mercredi 30 septembre 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20090930/049 relatif à la réforme de l'armée nationale congolaise

Dans un premier temps, Union du Congo contactera prochainement les partenaires, en matière de coopération militaire, de la République Démocratique du Congo – la Belgique (l'armée belge représentant le socle de l'armée congolaise), l'Allemagne, les États-Unis d'Amérique et la France – avant de tirer les conclusions sur la réforme des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

Néanmoins, dans l'attente des entretiens évoqués supra, Union du Congo livre à l'attention du peuple congolais et de la communauté internationale les pistes de réflexion sur une armée nationale congolaise. Ainsi préconise-t-elle de :
- convoquer les états généraux des forces armées congolaises auxquels participeront toutes les composantes congolaises, sans exception, concernées par le domaine militaire ;
- créer une cellule de gestion de la chose publique, laquelle est devenue le fonds de commerce de certains officiers de l'armée congolaise ;
- réutiliser et revaloriser les anciennes bases militaires ;
- réintroduire les régions militaires dans le dispositif de la défense nationale et les rendre autonomes par rapport aux actions régionales ;
- réintégrer dans l'armée congolaise non seulement les FAZ (Forces Armées Zaïroises), mais aussi les anciens gendarmes katangais basés en Angola ; il en va de même de l'intégration de la nouvelle génération desdits gendarmes katangais ;
- rendre obligatoire le service militaire pour les jeunes Congolais, de sexe masculin, âgés de 18 à 30 ans – exception étant faite pour ceux qui assument une charge parentale ;
- réintroduire dans la vie civile toutes les personnes devenues militaires par concours de circonstance et penser à les former en vue de leur insertion (ou réinsertion) dans d'autres domaines ;
- réévaluer les compétences de l'élite (les gradés) des FARDC et revoir les modalités d'accession aux grades d'officier ;
- se pencher sur l'installation d'Africom à la frontière entre la RD Congo et le Rwanda, l'objectif étant de l'installer sur l'une des anciennes bases militaires déjà existantes.

La situation catastrophique en cours à l'Est de la République Démocratique du Congo ne peut laisser indifférente Union du Congo. Ainsi est-elle favorable à une armée de métier, en mesure de défendre à tout moment et dans n'importe quelle circonstance le territoire national. L'idée d'armée de conscription trouve donc son profondément dans l'exigence d'une grande compétence et d'une performance professionnelle.

Le Bureau d'Union du Congo

Fait à Paris, le 30 septembre 2009

dimanche 27 septembre 2009

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO : APPEL À L’UNITÉ DE LA DIASPORA

Chers Compatriotes,

Depuis quelques décennies, on ne cesse d’humilier injustement le peuple congolais, de le blesser en raison de la situation géostratégique et des immenses ressources dont regorge la République Démocratique du Congo. Je dis mon admiration aux Congolaises et aux Congolais, à leur égard comme à la résistance qu’ils sont en train d’opposer à ceux qui ne nous veulent pas que du bien. En tout cas, je remercie à nouveau notre peuple pour le courage qui l’anime.

Toutefois, nous sommes conscients des obstacles qui restent à franchir. En effet, même si à l’heure actuelle nous avons fait échouer les projets relatifs à la balkanisation de notre pays, les résultats ne sont pas encore à la hauteur de nos souhaits. De plus, l’autonomie politique et la prospérité économique du Congo sont des objectifs que beaucoup d’entre nous se sont donnés.

Face à la dramatique situation que traverse notre pays, j’ai longtemps interrogé ma conscience. Faut-il s’abstenir ? Faut-il seulement critiquer à longueur de journées, sans proposer quoi que ce soit de constructif ? Faut-il abdiquer et laisser d’autres personnes n’ayant aucun lien ancestral avec le Congo nous diriger, infiltrer toutes nos institutions ? Faut-il se taire face au machiavélique plan consistant à priver certains Congolais de leur nationalité d’origine ? Faut-il se contenter de la politique qui consiste à refuser à dessein aux Congolais de la diaspora leurs droits civiques afin de les écarter des affaires du pays ?

