
« L’arbre ne s’élève qu’en enfonçant ses racines dans la terre nourricière », dit un vieux proverbe bantou. Il est certain que la misère de la majorité des peuples africains a des effets négatifs sur leurs parents vivant hors du continent. Ces derniers ont l’impression que les Occidentaux maintiennent en place certains régimes douteux d’une part pour mieux exploiter les richesses des pays africains et, d’autre part, pour maintenir davantage lesdits États dans le sous-développement  – l'objectif étant de mieux les déstabiliser. En conséquence, ces « lingalaphones » de l'étranger, qui s’estiment exclus de la gestion de la chose publique en France (pour ceux qui sont citoyens français) et qui n’y voient aucun avenir, projettent de retourner dans les pays de leurs ancêtres dans le but d’y rétablir l’ordre. Dans leur esprit, le désordre règne dans ces pays à cause des anciennes puissances colonisatrices, en particulier, et, en général, des Occidentaux. Raison pour laquelle ils s’allient d’office à ceux qui combattent, au prix de leur vie, les intérêts occidentaux en Afrique. Les ennemis de nos ennemis ne sont-ils pas nos amis ? Dans la mesure où la lutte contre le terrorisme doit se faire à l’échelle internationale, la solution concernant les conditions sociales des Français et immigrés « lingalaphones » de l’Île-de-France n’est pas que franco-française. Elle est aussi bien américaine qu’européenne et congolaise.
Une solution globale en vue de la dignité des peuples africains

Les réponses à cette problématique des « lingalaphones » de la région parisienne sont aussi américaines, parce que la lutte contre le terrorisme que mènent les États-Unis en Afrique est considérée par certains caciques comme un paravent d’une politique néo-coloniale. D’aucuns soutiennent volontiers que, à tort ou à raison, la politique américaine dans le continent africain consiste à brandir la menace terroriste dans l’espoir de se rallier les dirigeants locaux et d’obtenir, moyennant finances et armements, de nombreux marchés. Il est très important de rappeler que l’intérêt croissant de Washington pour les richesses pétrolières des pays de l’ouest et du centre de l’Afrique est l’une des alternatives à ses approvisionnements du Proche-Orient.
Les solutions sont aussi européennes, dans la mesure où le partenariat entre l’Europe et le Maghreb préconise une loi de lutte contre le terrorisme en Afrique. Dans le même ordre d’idée, la Convention européenne pour la répression du terrorisme, conclue le 27 janvier 1977 à Strasbourg, ne consiste-t-elle pas à dissuader, par tous les moyens, les actes contre les intérêts des pays d’Europe à travers le monde ? De l’avis de la plupart de spécialistes des relations entre le Nord et le Sud, les Occidentaux ont plutôt intérêt à conditionner leur partenariat avec les régimes africains à la bonne gouvernance et non à continuer de protéger des potentats au détriment des peuples. En agissant de la sorte, non seulement ils maîtriseront l’immigration africaine, mais ils contribueront surtout à la dignité des populations africaines. Ils participeront, de facto, à l’émergence et à la consolidation des États de droit.
Ces réponses sont également congolaises car la République Démocratique du Congo doit s’intéresser davantage aux entrepreneurs congolais de l’étranger, sachant que sa diaspora représente une manne financière considérable et indispensable à son développement socio-économique. C’est parce que la solution est globale que le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) réintroduira, dans la législature 2010-2015, le ministère qui avait en charge les Congolais de la diaspora et renforcera ses attributions. Dans cette optique, le gouvernement du RDPC créera un Conseil Représentatif de la Diaspora Congolaise (CRDC), lequel sera composé de membres élus et dont le rôle sera avant tout économique et social. Ainsi le RDPC fera-t-il appel aux compétences des Congolais de l’étranger, parmi lesquels figurent les Congolo-Français, dans les différents secteurs étatiques et privés. Il est question non seulement des échanges humanistes avec les partenaires habituels de la République Démocratique du Congo en vue de l’expatriation des ressortissants congolais d’origine détenant les citoyennetés étrangères, mais aussi du retour concerté des immigrés congolais, qui le souhaitent, à la terre de leurs ancêtres.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

mercredi 22 décembre 2010

Obama prive la RDC d'un statut de partenaire commercial privilégié

Barack Obama a privé la République démocratique du Congo (RDC) d'un statut de partenaire commercial privilégié avec les Etats-Unis, sanctionnant le mauvais bilan de Kinshasa en matière de droits de l'homme, a annoncé mardi la Maison Blanche.

M. Obama a pris cette décision à l'occasion de la révision annuelle de la liste du programme Agoa (Africa Growth and Opportunity Act), imposée par la loi et qui prend en considération les avancées ou les reculs démocratiques des pays africains concernés.

"J'ai déterminé que la RDC n'effectuait pas les progrès nécessaires pour répondre aux critères" de l'Agoa, a indiqué M. Obama dans un décret. "J'ai donc décidé de mettre fin à la désignation de la RDC comme pays bénéficiaire" de ce dispositif, a-t-il ajouté, précisant que cette mesure prenait effet le 1er janvier 2011.

"Le président Obama a estimé que la RDC n'était pas éligible à recevoir les avantages de l'Agoa en 2011, parce qu'elle a échoué à répondre à ses critères", a expliqué un haut responsable américain à l'AFP.

En l'espèce, "les forces de sécurité de la RDC et d'autres groupes armés continuent de commettre des violations des droits de l'homme à grande échelle, en particulier des viols", a souligné ce responsable sous couvert de l'anonymat.

De même source, le gouvernement de Kinshasa "n'a pas réagi aux demandes des Etats-Unis et de la communauté internationale pour remédier à cette situation".

La version actuelle de l'Agoa a été instaurée par le Congrès américain en 2000. Ce programme établit jusqu'en 2015 une coopération économique et commerciale avec le continent africain. Il facilite les exportations africaines vers les Etats-Unis pour soutenir le développement économique, mais aussi les réformes en Afrique subsaharienne.

En décembre 2009, M. Obama avait sanctionné Madagascar, la Guinée et le Niger en les retirant de cette liste, tout en réintégrant la Mauritanie.


© AFP