Ceux qui sont actuellement au pouvoir à Kinshasa ne sont pas assurés que la gestion des affaires du pays depuis juin 2006 leur permettra de se faire élire de nouveau. Faire l’impasse sur l’élection présidentielle de 2011, c’est cautionner leur maintien. Voilà pourquoi le peuple congolais doit mettre à profit le peu de temps qui reste d’ici à l’échéance présidentielle de 2011. Ce peu de temps doit être utilisé à tenter de gagner à tout prix les prochaines batailles. Mais nous les remporterons seulement si nous bousculons l’ordre imposé par le gouvernement de Kinshasa et ses complices. Bien évidemment, nous ne pourrons obtenir gain de cause si nos bases sont dispersées.

Alors, croiser les bras ou agir ? Après réflexion, j’ai pris la résolution de me présenter, en tant que candidat issu de la diaspora congolaise, toutes tendances confondues, à la prochaine élection présidentielle. Ce n’est pas que je veux m’imposer comme tel, mais il faut savoir ce que l’on compte faire pour son peuple et également le rôle que l’on veut jouer pour un Congo meilleur et davantage éclairé.

Chers Compatriotes,

Surtout prenez garde, car des millions de nos concitoyens attendent beaucoup de nous qui vivons à l’extérieur du pays et représentons, pour la majorité d’entre eux, l’espoir d’un avenir meilleur. Face au complot et à la stratégie mise en place par ceux qui, aujourd’hui, ne cessent de conduire notre pays dans l’impasse, si aucun membre de la diaspora n’ose briguer la magistrature suprême, nos compatriotes désespérés n’auront pas d’autre choix que de se tourner en 2011 vers ceux qui ne cessent d’hypothéquer leur avenir. Nous sommes donc les seuls à pouvoir empêcher que ce scénario catastrophique se réalise, à la fois pour nos compatriotes restés au pays et pour nous-mêmes.

Nous avons un grand devoir. Devoir d’État, mais aussi celui de rassembler et non de jouer chacun pour soi. Je tiens beaucoup à ce que nous consolidions la fraternité et vivifions l’espoir. Il nous faut donc du courage et de la constance. J’estime que, cela va de soi, nous devons savoir maintenir notre unité dans la diversité, la préserver pour une victoire qui sera celle de nos idées, celles des catégories sociales dont nous sommes les interprètes. Certes, il ne nous reste plus qu’à nous battre, unis, contre vents et marées. C’est, au fond, la meilleure façon de montrer à l’opinion internationale que nous sommes déterminés à prendre en main la destinée de notre beau et riche pays.

Voilà pourquoi je propose à nos compatriotes de la diaspora, au-delà d’Union du Congo que je préside, de se joindre à ma candidature pour constituer très prochainement un noyau cohérent, vigoureux, en mesure de matérialiser la volonté politique plus qu’une simple aventure humaine.

Vive le peuple congolais !

Vive la République Démocratique du Congo !

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Fait à Paris, le 27 septembre 2009

Contacts :
Tél. : 0033 612 066 872
E-mail : lonsikoko75015@gmail.com


Nota Bene : Une équipe de campagne va très bientôt être mise en place. Que les responsables d'associations et de partis politiques, les Congolais de la diaspora qui pensent pouvoir apporter leur contribution à cette candidature, se manifestent (cf. cordonnées ci-dessus).

samedi 26 septembre 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20090926/048 relatif à l'avant-projet de loi portant organisation et fonctionnement de l'enseignement national

Union du Congo a pris acte de l'avant-projet de loi portant organisation et fonctionnement de l'enseignement national ayant été présenté par le ministre de l'Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel et ses collègues de l'Enseignement Supérieur et Universitaire, des Affaires Sociales et de la Solidarité lors du Conseil extraordinaire des ministres du mercredi 23 septembre. De plus, certaines de nos propositions - notamment le droit pour toute personne à l’éducation scolaire, l’obligation de l’enseignement primaire pour tout enfant congolais, la gratuité de l’enseignement primaire ainsi que l'introduction de la technologie de l’information et de la communication (TIC) dans l’enseignement national - sont reprises dans le texte gouvernemental.

Pour que cet avant-projet ne reste pas un simple effet d'annonce, Union du Congo souhaite qu'une loi soit très prochainement adoptée et promulguée, que les mesures d'application couronnent ce processus dans un délai raisonnable.

Le Bureau d'Union du Congo

Fait à Paris, le 26 septembre 2009

vendredi 25 septembre 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20090925/047 relatif à la vaccination de la population congolaise

Selon la Radio Okapi, le gouvernement congolais doit payer la quotité de 1 300 000 USD aux bailleurs de fonds du Programme élargi de vaccination (Pev) avant le mois de novembre prochain. Faute de quoi, la République Démocratique du Congo se verra couper de tout financement pour la vaccination.

La santé devant être l'une des priorités nationales, Union du Congo demande au gouvernement congolais de verser avant l'échéance les 1,3 million USD dans le compte de Gavis, via l'Unicef, afin d'éviter la suspension par cet organisme international de l'aide relative à l'achat des vaccins.

Dans la même optique, Union du Congo interpelle le Parlement pour qu'il dégage en urgence une ligne budgétaire en vue de la vaccination – l'objectif étant de permettre au gouvernement de se mettre en conformité avec les bailleurs et de prémunir ainsi la population contre les diverses maladies.

Le Bureau d'Union du Congo

Fait à Paris, le 25 septembre 2009

La RDC appelée à verser 1 300 000 USD pour sauver le programme de vaccination

Le gouvernement congolais doit payer la quotité de 1 300 000 USD aux bailleurs de fonds du Programme élargi de vaccination (Pev) avant le mois de novembre prochain. Faute de quoi, le pays se verra couper de tout financement pour la vaccination. Pour ce faire, le Pev intensifie son plaidoyer pour que l’Etat congolais budgétise ce programme, rapporte radiookapi.net

«Nous avons 1,3 million de dollars américains que nous devons comme quote-part pour lesquels nous n’avons encore rien donné. La menace c’est que d’ici à novembre, si la RDC n’arrivait pas à verser les 1,3 million dans le compte de Gavis via l’Unicef, Gavis va arrêter de l’aider pour acheter les vaccins. Dans presque tous les pays, la vaccination est une affaire des communautés. Il faut donc obtenir une ligne budgétaire essentiellement consacrée à la vaccination ; étant donné que la vaccination est assurée à 100 % sur le financement extérieur et celui-ci est devenu conditionnel au payement de la quotité. Donc, lors que nous n’assurons pas le co-financement, les bailleurs vont arrêter non seulement de nous financer pour la vaccination ; mais vont couper tout. Et donc, nous allons revenir à zéro. Imaginez-vous, si la population congolaise n’est vaccinée contre toutes ces maladies, on peut voir cette population diminuer dans moins de 10 ans», redoute le directeur de Pev, le docteur André Kasogo.

Sur 53 pays d’Afrique, rappelle-t-on, seuls la RDC et le soudan dépendent encore totalement des financements extérieurs en matière de vaccination.

Copyright Radio Okapi

jeudi 24 septembre 2009

Les BANTUNANI EN CONCERT A LA BELLEVILLOISE - BANDE ANNONCE

Franc congolais : la dégringolade se poursuit

La dépréciation de la monnaie nationale congolaise s’amplifie sur le marché de change. Depuis mardi, 870 francs s'échangent contre un dollar américain. Et la courbe ne va peut-être pas s'arrêter là. Ce nouveau glissement annihile les efforts de la Banque centrale de vendre les devises aux banques commerciales pour stabiliser justement ce marché au profit du franc congolais, rapporte radiookapi.net

Une table de cambiste à Kinshasa

Parmi les causes de cette dégringolade, les analystes citent, entre autres, la demande très élevée des devises étrangères par les importateurs et la dollarisation de toutes les transactions. A ce stade, Michel Losembe, représentant des banques commerciales en RDC ne voit pas de solution immédiate pour retrouver la stabilité de la monnaie congolaise. « Il n’y a pas de solution immédiate au taux de change. Des actions ponctuelles que le gouvernement peut prendre ne peuvent que calmer la surchauffe. Elles ne peuvent pas résoudre de manière pérenne la stabilité du franc congolais, tant qu’il n’y aura pas derrière une économie solide », explique le banquier.

Donc, pour Michel Losembe, la porte de sortie reste une reprise graduelle des activités économiques. Et pour ce faire, il faut de la part du gouvernement améliorer certaines de ses politiques d’orientation économique et assainir le climat d’affaires. C’est à ces conditions, fait-il savoir, que le secteur privé local et international pourra être amené à se relancer dans les investissements. « En ce moment là, il y a une demande intérieure qui se fait et qui sollicite la valeur du franc congolais et le remet dans une situation de stabilité et de soutenabilité plus efficaces et moins volatiles », souligne Michel Losembe.

Copyright Radio Okapi

mercredi 23 septembre 2009

Un concert à Paris en hommage aux victimes de la guerre en RDC

En partenariat avec Union des Patriotes de la Diaspora Congolaise (UPDC) et Union du Congo (UDC), le groupe musical congolais « Les Bantunani » de l’artiste musicien Michel N’Zau organise le mercredi 14 octobre un grand concert à la Bellevilloise, dans le 20ème arrondissement de Paris.

L’objectif est de sensibiliser l’opinion internationale contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants en République Démocratique du Congo depuis 15 ans. Eveiller la conscience des Congolais face à la dramatique situation que traverse le pays, tel est le combat qu’entend mener Michel N’Zau à travers sa musique. «Coltan Rush », le premier single des Bantunani s’inscrit dans cette démarche.

Cette chanson dénonce, dans un style mélancolique, le silence autour de la guerre au Congo, rejette avec véhémence l’origine ethnique du conflit et désigne le jeu pervers des mains invisibles sur les richesses de l’Afrique.

Dans un entretien accordé à Jeuneafrique.com, le leader des Bantunani, Michel N’Zau, insiste sur l’impact de ce message sur les démocraties occidentales qui doivent, d’une manière générale, re-considérer leur rapport à l’Afrique et à l’homme noir…C’est donc un combat pour le Congo, mais aussi pour l’Afrique de demain.

Un aréopage sans précédent d’artistes musiciens congolais et étrangers agrémenteront cette soirée qui débutera à 20h30’ pour s’achever aux premières heures de la matinée. Entre autres participants, on notera la présence de Batista El Uno, Leila et le collectif Racine, Adek Darks, David Johnson, Ace Drony, Moa Khouas Mama’s Mule…et Dona Mobeti, le patron de l’orchestre Cavacha.

ROBERT KONGO, CORRESPONDANT EN FRANCE

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Kinshasa a faim


Le taux de malnutrition infantile dépasse 15 % dans certains quartiers de Kinshasa. Le seuil d'urgence est 10 %. Les fonds vont au Kivu.

Il gémit, petit paquet fragile sur les genoux de sa mère. Il a un an, mais paraît moitié moins. Frêle, une tête chauve qui semble trop grosse pour lui, il geint quand sa mère ôte la veste rose qui le couvre pour montrer l'enfant au D r Bénédicte Claus, une sœur tournaisienne du Bureau diocésain des oeuvres médicales (BDOM) de Kinshasa. Le petit corps brun tremble dans une peau trop grande pour lui; par endroits, elle se couvre de taches foncées qui partent en plaques, laissant des plaies roses à vif. "C'est le cas classique de malnutrition aiguë", dit le D r Claus. "Il ne peut plus bouger et n'a même plus la force de se nourrir." Celui-ci est arrivé ce matin dans le centre nutritionnel de Kingabwa, un quartier pauvre de la capitale congolaise. Le nombre de cas de malnutrition infantile y est en nette augmentation, constate le BDOM.

A côté du bébé, un bambin - gros ventre mais bras et omoplates décharnés - se tient difficilement debout. A trois ans, il paraît 18 mois et regarde devant lui d'un air hébété qui fait peine à voir; l'infirmière assure pourtant qu'"il est sauvé". Voilà quatre jours qu'il suit le traitement pour les enfants atteints de malnutrition sévère. "Quand il ira mieux, il suivra des activités d'éveil" et perdra cette figure de zombie, rassure-t-elle, tandis que le Dr Claus nuance : certains dommages au cerveau causés par la malnutrition sont irréversibles.

Il y a environ 80 000 enfants souffrant de malnutrition recensés dans les centres nutritionnels de Kinshasa, grâce au travail de détection dans les familles mené par des volontaires; Caritas International (1) en a pris 12 000 en charge. Car les mères ne montrent pas volontiers leurs enfants dénutris, qu'elles amènent au centre nutritionnel cachés dans des linges : "Les femmes ont honte d'avoir un enfant dans cet état", explique le Dr Claus, "et souvent elles croient que c'est le résultat d'un acte de sorcellerie pour leur nuire."

C'est la pauvreté qui est coupable : la majorité des familles ne peuvent se permettre qu'un repas par jour et sans protéines. Le nombre de cas de diabète a explosé en raison de l'habitude de consommer du sucre pour "tenir le coup".

C'est la pauvreté qui est coupable et la négligence. "Beaucoup sont des enfants de filles qui se prostituent; elles s'achètent de beaux habits mais ne s'occupent pas de leur bébé ou le laissent à leur mère qui, parfois, pense que ce n'est pas à elle de s'en charger", explique le Dr Claus.

La mine sévère qu'arbore la religieuse s'adresse à la perte d'éthique qui frappe la société congolaise depuis des années : mauvaise gouvernance, impunité des voleurs, absence d'emplois (plus de 80 % des Kinois sont au chômage, sans indemnités) et misère ont fait fondre le sens moral comme neige au soleil.

Dramatique ironie : ici, de nombreuses jeunes filles se font faire, dans les fesses, des piqûres d'hormones importées du Nigeria et destinées à... engraisser les porcs, pour rendre charnue cette partie de leur personne amaigrie par des années de disette; elles espèrent ainsi attirer l'œil d'un amant assez riche pour leur assurer un avenir rassasié.

Dans certains quartiers de Kinshasa, le taux de malnutrition infantile aiguë atteint 15 à 17 %, indique Pierre Vauthier, de la FAO (Agence de l'Onu pour l'alimentation et l'agriculture). Le Dr Claus gronde. "Le taux d'urgence est de 10 %. Mais, depuis 2007, tous les bailleurs de fonds se sont tournés vers l'est" du Congo, essentiellement le Kivu, toujours en guerre. "Le Pam (Programme alimentaire mondial, agence de l'Onu) n'est même plus à Kinshasa, alors que c'est lui qui devrait financer les programmes de sécurité alimentaire. Tous ces gens qui restent dans des bureaux pensent qu'à Kinshasa, on peut passer de l'urgence au développement. Et pour ces enfants qui meurent sous nos yeux, on fait quoi ? !"

Loin de la colère de la religieuse, le Belge Patrick Houben, chargé de la sécurité alimentaire à la délégation de l'Union européenne à Kinshasa, confirme : "C'est sûr qu'on est parfois au-dessous de pays pauvres du Sahel en nombre de calories et de protéines absorbées", reconnaît-il.

Les zones du pays les plus atteintes sont "les zones diamantifères parce que toutes les forces vives sont parties creuser; il ne reste que les vieux et les enfants, pas assez forts pour produire beaucoup de nourriture", ; "Il est donc bien plus efficace de s'attaquer au développement, même si des actions très ponctuelles d'aide alimentaire peuvent être utiles",

Car le problème du Congo - où seuls 10 % des terres arables sont exploitées - c'est la production alimentaire, paralysée par nombre d'entraves créées par l'homme, explique M. Houben.

"La principale est la difficulté d'évacuer vers des centres de consommation la production des paysans, qui se contentent donc de couvrir leurs besoins. C'est dû à l'absence de pistes et routes, en raison du manque d'entretien de celles qui existent. Jouent fortement, aussi, les tracasseries des producteurs et transporteurs par toutes sortes de services de l'Etat qui viennent prélever leur dîme"; petit nombre de transporteurs et d'intermédiaires qui aident les paysans à commercialiser leur production; ceux-ci doivent dès lors accompagner leur marchandise jusqu'à la ville. Joue enfin le fait que la production est amoindrie par la mauvaise qualité des semences - c'est surtout vrai pour le manioc - ainsi que par le manque d'encadrement et d'accès au crédit pour les paysans."

Il y a beaucoup à faire et le gouvernement congolais fait peu : dans le budget 2007-2008, seul 1,63 % des ressources devait être consacré à l'agriculture. Et seulement 0,69 % (soit 35 millions de dollars) a été effectivement déboursé, selon le ministère de l'Agriculture.

Résultat : "On importe de plus en plus de nourriture", dit le Pr Eric Tollens, de l'Université catholique de Louvain.

MARIE-FRANCE CROS A KINSHASA

© La Libre Belgique 2009

vendredi 18 septembre 2009

Reconstruction : la désillusion

Un ouvrage collectif s'interroge sur l'efficacité de l'aide publique au Congo. Il conclut à l'échec de la communauté internationale et de Kinshasa. Et l'analyse.

Entretien

Précédé d’une réputation d’ouvrage d’exception, le dernier livre publié par le Musée royal de l’Afrique centrale (1) avait attiré la grande foule, jeudi à Bruxelles, pour une conférence de présentation organisée par le CREAC (Centre de recherche et d’expertise sur l’Afrique centrale). "La Libre Belgique" a interviewé le coordonateur de l’ouvrage, Theodore Trefon, directeur du CREAC et de la section Histoire du temps présent du Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren.

De quoi parle l'ouvrage ?

Il analyse les grands investissements effectués par la communauté internationale depuis 2001 (NdlR, arrivée au pouvoir de Joseph Kabila) : réforme du secteur de la sécurité, de la justice, du contrôle macro-économique, décentralisation, codes forestier et minier, etc. Car depuis huit ans, le Congo est devenu un vaste laboratoire où toutes les alchimies se rencontrent pour ressusciter un cas d’école d’Etat failli. Le livre remet également en perspective le débat sur l’efficacité de l’aide publique puisque le constat est là : en 50 ans d’indépendance, il y a de moins en moins de développement. Il faut se demander si le modèle mis en œuvre est souhaité par la population congolaise et réaliste pour les dirigeants. Naïvement, mes collègues et moi faisons le bilan des efforts de réforme.

Et quel est-il ?

C’est un constat d’échec. Et d’échec partagé par la communauté internationale et par le Congo. Au passif de la première, il faut mettre l’absence de schéma directeur pour aider le Congo : chaque acteur a sa logique, son agenda, son mode de fonctionnement et il n’y a pas de cohésion entre eux. Pire : il y a compétition, voire sabotage. L’Union européenne est ainsi en faveur de la décentralisation prévue par la Constitution congolaise, la Banque mondiale est contre. Au passif, également, le fait que les acteurs internationaux envoient au Congo de plus en plus de jeunes technocrates qui ne connaissent pas les spécificités congolaises et mettent en œuvre des modèles "prêts-à-porter", mis au point pour d’autres pays.

Au passif de Kinshasa, il faut mettre le manque de volonté de réformer - voire le sabotage - des réformes. Comme le remarque un chercheur sénégalais, "les poissons ne peuvent pas allouer un budget pour l’achat de hameçons" ! Les Congolais impliqués dans le processus de réforme doivent en accepter la logique mais, en réalité, ils l’entravent pour rester incontournables. C’est renforcé par l’approche des bailleurs de fonds, qui fonctionnent par projets, gérés par des Congolais - qui veulent le renouvellement de leur contrat, donc que la situation se prolonge. Et c’est ainsi jusqu’au sommet du pouvoir. Au Kivu, maintenir un minimum d’instabilité, en finançant une milice, par exemple, permet de maintenir les flux financiers destinés à l’aide humanitaire et à la réforme du secteur de la sécurité. Même chose côté communauté internationale : la coopération au développement est aussi un business ; si l’Afrique atteint le développement, des milliers de consultants et experts seront au chômage...

Votre ouvrage est donc implicitement une critique des politiques de coopération ?

Je veux souligner tout de même qu’il y a beaucoup de bonne volonté ; nous critiquons seulement les méthodes de travail et les approches utilisées. Et, côté congolais, soulignons qu’une personne qui veut vraiment travailler en faveur des réformes n’a pas, les choses étant ce qu’elles sont, les moyens d’exiger la même chose de ses agents quand ils ne sont pas payés ou pas assez, ou trop tard.

Plus généralement, il y a quatre concepts différents de réhabilitation de l’Etat : le concept libéral veut qu’on aide le Congo pour des raisons humanitaires ; pour les Chinois, il faut un minimum d’infrastructures et de développement pour faire des affaires ; les neo-conservateurs américains veulent la disparition des Etats faillis parce que ce sont des foyers de chaos et de terrorisme. Enfin, il y a la théorie du complot, qui veut que l’Occident maintienne sciemment en l’état les 30 à 40 Etats faillis du monde (un milliard d’habitants) pour pouvoir dicter leur politique.

Votre ouvrage propose des pistes de solutions ?

Il n’est pas prescriptif. Mais je crois qu’il articule de manière éloquente ce que beaucoup de gens constatent mais n’osent pas dire : l’écart entre les objectifs de réforme et le cynisme de fait. Car, très souvent, on sait que ce qu’on décide va échouer mais on le fait quand même, pour des raisons politiques. Il faut souligner aussi que remplacer l’Etat ne rend pas service au Congo. On agit à la place des Congolais pour la santé, l’environnement... Cela affaiblit l’Etat parce que cela exonère les autorités de leurs responsabilités. Elles se contentent de coordonner et de maintenir les clivages entre les acteurs.

Marie-France Cros

(1) "Réforme au Congo (RDC) - Attentes et désillusions". Ed. MRAC/L’Harmattan, 30 euros.

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